Groupe Nice-Matin
Le Groupe Nice-Matin est un groupe de presse régional actif dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Il détient les journaux Nice-Matin, Var-Matin et Monaco-Matin.
| Groupe Nice-Matin | |
| Création | |
|---|---|
| Dates clés | : immatriculation nouvelle scop Juillet 2019 : Xavier Niel acquiert 34% des actions via sa holding NJJ[1]. Iskandar Safa retire son offre de rachat concurrente [2] Février 2020 : Le groupe passe sous le contrôle total de Xavier Niel après son rachat des 66% d'actions restantes [1] |
| Forme juridique | Société par action simplifiée |
| Siège social | 214, Boulevard du Mercantour, Nice |
| Direction | Maarek Anthony , Perrot Simon |
| Actionnaires | Xavier Niel via NJJ Press |
| Activité | Édition de journaux |
| Produits | Journal |
| Filiales | Nice-Matin, Var-Matin, Monaco-Matin |
| Effectif | 715 en 2021 |
| SIREN | 807 856 596 (depuis 2014) |
| Site web | www.nicematin.com |
| Chiffre d'affaires | Comptes récents non publiés
65,8 millions € (2022)[3] |
| Résultat net | 15,3 millions e (2022) perte |
| modifier - modifier le code - voir Wikidata | |
Le groupe appartient à la holding NJJ de Xavier Niel.
Histoire
modifierDe la fondation à 1998
modifierLe journal Nice-Matin est fondé le par Michel Bavastro, ancien journaliste sportif à L'Éclaireur de Nice avant la guerre, qui en devient directeur administratif, Raymond Comboul en étant que vice-président[4], également ancien journaliste à L'Éclaireur, et Paul Draghi premier PDG. La société est officiellement créée le , en tant que Société anonyme à participation ouvrière[5], dont 25 % étaient détenus par ses salariés au travers d’une « société coopérative de main-d'œuvre ».
En 1949, Nice-Matin rachète le journal socialiste L’Espoir. Cette même année Michel Bavastro remplace Paul Draghi[6].
En 1975, Corse-Matin devient un journal dissocié de Nice-Matin dont il était l'édition corse, et rejoint le groupe détenu par Bavastro.
En 1994, la famille Bavastro détient 35 % de l'actionnariat, suivie par la coopérative ouvrière (25 %) et la famille Comboul (20 %)[7].
En , la holding Hachette Filipacchi Médias (HFM), filiale de Lagardère SCA[8] et détenant La Provence et Var-Matin, rentre au capital du groupe[9], par l'achat de 5 % des participations de la société.
de 1998 à 2007 : la période Lagardère
modifierEn , HFP devient propriétaire du groupe en devenant majoritaire à hauteur de 55 % de l'actionnariat. Michel Bavastro, cofondateur du journal, cède ainsi 35 % des actions qu'il détient pour près de 200 millions de francs[10], ainsi que Havas qui détenait 5 %[11]. Peu après, Var-Matin, qui était alors en concurrence avec les éditions varoises de Nice-Matin, est transféré dans le groupe pour 164 millions de francs, les deux journaux se partageant dorénavant chacun les départements, Les Alpes-Martimes pour l'un et le Var pour l'autre[8].
de 2007 à 2014 : la période Hersant Média
modifierLe , Lagardère SCA annonce la vente de ses titres régionaux du sud de la France, soit les quotidiens du Groupe Nice-Matin ainsi que La Provence, au Groupe Hersant Média (GHM) pour un montant de 160 millions d'euros[12]. Le rachat se fait par LBO ; la somme empruntée aux banques étant de 215 millions d'euros[13]. En , à l'issue d'une période de conciliation, un accord est trouvé avec les banques créancières pour la reprise de GHM par la famille Hersant (Philippe Hersant, sa sœur et son frère) et par l'homme d'affaires Bernard Tapie, lesquels ont fait une proposition à 50-50 pour un montant s'élevant à 50,5 millions d'euros[14],[15]. À la mi-, un conciliateur est nommé afin de trouver une solution de partage de GHM entre les deux actionnaires qui souhaitent se séparer[16]. En , un accord est entériné ; la famille Hersant garde le Groupe Nice-Matin (ainsi que France-Antilles et 50 % de Corse-Matin)[16]. De nouveaux investisseurs sont alors recherchés, alors que plane la menace d'un redressement judiciaire du groupe[17].
2014 : redressement judiciaire
modifierLe , la direction du groupe annonce officiellement que l'entrepreneur et homme politique niçois Jean Icart (actuel conseiller général DVD du canton de Nice-2 et conseiller municipal de Nice) associé à un fonds d'investissement privé européen, devient majoritaire au capital[18]. GHM ne détiendrait plus que 20 % des actions[18].
Le , la direction du groupe informe que c'est le fonds GXP Capital qui s'est associé à Jean Icart à travers une nouvelle structure dénommée Nice Morning[19]. Celle-ci devrait recevoir un soutien financier estimée à 20 millions d'euros[19]. Jean Icart devrait devenir PDG du groupe à partir du [19]. Il annonce mettre fin à tous ses mandats électoraux[19].
En , le groupe est placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Nice[20]. Plusieurs offres sont proposées pour reprendre le groupe. Les différents repreneurs qui se manifestent sont[21] :
- le groupe de presse belge Rossel
- Georges Ghosn, ancien propriétaire de La Tribune et de France Soir
- les salariés du journal eux-mêmes
D'autres offres sont formulées par de potentiels repreneurs, mais ceux-ci retirent finalement leur offre :
- Bruno Ledoux, principal actionnaire du journal Libération. Il retire son offre le [22].
- Clepsydre, du groupe Azur Santé Retraite, qui retire son offre le [23].
- la Société normande d’information et de communication, éditrice de Paris Normandie. Cette offre est finalement retirée par le président de la société le [24].
Depuis le 7 novembre 2014
modifierLe , le tribunal de commerce de Nice retient la candidature de la société coopérative d'intérêt collectif des salariés de Nice-Matin pour la reprise de leur groupe déficitaire. Le groupe devient ainsi la plus grosse coopérative de presse en France[25].
Cette offre est rendue possible par les dons des salariés, des lecteurs du quotidien qui ont pu donner via à une campagne de financement participatif sur Ulule, et le soutien financier de Bernard Tapie[26],[27], conditionné à la vente à La Provence des 50 % des parts que détient le journal niçois dans Corse-Matin.
La gouvernance est confiée à un directoire, présidé par Robert Namias qui devient également le directeur des rédactions[28]. En avril, Jean-Marc Pastorino et Pascal Jacquesson sont également désignés directeurs généraux du groupe[29].
En , le projet d'offre numérique imaginé par l'équipe du journal, fondé sur un algorithme intelligent et sur le journalisme de solutions, est sélectionné par le fonds Google qui le finance à hauteur de 600 000 €. Cette version numérique est mise en ligne en sous forme d'une offre payante qui intéresse 10 000 abonnés[25].
Le , Robert Namias annonce son départ du groupe Nice-Matin. Cette décision fait suite à des tensions sur la santé financière du groupe, entre l'équipe de direction et le conseil de surveillance[30]. Il est remplacé par Jean-Marc Pastorino[31]. Une gouvernance collégiale est mise en place avec trois directeurs généraux : Pascal Jacquesson qui occupait déjà ce poste, Alain Cantone et Denis Carreaux[31]. Cette gouvernance est provisoire et restera en place jusqu'au [31].
Le , les 432 salariés-actionnaires décident de s'adosser au groupe belge Nethys qui va acquérir dans un premier temps, via sa filiale Avenir Développement, 20 % du capital et qui a vocation à devenir majoritaire dans les trois ans. La Scic devrait conserver à terme 49 % du capital[25].
Le , la société est placée en procédure de sauvegarde[32].
2020 et le rachat du groupe par Xavier Niel
modifierEn , Xavier Niel rachète, avec sa holding NJJ, les parts du groupe Nice-Matin détenues par Nethys, soit 34% du groupe, pour monter à 51 %. Les 49 % restant sont encore detenus par les salariés[33]. L'homme d'affaires deviendrait donc seul et unique actionnaire du groupe. Le suivant, le tribunal de commerce de Nice valide le plan de sauvegarde du groupe présenté par NJJ Holding[34]. La société SCIC Nice-Matin, devient une société anonyme[35].
À la suite de ce rachat, c'est Anthony Maarek qui prend la présidence du groupe, remplaçant Jean-Marc Pastorino, qui ne soutenait pas le rachat du groupe par NJJ Holding[36]. Simon Perrot en devient le directeur général[34] en 2024,
En , les salariés du groupe se mettent en grève afin de réclamer des renforts immédiats après de nombreux départs non remplacés.
Titres du groupe
modifierActuels
modifier- Nice-Matin (depuis 1947)
- Monaco-Matin (depuis 1997)
- Var-Matin (depuis 1998)
Anciens
modifier- Corse-Matin (1975-2013)
- La Corse Votre Hebdo (1999-2013)
- Version Femina (2002-2013)[37]
Dirigeants
modifierPrésident du directoire :
- Anthony Maarek [34]
Directeur général :
- Simon Perrot [34]
Directeur de la rédaction :
- Denis Carreaux[31]
Conseil de surveillance provisoire jusqu’à 2020 [38]:
- Mourad Boudjellal
- Roméo Cirone
- Michèle Cotta
- Jean-Louis Croquet
- Valérie Decamp
- Adeline de Metz
- Michel Ghetti
- Alain Guerrini
- Benoît Raphaël
- Thierry Boetti
- Jean-Pierre Rivère
- Michel Rubino
- Claude Weill
Anciens membres du conseil de surveillance provisoire :
En , Éric de Montgolfier quitte le conseil de surveillance provisoire, à la suite d'un désaccord avec Robert Namias sur la santé financière du groupe[39].
Anciens dirigeants :
Notes et références
modifier- 1 2 Gilles Rof, « Nice-Matin passe sous le contrôle total de Xavier Niel », Le Monde, (lire en ligne
, consulté le ). - ↑ Challenges.fr, « Nice-Matin: le magnat franco-libanais Iskandar Safa retire son offre de reprise », Challenges, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ https://www.pappers.fr/entreprise/groupe-nice-matin-807856596
- ↑ MICHEL COMBOUL AU SOURGENTIN
- ↑ 80 ans de Nice-Matin: la "Coopé", bien plus qu'une histoire d'argent
- ↑ 80 ans de "Nice-Matin": de "Combat" à "Nice-Matin", la véritable histoire
- ↑ Le quotidien Nice Matin passe dans le giron du groupe Lagardère Filipacchi Hachette, INA
- 1 2 « Var-Matin et Nice-Matin ne font qu'un. Les deux titres du groupe Hachette fusionnent leurs éditions varoises. », Libération, (lire en ligne)
- ↑ Hachette fait mouvement vers « Nice-Matin »
- ↑ Fabrice Tassel, « Michel Bavastro, un demi-siècle de règne à «Nice-Matin». Une partie du personnel se sent trahie par celui qui a incarné l'indépendance du journal. », Libération, (lire en ligne)
- ↑ Hachette majoritaire dans le capital de « Nice-Matin »
- ↑ « Lagardère vend la Provence et Nice-Matin à Hersant Média », sur liberation.fr, Libération, (consulté le ).
- ↑ Emmanuel Berretta, « Hersant coule et rachète », sur lepoint.fr, Le Point, (consulté le ).
- ↑ Pierre Boucaud, « Bernard Tapie : bienvenue en Corée du Nord », sur marsactu.fr, Marsactu, (consulté le ).
- ↑ AFP, « Bernard Tapie et la famille Hersant reprennent les journaux du GHM », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le ).
- 1 2 Pierre Boucaud, « Tapie et Hersant : l'amour dure un an », sur marsactu.fr, Marsactu, (consulté le ).
- ↑ « Groupe Nice Matin : projet de 148 suppressions de postes », sur cbnews.fr (consulté le ).
- 1 2 Fabienne Schmitt, « L’homme politique niçois Jean Icart rachète "Nice Matin" », sur lesechos.fr, Les Échos, (consulté le ).
- 1 2 3 4 Paul Barelli, « L'élu Jean Icart reprend "Nice Matin" avec le fonds GXP Capital », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le ).
- ↑ « Le groupe de presse Nice-Matin placé en redressement judiciaire | France | Nice-Matin », sur nicematin.com, (consulté le )
- ↑ « Nice-Matin, six candidats pour une reprise | France info », sur France Info, (consulté le )
- ↑ « Bruno Ledoux renonce au dossier "Nice-Matin" », sur lemonde.fr, (consulté le ).
- ↑ « Retrait d’une offre de reprise pour Nice-Matin », sur Lemonde.fr, (consulté le ).
- ↑ « « Nice-Matin » : le tribunal laisse dix jours aux candidats », sur lemonde.fr, (consulté le ).
- 1 2 3 « Nice-Matin s'associe avec le groupe belge Nethys », Nice-Matin, (ISSN 0224-5477)
- ↑ « Nice-Matin repris par ses salariés associés à Bernard Tapie », sur lefigaro.fr, (consulté le ).
- ↑ « L'enjeu c'est ton Quotidien - Ulule », sur ulule.com, (consulté le ).
- ↑ « La coopérative des salariés, soutenue par Tapie, s'empare du groupe Nice-Matin | France | Nice-Matin », sur nicematin.com, (consulté le )
- ↑ « Le conseil de surveillance veille aux destinées de Nice-Matin », (consulté le ).
- ↑ Laurence Collet, « Nice-Matin s'explique sur le départ de Robert Namias », sur francetvinfo.fr, (consulté le ).
- 1 2 3 4 « Jean-Marc Pastorino succède à Robert Namias à la tête de Nice-Matin », sur challenges.fr, (consulté le ).
- ↑ « Société GROUPE NICE MATIN à NICE (Chiffre d'affaires, bilans, résultat) avec Verif.com - Siren 807856596 », sur verif.com (consulté le ).
- ↑ Nice-Matin: Xavier Niel annonce avoir pris le contrôle de 34% du capital du journal, Le Figaro
- 1 2 3 4 « Repris par Xavier Niel, le groupe Nice-Matin sort de la sauvegarde », sur Nice-Matin, (consulté le ).
- ↑ Nice-Matin engage la fin de son statut coopératif, Le Figaro
- ↑ « Xavier Niel (enfin) actionnaire de Nice-Matin : et maintenant ? », sur La Tribune (consulté le ).
- ↑ Catalogie général BNF
- ↑ « Les personnalités du futur conseil de surveillance du groupe Nice-Matin », sur nicematin.com, (consulté le ).
- ↑ Michel Bernouin, « Nice Matin écrira son avenir sans Eric de Montgolfier », sur metronews.fr, (consulté le ).
- ↑ « Michel Comboul », Les Échos, (lire en ligne)
- ↑ AFP, « Nice-Matin : Michel Comboul révoqué », sur lefigaro.fr, Le Figaro, (consulté le ).
- ↑ Jean-Pierre Largillet, « Nice-Matin : Jean-Paul Louveau remplacé par Eric Debry à la présidence », sur webtimemedias.com, (consulté le ).
- ↑ Frédérique Roussel, « Éric Debry quitte Nice-Matin », sur liberation.fr, Libération, (consulté le ).
- ↑ « Groupe Nice-Matin: le tribunal de commerce valide la reprise par les salariés », (consulté le ).
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifier- Journaux du groupe : Nice-Matin, Var-Matin, Monaco-Matin
- Michel Bavastro, cofondateur
- Corse-Matin, ancien journal du groupe