Herman Greulich

politicien suisse

Herman Greulich, né le à Wrocław et mort le à Zurich, est un syndicaliste et une personnalité politique suisse, membre de l'aile modérée du Parti socialiste.

Herman Greulich
Illustration.
Fonctions
Conseiller national suisse

(16 ans, 11 mois et 1 jour)
Législature 21e, 22e, 23e, 24e, 25e, 26e
Groupe politique Socialiste (S)

(3 ans et 2 jours)
Législature 19e
Groupe politique Socialiste (S)
Député du Conseil cantonal de Zurich

(24 ans)

(3 ans)

(3 ans)
Président du Conseil municipal de Zurich

(1 an)
Conseiller municipal de Zurich

(33 ans)
Biographie
Surnom Papa Greulich ; Papa G
Date de naissance
Lieu de naissance Breslau (Prusse)
Date de décès (à 83 ans)
Lieu de décès Zurich (Suisse)
Sépulture Cimetière de Sihlfeld, Zurich
Nationalité Suisse et allemand
Parti politique Parti socialiste suisse
Syndicat Association internationale des travailleurs, Fédération ouvrière suisse, Syndicat des services publics

Biographie

modifier

Herman Greulich naît le à Breslau, (actuellement Wrocław en Pologne mais qui fait partie de la Prusse à cette époque). Il est le fils de Johann Gottlieb, cocher, et de Rosina Franske, bonne d'enfants. Il épouse en 1867 Johanna Kaufmann[1]. Libre-penseurs, le mariage est uniquement civil[2]. Ils ont ensemble sept enfants[3], notamment Margarete Greulich, peintre[4].

Enfant, il est témoin de la révolution de Mars dans la ville de Breslau[5]. Lorsqu'il a 13 ans, son père meurt[2]. Il fréquente l'école pour enfants pauvres de Wrocław, puis commence un apprentissage de gantier qu'il doit abandonner à cause de ses problèmes aux yeux. Il se forme ensuite à la profession de relieur. Lors de son tour de compagnonnage il arrive à Stuttgart, où il assiste en 1865 au troisième congrès de la Vereinstag Deutscher Arbeitervereine en tant que délégué de l'Association des travailleurs de Reutlingen[2].

Il va ensuite à Zurich en 1865, où il s’installe[1]. Il y travaille comme relieur, puis occupe différents métiers (assistant dans un studio de photographie, torréfacteur, apiculteur)[6].

Engagement dans le mouvement ouvrier

modifier

Herman Greulich rencontre Karl Bürkli (de), qui l'introduit à la pensée de Charles Fourier[1], de Ferdinand Lassalle, ainsi que de Marx et Engels. Il est également influencé par Friedrich-Albert Lange et Johann Philipp Becker.

Il adhère en 1867 à l'Association internationale des travailleurs, cofonde sa section zurichoise et participe à plusieurs de ses congrès[1]. Il y défend notamment le droit des femmes à travailler et à recevoir un salaire égal aux hommes[3],[7].

En 1869, il est membre de la délégation suisse au congrès d'Eisenach, qui voit la fondation du Parti ouvrier social-démocrate d'Allemagne[2]. Il est rédacteur en chef de l'hebdomadaire Tagwacht (de) de sa création en 1869[8] jusqu'à 1880[6]. Il fonde en 1870 un éphémère parti social-démocrate. Il fait partie, en 1873 des fondateurs de la Fédération ouvrière suisse[1], où il défend à nouveau l'intégration des femmes aux organisations ouvrières[7].

« « Die Frauenemanzipation ist keine politische Schrulle, sie ist notwendig für die Emanzipation der Arbeiter überhaupt. » (L'émancipation des femmes n'est pas une mode passagère ; elle est indispensable à l'émancipation des travailleurs en général.)[7] »

Il entre en 1884 à l'office de la statistique du canton de Zurich, qu'il dirige de 1885 à 1887[1]. Ses recherches en statistique sociale sont louées par les spécialistes de l'époque[1].

En 1887, il est le premier secrétaire à plein temps du Secrétariat ouvrier suisse, poste qu'il va occuper jusqu'à sa mort[6],[9].

Figure du socialisme en suisse et à l'international

modifier
Photo prise par Herman Greulich lors du congrès de Zurich de 1893. On y voit notamment Clara Zetkin, Friedrich Engels, Julie Bebel (de), August Bebel et Eduard Bernstein

Herman Greulich coorganise le troisième congrès de l'internationale socialiste (en) à Zurich en 1893[7] (lors duquel il prend une célèbre photo des participants assis autour d'une table[6]), ainsi que le Congrès de Bâle pour la Paix[7]. Il est également à l'initiative[7] du Congrès international pour la protection des travailleurs, convoqué en 1897 à Zurich, qui est à l'origine de l'Office international du travail en 1901, puis de l'Organisation internationale du travail[10].

Il se rend aux États-Unis pour assister au Congrès de Saint-Louis de 1904. Durant ce voyage, il prononce des discours pour soutenir la campagne d'Eugene Debs, au Carnegie Hall de New York et dans d'autres villes[7]. L'année suivante, il participe au mouvement de solidarité avec la révolution russe de 1905[5].

En 1905, il fonde l'Association des ouvriers communaux et cantonaux (actuel Syndicat des services publics), qu'il préside jusqu'en 1915.

Herman Greulich aide Lénine à se réfugier en Suisse en 1914, malgré l’antipathie qui règne entre les deux hommes[5]. En 1916, ils se retrouvent lors de la conférence de Kiental, qui cherche à stopper la Première Guerre mondiale[11].

Bien qu'il soit opposé à la stratégie de la Grève générale, il se déclare solidaire de la grève générale de 1918 auprès du Conseil national.

Mandats politiques

modifier
Herman Greulich, trois mois avant sa mort, sur le Känzeli à Romanshorn

Il commence sa carrière politique au législatif de la ville de Zurich (qu'il préside entre 1904 et 1905) en 1892 et y reste jusqu'en 1925. Parallèlement, il est également élu au Grand Conseil zurichois entre 1890 et 1893, puis entre 1896 et 1899 et encore entre 1901 et 1925. Il est enfin Conseiller national de 1902 à 1905, puis à nouveau de 1908 à sa mort, en 1925[1]. Doyen de l'assemblée, il prononce le discours d'ouverture des 25e et 26e législatures du Conseil national[5].

Il présente des motions en faveur du suffrage féminin dans toutes les assemblées auxquels il est élu[7], notamment en 1918, la première motion parlementaire en ce sens au Conseil national[2]. Opposé à l'anarchisme et à l'aile gauche du Parti socialiste[5], il défend toute sa vie un socialisme réformiste[1]. Au sein du mouvement ouvrier suisse, il est surnommé « Papa Greulich »[7] ou « Papa G »[1].

Un cortège de 10'000 personnes accompagne son cercueil lors de son enterrement au cimetière de Sihlfeld, à Zurich[7].

Publication

modifier
  • (de) Herman Greulich, Die materialistische Geschichtsauffassung. Leichtfaßlich dargestellt., Berlin, Buchhandlung Vorwärts, , 32 p.
  • (de) Herman Greulich, Der Staat vom sozialdemokratischen Standpunkte aus : Eine Auseinandersetzung mit den Anarchisten., Zurich, Benteli, , 43 p.
  • (de) Herman Greulich, Karl Fourier, ein Vielverkannter, Zürich, Buchhandlung des Schweiz, , 124 p.

Bibliographie

modifier
  • (de) Franz Schmidt, Herman Greulich : Ein kleines Lebensbild, Zürich, Schweiz. Gewerkschaftsbund, , 46 p.
  • (de) Ernst Nobs, Herman Greulich, Zürich / New York, Oprecht, , 64 p.
  • (de) Eduard Weckerle, Herman Greulich : Ein Sohn des Volkes, Zurich, Büchergilde Gutenberg Zürich, , 374 p.
  • (de) Werner Kuhn, Die Bedeutung Charles Fouriers für die Gedankenwelt Herman Greulichs : ein Beitrag zur Schweizergeschichte des 19. Jahrhunderts, Zurich, Juris-Verlag, , 134 p.
  • (de) Fritz Wartenweiler, Auch der Arbeiter will Mensch werden : Herman Greulich kämpft ein Leben lang dafür, 1842-1925, Olten, Hauenstein, , 80 p.

Références

modifier
  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Article Herman Greulich dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.
  2. 1 2 3 4 5 « O mein Papa! », VPOD-Magazin, , p. 11-21 (lire en ligne Accès libre)
  3. 1 2 (de) Anne-Sophie Zbinden, « Der erste Feminist » workzeitung.ch », sur workzeitung.ch, (consulté le )
  4. « Ar 198.46 Greulich, Margarete (1867-1917) », sur www.findmittel.ch (consulté le )
  5. 1 2 3 4 5 « Vor 100 Jahren: Abschied von «Papa Greulich» », sur www.sozialarchiv.ch (consulté le )
  6. 1 2 3 4 « Eine kleine Sensation: Der Nachlass von Herman Greulich », sur www.sozialarchiv.ch (consulté le )
  7. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Christian Koller, « Papa Greulichs erstaunlich aktuelles Erbe », Die Wochenzeitung, (lire en ligne Accès libre)
  8. Ernst Bollinger (trad. Monique Baud-Wartmann), « Tagwacht » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
  9. Bernard Degen (trad. Pierre-G. Martin), « Fédération ouvrière suisse » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
  10. Markus Bürgi (trad. Florence Piguet), « Organisation internationale du travail (OIT) » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
  11. Bernard Degen (trad. Walter Weideli), « Conférence de Kiental » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du

Liens externes

modifier