Hiragasy

art du spectacle composé de chants, de danses et de paroles, origine des hautes terres centrales de Madagascar

Le hiragasy ou hira gasy[1] (littéralement : « Chants malgaches »), est un spectacle populaire de Madagascar assimilable au théâtre populaire ou à l'opérette. Composé de discours, de musique, de chants, de danses et d'acrobaties propres à la culture des peuples des hauts plateaux centraux de Madagascar (les Merina en particulier).

Le Hiragasy, art du spectacle des Hautes terres Centrales de Madagascar *
Image illustrative de l’article Hiragasy
Danseur de hira gasy à Madagascar, août 2011.
Pays * Drapeau de Madagascar Madagascar
Liste Liste représentative
Année d’inscription 2023
* Descriptif officiel UNESCO

Les représentations se déroulent le plus souvent en plein air, mais peuvent l'être aussi en salle.

La mise en scène implique que les artistes évoluent traditionnellement pieds nus et portent souvent des costumes très colorés : les hommes sont vétus de tuniques malabary rouge vif avec pantalons noirs, et sont coiffés de chapeaux de paille ornés de rubans noirs ; les femmes portent toutes les mêmes robes de couleurs souvent claires (roses ou vertes) de style victorien et sont toutes coiffées des traditionnelles tresses merina appelé Tana ivoho. Tous portent des lamba identiques (mais différenciés entre hommes et femmes), en bandoulière ou à la taille pour les hommes, sur les épaules pour les femmes[2].

Musiciens de hira gasy, Madagascar, 2008

La tradition historique

modifier

Le hira gasy synthétise en un seul spectacle de nombreuses traditions artistiques (musiques, danses, littératures orales) capitalisées de longue date par les Merina, principale l'ethnie malgache habitant les Hautes Terres de l'île, autour d'Antananrivo, la capitale[3].

Apparu vers la fin du XVIIIe siècle[4], le hira gasy fut un moyen utilisé par le souverain Andrianampoinimerina pour communiquer avec ses sujets. Une troupe de mpihira gasy, musiciens, accompagna le souverain lors de ses apparitions.

Les musiciens auraient donc pour mission l'éducation du peuple, et à travers le kabary, l'art du discours ; le hainteny, bref discours dans le style traditionnel ; les ohabolana, proverbes et sagesse malgaches ; les messages du roi et ses opinions se transmettent rapidement à un large auditoire[4].

  • Chaque spectacle renferme la plupart du temps – et non sans un certain humour – un enseignement ou une morale pour chaque catégorie de spectateurs présents : les hommes, les femmes, les enfants et les personnes âgées.
  • L'amour en est aussi un thème récurrent : par exemple le drame cornélien où les personnages sont tiraillés entre l'amour et le devoir.

« Le Hiragasy, art du spectacle des Hautes terres Centrales de Madagascar » est inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'UNESCO en [5].

Le déroulement du hira gasy

modifier

Le hira gasy a également servi à divertir une population ayant traversé une longue période de conflits éprouvants.

Une représentation de hira gasy dure généralement au moins 1 h 30 et met en scène deux groupes ou plus, qui débattent d’un thème prédéfini. Le vainqueur est choisi par le public, au moyen des applaudissements[6].

Le déroulement d’un spectacle de hira gasy se fait selon plusieurs étapes :

  • Sasitehaka : battements de tambours avec musique d'ouverture et applaudissements pour accueillir la troupe ;
  • Renihira : cœur de la représentation, où les chants abordent directement le thème choisi ;
  • Dihy : prestation des danseurs, prenant le centre de la scène ;
  • Zanakira (ou anakira), également appelé vakodrazana (littéralement « traditions des ancêtres », de vakoka = traditions et razana = ancêtres) : clôture le spectacle[3].

Les composantes du spectacle contemporain

modifier
Hira gasy à Ambositra.

La musique renferme à la fois la tradition du bemiray issu des traditions polyphoniques des peuples austronésiens d'Asie du Sud-Est et d'Océanie, et le ba gasy, une rythmique ternaire 12/8 de pulse propre à l'Afrique de l'Est et que l'on retrouve dans tous les autres pulses du ternaire 12/8 malagasy. Elle est généralement jouée par un orchestre constitué dans la plupart des cas de tambours (amponga), de violons et d'instruments à vent comme les cuivres (trompettes, trombone) ou les bois (clarinettes, flûte sodina)[7].

Les paroles font appel à la tradition du kabary, du hain-teny, et des tonon-kalo à la fois et utilisent les ohabolana (proverbes de la sagesse populaire).

Les danses folkloriques des femmes comportent des mouvements des mains (latsi-tanana) qui rappellent les danses d'Asie du Sud-Est et les mouvements de jambes des hommes (diamanga) rappellent les arts martiaux traditionnels d'Asie du Sud-Est (Cf. par exemple le pencak silat).

De nos jours, le spectacle peut être considéré comme un divertissement où les musiciens rivalisent de créativité en improvisant autour d'un motif convenu.

Groupes de mpihira gasy connus

modifier

Artistes malgaches s'inspirant du hira gasy

modifier

Références

modifier
  1. (en) Ingela Edkvist, The performance of tradition: an ethnography of Hira Gasy popular theatre in Madagascar, p. 77
  2. (en) « THE REGIONAL TOURISM OFFICE OF ANALAMANGA OFFERS YOU THE HIRA GASY OF HOLIDAYS », sur Vanilla Islands INDIAN OCEAN (consulté le )
  3. 1 2 panel54, « Quelle est la différence entre le "Hira gasy" et le "vako-drazana"? », sur Mediummagazine.net, (consulté le )
  4. 1 2 « Le Hira gasy : théâtre musical de Madagascar »
  5. « Le Hiragasy, art du spectacle des Hautes terres Centrales de Madagascar », UNESCO
  6. Kevin Ebelle, « Le Hira gasy, l’opéra malgache », sur GenerationVoyage, (consulté le )
  7. « Le Hira Gasy, l'opéra du peuple | Madagascar Autrement », sur www.madagascarautrement.com (consulté le )

Liens utiles

modifier