Groupement des contrôles radioélectriques

Le Groupement des contrôles radioélectriques (GCR) est un ancien service interministériel français d'écoutes radio pour l'acquisition du renseignement. Créé dans les premiers mois du régime de Vichy et composé de salariés des Postes, télégraphes et téléphones (PTT), il fournit des informations à la Résistance et au MI6 pendant la Seconde Guerre mondiale et perdure après celle-ci.

Gabriel Romon, directeur technique du GCR.
Château des Cours, à Hauterive (Allier), accueillant le GCR, devenu l'hôtel de ville de la commune en .

Histoire

modifier

Le GCR est créé le . Il est installé au château des Cours à Hauterive (Allier), près de Vichy où siège le régime de Vichy. Il possède également quatre centres secondaires en zone libre, à Francheleins (Ain), Bouillargues (Gard), Bordères-sur-l'Échez (Hautes-Pyrénées) et Argenton-sur-Creuse (Indre), ainsi que deux centres à Alger et à Tunis[1].

Sous la direction de Gabriel Romon, lui-même subordonné de Paul Labat, le GCR écoute officiellement les communications pour le régime de Vichy, mais officieusement, il transmet nombre d'informations à la résistance intérieure française et au Secret Intelligence Service (MI6) par l'intermédiaire du PC Cadix. Romon et Labat sont également les superviseurs du matériel radio du réseau Alliance à partir de [2]. À partir de , ses membres sont traqués par la Gestapo et déportés, où nombre d'entre eux trouvent la mort[3],[4].

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le GCR est réactivé et mis pour emploi à la disposition du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE) en . Les contacts avec les services de renseignement anglais perdurent tout au long de l'histoire[5].

De l'été [6] à , le GCR, qui dépendait du Premier ministre, est petit à petit intégré administrativement au SDECE[7],[8]. À la différence du GCR, le SDECE peut avoir recours à l'espionnage pour l'acquisition du renseignement : par exemple, rien n'interdit le SDECE de mettre sur écoute un ambassadeur actuellement en poste à l'étranger. Son activité est, par la suite, reprise par la direction du renseignement (DR) puis par la direction technique (DT) de la direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE)[9] : aujourd'hui, direction technique et de l'innovation (DTi).

Le GCR a eu un rôle distinct de celui du Groupement interministériel de contrôle (GIC) créé le [10], en effet, c'est le GCR qui écoutait systématiquement les émissions étrangères[11].

Notes et références

modifier
  1. ↑ Romon 2018.
  2. ↑ Fourcade 1971, p. 109.
  3. ↑ Romon 2017.
  4. ↑ Romon 2016.
  5. ↑ Jean-Marc Manach, « DGSE/Orange : joue-là comme SuperDupont (#oupas) », Bug Brother, Le Monde, (consulté le ).
  6. ↑ « Des agents dénoncent la " chasse aux sorcières " au sein du SDECE », Le Monde, (consulté le ).
  7. ↑ Jacques Isnard, « De multiples crises et règlements de comptes ont marqué la direction générale de M. de Marenches au S.D.E.C.E. », Le Monde, (consulté le ).
  8. ↑ Jacques Isnard, « Le service de sécurité interne change de responsable », Le Monde, (consulté le ).
  9. ↑ Jacques Isnard, « La DGSE installera un centre d'écoute sur le plateau d'Albion », Le Monde, (consulté le ).
  10. ↑ « Une grande oreille de l'État », Le Monde, (consulté le ).
  11. ↑ « Des agents secrets civils et militaires », Le Monde, (consulté le ).

Voir aussi

modifier

Bibliographie

modifier

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier