Histoire des juifs du Cameroun
L’histoire des Juifs au Cameroun concerne la présence, les traditions revendiquées et les formes contemporaines du judaïsme au Cameroun. La communauté juive actuelle y est très réduite et principalement concentrée autour de Yaoundé.
Histoire
modifierTraditions d'ascendance israélite
modifierPlusieurs traditions camerounaises sont parfois rapprochées d'une ascendance israélite ancienne. Ces récits concernent surtout les Bassa, les Bamilékés, les Eton et les Douala[1].
Selon un article publié par Kulanu, certains récits oraux bassa font remonter l'origine du groupe à des populations venues d'Égypte, tandis que certaines traditions bamiléké sont associées aux tribus perdues d'Israël[1].
Des pratiques comme la circoncision, l'interdiction de consommer certains animaux, l'usage d'un jour de repos ou des rites de purification sont parfois rapprochées de pratiques juives. Ces rapprochements relèvent toutefois de traditions communautaires et d'interprétations religieuses contemporaines. Le même article indique qu'il n'est pas possible d'établir avec certitude un lien historique direct avec les anciens Israélites[1].
Communauté Beth Yeshourun
modifierLa communauté Beth Yeshourun apparaît à la fin des années 1990. Selon Kulanu, elle est fondée en 1998 lorsque ses responsables se détachent du christianisme et commencent à étudier le judaïsme, l'hébreu et la Torah à partir de ressources disponibles sur Internet[2].
Selon le Commonwealth Jewish Council, l'organisation communautaire B'nei Brith Yeshurun-Yaoundé est fondée en 1998 et compte environ 70 à 80 personnes, enfants compris.
Dans les années 2000, les membres de Beth Yeshourun se forment principalement de manière autonome. Ils apprennent les prières, les règles religieuses et la Torah à partir de sites juifs, tout en restant éloignés des structures juives établies.
En 2010, les rabbins Bonita Sussman et Gerald Sussman, liés à Kulanu, se rendent au Cameroun. Selon Kulanu, il s'agit de la première visite de Juifs extérieurs auprès de cette communauté,[2].
La Florida International University indique que Serge Etele, responsable de la communauté, prend contact avec Kulanu en 2010. Kulanu devient alors l'une des premières organisations juives à répondre à ses démarches. En 2014, l'organisation fournit un Sefer Torah à la communauté.
Le Commonwealth Jewish Council précise qu'il n'existe pas de synagogue permanente pour cette communauté et que les offices sont organisés dans des domiciles privés.
Population juive contemporaine
modifierLes sources disponibles donnent des estimations différentes selon qu'elles décrivent principalement les ressortissants israéliens établis au Cameroun ou les communautés locales se réclamant du judaïsme.
La Jewish Virtual Library estime qu'une douzaine de Juifs vivent au Cameroun, principalement des Israéliens résidant à Yaoundé, où se trouve l'ambassade d'Israël.
Le Commonwealth Jewish Council donne une estimation plus large pour la communauté B'nei Brith Yeshurun-Yaoundé, avec environ 70 à 80 membres, enfants compris.
Selon la Jewish Virtual Library, des offices liés aux fêtes juives sont organisés à la résidence de l'ambassadeur d'Israël, où de la nourriture cachère peut être trouvée. Le Commonwealth Jewish Council indique pour sa part que la communauté locale ne dispose pas d'une offre régulière de nourriture cachère et que certains membres pratiquent eux-mêmes l'abattage rituel de volailles.
Controverse politique de 2019
modifierLe , lors d'une émission de la Cameroon Radio Television, le ministre délégué auprès du ministre de la Justice Jean de Dieu Momo suscite une controverse après avoir comparé la situation politique du Mouvement pour la renaissance du Cameroun et de son dirigeant Maurice Kamto à celle des Juifs d'Allemagne sous le régime nazi[3],.
Ses propos associent également les Bamilékés à la situation des Juifs allemands, en affirmant que ces derniers auraient été une communauté riche et économiquement puissante, puis auraient été persécutés en raison de leur supposée arrogance[3].
Ces déclarations provoquent une réaction de l'ambassade d'Israël au Cameroun. Le gouvernement camerounais se dissocie ensuite des propos du ministre et exprime ses regrets auprès d'Israël[3],.