Victor Schœlcher

homme politique français

Victor Schœlcher[n 1] (/vik.tɔʁ ʃœl.ʃɛʁ/[n 2]) est un journaliste et homme politique français, né à Paris le [1] et mort à Houilles le [1]. Il est connu pour avoir agi en faveur de l'abolition définitive de l'esclavage en France, via le décret d'abolition, signé par le gouvernement provisoire de la Deuxième République[2] le . Il est également élu député de la Martinique puis de la Guadeloupe.

Victor Schœlcher
Illustration.
Victor Schœlcher photographié par Étienne Carjat.
Fonctions
Sénateur inamovible

(18 ans et 9 jours)
Élection (par l’Assemblée nationale)
Député français

(4 ans, 9 mois et 4 jours)
Élection 12 mars 1871
Circonscription Martinique
Législature Assemblée nationale
Groupe politique Extrême gauche

(1 an, 10 mois et 19 jours)
Élection (partielle)
Circonscription Guadeloupe
Législature Assemblée nationale législative
Groupe politique Montagne

(3 mois et 23 jours)
Élection 24 juin 1849
Circonscription Guadeloupe
Législature Assemblée nationale législative
Groupe politique Montagne

(9 mois et 17 jours)
Élection 9 août 1848
Circonscription Martinique
Législature Assemblée nationale constituante
Groupe politique Montagne
Sous-secrétaire d'État à la Marine et aux Colonies

(2 mois et 15 jours)
Chef de l'État Jacques Charles Dupont de l'Eure
Président du Conseil Jacques Charles Dupont de l'Eure
Ministre François Arago
Gouvernement Provisoire de 1848
Prédécesseur Jean Jubelin (Monarchie de Juillet)
Successeur Raymond de Verninac Saint-Maur
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Paris (France)
Date de décès (à 89 ans)
Lieu de décès Houilles (France)
Sépulture Panthéon
Nationalité Française
Parti politique La Montagne
Père Marc Schœlcher
Mère Victoire Jacob
Diplômé de Lycée Condorcet
Profession Journaliste
Religion Catholicisme

Biographie

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Enfance

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Victor Schœlcher naît le à Paris (5e arrondissement ancien, aujourd'hui 10e arrondissement) au 60 rue du Faubourg-Saint-Denis[n 3], dans une famille catholique bourgeoise. Il passe sa jeunesse dans ce quartier[3].

Son père, Marc Schœlcher (1766-1832), est originaire de Fessenheim (Haut-Rhin, Alsace)[4]. Sa mère, Victoire Jacob (1767-1839), originaire de Meaux (Seine-et-Marne), est marchande lingère à Paris au moment de son mariage[5]. Ils sont propriétaires d'une manufacture de porcelaine de luxe[4]. Ses grands-parents paternels sont Jean-Baptiste Schelcher (1736-1822) et Jeanne Hoffmann (1738-1800) ; ses grands-parents maternels, Jean-René Jacob (1730) et Margerite Aublets (1740), son frère est Marc-Antoine Schœlcher (1766-1832).

Victor Schœlcher est baptisé à l'église Saint-Laurent de Paris le [6], mais il s'affirme comme athée sans le dissimuler[4].

Engagements et franc-maçonnerie

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Il fait de courtes études au lycée Condorcet, côtoyant les milieux littéraires et établissant des liens artistiques[1]. Dès cette période, il a un engagement républicain et devient membre de la société secrète La Compagnie franche des Écoles[7].

En 1822, à seulement dix-huit ans, il rejoint la franc-maçonnerie et est initié à la loge parisienne « Les Amis de la Vérité » , affiliée au Grand Orient de France, laquelle est alors un atelier très fortement politisé voire ouvertement révolutionnaire, contrairement à la plupart des loges sous la Restauration[8],[9]. Il fréquente également la société secrète Aide-toi, le ciel t’aidera   constituée par une fraction de l’atelier des Amis de la Vérité  et rejoindra par la suite la Société des Droits de l’homme[10]. Lors des Trois Glorieuses de juillet 1830, Les Amis de la Vérité organisent un grand défilé maçonnique hostile au roi. Le 31 juillet, ils publient une Adresse mettant en garde la Chambre des députés contre l’établissement d’une nouvelle dynastie sans le consentement de la Nation. Si l'implication personnelle de Schoelcher n'est pas attestée, son antimonarchisme est avéré car il refuse d’entrer dans la vie politique en raison de l’obligation de prêter serment au roi, puis il exprime ces convictions dans plusieurs journaux républicains[11]. C'est probablement au sein de cette loge qu'il rencontre Ernest Legouvé, qui sera son plus fidèle ami [11].

S'il a des relations durables avec plusieurs maçons comme la famille Arago (François, Étienne puis Emmanuel) et Laurent-Antoine Pagnerre, il fréquente aussi d'autres personnalités politiques comme Louis Blanc, Alexandre Ledru-Rollin, Pierre Leroux et Lamennais, ainsi que des musiciens tels Frédéric Chopin, Franz Liszt et Hector Berlioz, et des écrivains comme Eugène Sue, George Sand et Marie d'Agoult[12],[13].

Probable parrainé par Pagnerre, il est affilié à la loge La Clémente Amitié avec le grade de Maître le . La loge entre en opposition avec le Grand Orient au sujet d'un projet de révision des statuts généraux de l'obédience, ce qui entraîne en novembre la radiation de dix-sept membres, dont Schoelcher, qui avaient soutenu le vénérable Bègue-Clavel, et la suspension temporaire de ses activités[11],[14].

Vers l'engagement abolitionniste

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Portrait de Victor Schœlcher par Henri de Caisne.

Associé à la manufacture de son père, Victor Schoelcher découvre horreurs de l’esclavage à l'occasion d'une tournée de prospection commerciale organisée en 1828 et 1829 Mexique, les États-Unis et surtout Cuba[15]

Revenu en France, il devient journaliste et critique artistique[1], publie des articles et des ouvrages et multiplie ses déplacements d'information. Il revend rapidement la manufacture dont il hérite de son père en 1832 pour se consacrer à son métier de journaliste et ses activités philanthropiques[13].

L'action abolitionniste

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Le discours abolitionniste de Schœlcher évolue au cours de sa vie. En 1830, dans un article de la Revue de Paris, « Des Noirs »[16], après avoir fait une description terrible de la situation des esclaves, et montré comment l'esclavage transforme ces hommes en brutes, il se prononce contre l'abolition immédiate, car pour lui, « les nègres, sortis des mains de leurs maîtres avec l'ignorance et tous les vices de l'esclavage, ne seraient bons à rien, ni pour la société ni pour eux-mêmes […] Je ne vois pas plus que personne la nécessité d'infecter la société active (déjà assez mauvaise) de plusieurs millions de brutes décorées du titre de citoyens, qui ne seraient en définitive qu'une vaste pépinière de mendiants et de prolétaires. […] la seule chose dont on doive s'occuper aujourd'hui, c'est d'en tarir la source, en mettant fin à la traite »[17].

En 1833, il publie un premier ouvrage : De l'esclavage des Noirs et de la législation coloniale[18]. Ce livre est un réquisitoire contre l'esclavage et pour son abolition, mais il renvoie celle-ci à un « futur incident révolutionnaire que j'appelle du reste de mes vœux », car, écrit-il « Les révolutions se font pour rétablir dans l'ordre social l'équilibre que les envahissements de la richesse tendent toujours à détruire ». Il estime, dans la préface de l'ouvrage, que la Révolution de 1830 a ouvert une période longue dans laquelle les libertés ouvrières sont confisquées, bien que les ouvriers en aient été le moteur. Toutefois, tous les éléments de son combat sont en place, et ses idées sont claires, car il considère que « l'homme noir n'est pas moins digne de la liberté que l'homme blanc » (Chapitre X) ; « l'esclavage des nègres est une injure à la dignité humaine, parce que l'intelligence de l'homme noir est parfaitement égale à celle de l'homme blanc » (Chapitre XI). Mais il ne propose en conclusion de son ouvrage qu'un texte de loi visant à humaniser autant que faire se peut l'esclavage, et non à l'abolir immédiatement, car à cette époque il pense que dans le cadre du régime issu de la révolution de 1830, il ne sera pas possible d'aller plus loin. Cette loi encadrerait l'esclavage dans des limites, donnerait des droits aux esclaves, limiterait donc les droits des maîtres, mais tolérerait malgré tout le maintien de la peine du fouet, « toute révoltante qu'elle soit », sans laquelle « les maîtres ne pourraient plus faire travailler dans les plantations ». Il est complètement lucide sur la portée de sa proposition, et surtout sur ses limites, car il confesse : « dès que vous acceptez un mode d'existence contraire à toutes les lois de la nature, il faut vous résigner à sortir des bornes de l'humanité » ; or, pour lui, l'esclavage sort des bornes de l'humanité.

Ouvrage Des colonies françaises : abolition immédiate de l'esclavage, 1 vol., 1842 (Cliquer pour feuilleter)

De à , il retourne aux Antilles[19] et visite plusieurs habitations, parmi lesquelles celle de Trou-Vaillant (Saint-James), dont le domaine et les esclaves appartiennent à l’État. Cette situation le révolte, comme on peut le lire dans Des colonies françaises. Abolition immédiate de l'esclavage[20], ouvrage qu'il publie en 1842 :

« LA FRANCE POSSÈDE DES HABITATIONS ! Nous avons visité celle du Trouvaillant près Saint-Pierre. Eh bien ! les esclaves de la France, les nègres du roi comme on les appelle, ne sont pas mieux traités que ceux du plus mince petit blanc. Aucun essai particulier n'a été tenté en leur faveur, aucune amélioration n'a été introduite dans leur régime ; il n'y a pour eux aucun avantage d'appartenir à la France ; point d'éducation, point de lecture, point de moralisation, aucun de ces enseignements où l'homme au moins apprend à se connaitre et à s'estimer. Des planteurs ont des usines moins délabrées, des cases plus belles, et une infirmerie mieux tenue que celles de la nation ! Et vous voulez que les colons vous supposent le désir d'affranchir ! Quelle honte, d'ailleurs, que le gouvernement de France ait encore des esclaves ! Pourquoi ne donne-t-il pas le signal de l'abolition en élargissant tous ses nègres, comme fit la couronne d'Angleterre le 12 mars 1831 ? Il hésite, tandis que le bey de Tunis vient de proscrire l'esclavage dans ses états ! La France reçoit maintenant des leçons d'humanité des régences barbaresques ! »

Après ce séjour aux Antilles, il se prononce pour une abolition immédiate et complète, et se consacre désormais entièrement à cette cause.

Ses voyages en Grèce, en Égypte et au Sénégal le confortèrent dans cette conviction. En 1845, à l'occasion du débat parlementaire sur des lois d’humanisation de l’esclavage, il publie des articles nombreux dans des journaux et revues comme Le Courrier Français, le Siècle, Le Journal des Économistes, L’Atelier, L'Abolitioniste français, La Revue Indépendante et surtout la Réforme.

En 1847, il regroupe ces articles dans un ouvrage intitulé Histoire de l’esclavage pendant ces deux dernières années[21]. Après avoir écrit que « tout le monde est d’accord sur la sainteté du principe de l'abolition », et « que le sort des esclaves n'a pas cessé d'être horrible, atroce, dégradant, infâme, malgré les lois, les ordonnances, les règlements faits pour l'alléger », il conclut le préambule de son ouvrage par : « Le seul, l'unique remède aux maux incalculables de la servitude c'est la liberté. Il est impossible d'introduire l'humanité dans l'esclavage. Il n'existe qu'un moyen d'améliorer réellement le sort des nègres, c'est de prononcer l'émancipation complète et immédiate ».

En 1848, Victor Schœlcher est nommé sous-secrétaire d'État à la Marine et aux colonies dans le gouvernement provisoire de 1848 par le ministre François Arago. Nommé également président de la commission d'abolition de l'esclavage, il est l'initiateur du décret du 27 avril 1848, signé à l'Hôtel de la Marine[22], qui abolit définitivement l'esclavage en France. L'esclavage avait déjà été aboli en France, pendant la Révolution française le 16 pluviôse an II, puis rétabli par Napoléon Ier par la loi du 20 mai 1802.

Après l'abolition

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Victor Schœlcher, député de la Martinique.
Lithographie de Marin-Lavigne de la série Galerie des représentants du peuple (1848).

Sa notoriété le conduit à être élu[19] député, à la fois par la Martinique (le , 3e et dernier par 19 117 voix sur 20 698 exprimés) et par la Guadeloupe (le , 2e sur 3, par 16 038 voix sur 33 734 votants). Il opte pour la Martinique.

En Martinique en 1849, une alliance est conclue entre Cyrille Bissette et le béké François Pécoul en vue des élections législatives de juin. Les résultats consacrent l'écrasante victoire du tandem Bissette-Pécoul qui obtiennent respectivement 16 327 voix et 13 482 voix. Victor Schœlcher est battu et ne recueille que 3 617 voix. Il fut élu en , comme représentant de la Guadeloupe à l'Assemblée législative.

D' à , il siège à gauche, en tant que vice-président du groupe de la Montagne. Il intervient en faveur des noirs, demande l'élection des officiers de l'armée jusqu'au grade de capitaine, dépose un amendement demandant que les compagnies de chemins de fer équipent les 3e classes de wagons fermés, réclame l'abolition de la peine de mort[23]. Il vote pour le droit au travail, pour l'ensemble de la Constitution, contre l'expédition de Rome, etc.[19]

Lors du coup d'État du 2 décembre 1851, il est un des députés présents aux côtés d'Alphonse Baudin sur la barricade où celui-ci sera tué. Républicain, il est proscrit durant le Second Empire par le coup d'État de Louis Napoléon Bonaparte. Il s'exile en Angleterre et y devient un spécialiste de l'œuvre du compositeur de musique sacrée Georg Friedrich Haendel, rassemble une collection très importante de ses manuscrits et partitions[24] et rédige une de ses premières biographies, mais celle-ci n'est éditée que dans sa traduction anglaise. En 1870, il revient en France à la suite de la défaite de Sedan. Il est alors nommé colonel d'état-major de la garde nationale et obtient le commandement de la légion d'artillerie[25].

Après l'abdication de Napoléon III, il est réélu député de la Martinique à l'Assemblée nationale de à . En , en pleine crise communaliste, il publie un appel pour que l'assemblée de Versailles choisisse la conciliation plutôt que l'affrontement avec la Commune :

Victor Schœlcher caricaturé par André Gill, 1879

« L'Assemblée, bien qu'elle ait le droit de son côté, ne peut avoir la criminelle pensée, pour le faire prévaloir, d'assiéger la Commune[26]. »

Le , il est élu sénateur inamovible par l'Assemblée nationale.

En 1877, Victor Schœlcher dépose une proposition de loi pour interdire la bastonnade dans les bagnes. La commission d'initiatives refuse la proposition, mais les peines corporelles seront abolies en 1880. Sous la Troisième République, le gouvernement Ferry promulgue la loi du , dite de « réparation nationale », qui alloue une pension ou rente viagère aux citoyens français victimes du coup d'État du 2 décembre 1851 et de la Loi de sûreté générale. La Commission générale chargée d'examiner les dossiers, présidée par le Ministre de l'Intérieur, est composée de représentants du ministère, de conseillers d'État, et comprend huit parlementaires, tous d'anciennes victimes : quatre sénateurs (Victor Hugo, Jean Macé, Elzéar Pin, Victor Schœlcher) et quatre députés (Louis Greppo, Noël Madier de Montjau, Martin Nadaud et Alexandre Dethou)[27].

Aux côtés de Maria Deraismes, il participe aux premiers congrès de la Société pour l’amélioration du sort des femmeset est, avec Victor Hugo, président d’honneur de la Ligue française pour le droit des femmes, affirmant en 1881 : « Toutes les servitudes se touchent, et les mêmes causes produisent les mêmes effets. Le temps est passé où l’on disait que la place des femmes était au salon ou à la cuisine »[3].

En 1884 et 1885, il tente de s'opposer, sans succès, à l'institution de la relégation des forçats récidivistes en Guyane. Abolitionniste mais colonialiste, il continue de défendre la colonisation par le bulletin de vote et la scolarisation[28].

Fin de vie

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Tombe des Schœlcher père et fils (cimetière du Père Lachaise, division 50).

À la fin de sa vie, célibataire sans enfant, il donne tout ce qu'il possède ; il fait don notamment d'une collection d'objets au Conseil général de la Guadeloupe, aujourd'hui hébergée au musée Schœlcher.

Victor Schœlcher meurt le à l'âge de 89 ans dans sa maison qu'il loue depuis 1876 au 26 rue d'Argenteuil[29], devenue depuis l'avenue Schœlcher, à Houilles en Seine-et-Oise (aujourd'hui dans les Yvelines).

Le tombeau de Victor Schœlcher et de son père Marc Schœlcher au Panthéon.

Enterré à Paris au cimetière du Père-Lachaise, mais non incinéré bien qu'il en ait exprimé le souhait[30], son corps est transféré par décision de l'Assemblée nationale et du président du Conseil de la République, Gaston Monnerville au Panthéon le en même temps que les restes du Guyanais Félix Éboué (premier noir à y être inhumé) et également ceux de son père Marc Schœlcher, porcelainier de son état, car Victor Schœlcher avait exprimé désirer vivement être inhumé à son côté.

« Évoquer Schœlcher, ce n'est pas invoquer un vain fantôme, c'est rappeler à sa vraie fonction un homme dont chaque mot est encore une balle explosive… Schœlcher dépasse l'abolitionnisme et rejoint la lignée de l'homme révolutionnaire : celui qui se situe résolument dans le réel et oriente l'histoire vers sa fin (…) Victor Schœlcher, un des rares souffles d’air pur qui ait soufflé sur une histoire de meurtres, de pillage et d’exactions. »

 Aimé Césaire, extrait de l'introduction de Esclavage et colonisation, recueil de textes de Victor Schœlcher publié par Émile Tersen, Presses universitaires de France, 1948[31].

Postérité

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Hommages

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Une « Fête en l’honneur de Schœlcher » a été organisée le dans le cadre de l’Exposition universelle de 1937 à Paris[32].

Victor Schœlcher a été célébré de manière particulière à l'instigation de Gaston Monnerville , président du Sénat de l'après Seconde Guerre mondiale, en tant que héros de la franc-maçonnerie coloniale[33]. C'est à son initiative que les cendres de Victor Schœlcher et de Félix Éboué ont été transférés au Panthéon en 1949. Des chants politiques lui sont dédiés, Angélina joli bato en Guadeloupe et La Montagne est verte en Martinique[34]. Le est le jour de Victor Schœlcher (commémoration de la naissance, le ) en Guadeloupe, à Saint-Martin et en Martinique. Le poète et homme politique Aimé Césaire mentionne son action majeure dans la lutte contre l'esclavage et contre la domination coloniale dans son discours du [35],[36].

Le 12 mai 2026, une plaque commémoratives honorant Victor Schoelcher est installée dans l'enceinte du Palais Bourbon[37]. Accompagnée de 4 autres plaques pour Victor Hugo, Alphonse de Lamartine, Louisy Mathieu et Alexis de Tocqueville, celles-ci rendent hommage aux députés engagés pour l’abolition de l’esclavage en 1848[38].

Le est la Journée annuelle de la mémoire de l'esclavage, commémorant de la reconnaissance par le Parlement français de l'esclavage comme crime contre l'humanité. Elle s'ajoute à celles des dates de l'abolition de l'esclavage dans les territoires ultramarins.

Polémique en 2020

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Le , jour de commémoration de l'abolition de l'esclavage en Martinique, les deux statues de Victor Schœlcher présentes à Fort-de-France et à Schœlcher sont détruites[39] par des manifestants se proclamant « antibéké et anti-héritage colonial »[40],[41].

Il est reproché au pouvoir français et aux collectivités « de ne célébrer que des hommes blancs, et d’occulter les figures des esclaves qui se sont révoltés »[42] ; et à Schœlcher en particulier, d'avoir permis une indemnisation financière des anciens maîtres blancs, en compensation de l'abolition.

Dans la nuit du vendredi 5 au samedi , la statue de Victor Schœlcher sur la commune du Diamant fut décapitée[43]. Le conseil municipal du Lamentin a procédé, le , à la dépose du buste de Victor Schœlcher qui était placé dans la cour de l’ancien hôtel de ville du Lamentin, place Antonio Maceo[44].

La commune de Houilles a acquis en 2011 la maison de campagne de Victor Schœlcher où il est décédé, avec le projet d'en faire un historial qui lui serait consacré[46]. Une rue porte son nom, également dans cette même commune, pour ses nombreux séjours dans cette ville, ainsi qu'une place dédiée où trône, entre des palmiers rappelant la Martinique et la Guadeloupe un buste de Victor Schoelcher.

À Fort-de-France (Martinique), une bibliothèque publique départementale fondée en 1887 porte le nom de bibliothèque Schœlcher et inclut les ouvrages légués par Victor Schœlcher.

En 2015, la commune natale de son père, Fessenheim, inaugure l'espace muséographique « Victor Schœlcher, son œuvre »[47].

En 1888, alors qu'il est encore vivant, la commune de Case-Navire (Martinique) prend le nom de Schœlcher en hommage à son combat contre l'esclavage.

Autres lieux

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De nombreuses communes ont rendu hommage à Victor Schœlcher en donnant son nom à des lieux ou équipements, dont :

Bâtiments scolaires

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Statuaire

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À Cayenne, sur la place Victor-Schœlcher, une statue de Schœlcher fut érigée en 1896. Le monument est classé monument historique depuis 1999. Durant la nuit du , la statue a été déboulonnée. Elle avait été recouverte de peinture rouge quelques jours auparavant.

À Houilles, sur la place Victor-Schœlcher, un monument surmonté d'un buste en bronze de Schœlcher sculpté par Marguerite Syamour est érigé en 1904, avant d'être fondu sous l'Occupation, avant d'être reproduit à l’identique et réinstallé le , puis inauguré officiellement l'année suivante par le président du Sénat Gaston Monnerville[3].

Une copie du buste de Schœlcher sculpté par Marguerite Syamour à Houilles est édifiée sur la place du Cours-Novilos, à Basse-Terre (Guadeloupe) et inaugurée le , à l'emplacement de la proclamation de l'acte d'émancipation par le gouverneur Marie Jean-François Layrle le . Mais à l'instar d'autres statues de Schoelcher en Guyane et Martinique, celle de Basse-Terre est déboulonnée en juillet 2020 à la suite à des dommages opérés quelques semaines plus tôt. Seul le piédestal de la statue demeure sur site, tandis que le buste est conservé à l'hôtel de ville[53],[54].

Monnaie

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En 1952, un billet de 5 000 francs à l'effigie de Victor Schœlcher est mis en circulation en Martinique[55].

En 2012, il figure sur une pièce de 10  en argent éditée par la Monnaie de Paris, pour la collection « Les Euros des Régions » afin de symboliquement représenter la Martinique[56],[49].

Œuvres

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  • 1833 : De l'esclavage des Noirs et de la législation coloniale 1833
  • 1839-1840 : Abolition de l'esclavage. Examen critique du préjugé contre la couleur des Africains et des sang-mêlés. Paris, Pagnerre éditeur
    • Couverture datée de 1839. Titre daté de 1840. In-32, 183 pages, et 16 pages pour un Catalogue de publications populaires éditées chez Pagnerre. Imprimé chez Mme Porthmann, rue du Hasard-Richelieu.
  • 1840 : Abolition de l'esclavage. Examen critique du préjugé contre la couleur des africains et des sang-mêlés, « Des Noirs », Revue de Paris, tome XX, 1830, p. 71-83
  • 1842 : Des colonies françaises. Abolition immédiate de l'esclavage. Publié par Pagnerre, 1842
  • 1843 : Colonies étrangères et Haïti. Résultats de l'émancipation anglaise : Colonies Danoises — Haïti — Du droit de visite — Coup d'œil sur l'état de la question d'affranchissement, t. second. Publié par Pagnerre, 1843
  • 1844 : De la pétition des ouvriers pour l’abolition immédiate de l’esclavage, Paris, Pagnerre, 46 p. (lire en ligne)
    • Des colonies françaises. Abolition immédiate de l'esclavage (1842), nouvelle édition en fac-similé, les Éditions du CTHS, 1998.
  • 1844 : Journal de voyage en Égypte, 1844 Paris, Mercure de France
  • 1846 : L'Égypte en 1845, Paris : chez Pagnerre, 1846 (Lire sur Gallica)
  • 1847 : Histoire de l'esclavage pendant les deux dernières années, publié par Pagnerre, 1847
    • Exemplaire de la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne : copie numérisée le 7 février 2008 (consulté le ). Un exemplaire est visible à la bibliothèque du Sénat rue de Vaugirard.
  • 1851: Abolition de la peine de mort. Publié par Eugène De Soye, 1851, copie numérisée sur Gallica.fr
  • 1852: Histoire des crimes du 2 décembre, Bruxelles : tous les libraires, 1852
  • 1857 : Life of Haendel, Londres, Trübner (traduction de son manuscrit français par James Lowe)
  • 1873 : La Famille, la propriété et le christianisme, Paris, Librairie de la Bibliothèque démocratique, 1873
  • 1874 : Le Deux décembre, les massacres dans Paris, Paris, Librairie de la Bibliothèque démocratique
  • 1877 : Restauration de la traite des Noirs à Natal, Paris, Imprimerie de F. Brière, 16 p. (lire en ligne)
  • 1889 : Vie de Toussaint Louverture, 1889 (réédition Ed. Karthala, 1982)
  • 1906 : Conférence sur Toussaint Louverture, général en chef de l’armée de Saint-Domingue, Paris, Editions Panorama, 53 p. (lire en ligne)
  • 1995 : La Correspondance de Victor Schœlcher (présentée par Nelly Schmidt), Paris, Maisonneuve et Larose, présentation en ligne
  • 2023 : Le journal manuscrit tenu par Schœlcher au cours des vingt dernières années de sa vie, acquis lors d'un vente publique, composé de 85 feuillets in-quarto, dont 80 pages manuscrites et environ 90 pages de coupures de presse, est en cours d'établissement pour être mis à la disposition du public[58].

Notes et références

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  1. S'écrit également Schoelcher. Ce nom de famille, d'origine alsacienne, ne devrait pas comporter la ligature « œ » (le « oe » sans ligature étant la francisation standard du caractère alsacien « ö ») mais les sources utilisent majoritairement cette typographie.
  2. Prononciation en français de France standard retranscrite phonémiquement selon la norme API.
  3. Extrait du registre d'état civil du 5e arrondissement de Paris (an XII) : « Du cinq thermidor an 12 de la République, à onze heures. Acte de naissance de Victor, du sexe masculin, né le trois courant à une heure du soir chez ses père et mère, rue du faubourg Saint-Denis, no 60, Division du Nord, fils de Marc Schœlcher, manufacturier de porcelaine, et de Victorine Jacob, qu'il a déclaré être son épouse. Signé : Worm. » L'original de l'acte a disparu lors de la destruction des archives de Paris pendant les incendies de 1871, mais une copie en avait été faite et elle est citée par Anne Girollet, Victor Schœlcher, abolitionniste et républicain, Paris, Éditions Karthala, , p. 24.

Références

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  1. 1 2 3 4 « Victor Schœlcher (1804-1893) – Une vie, un siècle », sur Sénat (consulté le ).
  2. « 1848 l'abolition définitive », sur Assemblée nationale (consulté le ).
  3. 1 2 3 [PDF] Nelly Schmidt (direction), « Catalogue Schoelcher », sur ville-houilles.fr, (consulté le ).
  4. 1 2 3 Ulrich-Girollet 2019, p. 19.
  5. Régine de Plinval de Guillebon, La Porcelaine à Paris sous le Consulat et l'Empire, Genève, Librairie Droz, , 95 p..
  6. Registre des baptêmes de la paroisse Saint-Laurent de Paris, années 1802-1806, cité par Anne Girollet dans Victor Schœlcher, abolitionniste et républicain, Paris, Éditions Karthala, 2000, page 24.
  7. Ulrich-Girollet 2019, p. 20.
  8. André Combes, Histoire de la franc-maçonnerie au XIXe siècle, t. 1, Paris, éd. du Rocher, , p. 136 et suivantes.
  9. Ulrich-Girollet 2019, p. 20-22.
  10. Ulrich-Girollet 2019, p. 20-23.
  11. 1 2 3 Ulrich-Girollet 2019, p. 24-25.
  12. Ulrich-Girollet 2019, p. 26.
  13. 1 2 « Victor Schœlcher, un sénateur philanthrope », sur senat.fr (consulté le ).
  14. Combes 1998, p. 230.
  15. Ulrich-Girollet 2019, p. 31.
  16. Victor Schœlcher, « Les Noirs », Revue de Paris, Paris, Levavasseur, (lire en ligne).
  17. Victor Schœlcher, « Les Noirs », Revue de Paris, Paris, Levasseur, , p. 82 (lire en ligne).
  18. Victor Schœlcher, De l’esclavage des noirs et de la législation coloniale, Paris, Paulin, (lire en ligne).
  19. 1 2 3 Adolphe Robert, Edgard Bourloton et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français du 1er mai 1789 au 1er mai 1889, t. 5 : PLA - ZUY., Paris, Bourloton, , 617 p. (lire en ligne).
  20. Victor Schœlcher, Des Colonies françaises. Abolition immédiate de l'esclavage, Paris, Pagnerre, (lire en ligne), p. 224-225
  21. Victor Schœlcher, Histoire de l’esclavage pendant ces deux dernières années, Paris, Pagnère, (lire en ligne).
  22. Cédric Pietralunga, « A Paris, l’hôtel de la Marine retrouve son lustre du XVIIIe », sur lemonde.fr, (consulté le )
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  24. Collection conservée au département Musique de la Bibliothèque nationale de France.
  25. Notice Victor Schœlcher sur le site cosmovisions.com.
  26. Victor Schœlcher, « Proposition d'un traité de paix », La Ligne Directe de Dieppe, paraissant trois fois par semaine ; directeur Charles Lebon ; Fonds ancien de Dieppe (76), .
  27. Denise Devos, « La loi de réparation nationale du 30 juillet 1881 : source de l'histoire de la répression de l'insurrection de décembre 1851 », Revue d'histoire du XIXe siècle, 1| 1985, mis en ligne le 28 octobre 2002.
  28. « Victor Schœlcher » émission 2000 ans d'histoire.
  29. Extrait du registre d'état civil de la ville de Houilles (1893) :
    « L'an mil huit cent quatre-vingt treize, le vingt-six décembre, à neuf heures du matin, par devant nous Henri Vanin, maire officier de l'état civil de la commune de Houilles, arrondissement de Versailles, département de Seine-et-Oise, ont comparu messieurs Marcel Mar… Joseph, âgé de cinquante-deux ans, inspecteur du contrôle des chemins de fer, et Marcel Gustave, âgé de cinquante cinq ans, propriétaire, adjoint au maire de la commune, tous deux domiciliés à Houilles, voisins du décédé ci-après dénommé, lesquels nous ont déclaré que Schœlcher Victor, sénateur inamovible, âgé de quatre-vingt neuf ans, né à Paris le 4 juillet 1804, fils de Marc et de Jacob Victoire décédés, demeurant à Houilles, avenue d'Argenteuil, est décédé hier, à dix heures du soir à son domicile. Et après nous être assuré du décès, nous avons dressé le présent acte que les déclarants ont signé avec nous après lecture faite. »

     Signé : G. Marcel, Marcel, Vanin. Archives départementales des Yvelines.

  30. Girollet 2000, p. 105.
  31. Victor Schoelcher (1804-1893) Une vie, un siècle L'esclavage d'hier à aujourd'hui senat.fr, consulté le 4 août 2020
  32. Jean Lefrançois, « "La semaine coloniale" », Revue bleue, 75ème année, 1937, p. 544-545 (accessible sur Gallica)
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  51. « Voir sur missiontice.ac-besancon.fr. », sur ac-besancon.fr via Internet Archive.
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  55. « Victor Schoelcher - Billet », sur senat.fr (consulté le )
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  57. « Les promotions de 1945 à nos jours », sur ena.fr (consulté le )
  58. « Le journal de Victor Schœlcher, un précieux inédit tout juste réapparu », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )

Voir aussi

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Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

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  • André Combes, Histoire de la franc-maçonnerie au XIXe siècle, tome 1, Éditions du Rocher, , 450 p. (ISBN 9782268027913). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Fabienne Federini, L'abolition de l’esclavage 1848 : une lecture de Victor Schœlcher, Paris, L'Harmattan, 1998.
  • Anne Girollet, Victor Schœlcher, abolitionniste et républicain : approche juridique et politique de l'œuvre d'un fondateur de la République, Karthala, (lire en ligne).
  • Anne Ulrich-Girollet, Victor Schœlcher, républicain et Franc-Maçon (2e édition), Paris, EDIMAF, , 114 p. (ISBN 979-1-097-41415-3). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article [lire en ligne]
  • Anne Ulrich-Girollet, Vidéo sur l'abolition de l'esclavage de 1848 en France, site de l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie (APHG), https://www.aphg.fr/L-abolition-de-l-esclavage-en-1848
  • Anne Ulrich-Girollet, Vidéo sur Victor Schoelcher, site de l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie (APHG), https://www.aphg.fr/Victor-Schoelcher
  • Jules Monnerot, Schœlcher, S.l., Imprimerie Marchand, , 4 p. (lire en ligne).
  • Rodolphe Robo, L'Abolition de l'esclavage, la République et Victor Schœlcher, Cayenne, 1983.
  • Nelly Schmidt, Victor Schœlcher et l'abolition de l'esclavage, Paris, Fayard, , 440 p. (ISBN 2-213-03058-8, présentation en ligne).
  • Nelly Schmidt, « Schoelcher Victor 1804-1893 », dans Jean-Marie Mayeur et Alain Corbin (dir.), Les immortels du Sénat, 1875-1918 : les cent seize inamovibles de la Troisième République, Paris, Publications de la Sorbonne, coll. « Histoire de la France aux XIXe et XXe siècles » (no 37), , 512 p. (ISBN 2-85944-273-1, lire en ligne), p. 467-471.

Filmographie

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Liens externes

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