Grotte de la Glacière (Doubs)
La grotte de la Glacière, aussi appelée grotte de la Grâce-Dieu[Note 1], est un gouffre allongé situé dans la commune de Chaux-lès-Passavant, dans le Doubs (France). Elle a longtemps constitué la glacière naturelle la plus basse d'Europe.
| Coordonnées | |
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| Pays | |
| Région | |
| Département | |
| Localité voisine |
| Altitude de l'entrée |
525 m |
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| Longueur connue |
100 m |
| Période de formation | |
| Type de roche | |
| Patrimonialité |
Description
modifierL’entrée de la grotte se trouve à 525 mètres d'altitude et la cavité s'enfonce obliquement vers le sud dans les calcaires horizontaux du Jurassique moyen pour atteindre une salle située 60 mètres plus bas. Autrefois, cette salle était occupée par un gros bloc de stalagmite de glace. En effet, l'orientation de l'entrée vers le nord permet à l'air froid, la bise, de rentrer dans la grotte et, grâce à sa densité plus forte que l'air chaud, de rester piégé au fond. La température avoisine aujourd'hui les 5 degrés Celsius.
Géologie
modifierLa formation de cette grotte est liée à la présence d'une vallée sèche en amont qui se terminait par une perte. L'abaissement du niveau a entraîné l'effondrement de la galerie et l'agrandissement de la salle par recul des parois[1].
Historique
modifierDu XVIe siècle au XIXe siècle, on a exploité la glace qui s'accumulait l'hiver au fond de la grotte. À cette époque, la glace est essentiellement utilisée par les hôpitaux pour son pouvoir anesthésiant afin d'endormir les zones à opérer.
Jusqu'à 1725, l'extraction de la glace était libre, quand le propriétaire des lieux (Coste), souhaita la faire payer, mais Charles de la Neuville, l'intendant du Comté de Bourgogne, décréta que les habitants pouvaient continuer à bénéficier de la glace comme précédemment, ce qu'ils firent jusqu'à épuisement de la glacière. Le successeur de Neuville construisit un mur devant l'entrée de la caverne, ce qui fit réapparaître la glace et permis à nouveau l'exploitation, confiée aux moines de l'abbaye de la Grâce-Dieu. La glace était débitée en blocs, extraite à dos d'homme puis au moyen d'un treuil. Une trop grande extraction et des hivers plus doux, firent à nouveau diminuer le stock. Les religieux furent contraints de déposer, en hiver, de la glace provenant des rivières et des étangs voisins. Des amoncellements de fagots allongèrent le trajet de l'eau tombant de la voûte et ainsi permirent une meilleure formation de glace. Jusqu'à 190 tonnes seront extraites les meilleures années[2].
Avec le changement climatique, la glace a totalement disparu depuis 2005.
Coutume
modifierPendant plusieurs décennies, les habitants du proche village de Vellerot, furent obligés d'apporter chaque année, le à Besançon, pour la messe de l'Invention des reliques de Saint-Étienne, un morceau de glace de 5 à 6 livres extrait de la glacière[3]. Il se disait que cette offrande avait été instituée en réparation de l'assassinat d'un chanoine par des habitants du village. En 1554 Vellerot fut condamné par les autorités religieuses à une amende de 20 livres pour avoir négligé pendant 2 ans l'accomplissement de ce devoir[2].
Galerie
modifierProtection - Tourisme
modifierLa grotte de la Glacière fait partie des sites classés par la DREAL, de caractère artistique, depuis 1912[4].
La grotte est aménagée pour la visite grâce à un cheminement avec de nombreux escaliers sur la pente des éboulis qui descendent vers la salle du fond, mais l'accès est actuellement fermé depuis début 2026 (en attente de reprise d'activité). L'accès à une grande anfractuosité dans la paroi côté droit permet aussi d'admirer de nombreux fossiles, y compris de dinosaures, mais aussi les stalactites du plafond au-dessus de la salle du fond[5].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Car située près de l'abbaye éponyme.
Références
modifier- ↑ Pierre Chauve et Jacques Mudry 2024.
- 1 2 « Glacière naturelle - exploitation », sur t.s.l.free.fr (consulté le )
- ↑ Jean François Nicolas Richard, Histoire des diocèses de Besançon et de Saint-Claude, Librairie ecclésiastique de Cornu, (lire en ligne)
- ↑ « La Glacière de la Grâce Dieu » [PDF], DREAL Franche-Comté, (consulté le )
- ↑ « Grotte de la glacière : un voyage dans les entrailles de la terre au coeur du Doubs », L'Est républicain, (lire en ligne, consulté le ).
Bibliographie
modifier- David Brulhart, « Des glaciers dans le sous-sol. Histoire des glacières naturelles dans le Jura et de leurs statuts au travers des âges », NIKE-Bulletin, nos 1-2, (lire en ligne).
- Pierre Chauve et Jacques Mudry, « La grotte de la Glacière à Chaux-les-Passavant (Doubs) », dans Le Karst franc-comtois. Un paysage original, une ressource majeure (no hors-série 20 de la Revue scientifique Bourgogne-Franche-Comté Nature), Bourgogne Franche-Comté nature, (ISBN 978-2-900905-15-9), p. 134-136.
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- « Glacière de la Grâce Dieu », sur francearchives.gouv.fr.