Güyük
Güyük, généralement appelé Güyük Qayan (mongol : ᠭᠦᠶᠦᠭ
ᠬᠠᠭᠠᠨ, VPMC : Güyüg qaγan, cyrillique : Гүюг хаан, MNS : Güyug khaan), retranscrit en Güyük Khan. Güyug signifie « ardent », cf. turc göyük. Son nom chinois est Yuan Dingzong Guiyou (chinois : 元定宗贵由 ; pinyin : , doungane: йүан динзун гуэйю), nom de temple, Jianping Huangdi (简平皇帝, ) né en 1206, mort en , petit-fils de Gengis Khan, est le troisième khagan suprême des Mongols du à sa mort en avril 1248. Il est le frère de Köden, maître du Kokonor (lac bleu, aujourd'hui appelé par sa traduction chinoise, Qinghai)[3].
| Khagan de l'empire mongol Empire mongol | |
|---|---|
| - | |
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nom dans la langue maternelle |
ᠭᠦᠶᠦᠭ ᠬᠠᠭᠠᠨ ou Гүюг хаан |
| Noms de naissance |
ᠭᠦᠶ᠋ᠦᠭ, Гүюг |
| Nom posthume |
簡平皇帝 |
| Nom de temple |
定宗 |
| Activité | |
| Famille | |
| Père | |
| Mère | |
| Fratrie | |
| Conjoints |
Wuwuerheimishi (d) Oghul Qaïmich Naimanzhen (d) |
| Enfants |
Dans la force du ciel éternel,
du khan océanique[1] du peuple des grands Mongols, l'ordre.
S'il arrive à des peuples soumis,
qu'ils le respectent et qu'ils le craignent ![2]. L'impression du sceau est une des premières impressions sur papier à atteindre l'Europe occidentale en 1246.
Biographie
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Güyük est le fils d’Ögödei, lui-même troisième fils de Gengis Khan et de son épouse principale Börte. Il épouse une femme d'origine merkit, Oghul Qaïmich. En 1233, Güyük reçoit le commandement d'une armée afin de détruire le régime rebelle des Xia orientaux. En 1235, il rejoint une expédition contre les Coumans et les Rus, donnant lieu à la principale vague de l'invasion mongole de la Rus' de Kiev. Gayak participe au siège de Riazan (en) en 1237 ainsi qu'au siège de la capitale des Ossètes jusqu'en 1240[4].
Durant ces opérations militaires, Guyuk gagne en prestige et légitimité pour le titre de futur Khan, mais c'est aussi durant cette période que l'hostilité avec Batu naît. Le conflit concerne la légitimité à succéder à Ögödei. Celui-ci rappelle Guyuk et Möngke en Mongolie en et meurt en [4]. Töregene assume la régence de la mort d’Ögödei de 1241 à 1246[5].
Töregene convoque le qurultay et tente de consolider la candidature de son fils Güyük face à celle de Batu ou encore Shiremun (petit-fils d'Ogodeï) et Khadan (autre fils d'Ogodei). Batu, hostile à Güyük, retarde la tenue du quriltai en refusant de s’y rendre, préférant consolider son pouvoir dans la région de la Volga. Finalement, le qurultay se tient en 1245 sous l’impulsion de Töregene, qui parvient à rallier une majorité de princes. Güyük est élu grand khan en raison de son rang, de son expérience et du soutien actif de sa mère[5]. Le légat du pape Innocent IV, Jean de Plan Carpin, présent[6], lui remet les lettres du pape dans lesquelles celui-ci demande aux Mongols de ne plus attaquer l'Occident et propose à Güyük de se convertir au christianisme, mais celui-ci lui remet, à l'attention du pape, une réponse de refus[7].
Güyük Khan devint le disciple d'un maître du bouddhisme tibétain, le Cachemiri Namo[8]. Il lui octroie le titre de gushri, précepteur d'Etat[9]. Sur le plan de la politique religieuse, il s'applique à préserver une forme de liberté de culte, permettant au chrétiens de prier dans son palais. Les auteurs musulmans le voient comme un Khan trop favorable au christianisme, cependant Guyuk rejette l'idée selon laquelle le Pape parle au nom de dieu et réaffirme le principe du mandat divin mongol devant régler sur le monde[4].
Peu après son élection, Güyük doit faire face à une tentative de prise de pouvoir menée par Temüge Otchigin, frère cadet de Gengis Khan. Celui-ci renonce rapidement, mais une enquête est ordonnée. Conduite par Möngke et Orda, elle aboutit à la condamnation et à l’exécution de Temüge pour conspiration[5].
Cet épisode illustre une évolution dans les règles de succession mongoles : si la transmission du pouvoir peut encore être verticale ou collatérale, elle se limite désormais aux descendants directs de Gengis Khan[5].
Bien qu’élu en 1246, Güyük n’exerce pas immédiatement le pouvoir effectif, sa mère continuant à gouverner pendant plusieurs mois. Après la mort de Töregene, il reprend en main l’administration et annule une grande partie des réformes introduites durant la régence, rétablissant notamment les anciens responsables écartés[5].
Par la nomination de Yissu Mangu, son cousin et ami personnel, au détriment de Kara Hülegü comme khan de Djaghataï, il domine fermement le Turkestan, mais évite de se mêler des affaires de son puissant cousin Batu.
Güyük meurt durant l'été 1248 alors qu’il marche vers l’ouest avec son armée. Sa veuve, Oghul Qaïmich assume la régence jusqu'en 1251 accompagnée de Büri (fils de Mutukan, petit-fils de Tsagadai et arrière-arrière-petit-fils de Gengis Khan), date où le pouvoir suprême passe aux fils de Tolui, quatrième fils de Gengis Khan et de Börte : Möngke de 1251 à 1259, puis Kubilai de 1260 à 1294.
Güyük ne règne que deux ans et son décès, peut-être dû à un empoisonnement, marque la fin de la suprématie du lignage d'Ögödei, évincé du trône au profit d'une autre branche de la famille : les Toluides[10].
Les Ögödéides, dont le fief était centré sur la Mongolie, sont dès lors totalement écartés du pouvoir.
Famille
modifierÉpouse et descendance
modifierOn lui connait 5 enfants de ses différentes épouses et concubines.
- Wuwuerheimishi (元妃烏兀儿黑迷失), princesse Merkit;
- Naimanzhen (乃蠻真皇后), princesse Naimans;
- Oghul Qaïmich (欽淑皇后), princesse Merkit;
- Khoja (忽察), premier fils;
- Naqu (腦忽), second fils;
- Epouse inconnue ou concubine:
- Khokhoo, troisième fils
- Babahaer (公主 巴巴哈爾), première fille;
- Yelimishi (趙國公主 葉里迷失), deuxième fille;
Notes et références
modifier- ↑ « Océanique » : universel
- ↑ Réponse de Güyük à Innocent IV, traduite par Pelliot, p. 22.
- ↑ (en) « Tibet Heritage Fund - Diffusion of Tibetan Buddhism in Mongolia », sur Tibetheritagefund
- 1 2 3 (en) Christopher Pratt Atwood, Encyclopedia of Mongolia and the Mongol Empire, Facts On File, (ISBN 978-0-8160-4671-3, lire en ligne), p. 211-213
- 1 2 3 4 5 (en) Timothy May, The Mongol Empire: A Historical Encyclopedia [2 Volumes], Bloomsbury Academic, (ISBN 978-1-61069-339-4, lire en ligne), p. 44-46
- ↑ Grousset, op. cité, p.335.
- ↑ réponse
- ↑ (en) Jack Weatherford, Genghis Khan and the Quest for God, p. 385
- ↑ (en) Alexander Berzin, A Survey of Tibetan History Tibetan Lamas and Mongol Patrons
- ↑ Favereau 2023, p. 62.
Bibliographie
modifier- René Grousset, L’Empire des steppes, Attila, Gengis-Khan, Tamerlan, Paris, Éditions Payot, , 4e éd., 620 p. (lire en ligne), p. 334-338
- Paul Pelliot, Les Mongols et la papauté, A. Picard, , 222 p., p. 22
- Paul Pelliot, Les Mongols et la Papauté, Revue de l'Orient chrétien, 3e sér., 1922/23, pp. 3-30..
- Marie Favereau, Les Mongols et le monde: l'autre visage de l'empire de Gengis Khan, Les Éditions du Château des ducs de Bretagne (Musée d'histoire de Nantes), (ISBN 978-2-906519-81-7, lire en ligne)
Liens externes
modifier- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :