Henri Beaudenom de Lamaze

militaire français

Henri Beaudenom de Lamaze, né le à Paris[1] et mort le à Versailles, est un général de division français de la Première Guerre mondiale. En , il commande l’aile droite de la 6e armée du général Maunoury pendant la bataille de l’Ourcq et la bataille de l’Aisne.

Henri Beaudenom de Lamaze
Henri Beaudenom de Lamaze
Le général de Lamaze orientant le maréchal Maunoury (1921).

Nom de naissance Henri Jacques Auguste Beaudenom de Lamaze
Naissance
Paris (ancien 3e arrondissement)
Décès (à 90 ans)
Versailles
Origine Drapeau de la France France
Formation École polytechnique
École d'application de l'artillerie et du génie
École supérieure de guerre
Grade Général de division
Années de service 1869 – 1915
Commandement 29e division d'infanterie
37e corps d’armée
Conflits Guerre de 1870
Première Guerre mondiale
Faits d'armes Bataille de l’Ourcq
Bataille de l’Aisne

Emblème

Biographie

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Son père, Amédée Beaudenom de Lamaze, était le fils d’un médecin appartenant à une famille de la petite noblesse périgourdine[note 1],[2]. Il devint notaire à Paris, où exerçait son oncle[note 2],[3],[4], et se maria en 1845 avec Marie Bonnet[note 3]. Il mourut alors que leur fils était âgé de trois ans[5].

Henri Beaudenom de Lamaze fut reçu à l'École polytechnique en 1867[6]. À sa sortie, il intégra l'École d'application de l'artillerie et du génie. Au début de la guerre franco-allemande de 1870, il fut incorporé au 4e régiment d'artillerie. Pendant le siège de Paris, il participa aux batailles de Châtillon, de la Malmaison, de Champigny, puis promu lieutenant, à celle du mont Valérien[7]. Au printemps 1871, il servit dans l'armée versaillaise contre la Commune de Paris.

Carrière de militaire

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Le général de Lamaze en 1906.

Passé dans la section de réserve en [8], il fut rappelé à l'âge de 66 ans, le , trois semaines après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, pour endiguer l'invasion allemande.

Première Guerre mondiale

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Bataille de l'Ourcq

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Joseph Gallieni, le gouverneur militaire de Paris, confia au général de Lamaze un groupe de 30 000 hommes (qui devint par la suite le 37e corps d'armée), composé de deux divisions de réserve (la 55e et la 56e, commandée par Théodore de Dartein) et d'une brigade d'infanterie marocaine.

Son groupe fut intégré à la 6e armée de Michel Maunoury, ancien condisciple de Lamaze à polytechnique, lui aussi retraité[9]. Gallieni et le généralissime Joseph Joffre, chargèrent Maunoury d'affronter la Ire armée de la Deutsches Heer (commandée par Alexandre von Kluck), qui marchait en direction de Paris.

Le matin du , les 60 000 hommes[note 4],[10] de la 6e armée, à laquelle s'était joint le 7e corps d'armée du général Vautier, étaient positionnés au nord-est de Paris, entre Claye et Dammartin-en-Goële. À leur droite, six divisions menées par John French, le commandant du corps expéditionnaire britannique, comblaient l'intervalle entre la 6e et la 5e armée, positionnée au nord de Provins[note 5].

Joffre ordonna à la 6e armée de repousser les Allemands au-delà de l'Ourcq avant le coucher du soleil. À midi, les troupes du général de Lamaze s'avancèrent en trois colonnes vers des points situés en hauteur : Penchard, Monthyon et Saint-Soupplets, où les attendait le IVe corps de réserve allemand détaché par Kluck[11].

En ce premier jour de la première bataille de la Marne, l’armée de Maunoury fit reculer les Allemands au prix de lourdes pertes. L'écrivain Charles Péguy, lieutenant du 276e régiment d'infanterie incorporé au groupe de Lamaze, fut tué à Villeroy ce [12].

Au crépuscule, les Français ne s'étaient pas emparés des cibles visées et demeuraient loin de l'Ourcq. Lamaze installa pour la nuit une ligne entre Montgé, Iverny et Charny. La division de Dartein parvint à prendre Saint-Soupplets dans un combat de nuit et les Allemands, menacés sur leur droite par le 7e corps de Vautier, évacuèrent Monthyon et Penchard, dont Beaudenom de Lamaze s'empara au matin du .

De son côté, le corps expéditionnaire britannique de French, épuisé après deux semaines de retraite à marche forcée, ne put opérer la jonction avec la 6e armée à Meaux. Pour faire face au danger présenté par la 6e armée, Kluck décida de concentrer ses forces sur les Français, envoyant deux corps soutenir le IVe de réserve[11]

Le , comme tous les généraux, Beaudenom de Lamaze reçut l’ordre de Joffre invitant les troupes françaises à « se faire tuer sur place plutôt que de reculer[11] ». Le haut commandement adverse donna des directives semblables. Le groupe de Lamaze, bravant l'artillerie ennemie sur plus d'un kilomètre, se confronta aux Allemands dans un corps à corps à la baïonnette. Peu après midi, les renforts dépêchés par Kluck arrivèrent et interrompirent l'avancée française. Trois groupes d'artillerie envoyés par Gallieni vinrent soutenir le groupe de Lamaze. À la fin de la journée, il occupait la ligne Chambry-Marcilly. Les Britanniques, quant à eux, avaient atteint Coulommiers.

Les combats reprirent le et la supériorité de l'artillerie lourde allemande se faisait sentir. Gallieni rendit visite au général de Lamaze sur les hauteurs de Monthyon, d'où l'on voyait exploser les « marmites » allemandes (des obus de gros calibres libérant à l'impact une épaisse fumée noire, orange et violette)[13].

Dans la nuit du 7 au , la 7e division fut acheminée vers le front pour se joindre au 7e corps d'armée (épisode des taxis de la Marne). La 45e division, composée de zouaves et de tirailleurs algériens et marocains, arriva également pour consolider le groupe de Lamaze. Le , les combats faisaient rage à Acy pour le 7e corps, et entre Étrépilly et Varreddes pour Lamaze. L'après-midi, les Britanniques avancèrent jusqu'à La Ferté-sous-Jouarre.

Les Allemands, menacés d’être pris en tenaille, durent se replier[11]. Kluck lança le 9 septembre une contre-offensive qui enfonça l'aile gauche de la 6e armée (le 7e corps recula en subissant de lourdes pertes). Les craintes des Français furent dissipées au matin du par l'annonce de la retraite allemande : Paris n'était plus directement menacée.

Bataille de l'Aisne

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À la bataille de la Marne succéda la « course à la mer ». Maunoury se lança à la poursuite de Kluck, qui marcha vers le nord-est en direction de Soissons, jusqu'à franchir l'Aisne où fut organisée une position défensive. Le , la 6e armée (renforcée par la 37e division et le 4e corps d'armée) commença la traversée de l'affluent et se heurta à l'artillerie lourde allemande.

Le , le génie parvint à dresser des passerelles devant Soissons et le groupe de Lamaze passa à son tour l'Aisne[14]. Kluck, qui obtint également de son côté de solides renforts, résista à la pression de la 6e armée. Devant l'échec de ses offensives, Maunoury comptait sur le 13e corps d'armée, qui devait s'emparer de Noyon au nord-ouest pour opérer une manœuvre d'enveloppement sur son aile gauche.

Le , sur l'aile droite, la brigade marocaine du groupe de Lamaze réussit à percer une partie des barrages ennemis au nord de Soissons. Ses hommes reçurent l’ordre de fortifier leur nouvelle position, qui résista le lendemain à une contre-offensive générale des Allemands sur l'axe Noyon-Soissons-Reims[14]. Le , alors que des pluies torrentielles alourdissaient le terrain, Maunoury détacha le 4e corps d'armée et Joffre envoya la 2e armée de Castelnau pour secourir le 13e corps d'armée, submergé par l'ennemi autour de Noyon.

La 6e armée résista à une nouvelle vague allemande le et commença à creuser des tranchées : c'était le début de la guerre de position. Maunoury ne se résolut pas à la stabilisation du front sur le chemin des Dames et prescrivit une nouvelle offensive, qui échoua dans la boue et le brouillard. Les munitions commençaient à manquer et l'on constatait partout les progrès spectaculaires des travaux défensifs ennemis[14].

Beaudenom de Lamaze installa son quartier général au château de Belleu. Au cours des semaines suivantes, les officiers de l'état-major soulignèrent la nécessité de consolider la position française au nord de Soissons, en élargissant la percée réalisée par la brigade marocaine pour sécuriser cette partie du front. Lamaze exprima ses réticences, craignant qu'une telle attaque, faute de moyens, ne déclenchât une contre-offensive immédiate qui eût mis en péril le maintien même de ses positions. Maunoury se rendit à plusieurs reprises au château de Belleu pour tenter de le convaincre, mais Lamaze s'obstina à refuser toute opération de ce genre. Maunoury s'en remit finalement au Grand Quartier général. Il confia alors au cryptologue Georges Painvin : « j'ai compris que mon pauvre ami de Lamaze vieillissait[9]. »

Le , le général de Lamaze fut remplacé par Henri Berthelot. La bataille de Crouy eut lieu la deuxième semaine de et se solda, comme l’avait prédit Lamaze, par un recul français et de lourdes pertes[note 6]. Convoqué par le ministre de la Guerre Alexandre Millerand pour s'expliquer au sujet de « l'affaire de Soissons » , Joffre limogea Berthelot. Lamaze commanda la zone sud du camp retranché de Paris jusqu'en [6].

Dernières années

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Georges Painvin a rendu hommage à l'amitié fidèle du général de Lamaze, qui rendait fréquemment visite à Michel Maunoury, laissé aveugle et défiguré par un tir allemand en . Plusieurs années après la mort de Maunoury, Lamaze a confié à Painvin n'avoir jamais discuté avec lui de l'affaire de Soissons après la bataille[15].

Le général de Lamaze devant le monument aux morts d'Étrépilly (9 septembre 1917).

Henri Beaudenom de Lamaze est mort le à son domicile du boulevard de la Reine, à Versailles. Son corps a été inhumé au cimetière de Montmartre.

Il avait épousé le , en l'Église Saint-Thomas-d'Aquin (7e arrondissement de Paris), Cécile de la Croix-Vaubois (1852-1918), fille du général de la Croix-Vaubois. Il était le grand-père de Jacques Beaudenom de Lamaze, compagnon de la Libération tué à la bataille de Bir-Hakeim.

Décorations

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Notes et références

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  1. ↑ La seigneurie de Lamaze, théâtre d'affrontements à la Révolution, se trouvait non loin de Brive-la-Gaillarde.
  2. ↑ Dont la veuve épousa le vicomte d'Arlincourt.
  3. ↑ À la naissance d'Henri Beaudenom de Lamaze, le couple était domicilié au 22 rue Vivienne, dans le quartier du Palais-Royal. Sa mère, qui se remaria après la mort de son père, habitait au 9 rue de Médicis à la fin de sa vie.
  4. ↑ Les effectifs de la sixième armée, constamment renforcés du 5 au 9 septembre, atteignirent jusqu'à 120 000 hommes pendant la bataille de l'Ourcq.
  5. ↑ La ligne de défense, dont la 6e armée constituait l'aile gauche, s'étendait jusqu'à Verdun, sur un arc de cercle de plus de 200 kilomètres, avec en son cœur la 9e armée du général Foch.
  6. ↑ Henri Barbusse dédia Le Feu à ses camarades tombés au cours de cette bataille.

Références

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Voir aussi

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