Harry Fragson

auteur-compositeur-interprète (1869-1913)

Léon Philippe Pot, dit Harry Fragson, né le à Soho, à Londres, et mort le à Paris 10e, est un auteur-compositeur-interprète belge, ayant connu le succès en français et en anglais.

Harry Fragson
Harry Fragson au Scala en 1898
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Léon Philippe PotVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonymes
Harry Fragson, FragsonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités

Biographie

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Plaque cinéraire de Harry Fragson au columbarium du Père-Lachaise (case 5924).

Harry Fragson, qui fut l'un des plus célèbres auteurs-compositeurs des années 1900 avec Mayol, Dranem, Aristide Bruant et Polin, a longtemps cultivé l'ambiguïté quant à ses origines. La publication de son extrait d'acte de naissance en 2004 met fin à tout débat : il est né à Londres, dans le quartier de Soho, d'un père français, Victor Pot, et d'une mère belge, Léontine Winand[1][réf. non conforme].

Il fait ses études à l'Institut de commerce d'Anvers et divertit ses camarades en jouant au piano les airs à la mode. Échouant aux examens, il tente sa chance à Paris et auditionne pour le café-théâtre des Quat'z'Arts, où il est engagé comme accompagnateur. Revenu d'un séjour à Londres, il importe en France le ragtime[2].

Il fait une brillante carrière au music-hall en France et au Royaume-Uni. Il innove en s'accompagnant au piano à grand renfort de mimiques, et interprète un répertoire allant du comique au romantique. Ses grands succès sont La Boiteuse, Reviens, veux-tu, Les Amis de Monsieur, Je connais une blonde, Si tu veux Marguerite. Il remplit des salles de cafés-concerts jusqu'à 2 000 places[2]. Il devient ainsi très riche[2]. Dans ses chansons composées en anglais, il adopte volontairement un fort accent français[2].

Il a l'image d'un homme laid mais élégant et séducteur[2]. D'après le témoignage de Maurice Chevalier, qui assistait quand il était enfant à ses spectacles comme à ceux de Dranem ou Polin, Fragson était belge, grand, chauve et laissait pousser une longue mèche de cheveux de l'arrière de sa couronne pour la rabattre sur le devant.[réf. nécessaire]

Le , alors qu'l rentre chez lui, au 56, rue Lafayette où il habite avec sa maîtresse et son père. Une dispute éclate alors et son père sort un pistolet et lui tire dans la tête[3]. Il meurt à l'hôpital Ambroise Paré de Paris, à l'âge de 44 ans, des suites de la blessure par balle[4],[5]. Son père de 83 ans, Victor Pot reprochait à son fils d'avoir une liaison avec Paulette Franck[6],[7].

Enterré le , le tout-Paris du music-hall se déplace[2]. Crématisé au crématorium du Père-Lachaise, ses cendres sont déposées au columbarium du cimetière (case 5924).

Après son meurtre, son demi-frère et sa famille revendiquèrent l'héritage mais, à cause d'une procédure trop lente, la totalité de ses biens revint à l'État français. Fragson possédait plusieurs résidences de luxe, des objets d'une valeur inestimable, les droits d'auteurs de tous ses succès et il était le plus gros actionnaire du canal de Panama.

Barbara a repris certains de ses titres au début de sa carrière et lui a rendu hommage dans une de ses chansons, Fragson, sur l'album Seule (1981)[2].

L'air de sa chanson Si tu veux... Marguerite, qui connaît le succès quelques semaines avant sa mort à l'Alhambra, est réemployé[3] :

  • Dans la chanson Chauffeur si t'es champion.
  • Lors des manifestations de rue ; le refrain « Si tu veux faire mon bonheur, Marguerite, Marguerite, si tu veux faire mon bonheur, donne-moi ton cœur » est changé en « Untel, si tu savais, ton (ta) syllabe-syllabe, ton (ta) syllabe-syllabe où on s‘ le/la met ». Exemple : «Devaquet, si tu savais, ta réform‘, ta réform‘ ; Devaquet, si tu savais, ta réform‘, où on s‘ la met »[8].

Créations

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Fragson à l'Alcazar d'été.
  • Tendresses d'amants, 1900 à la Scala[9].
  • Amours Fragiles[10].
  • Ah ! C' qu'on s'aimait...
  • L'amour boiteux, 1901 (à l'Alcazar d'été)
  • La Baya, 1911[11]
  • A la Martinique, 1912[12]
  • Je connais une blonde
  • Les Blondes
  • La Mouyette (d'après la Matchiche de Félix Mayol)
  • Le Thé Tango
  • Les Jaloux
  • Reviens
  • Souvenir tendre[13]
  • Elle est de Bruxelles[14]

Discographie

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  • Compilation 1903-1912, collection Chansophone, 1994

Filmographie

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  • Entente cordiale, court métrage de et avec Max Linder (14 min), productions Pathé Frères, sorti en salle à Paris le , dans lequel le chanteur et le comédien jouent leur propre rôle.
  • Fragson aurait également tourné sous la direction d'Alice Guy en 1906, mais il ne subsiste aucune trace de ces films.

Notes et références

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  1. Lamb et Myerscough 2004.
  2. 1 2 3 4 5 6 7 Bertrand Dicale, « Fragson ou le malheur d’avoir un père » Accès libre, sur France Musique, (consulté le )
  3. 1 2 Grégoire Lecalot, « 1913 en chansons | Fragson décède, la Belle Epoque en deuil » Accès libre, sur France info, (consulté le )
  4. « Music-hall star killed by father » Accès libre, sur Archives du New York Times, New York Times,
  5. Lucien Doublon, « Le meurtre de Fragson » [archive du ], sur archives.paris.fr, (consulté le )
  6. « La Presse », sur Gallica, (consulté le )
  7. « Fragson, Harry [real name Léon Philippe Pot] » Accès payant, sur Oxford Dictionary of National Biography, (consulté le )
  8. Cyprien Cini et Angéline Da Costa, « Réformes des retraites : d'où vient ce chant de manifestation connu de tous ? » Accès libre, sur RTL, (consulté le )
  9. « Tendresses d'amants : romance créée par Harry Fragson à la Scala, chantée par Dalbret (illustration Faria) », MediHal, (lire en ligne, consulté le )
  10. « Amours Fragile », sur bibliotheques-specialisees.paris.fr (consulté le )
  11. Partition de La Baya.
  12. « A la Martinique : chanson nègre », sur Bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris (consulté le )
  13. « Souvenir tendre [enregistrement numérique] », sur BAnQ numérique (consulté le )
  14. « Elle est de Bruxelles [enregistrement numérique] », sur BAnQ numérique (consulté le )

Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Andrew Lamb et Julian Myerscough, Fragson, the Triumphs and the Tragedy, Fullers Wood Press, (ISBN 978-0952414940)

Liens externes

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