Hippone
Hippone (en latin : Hippo Regius) est une ancienne cité portuaire d'Afrique du Nord, située dans l'actuelle Annaba, dans le nord-est de l'Algérie. Occupé dès l'Antiquité, elle est mentionnée pour la première fois dans les sources historiques en 310 ou 309 av. J.-C. La cité est ensuite associée au pouvoir des rois numides avant son intégration au monde romain. Elle devient alors l'une des principales villes d'Afrique romaine et connaît un important développement urbain. Hippone est également connue pour avoir été le siège épiscopal d'Augustin, qui en est l'évêque de 395 à 430 et y meurt en 430 pendant le siège de la ville par les Vandales.
| Hippone Hippo Regius Bôna Bouna | ||
Ruines d'Hippone avec à l'arrière plan la basilique Saint-Augustin. | ||
| Localisation | ||
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| Pays | ||
| Coordonnées | 36° 52′ 56″ nord, 7° 45′ 00″ est | |
| Géolocalisation sur la carte : Algérie
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Localisation
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Hippone est établie sur le littoral méditerranéen, dans le secteur de l'actuelle Annaba, entre une vaste baie protégée par le Cap de Garde et la plaine qui s'étend au pied du massif de l'Edough. La baie, peu profonde et naturellement abritée par le promontoire du Cap de Garde, offrait des conditions favorables à l'installation d'un port ancien. La plaine située derrière le cordon littoral constituait quant à elle l'espace d'implantation de la ville et son arrière-pays agricole[1],[2].
Cette situation géographique contribue à expliquer l'importance prise par Hippone comme cité portuaire. Le port moderne d'Annaba a par la suite été aménagé pour répondre aux besoins de la navigation à fort tirant d'eau, notamment par le creusement de bassins et la construction de jetées[1].
Étymologie et toponymie
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Le toponyme Hippo appartient à une série de noms de lieux antiques d'Afrique du Nord. L'épithète Regius, associée à la présence de rois numides, indique que la cité fut ultérieurement liée à une résidence royale numide, sans que les sources disponibles permettent de restituer avec précision son histoire politique avant sa première mention historique[2]. Le nom de la ville a ensuite évolué à travers les formes Hippone, Bouna et Bône, jusqu'à l'actuelle Annaba, témoignant d'une permanence toponymique et urbaine sur le même site depuis l'Antiquité. Certains auteurs rattachent toutefois le nom d'Annaba au terme arabe désignant le jujubier (en arabe : العُنّاب)[1].
Histoire
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Origines et période préromaine
modifierLes origines d'Hippone demeurent difficiles à préciser. Le site connaît une occupation ancienne, antérieure à son intégration dans la sphère d'influence carthaginoise, qui contribue au développement de la cité. Sa première mention historique remonte à 310 ou 309 av. J.-C., lorsque Agathocle de Syracuse s'empare de deux villes portant le nom d'Hippo, dont l'une est généralement identifiée à Hippone et l'autre à Hippo Diarrhytus[2],[1].
Hippone faisait alors partie du domaine de Carthage ou de celui de Syphax, qui avait pris le contrôle du royaume massyle. Elle devient ensuite une ville « royale » de l'État numide créé par Massinissa, sans que la date exacte de sa prise de possession soit connue. Le qualificatif Regius apparaît dans le nom de la cité à l'époque numide. Marc Côte et Gabriel Camps rapprochent ce qualificatif de ceux portés par Bulla Regia, Thimida Regia et Zama Regia. Ils précisent toutefois que regia est un adjectif qualifiant le nom de la cité et qu'il ne signifie pas nécessairement que celle-ci abritait une résidence royale[1].
Les vestiges de cette période comprennent d'importants murs en gros appareil le long du front de mer. Longtemps considérés comme des constructions phéniciennes et interprétés comme des quais de l'emporium punique ou comme des remparts, ils sont interprétés par Cote et Camps comme des murs de soutènement destinés à protéger la partie basse de la cité contre les tempêtes et les affouillements. Le front de mer a été aménagé à plusieurs reprises. Jean-Pierre Morel date le mur oriental de la première moitié du IIe siècle av. J.-C., tandis que le mur occidental et un autre mur de gros appareil situé près des thermes nord remontent au Ier siècle av. J.-C.. Certains blocs à bossage proviennent de constructions numides plus anciennes. Un chapiteau ionique archaïque compte également parmi les vestiges attribués à cette période[1].
La cité numide entretient des relations étroites avec la Campanie. Les céramiques importées étudiées sont pour la plupart postérieures au IIIe siècle av. J.-C. et comprennent notamment de la campanienne A, produite dans la région de Naples[1].
Période romaine
modifierPendant la deuxième guerre punique, Hippone apparaît dans les opérations menées en Afrique du Nord. En 205 av. J.-C., Caius Laelius, lieutenant de Scipion l'Africain, y débarque. En 46 av. J.-C., au cours de la guerre civile de César, le chef pompéien Metellus Scipion est surpris dans le port par la flotte de Publius Sittius alors qu'il cherche à gagner l'Espagne ; il se donne ensuite la mort, comme Caton d'Utique et Juba Ier[1].
Hippone est ensuite intégrée à la province d'Africa Nova, créée par Jules César, et devient l'une des principales cités de cette province[1]. Sous Auguste, elle possède le statut de municipium ; l'Oxford Classical Dictionary (en) indique qu'elle obtient probablement celui de colonie à la fin du Ier siècle, tandis que Cote et Camps situent son statut de colonie sous les Antonins[2],[1].
À l'époque romaine, Hippone connaît un important développement urbain. Les fouilles ont dégagé un forum, un macellum, plusieurs établissements thermaux, un théâtre, des quartiers résidentiels ainsi qu'un quartier situé au bord de l'eau. Le forum mesure environ 76 × 43 mètres et compte parmi les plus vastes forums connus en Afrique du Nord. Des statues de Vespasien, d'Aphrodite, de Dionysos et d'Héraclès ont notamment été découvertes dans le forum et les grands thermes[1],[3].
Plusieurs mosaïques témoignent de la richesse des décors des bâtiments privés et publics : scènes de chasse et de capture d'animaux destinés aux venationes, scènes de pêche, représentation d'un labyrinthe, des neuf Muses, d'Apollon et de Melqart, ainsi qu'un Triomphe d'Amphitrite[1].
Sous le règne d'Hadrien, un aqueduc est achevé et alimente des citernes. La ville est reliée à son territoire par un réseau routier comprenant notamment des voies vers Cirta, Théveste, Thagaste, Simitthus, Tacatua (actuelle Chetaïbi) et Rusicade[1].
Hippone constitue également un important port d'exportation du blé produit dans l'arrière-pays numide. Elle accueille le siège de l'un des legati du proconsul d'Afrique ainsi que plusieurs services de l'administration impériale, notamment le procurateur de l'annone et celui des domaines impériaux[1],[2].
Le territoire de la cité fournit également du marbre extrait du Cap de Garde. Le « Greco Scritto », marbre blanc parcouru de veines bleues, est notamment attesté dans les constructions d'Hippone et fait l'objet d'études pétrographiques et géochimiques[4].
Hippone chrétienne
modifierLa christianisation d'Hippone est antérieure à l'épiscopat d'Augustin d'Hippone. Le diocèse d'Hippone est attesté dès le milieu du IIIe siècle. Les premiers évêques connus comprennent notamment Théogène d'Hippone[5], présent au concile de Carthage de 256 et martyrisé en 260, Léonce d'Hippone, évêque d’Hippone, constructeur d"une basilique dans laquelle son Natalis célébré jusqu'en 395 donnait lieu à un banquet réunissant de nombreux fidèles[6], Fidentius d'Hippone, qui figure parmi les vingt martyrs d’Hippone qui semblent avoir été, sous le règne de Dioclétien les premiers témoins de l'existence de la communauté chrétienne dans la cité[6], puis Valère d'Hippone, évêque grec maîtrisant imparfaitement le latin ordonne Augustin prêtre et l'autorise à prêcher en sa présence, puis obtient qu'il lui succède sur le siège épiscopal à la fin du IVe siècle, malgré les réticences de celui-ci[7]. Les listes épiscopales anciennes ne permettent toutefois pas d'établir une succession complète pour les premiers siècles[1],[8],[9].
La ville est également le lieu de plusieurs assemblées épiscopales. Un concile se tient à Hippone en 393, auquel participe Augustin, alors prêtre. D'autres assemblées sont réunies à Hippone en 394 et 426, tandis que des synodes s'y tiennent également en 397 et 401. Les travaux historiques consacrés à Hippone distinguent ainsi les conciles de 393, 394 et 426 des autres réunions synodales de la fin du IVe siècle et du début du Ve siècle[8],[2].
Le concile de 393 est notamment associé à l'établissement d'une liste des livres reconnus comme Écritures par les évêques d'Afrique. Cette liste est reprise et complétée lors du concile de Carthage III de 397. Augustin participe à plusieurs de ces assemblées et intervient dans les débats concernant la discipline ecclésiastique et les controverses religieuses de l’Afrique chrétienne, notamment dans le contexte de la controverse donatiste[8],[1],[10].
Sous l'épiscopat d'Augustin, Hippone accueille également une communauté monastique féminine ainsi que plusieurs établissements monastiques. Paul Monceaux a notamment étudié l'existence d'un couvent de femmes à Hippone à l'époque d'Augustin[11].
Le quartier chrétien comprend notamment une importante basilique, un baptistère et plusieurs constructions annexes. Les fouilles conduites par Erwan Marec ont permis d'en étudier l'organisation et les différentes phases d'occupation[3],[12],[13].
Les recherches consacrées à la basilique ont apporté des données sur son architecture et sa décoration. Henri-Irénée Marrou a notamment étudié les différentes phases de la mosaïque et l'évolution de l'édifice[14],[15].
L'épigraphie chrétienne fournit également plusieurs témoignages. Un sarcophage porte une inscription grecque chrétienne, tandis qu'une autre épitaphe, étudiée par Marrou, présente des réminiscences de la poésie de Virgile[16],[17].
L'identification de la basilique fouillée avec celle d'Augustin a toutefois fait l'objet de discussions. Jean-Marie Laporte a notamment repris la question de sa localisation et a réexaminé les différentes hypothèses proposées à partir des données archéologiques et textuelles[18].
Période vandale et byzantine
modifierEn 429, les Vandales conduits par Genséric commencent leur conquête de l'Afrique romaine. Hippone est assiégée en 430. Augustin meurt dans la ville pendant le siège, en août de la même année, à l'âge de soixante-seize ans[2],[1].
Le siège se poursuit après la mort d'Augustin et la ville capitule l'année suivante. Les sources modernes divergent sur les circonstances précises du siège et sur les raisons de sa durée. Les travaux de Jeroen W. P. Wijnendaele, Andy Merrills et Richard Miles ainsi que ceux d'Andreas Schwarcz abordent notamment les opérations militaires, les difficultés rencontrées par les assiégeants et l'arrivée de renforts romains[19],[20],[21],[22].
Après la défaite des renforts envoyés en 431, Hippone tombe aux mains des Vandales et demeure sous leur contrôle[19],[22],[23].
Les vestiges de la période vandale sont peu nombreux. Des transformations sont néanmoins observées dans certaines villas et certains monuments publics, tandis que la production de mosaïques se poursuit. Une épitaphe datée de septembre 474, consacrée à une femme suève nommée Hermengon, épouse d'un Vandale appelé Ingomar, témoigne de la présence vandale dans la cité[1].
Selon Cote et Camps, Genséric fait d'Hippone sa capitale jusqu'à la prise de Carthage en 439. La ville passe ensuite sous domination byzantine lors de la reconquête de l'Afrique par les forces de l'Empire romain d'Orient au VIe siècle[1].
La période byzantine est marquée par un déclin de la cité et par la construction de fortifications sur les hauteurs. Les sources relatives à cette période restent fragmentaires[1].
De l'Antiquité tardive à Bûna
modifierLes sources arabes mentionnent encore l'ancienne cité après la conquête musulmane de l'Afrique du Nord. Selon Cote et Camps, des habitants de Carthage se réfugient à Hippone après la prise définitive de la ville en 698 et l'ancienne cité conserve alors une certaine importance. À la fin du Xe siècle, le site antique est toutefois définitivement abandonné, probablement en relation avec une modification du cours de la Seybouse[1].
Une nouvelle agglomération, Bûna al-Hadid (en référence à Jebel al-Hadid « la montagne de fer »)[24], est alors établie à environ deux kilomètres au nord de l'ancienne Hippone, sur un promontoire dominant le port actuel. La ville est fortifiée au XIe siècle et devient un lieu commercial fréquenté notamment par des marchands catalans et génois. Les sources médiévales et modernes lui donnent successivement plusieurs formes de nom, parmi lesquelles Bûna et Bône[1],[25].
Les constructions de la nouvelle ville utilisent également des éléments provenant de monuments antiques. Les chapiteaux antiques remployés dans la mosquée de Sidi Bou Merouane ont notamment fait l'objet d'une étude consacrée à leur datation et à leur recontextualisation[26].
À l'époque moderne, la ville devient un port important et prend progressivement le nom d'Annaba, qui est également celui de la ville actuelle. L'histoire du site antique d'Hippone et celle de la ville médiévale puis moderne de Bûna se poursuivent ainsi sur deux emplacements urbains proches, l'ancien site se trouvant au sud de la ville actuelle[25].
Archéologie
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Découverte et fouilles
modifierLe dossier archéologique d'Hippone s'ouvre au début du XIXe siècle avec la redécouverte de quelques mosaïques et épitaphes dans le quartier de la villa dite "du front de mer"[27].
Les fouilles ont permis de dégager plusieurs secteurs de l'ancienne cité : quartiers d'habitation, forum, marché, théâtre, quartier chrétien, thermes et installations hydrauliques[28].
Quartiers d'habitation et villas
modifierLes quartiers résidentiels d'Hippone sont particulièrement connus pour leurs pavements en mosaïque. Les premières fouilles importantes ont notamment concerné les propriétés Chevillot et Dufour. Elles ont permis de dégager plusieurs constructions antiques et de mettre au jour des mosaïques remarquables[29].
Les mosaïques du Front de Mer comprennent notamment des décors végétaux. Suzanne Germain a étudié les mosaïques à « style fleuri » d'Hippone, en particulier la mosaïque dite d'Isgunte Nica, découverte dans ce secteur[30].
La villa dite « du Procurateur » constitue un exemple de maison à plusieurs niveaux. Située dans la partie méridionale de la zone archéologique, elle est installée sur un terrain en pente et présente plusieurs niveaux. Erwan Marec l'a étudiée comme un exemple particulier de maison à étages à Hippone[31].
Édifices chrétiens
modifierLe quartier chrétien constitue l'un des secteurs majeurs du site archéologique. Il comprend notamment plusieurs basiliques, dont une grande basilique à trois nefs, un baptistère et divers bâtiments annexes. L'un des principaux chantiers d'Erwan Marec à Hippone a porté sur ce quartier et sur la recherche de la Basilica pacis, c'est-à-dire l'église cathédrale dans laquelle Augustin d'Hippone exerça son épiscopat de 395 à 430[3],[15].
La grande basilique est édifiée sur un espace précédemment occupé par une maison privée. Son histoire architecturale comporte plusieurs phases, tandis que ses mosaïques ont connu plusieurs états de décoration et de transformation[14]. En 1948, Erwan Marec attribue cet édifice à trois nefs à l'antique Basilica pacis[3]. Cette identification a toutefois été discutée par plusieurs historiens et archéologues, notamment Serge Lancel, Henri-Irénée Marrou, Noël Duval et Jean-Pierre Laporte. L'absence de sépulture épiscopale et le manque de sources permettant d'établir avec certitude sa fonction cathédrale ont notamment été avancés contre l'hypothèse de Marec. Laporte a ainsi remis en question l'identification traditionnelle de cette basilique avec la basilique de saint Augustin[18]. L'édifice pourrait néanmoins correspondre à une basilique donatiste, les donatistes étant alors présents à Hippone[14].
Une seconde basilique, située au sud du site archéologique, a également été proposée comme emplacement de la Basilica pacis. Les découvertes qui y ont été faites — notamment des fragments d'arceaux timbrés anépigraphes portant une croix, une table en marbre pouvant avoir servi d'autel et plusieurs épitaphes épiscopales — ainsi que des inscriptions d'époque byzantine témoignent d'une importante activité religieuse. Ces éléments ont conduit certains chercheurs à envisager qu'il puisse s'agir de la basilique d'Augustin, à laquelle aurait succédé une importante cathédrale byzantine sur le même emplacement[16],[32].
Forum
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Le forum constitue l'un des principaux ensembles monumentaux d'Hippone et le centre de la vie politique de la cité romaine. Les fouilles, reprises en 1947, ont permis d'en dégager une partie importante. Il se présente comme une vaste esplanade rectangulaire, dont l’area mesure environ 42 m sur 75 m, bordée de galeries sur les côtés est, ouest et nord. Erwan Marec décrit notamment un côté du forum long d'environ 76 m et une colonnade dont plusieurs éléments étaient encore en place[3]. L'esplanade est recouverte d'un dallage constitué de blocs de calcaire gris bleu. Une grande dédicace à Gaius Paccius Africanus (en), mentionnant ses fonctions de pontife, consul, proconsul et patron du municipe d'Hippone, permet de dater le revêtement des années 78-79, sous les Flaviens[27].
Le forum conserve également les traces d'un petit temple de 9,60 m sur 9,10 m, entouré d'une colonnade. De nombreuses traces du culte impérial ont été découvertes dans ses abords, notamment deux bustes d'Auguste et de Vespasien, ainsi que quatorze inscriptions épigraphiques à la gloire de différents empereurs, parmi lesquels Claude, Titus, Vespasien, Antonin le Pieux, Septime Sévère, Gordien III et Valens. Deux statues monumentales de Minerve et d'Hercule, réalisées en marbre de Paros, ont également été dégagées sur le site, ainsi qu'un trophée en bronze aujourd'hui conservé au musée du site archéologique[27].
Le forum employait par ailleurs du marbre du Cap de Garde, dont l'utilisation est attestée dans plusieurs éléments architecturaux et décoratifs[4].
Théâtre
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Le théâtre romain constitue l'un des principaux édifices de spectacle d'Hippone. Il figure parmi les monuments dégagés au cours des campagnes archéologiques du XXe siècle et fait partie des principaux secteurs monumentaux conservés sur le site[33],[28].
Marché
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Dégagé en 1955, le marché (macellum) figure parmi les principaux ensembles monumentaux identifiés par les fouilles. Il participe à l'organisation du centre urbain d'Hippone et constitue, avec le forum, les thermes et les autres bâtiments publics, l'un des secteurs monumentaux de la cité. Présentant en son centre une rotonde (tholos) et bordé d'une colonnade, il constitue un lieu important de la vie artisanale et commerciale d'Hippone[28].
Thermes
modifierHippone possède une dizaine d'ensembles thermaux répartis dans les différents quartiers de la cité, dont deux sont identifiés comme des complexes publics. Ces établissements constituent des éléments importants de la vie urbaine romaine. Parmi eux figurent les grands thermes du Nord, l'un des principaux ensembles thermaux du site, qui comprennent notamment un vaste frigidarium d'environ 450 m2, plusieurs bassins, des salles chaudes ainsi que différents espaces associés au fonctionnement des bains[33].
Le grand frigidarium possède plusieurs bassins et présente un décor associant des revêtements de marbre et des mosaïques. L'organisation de l'ensemble repose sur un important dispositif hydraulique destiné à assurer l'alimentation, la circulation et l'évacuation de l'eau nécessaire au fonctionnement des différentes installations thermales. Un système de canalisations permet notamment d'alimenter continuellement les thermes ainsi que les nombreuses fontaines publiques de la ville, dont l'existence est attestée par les bouches de fontaines retrouvées sur le site archéologique. De grandes citernes, construites sous Hadrien, permettent par ailleurs de stocker d'importantes quantités d'eau afin d'assurer l'approvisionnement de la cité[27],[34].
Les recherches consacrées aux techniques hydrauliques d'Hippone mettent ainsi en évidence l'importance des infrastructures liées à l'eau dans l'organisation des établissements thermaux et, plus largement, dans le fonctionnement urbain de la cité. Les dispositifs d'adduction, de stockage et d'évacuation permettaient d'assurer le fonctionnement des bains et de répondre aux besoins des différents équipements publics alimentés par le réseau hydraulique[27].
Protection et mise en valeur
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Le site archéologique d'Hippone constitue aujourd'hui un ensemble patrimonial majeur d'Annaba. Il comprend notamment les quartiers résidentiels, le forum, le marché, les thermes, le théâtre et le quartier chrétien.
Le site s'étend sur environ 70 hectares, dont une partie a fait l'objet de fouilles. Il est géré par l'Office national de gestion et d'exploitation des biens culturels protégés. Des opérations de réhabilitation et de renforcement des dispositifs de protection ont été réalisées. Le site accueille également des visiteurs, des étudiants et des chercheurs[35].
Le musée associé au site conserve des collections provenant notamment des fouilles d'Hippone, comprenant des sculptures, des mosaïques, des monnaies et divers objets archéologiques[35].
Diocèse
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Le diocèse relève de la province ecclésiastique de Numidie, l'une des provinces ecclésiastiques de l'Afrique romaine, dont l'organisation accompagne la structuration progressive des communautés chrétiennes dans la région à partir de l'Antiquité tardive. Les sources anciennes et les travaux consacrés à son histoire mentionnent plusieurs évêques d'Hippone, parmi lesquels Théogène, Léonce, Fidentius, Valère et Augustin. Le siège épiscopal cesse d'être attesté comme diocèse résidentiel au milieu du Ve siècle, après la conquête vandale de l’Afrique romaine[8],[1],[36],[37]. Aujourd’hui, le diocèse de Constantine et Hippone, dont le siège est à Constantine, couvre une partie de l’est de l’Algérie et comprend notamment les communautés catholiques de Constantine, Annaba, Béjaïa, Sétif, Batna, Tébessa et Skikda. À Annaba, l’ancienne Hippone est associée à la mémoire de saint Augustin, dont la basilique constitue l’un des principaux lieux de référence du diocèse[38].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 M. Cote ; Gabriel Camps, « Annaba », Encyclopédie berbère, no 5, , p. 674-685 (lire en ligne, consulté le )
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Bibliographie
modifierOuvrages
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