Histoire de l'Océanie

événements passés et habitants d'Australie, de Nouvelle-Zélande, de Papouasie-Nouvelle-Guinée, de Fidji et d'autres nations insulaires du Pacifique

L’histoire de l’Océanie remonte aux premiers peuplement de l'Océanie découlant du peuplement de l'Asie du Sud-Est et du Sunda. Elle couvre l'histoire des territoires de l'Océanie et du Pacifique, depuis l'Australie jusqu'à l'Île de Pâques. Cette chronologie est découpée en quatre grandes périodes : les temps anciens (jusqu'au XVIe siècle), les premiers contacts avec les Européens (XVIe – XIXe siècle), la période coloniale (jusqu'à 1945), la période contemporaine (après 1945).

Galerie de cartes

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Historiographie

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L'historiographie de l'Océanie et des différents peuplements de l'Insulinde, de la Micronésie et de la Polynésie rencontrent des problématiques communes. Tout d'abord, le caractère singulier de cet espace au regard des premiers Européens qui l'étudient ne favorise pas sa compréhension d'ensemble. Ensuite, les premiers travaux français sont très discrets de par leur faible présence entre 1768 et 1840 en comparaison aux Britanniques, aux Hollandais et aux Espagnols[1]. Les premières collectes d'informations sont d'abord issu du milieu anglo-saxon et collectent du matériel issu de la tradition orale. Enfin, les nombreuses influences modernes poussent les autochtones traditionalistes à se replier dans leur propre perception de leur histoire, exploitant une image magnifiée d'un passé idéalisé. Au sein des populations océaniennes, le passé est d'abord perçu comme une histoire généalogique qui se confond dans les mythes. La diversité linguistique et culturelle a également un impact sur la compréhension de l'ensemble historiographique[2].

La conception même de l'histoire de l'Océanie reste trop éloignée de ses populations puisqu'elle reste encore teintée des premières définitions qui font débuter leurs temps historiques à l'arrivée des premiers navigateurs européens. L'étude pluridsiciplinaire de cette histoire est longtemps restée en retrait. Mais en cinquante ans, la conjonction de travaux archéologiques, linguistiques et anthropologiques tendent à recomposer l'histoire des peuplements de l'Océanie ainsi que l'histoire des peuples et sociétés océaniennes avant l'introduction de l'écriture. Le champ historiographique de l'Océanie reste dès lors soumis à d'importants mouvements au gré des découvertes récentes[3].

Préhistoire

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Premiers peuplements

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Carte estimée des premières migrations humaines, entre 70 et 50 000 ans

On ne connaît pas de traces d'espèces humaines archaïques qui auraient su dépasser la Wallacea pour s'implanter dans le Sahul (Australie et Nouvelle-Guinée), avant l'arrivée en Australie des premiers Homo sapiens[4]. Les premières migrations d'Homo sapiens vers le Sunda et la Wallacea sont mal connues et remonteraient à au moins 60 000 ans[5],[6]. Ces premières populations vivent de la pêche et leur méthode de navigation les amènent probablement à poser le pied sur Sahul, dans l'aire géographique de l'actuelle Océanie. Des premiers peuplements antérieurs à 50 000 ans y existent, mais ce n'est qu'après le développement de nouvelles techniques de navigation qu'une importante vague migratoire s'opère sur l'ensemble du Sahul[7]. Le peuplement du Sahul est d'ailleurs aujourd'hui la plus ancienne preuve d'une navigation en haute mer. Un peuplement d'île bien plus ancien est certes connu vers l'île de Florès mais sur une distance maritime bien plus réduite. Pour atteindre Florès, le détroit le plus large (en fonction du niveau de la mer de l'époque) était en effet de 19 km seulement[6], donc toujours en contact visuel avec une côte.

En 12 000 ans avant notre ère, l'expansion des colons de la première vague semble cesser. Les îles Salomon, juste au sud de l'île de Buka, restent vierges d'occupation humaine. « Dans l'état actuel des connaissances, il existe un vide temporel de plus de huit millénaires avant que ne reprenne la course vers l'océan[8] ». Il y a 6 000 à 12 000 ans, avec la fin de la dernière période glaciaire, le niveau des mers remonte à son niveau actuel, submergeant les ponts terrestres entre l'Australie et la Nouvelle-Guinée d'une part, et l'Australie et la Tasmanie d'autre part[9],[10].

Développement des populations

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Peinture rupestre représentant un kangourou dans le parc national de Kakadu.

Le succès des peuplements réside dans la maîtrise des ressources côtières et maritimes et les capacités en matière de navigation permettant, dans les régions plus hostiles, d'effectuer de la pêche en haute mer. La mer constitue dès lors un espace d'échanges entre les différentes communautés, portant sur les denrées et artisanats produits. L'obsidienne, utilisée pour produire des outils tranchants, fait l'objet d'échanges sur de longue distance. Les contacts sont entretenus entre les populations de Sunda, Wallacea et Sahul et permettent l'introduction de plantes alimentaires comme le taro, l'igname, le bananier ou la canne à sucre[11].

L'intérieur des terres de Nouvelle-Guinée fait alors l'objet des premières domestications agricoles et horticoles, notamment de l'arbre à pain. Ces modifications ne touchent pas l'Australie[12]. Les populations de l'Australie développent une autre forme de culture visant à préserver les plantes nutritives déjà présentes et conduisant à d'importants défrichements. Les fragments des plus anciennes haches remontent à 50 000 ans. Des groupes aborigènes vivent dans l'intérieur des terres, preservant le contact avec les groupes du littoral et échangeant avec eux[13].

Dans la continuité de l'activité artistique des populations du Wallacea, les ancêtres des Aborigènes d'Australie produisent également des peintures pariétales dans les grottes et abri-sous-roche qu'ils peuplent. Les premières traces d'ocre sont identifiées à Madjedbebe et datent de 65 000 à 59 000 ans[14]. L'art pariétal aborigène est la tradition artistique continue la plus ancienne au monde[15]. Les sociétés aborigènes qui se développent en Australie sont marquées par des climats conflictuels entre les tribus mais développe une activité commerciale sur l'ensemble du territoire[16].Sur le plan religieux, l'art pariétal évolue avec l'apparition, il y a environ 6000 ans, d'un personnage mythique : le Serpent arc-en-ciel[17]. Les mythes et rituels sont très variés[18]. Le temps du rêve est le thème central de ces croyances[19]. Exprimées dans l'art pariétal, les rituels, manifestations et objets cérémoniels sont multiples et leurs motifs continuent d'être peint sur plusieurs millénaires[20].

Chronologie succincte

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  • 70 à 40000 ans avant le présent (BP) : première vague de peuplement du Sunda vers le Sahul, des ancêtres des Aborigènes d'Australie et des populations papoues ;
  • 9000 ans BP : premières traces d'activités agricoles sur les Hautes Terres de l'île de Nouvelle-Guinée ;
  • 4000 ans BP : vague migratoire en provenance d'Asie des populations austronésiennes s'installant le long des zones côtières de Nouvelle-Guinée ;
  • 3500 à 2500 ans BP : peuplement du Vanuatu, Nouvelle-Calédonie[21], Fidji ;
  • 2500 à 2000 ans BP : premières traces d'installations humaines aux Samoa, Tonga et îles Marquises sans doute à partir des Fidji ;
  • 2000 à 1000 BP : peuplement du reste de la Polynésie orientale, la Nouvelle-Zélande étant probablement la dernière terre peuplée aux alentours de 750 de notre ère.

Il existe un bon nombre de sites mégalithiques, dont Haʻamonga ʻa Maui, Langi, Lelu, Moaï, Nan Madol, Odalmelech, Pierre de latte...

Premiers contacts avec les Européens

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C'est à partir du tout début du XVIe siècle que les Européens font intrusion dans le monde océanien. Celle-ci a plusieurs caractéristiques :

  • Elle est lente et s'étale sur près de quatre siècles : la période de premiers contacts va perdurer pour certaines vallées isolées de Nouvelle-Guinée jusqu'au milieu du XXe siècle.
  • Elle est inégale, plus intense à l'est qu'à l'ouest de l'Océanie et limitée pour les îles les plus imposantes aux zones côtières. De plus, jusqu'à la toute fin du XVIIIe siècle et la fondation du bagne australien, elle peut être considérée comme un phénomène marginal dans la mesure où ces explorateurs et navigateurs ne s'installent pas à demeure et ne restent souvent sur place que très peu de temps. Louis-Antoine de Bougainville (1729-1811) ne fait par exemple qu'une escale de huit jours à Tahiti. Cette brève rencontre n'ayant pas empêché d'inspirer tout un tas de fantasmes et une abondante littérature à son retour dont le fameux Supplément au Voyage de Bougainville de Diderot.
  • Elle est diverse : après le passage des navigateurs, les premiers Européens à s'installer parmi les Océaniens sont de deux types. Il y a tout d'abord les missionnaires et ceux que les Anglo-Saxons nomment les beachcombers (littéralement « écumeurs de grève »), c'est-à-dire ces aventuriers (mutins, forçats évadés du bagne australien ou calédonien, santaliers, baleiniers, chasseurs de phoques en Nouvelle-Zélande et autres Pākehā Māori (en)) qui s'installent parmi la population locale.

Circumnavigateurs et explorateurs

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Le passage des navires européens se fait par vagues, correspondant aux périodes de domination des mers par les différentes nations européennes :

  • vagues espagnole et portugaise au XVIe siècle ;
  • vague hollandaise au XVIIe et une partie du XVIIIe siècle ;
  • vagues britannique et française à partir du XVIIIe siècle ;
  • des vagues secondaires à partir du XIXe siècle (américaine, russe, allemande).
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Cette phase dura environ un siècle. Elle débuta en 1513 avec l'Espagnol Vasco Núñez de Balboa, un conquistador espagnol qui, après avoir traversé l'isthme de Darién (Panama), prit possession de la « Grande Mar del Sur » au nom du roi d'Espagne, Ferdinand II d'Aragon. En 1520, le portugais Fernao de Magalhes, plus connu sous le nom de Magellan, franchit le détroit qui porte aujourd'hui son nom et s'aventura dans ce qu'il nomma le Mare Pacifico à bord de ses deux navires, le Victoria et Trinidad. Il erra pendant plusieurs mois sans rien apercevoir de ces archipels si ce n'est l'atoll de Puka Puka au nord-est des îles Tuamotu, puis l'île de Guam, avant de se faire tuer aux Philippines. Juan Sebastián Elcano termina la circumnavigation en atteignant l'Espagne le . Il en ramena des épices, incitant les rois successifs espagnols et portugais à organiser de nouvelles expéditions, d'autant qu'à partir des années 1520, ces deux pays disposaient désormais de bases arrière pour ces explorations. En effet, le Mexique fut conquis par les Espagnols en 1521 puis le Pérou en 1535, tandis que les Portugais prenaient officiellement possessions de Sumatra et des Moluques (Indonésie actuelle) en 1529.

Quelques-unes de ces expéditions
  • 1526 : l'expédition de García Jofre de Loaísa fut un fiasco puisque sur les sept caravelles qui commencèrent le périple, la Santa María de la Victoria fut le seul navire qui parvint à rejoindre les Moluques ;
  • 1527-1529 : Saavedra fut envoyé à la recherche des navires disparus de l'expédition précédente. Mais là encore, deux des trois navires de l'expédition disparurent au large des îles Marshall à la suite d'une tempête ;
  • 1542-1545 : Ruy López de Villalobos traversa à son tour le Pacifique pour tenter d'installer une colonie aux Philippines. Néanmoins il échoua dans ses tentatives. Lors de son retour vers le Mexique, il passa au large de la Nouvelle-Guinée qu'il baptisa Nueva Guinea. Une colonie espagnole sera finalement fondée aux Philippines par Miguel Lopez de Legaspi en 1565.

Outre ces premières circumnavigations de la première moitié du XVIe siècle, l'Océanie demeurait une terra incognita, pratiquement aucun contact n'ayant pu avoir lieu entre Européens et Océaniens en dehors de quelques îles de Micronésie. Cela changea avec les expéditions de l'Espagnol Álvaro de Mendaña et du Portugais Pedro Fernandes de Queirós.

Mendaña fit deux expéditions, la première en 1567-1568. Son ordre de mission, découvrir la fameuse Terra Australis Incognita que l'on pensait se situer quelque part dans le Sud du Pacifique et qui, croyait-on, regorgeait d'épices, de pierres précieuses et d'or. Mendaña crut l'avoir découverte ou tout au moins ses prémices avec l'archipel des Salomon qu'il nomma du reste ainsi en référence aux mines du roi Salomon. Il fit une escale de plusieurs semaines à Guadalcanal et Malaita.

La seconde expédition de Mendaña eut lieu en 1595. Elle eut cette fois-ci pour objet de fonder une colonie aux îles Salomon. En chemin, il passa au large de Fatu Hiva et Hiva Oa. Il baptisa l'archipel les îles Marquises (en espagnol Marquesas) en l'honneur de la femme du vice-roi du Pérou, don Garcia Hurtado de Mendoza de Canete. La tentative de Mendaña d'installer une colonie aux Salomon échoua piteusement, lui-même décédant sur place. C'est finalement son second, Pedro Fernandes de Queiros, qui ramena la flotte à Manille puis au Pérou.

Dix années plus tard, ce même de Quiros toujours installé au Pérou obtint de Philippe III d'Espagne deux vaisseaux pour effectuer une nouvelle expédition et pour reprendre les recherches de ce fameux continent austral. En chemin il passa au large de plusieurs atolls des Tuamotu puis continua son chemin, passant au sud des Salomon pour arriver en vue d'une terre imposante qu'il baptisa Australia del Espiritu Santo (aujourd'hui l'île d'Espiritu Santo au Vanuatu).

Avec cette exploration de Quiros (à laquelle nous pourrions ajouter celle de Torrès de la côte nord australienne et le sud de la Nouvelle-Guinée également en 1606), prit fin cette vague d'exploration ibérique du Pacifique, leur hégémonie étant mise à mal par une autre nation européenne, la Hollande[22].

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Circumnavigation des hollandais Willem Schouten et Jacob Le Maire, 1615-1616.

En 1615-1616, les hollandais Willem Schouten et Jacob Le Maire effectuent une circumnavigation, dans le but de trouver un passage alternatif au détroit de Magellan. Ils partent à bord de deux navires : l'Eendracht et le Hoorn, mais ce dernier est perdu dans un incendie. Jacob Le Maire donne son nom à un détroit en Terre de Feu, puis ils passent le cap Horn, qu'ils baptisent en l'honneur de leur village d'origine (Hoorn). Ils sont les premiers européens à atteindre les îles de Futuna et d'Alofi (qu'ils baptisent îles de Hoorn) puis Niuafoʻou, Niuatoputapu et Tafahi (au nord des Tonga). L'expédition suit les côtes nord des îles de la Nouvelle-Irlande et de la Nouvelle-Guinée, et visite plusieurs îles à proximité, dont celles qui sont aujourd'hui appelées les îles Schouten.

En 1642, Tasman découvre la Tasmanie, au sud de l'Océanie, alors appelée Terre de Van Diemen.

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Ilarie Mitrea (ro), né en 1842 et mort en 1904, chirurgien roumain transylvain et sujet austro-hongrois, était médecin dans la marine coloniale hollandaise entre 1869 et 1894 et, à ce titre, il explora, cartographia et effectua des études naturalistes et ethnologiques dans les îles indonésiennes, envoyant de riches collections aux muséums de Bucarest et de Vienne ; on lui doit la diffusion de la dénomination de Cap Romania donnée au XIXe siècle au Magnum Promontorium de Ptolémée (aujourd'hui « Teluk Ramunia » en Malaisie, à l'extrémité sud-est de la péninsule Malaise)[23].

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Au XIXe siècle, l'Empire russe dépêche en Océanie des navigateurs allemands de la Baltique comme Bellinghausen (1778-1852), Kotzebue (1787-1846) et Krusenstern (1770-1846) qui explorent, au service des Tsars russes, l'océan Pacifique jusqu'en Antarctique. En 1803, l'expédition russe de Koztebue et Krusenstern atteint les îles Marquises puis l'île Washington (Kiribati) avant de faire voile sur le Japon.

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Les missions

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Beachcombers et aventuriers

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La période coloniale

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La colonisation du territoire Océanien a commencé en 1788 avec l’implantation d’une colonie pénale britannique à Sydney, en Australie. L'empire britannique se servait de ce territoire pour désengorger les prisons qui étaient surpeuplées. Les colons ont amené avec eux de quoi faire de l’agriculture et de l’élevage. Quelques décennies plus tard, la France a pris possession d’autres îles, entre autres la Nouvelle-Calédonie vers laquelle elle a aussi déporté des prisonniers à partir de 1863, ainsi que les Îles de la Société (actuelle Polynésie française). Ainsi, à partir de 1870 commence le partage colonial des iles entre les États-Unis, l’Allemagne, le Japon, le Royaume-Uni et la France. Certaines petites îles n’ont jamais été colonisées, car elles étaient difficiles d’accès ou possédaient peu de ressources ou de terres exploitables. La Première guerre mondiale marque la fin du partage colonial alors que l'Allemagne perd ses colonies, non sans combattre.

L'Océanie contemporaine

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L'Océanie contemporaine est simplement l'Océanie telle que nous la connaissons actuellement.

Indépendances et évolutions statutaires

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Après l'Amérique latine, l'Asie et l'Afrique, l'Océanie est chronologiquement parlant la dernière région du monde à avoir connu un processus de décolonisation. Débuté en 1962 avec l'indépendance des Samoa occidentales, celui-ci s'est poursuivi jusqu'à nos jours :

Aujourd'hui si l'on excepte le cas très particulier d'Hawaï, seuls restent sous la tutelle de puissances extérieures :

Ces ensembles ont néanmoins connu depuis 1945 des évolutions statutaires significatives allant toutes dans la direction d'une plus grande participation de la population aux institutions locales.

Les relations internationales en Océanie

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Les relations internationales en Océanie (1945-1991) : une Mare americana dans l'ère du nucléaire

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Considéré pendant longtemps comme une Mare americana, le Pacifique et plus particulièrement le Pacifique insulaire n'a jamais constitué ce que l'on pourrait appeler une ligne de front de la guerre froide. Pour autant, il n'a pas totalement échappé aux tensions internationales. Cette prédominance américaine s'est appuyée sur un réseau de bases militaires, d'alliances solides avec les pays de la région (l'Australie et la Nouvelle-Zélande au sein de l'ANZUS, le Japon, les Philippines, ...) ainsi que la présence de puissances traditionnellement alliées comme la France et la Grande-Bretagne.

Si les soviétiques ne sont pas restés totalement absents de la scène diplomatique océanienne, leur présence est restée modeste se limitant à appuyer discrètement les différents mouvements de libération ou dans les années 1980 par la négociation de droits de pêche dans la Zone économique exclusive de quelques États nouvellement indépendants.

C'est paradoxalement entre les États réputés alliés que vont se faire sentir les plus fortes tensions. La question des essais nucléaires français, le sabotage du Rainbow Warrior et l'affaire calédonienne vont ainsi profondément affecter les relations franco-néo-zélandaises et franco-australiennes. La crise qu'a pu connaître l'ANZUS dans les années 1980 à la suite de l'adoption par le gouvernement néo-zélandais d'une législation anti-nucléaire en 1987[24] en est un autre exemple.

Les relations internationales en Océanie (1991-2007) : la nouvelle donne océanienne et la fin de la Pacific Way

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Avec les années 1990[25], un certain nombre d'événements va modifier les rapports de force mis en place depuis 1945. Tout d'abord avec la chute du communisme, le Pacifique apparaît de moins en moins comme un priorité stratégique pour les Américains. Parallèlement, la fin des essais nucléaires français, la ratification du traité de Rarotonga en 1996 et le règlement pacifique de la question calédonienne vont permettre le réchauffement des relations entre la France et ses partenaires australiens et néo-zélandais dont les intérêts se font de plus en plus convergents.

Désormais la priorité pour ces trois pays est de garantir une stabilité régionale, stabilité mise à mal par l'apparition d'un nouveau type de conflits. Les coups d'État de 1988, 2000 et 2006 aux Fidji, celui de 2000 aux Salomon, l'assassinat en 1999 aux îles Samoa d'un ministre du gouvernement par deux de ses collègues, les émeutes de 2006 à Tonga vont mettre un terme définitif au rêve de Pacific Way énoncé par Sir Ratu Kamisese Mara[26].

Parallèlement de nouvelles puissances se font de plus en plus présentes dans la zone que cela soit sur un plan économique ou diplomatique, comme le Japon et surtout la Chine.

Organisations régionales

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Avec l'indépendance d'un nombre croissant d'États, de nouvelles solidarités se sont peu à peu tissées entre ces pays au travers d'un certain nombre d'organisations régionales à vocations économique et culturelle, politique pour certaines voire militaire.

Notes et références

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  1. ↑ Barbe 2026, p. 13.
  2. ↑ Barbe 2026, p. 14.
  3. ↑ Barbe 2026, p. 15.
  4. ↑ Barbe 2026, p. 25.
  5. ↑ « Phylogeography and Ethnogenesis of Aboriginal Southeast Asians », article publié en 2006 dans Molecular Biology and Evolution, par Catherine Hill, Pedro Soares, Maru Mormina, Vincent Macaulay, William Meehan, James Blackburn, Douglas Clarke, Joseph Maripa Raja, Patimah Ismail, David Bulbeck, Stephen Oppenheimer, Martin Richards.
  6. 1 2 (en) Josephine Flood, Original Australians: Story of the Aboriginal people, Allen & Unwin, (ISBN 978-1-74115-962-2, lire en ligne)
  7. ↑ Barbe 2026, p. 29.
  8. ↑ « Polynésiens et Océanautes, le peuplement de l'Océanie », par Michel Orliac, Chercheur au CNRS, un article publié en 2000, reproduit sur le site Clio.fr.
  9. ↑ Environ 12 000 ans pour la Tasmanie. Voir Australian Bureau of Statistics, Aboriginal occupation.
  10. ↑ huit mille ans pour la rupture entre l'Australie et la Nouvelle-Guinée pour Georgi Hudjashov, Toomas Kivisild et al. dans « Revealing the prehistoric settlement of Australia by Y chromosome and mtDNA analysis », dans la revue The Proceedings of the National Academy of Sciences du 11 mai 2007. Mais 6 000 à 8 000 ans pour d'autres auteurs : voir The Original Australians: Story of the Aboriginal People [Google books], page 175, Joséphine Flood, Allen & Unwin, 2006, (ISBN 1-74114-872-3).
  11. ↑ Barbe 2026, p. 31.
  12. ↑ Barbe 2026, p. 33-34.
  13. ↑ Barbe 2026, p. 34.
  14. ↑ Barbe 2026, p. 42.
  15. ↑ (en) « The spread of people to Australia » [archive du ], sur The Australian Museum via Wikiwix (consulté le ).
  16. ↑ Barbe 2026, p. 76-81.
  17. ↑ Barbe 2026, p. 52.
  18. ↑ Barbe 2026, p. 85.
  19. ↑ Barbe 2026, p. 86-89.
  20. ↑ Barbe 2026, p. 89-90.
  21. ↑ D'après le Vice-Rectorat de la Nouvelle-Calédonie, Les populations et leur histoire : "L’archipel calédonien aurait été peuplé pour la première fois, d’après les résultats archéologiques, dans le cadre d’un peuplement que la linguistique définit comme "austronésien" (...). Ces groupes austronésiens qui naviguaient sur des pirogues à balancier étaient des horticulteurs, fabriquaient de la poterie, des parures en coquillage et des outils en pierre polie, et ils créaient des villages en bord de plage qu’ils découvraient.
  22. ↑ Il y eut d'autres expéditions espagnoles dans les années 1770, redécouvertes assez récemment par l'historiographie océanienne. Le contexte est alors particulier, à la suite des découvertes de James Cook, la couronne d'Espagne souhaitait réaffirmer sa présence en Polynésie orientale en installant une mission franciscaine à Tahiti (presqu'île de Tautira). La mission échoua et les Espagnols renoncèrent à leurs prétentions (cf. Liou Tumahai, Édition critique du manuscrit de Máximo Rodríguez 1774-1775. 2 tomes. Lille, 2000)
  23. ↑ Dictionnaire encyclopédique vol. IV, éd. Enciclopedică, Bucarest 2001, p. 426 ; Emil Pop : Aus Leben und Tätigkeit zweier Ärzte des vorigen Jahrhunderts : Ilarie Mitrea und Ion Arseniu. Forschungen zur Volks und Landeskunde, éd. de l'Académie roumaine, Bucarest 1971 ; Ioan Popovici, Nicolae Caloianu, Sterie Ciulache, Ion Lețea : Encyclopédie des découvertes géographiques, éd. Scientifique et pédagogique, Bucarest 1975, p. 339 ; M. Andrei et Alexandru Marinescu : Ilarie Mitrea, 1842-1904, médecin et explorateur, éd. du Muséum de Bucarest, 1980 ; Les collections Mitrea, in : Travaux du Muséum National d’Histoire Naturelle “Grigore Antipa”, Bucarest 2005, sur www.antipa.ro consulté le 15 octobre 2012, et aussi (pour le "Cap Romania") les atlas et cartes géographiques du XIXe siècle.
  24. ↑ "La Nouvelle-Zélande célèbre sa loi anti-nucléaire et l'ONU négocie une interdiction mondiale", 13 juin 2017
  25. ↑ Colloque "Pacific way, 50 ans après", 18-20 octobre 2022, Université de la Polynésie française.
  26. ↑ Journal de la Société des Océanistes, 1991, Michel Panoff : " Pacific way : un rêve évanoui ?".

Voir aussi

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Articles connexes

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Avant 1500 : peuples des origines

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Après 1500 : interventions européennes

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Culture

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Bibliographie

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  • Jean Guiart, dont Return to Paradise. Les dossiers oubliés : le fardeau de l'homme blanc, 2011, Nouméa, Le-Rocher-à-la-Voile
  • Sarah Mohamed-Gaillard, Histoire de l'Océanie, Paris : Armand Colin, coll. « U », 2015.
  • Nicholas Thomas, Océaniens. Histoire du Pacifique à l'âge des empires, Toulouse, Anacharsis, 2020.
  • Dominique Barbe, L'Océanie ancienne: Des hommes de Maui à Kamehameha Ier. Dernière glaciation - début du XIXème siècle, Belin, (ISBN 978-2-410-02938-3, lire en ligne)

Liens externes

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