L’histoire des Roms, aussi appelés gitans, est controversée pour plusieurs raisons. En premier lieu, la culture roms est fondamentalement orale et ne se concentre pas sur sa propre histoire, de telle sorte qu'il n'existe pas de traces écrites de son passage. Son histoire a été étudiée principalement par des non-Roms qui l'ont souvent analysée de façon ethnocentrique. Les premiers mouvements migratoires roms remontent au Xe siècle et beaucoup d'informations ont été perdues à ce sujet. Il est important de signaler que les premiers groupes gitans ayant atteint l'Europe occidentale ont une origine mystérieuse et légendaire.

Un campement gitan près d'Arles, vu par le peintre Vincent van Gogh.

L'autre problème à prendre en compte est que l'appartenance à la communauté gitane elle-même est une question difficile. Il n'existe pas de limites claires dans la communauté elle-même, ni en dehors, de qui est gitan et qui ne l'est pas. C'est-à-dire que la dénomination gitan peut, selon l'occasion, avoir un sens strictement ethnique sans considération socio-économique, et à d'autres occasions, désigner une personne d'origine humble.

Les principales sources d'informations sont les témoignages écrits, les analyses linguistiques et la génétique des populations.

Désignation

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Origines légendaires

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L'origine des Roms a fait l'objet de plusieurs légendes. Ils ont été considérés comme les descendants de Caïn, ou liés à la lignée de Cham. Quelques traditions les ont identifiés comme des mages chaldéens de Syrie, ou encore comme une tribu d'Israël égarée durant l'Égypte antique. Une ancienne légende balkanique en fait les forgerons des clous du Christ, raison pour laquelle ils ont été condamnés à errer à travers le monde, bien qu'il n'y ait aucune preuve de la présence de gitans au Moyen-Orient à cette époque. D'autres traditions attribuent leur origine à l'Inde.

Premiers mouvements migratoires du Xe siècle

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Preuves linguistiques de l'origine asiatique des Roms

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Vályi István, un étudiant en théologie hongrois à l’université de Leyde rencontre trois étudiants provenant de la Côte de Malabar dans le Sud-ouest de l'Inde dans les années 1760. Il reconnut des similitudes entre la langue parlée par les étudiants indiens et celle des Roms de sa région d'origine près de Komárno actuellement à la frontière entre la Slovaquie et la Hongrie. Il compila une liste de 1 000 mots avec les étudiants indiens qu'il présenta aux Roms de sa région qui comprirent sans trop de difficultés la liste de mots[1].

Preuves linguistiques de la migration Roms

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D'après les études menées par Terrence Kaufman en 1973, l'origine de la langue romani, basée sur les dialectes européens, pourrait se trouver dans le centre de l'Inde et aurait pu par la suite être influencée par les langues des contrées traversées entre le IIe siècle av. J.-C. et le XIVe siècle[2]. Ainsi, la langue a des traces de son passage en Perse, mais ne présente pas d'emprunt conséquent de l'arabe ce qui indique que le passage de cette population par la Perse a eu lieu avant l'islamisation de cette dernière au Xe siècle. Durant les XIe et XIIe siècles, la langue absorbe des éléments des langues du Caucase (tels que l'ossète, le géorgien et l'arménien). Par la suite, il est possible de déterminer une migration par la Turquie, où elle reçoit une influence grecque, mais pas du turc, ce qui indique que son passage est antérieur à l'invasion turque. Vers 1300, les Roms arrivent dans les Balkans où des influences slaves sont détectées. Par la suite, les dialectes européens du romani se divisent, même si Kaufman indique qu'il y a une distinction entre ceux qui ont une influence lexicale du roumain et ceux qui n'en ont pas, à savoir les Roms de Bulgarie et d'Espagne[2].

Preuves génétiques de l'origine asiatique des Roms

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Les études génétiques valident les recherches linguistiques et historiques, dont celles du chercheur Ian Hancock, des origines des Roms et Sintés. Leurs origines sont issues de divers métissages asiatiques[3],[4].

Extension en Asie mineure au XIVe siècle

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En 1322, un moine franciscain appelé Simon Simeonis décrit un peuple aux caractéristiques similaires à celles des Tsiganes vivant en Crète et, en 1350 Ludolphe de Sudheim mentionne un peuple similaire, à la langue unique, qu'il appelle les « mandapolos » (mot qui semble dérivé du grec mantes, désignant un « prophète » ou un « devin »)[5]. En 1360, un fief gitan indépendant (appelé Feudum Acinganorum) est établi à Corfou et se transforme en « communauté stable, et une part importante et ancrée de l'économie »[6]. La région occupée par cette communauté rom était appelée « petite Égypte » et les pèlerins qui la traversaient pour se rendre en Terre sainte répandirent dans toute l'Europe l'appellation d'« Égyptiens » pour désigner ses habitants. Cette appellation a donné les noms d’egitanos, gitanos, gitans, egypsies et gypsies. En plus des indications grecques, une importante communauté est également décrite dans les Balkans, en terres serbes, bulgares et roumaines au XIVe siècle.

Mise en esclavage en Valachie et Moldavie (XIVe siècle - XIXe siècle)

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Il est probable que les Roms aient été présents sur les territoires qui sont devenus les Principautés de Valachie et de Moldavie avant la constitution de ces Etats Nationaux. Au XIVe siècle, quand les Valaques et Moldaves ont conquis ces territoires, les Roms ont été vaincus militairement et privés de statut politique. Dès lors, leur statut juridique est devenu celui d'objets intégrés dans la fortune des maîtres, c'est-à-dire qu'ils étaient réduits en esclavage. Leurs maîtres se répartissaient en trois catégories: l'Etat, puis l'Eglise (à travers des donations faites au profit des monastères), et enfin, les seigneurs féodaux locaux. L'Eglise orthodoxe, l'un des principaux pilliers de l'Etat médiéval, a légalisé cette institution du point de vue religieux et en a profité pleinement[7].

Étant privés de droits, ils sont utilisés par leurs maîtres de diverses façons, notamment dans des plantations, à la cour, dans des harems tenus par les responsables des monastères; leurs rôles incluent également le travail domestique y compris l'allaitement des enfants. Hommes, femmes et enfants travaillent sans limite de temps, contrairement aux paysans asservis dans les propriétés féodales. Tout Rom n'ayant pas de maître était immédiatement inscrit au registre des esclaves de l'État. Cet esclavage qui ne dit pas son nom (le terme de « tzigane » étant utilisé dans la documentation au lieu du terme "esclave" et les historiens roumains ont évacué le débat en utilisant le nom de « serviteur » au lieu du mot « esclave »), perdure jusqu'au XIXe siècle. Les ventes se passent le plus souvent à la cour des maîtres. Certains documents du XIXe siècle attestent de ventes aux enchères tenues à la cour des maîtres. Au XIXe siècle, la population d'esclaves est omniprésente, tant dans les villages que dans les villes, et représente 7 % de l'ensemble de la population des deux principautés danubiennes[7].

Au XIXe siècle, les idées abolitionnistes progressent en Europe. Victor Schœlcher, militant anti-esclavagiste, découvre en 1843 l'esclavage auuel sont soumis les Roms et la dénonce par ces mots : « Il y a encore des esclaves en Europe. En Valachie et en Moldavie, les Tsiganes sont esclaves, vendus, échangés, légués comme du bétail[8]. »

L'abolition de l'esclavage a résulté d'une décision politique et s'est fait dans les deux principautés par trois décrets successifs, concernant les trois catégories d'esclaves[9] :

  • En Valachie, les esclaves de l'Etat ont été affranchis par décret en 1843, suivis par les esclaves de l'Eglise en 1847.
  • En Moldavie, les esclaves de l'Eglise ont été affranchis par décret en 1844, puis les esclaves de l'Etat deux mois plus tard.
  • Dans les deux principautés, l'affranchissement des esclaves détenus par les particuliers s'est heurté à la résistance des grands propriétaires d'esclaves, qui faisaient partie du corps politique et considéraient les esclaves comme leur fortune légitime. Ce n'est qu'après la fin de la Guerre de Crimée (1853-1856), avec la victoire de la coalition occidentale contre la Russie, que la pression occidentale amène les deux principautés à renoncer à l'esclavage afin de permettre le projet d'union nationale. L'esclavage est donc aboli en 1856[10].

Première grande diaspora (XVe siècle)

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Roms de Serbie, 1914-1915.

Arrivée en péninsule ibérique

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Début de la persécution (XVIe siècle)

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XVIIIe siècle

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Arrivée en Amérique, XIXe siècle, et seconde grande diaspora

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XXe siècle : persécution et extermination

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Pendant la seconde guerre mondiale, ils sont victime du Porajmos (Genocide tsigane)

XXIe siècle : troisième grande diaspora

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Annexes

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Sources

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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Notes et références

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  1. (en) « The Gypsy Chronicles », sur Open The Magazine, (consulté le ).
  2. 1 2 Kaufman 1973
  3. D. Gresham, B. Morar, P. A. Underhill et G. Passarino, « Origins and divergence of the Roma (gypsies) », American Journal of Human Genetics, vol. 69, no 6, , p. 1314–1331 (ISSN 0002-9297, PMID 11704928, PMCID 1235543, DOI 10.1086/324681, lire en ligne, consulté le )
  4. (en) Ian Hancock, « ON ROMANI ORIGINS AND IDENTITY » [archive du ], sur ResearchGate (consulté le )
  5. «Gypsies», artículo en inglés en el sitio web Florilegium.
  6. Chronologie de l'histoire Roms
  7. 1 2 Quentin Lafay et Petre Petcut, « Pourquoi avons-nous oublié que les Rroms étaient les derniers esclaves d'Europe ? », sur France Culture, (consulté le )
  8. Victor Schoelcher, L’Esclavage des Noirs et des Blancs,
  9. « 170 ans depuis l'abolition de l'esclavage des Rroms : l'antsiganisme en hritage », sur EU Agenda (consulté le )
  10. « L'esclavage des Roms dans les principautés roumaines : cinq siècles d'esclavage oublié », sur Fondation pour la mémoire de l'esclavage (consulté le )