Hans von Veyder-Malberg
Hans Baron von Veyder-Malberg, né le à Lundenburg, en Moravie, et mort le à Munich (Allemagne de l'Ouest), est un pionnier automobile, pilote sportif et dirigeant d'entreprise autrichien. Il est notamment connu pour avoir été directeur commercial et fondé de pouvoir du bureau d'études de Ferdinand Porsche à Stuttgart, puis associé et gérant de la société Porsche GmbH dans les années 1930[1],[2].
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Biographie
modifierHans von Veyder-Malberg est issu d'une ancienne famille noble autrichienne. Il est en contact avec l'automobile dès son adolescence : à quinze ans, il conduit déjà une automobile Henriod monocylindre de 9 ch, et son premier véhicule personnel est une motocyclette Laurin & Klement de 2,5 ch à transmission par courroie plate[3].
Il rencontre pour la première fois Ferdinand Porsche lors de la course de côte du Semmering en 1904[3]. Il étudie ensuite dans plusieurs écoles techniques supérieures, notamment à Graz, Brünn et Vienne. Le 19 septembre 1909, il commence un volontariat chez Austro-Fiat, à Vienne-Floridsdorf. En 1910, il devient chef du service de réparation[3].
En 1911, il participe à la première édition du rallye Monte-Carlo. Ses premiers succès sportifs importants interviennent en 1912 lors de l'Österreichische Alpenfahrt, ou course alpine autrichienne. À partir de 1913, il dirige une société d'autotaxis exploitant plus de cent véhicules. Pendant la Première Guerre mondiale, il est chef d'exploitation chez Austro-Fiat[3].
Activité sportive automobile
modifierAprès la Première Guerre mondiale, Veyder-Malberg reprend une activité sportive plus soutenue. Il participe notamment au Riesrennen de 1921, où il termine quatrième sur Austro-Fiat, puis aux courses de 1923 au Semmering et au Riesrennen, où il obtient plusieurs classements d'honneur sur Steyr[3].
Avec des voitures d'usine Austro-Daimler, il remporte ensuite plusieurs succès. Il gagne notamment le Riesrennen de Graz en 1924, obtient une victoire de classe et une troisième place au classement général en 1925, remporte la course longue distance Paris-Nice en 1924 et 1925, ainsi que le classement individuel et le classement par équipes de l'Österreichische Alpenfahrt en 1924. Il réalise également plusieurs meilleurs temps lors de la Schweizerische Alpenfahrt en 1924[3].
Steyr et relation avec Ferdinand Porsche
modifierProfessionnellement, Veyder-Malberg travaille chez Steyr comme conseiller technique auprès de la direction générale. Après le départ de Hans Ledwinka, il soutient le recrutement de Ferdinand Porsche comme chef constructeur et membre de la direction de Steyr[4]. À la suite de la crise bancaire qui touche également Steyr, il se retrouve sans emploi.
Porsche GmbH
modifierEn février 1933, Veyder-Malberg succède à Adolf Rosenberger comme directeur commercial et fondé de pouvoir du bureau d'études de Ferdinand Porsche à Stuttgart[1]. En contrepartie d'un prêt de 40 000 Reichsmark consenti au bureau d'études, il reçoit une participation de 10 % dans Porsche GmbH[5].
Veyder-Malberg entretient des liens personnels et professionnels avec Adolf Rosenberger, cofondateur juif de Porsche. Selon la ville de Salzbourg, il aide les parents de Rosenberger à émigrer en France après la Nuit de Cristal en novembre 1938[1]. La littérature historique relève également que son rôle dans la sortie de Rosenberger de l'entreprise et dans la transmission des parts sociales reste lié au contexte antisémite et politique du Troisième Reich[6],[5].
Avec les plans de construction de Porsche, Veyder-Malberg démarche l'industrie allemande afin de faire aboutir le projet d'une voiture populaire. Chez Zündapp, trois prototypes sont construits, équipés d'un moteur radial à cinq cylindres ; chez NSU, alors l'un des plus grands fabricants de motocyclettes du monde, quatre prototypes sont également réalisés. Ces projets n'aboutissent cependant pas à une production de série[2],[7].
Le 17 janvier 1934, Porsche remet au ministère allemand des Transports un mémorandum sur la construction d'une voiture populaire allemande. Le 22 juin 1934, le Reichsverband der Automobilindustrie confie au bureau d'études Porsche le contrat de développement de prototypes pour ce projet[2],[7]. Le projet est ensuite repris et soutenu par le régime national-socialiste, notamment par le Front allemand du travail dirigé par Robert Ley, et conduit au développement de la voiture connue sous le nom de Volkswagen puis de KdF-Wagen[2].
En décembre 1937, la Porsche GmbH est transformée en société en commandite. Veyder-Malberg, seul associé extérieur à la famille Porsche-Piëch, vend alors ses parts, mais conserve une fonction de gérant[5],[8]. La répartition familiale comprend alors Ferdinand Porsche, son fils Ferry Porsche, sa fille Louise Porsche-Piëch et son gendre Anton Piëch[5].
Veyder-Malberg demande son admission au NSDAP le 22 septembre 1938 et est admis rétroactivement au , avec le numéro de membre 6 195 519[9]. En octobre 1944, il se retire de l'entreprise pour raisons de santé. Il subit ensuite plusieurs opérations graves.
Hans von Veyder-Malberg meurt le à Munich[3].
Publications
modifier- (de) Hans Veyder-Malberg, « Lebenslauf », Christophorus. Zeitschrift für die Freunde des Hauses Porsche, vol. 10, no 53, , p. 20-23
Notes et références
modifier- 1 2 3 (de) « Prof. Dr. Ing. h. c. Ferdinand Porsche », sur Stadt Salzburg (consulté le )
- 1 2 3 4 (en) « The History of Porsche », sur Volkswagen Group (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 (de) Hans Veyder-Malberg, « Lebenslauf », Christophorus. Zeitschrift für die Freunde des Hauses Porsche, no 53, , p. 20-23
- ↑ (de) Martin Pfundner, Austro Daimler und Steyr. Rivalen bis zur Fusion, Vienne, Böhlau, (ISBN 978-3-205-77639-0)
- 1 2 3 4 (de) Wolfram Pyta, Nils Havemann et Jutta Braun, Porsche. Vom Konstruktionsbüro zur Weltmarke, Munich, Siedler, (ISBN 978-3-8275-0100-4)
- ↑ (de) « Adolf, Alfred, Alan Arthur », Jüdische Allgemeine, (lire en ligne)
- 1 2 (en) « Ferdinand Porsche », sur Porsche Holding (consulté le )
- ↑ (de) Hans Mommsen et Manfred Grieger, Das Volkswagenwerk und seine Arbeiter im Dritten Reich, Dusseldorf, Econ, , 930 p. (ISBN 3-430-16785-X)
- ↑ (de) Wolfram Pyta, Nils Havemann et Jutta Braun, Porsche. Vom Konstruktionsbüro zur Weltmarke, Munich, Siedler, , 306 p. (ISBN 978-3-8275-0100-4)
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Hans Seper, Martin Pfundner et Hans Peter Lenz, Österreichische Automobilgeschichte, Vienne, Eurotax, 1999, (ISBN 3-905566-01-X).
- Wolfram Pyta, Nils Havemann et Jutta Braun, Porsche. Vom Konstruktionsbüro zur Weltmarke, Munich, Siedler, 2017, (ISBN 978-3-8275-0100-4).
- Hans Mommsen et Manfred Grieger, Das Volkswagenwerk und seine Arbeiter im Dritten Reich, Düsseldorf, Econ, 1996, (ISBN 3-430-16785-X).