Histoire du commerce

Le commerce est la forme d'échange de biens la plus courante dans les sociétés contemporaines.

Allégorie de la liberté du commerce (1890).

Primitivement, le commerce renvoie à une réalité où les rapports humains et les échanges économiques se déroulent essentiellement dans un cadre de voisinage géographique.
Ultérieurement, le commerce désigne l'activité qui fait circuler les marchandises, à plus ou moins longue distance (voir le commerce au long cours) et les propose à la vente sur les marchés ou les foires. Il implique des transactions passées d'individu à individu, agissant pour compte propre ou représentant un tiers ou une entreprise, ainsi que toutes opérations utiles à la concrétisation de l'échange, comme l'appréciation de la valeur d'échange, ou le transfert matériel du bien ou service échangé. Dans une perspective archéologique, le commerce peut être analysé comme une action à distance qui ne se limite pas au transfert matériel des biens, mais qui implique également des formes de communication et de relations sociales entre groupes distincts, perceptibles à travers la distribution spatiale des objets[1].

Le commerce est l'une des plus anciennes et plus importantes inventions de l'humanité avec l'apparition de l'agriculture au Néolithique. Certains le considèrent comme l'origine de la civilisation. Par exemple, l'écriture semble avoir été inventée il y a 5 500 ans par les commerçants sumériens pour permettre leur comptabilité[2]. L'agriculture primitive était une activité de subsistance : les récoltes obtenues sont juste suffisantes pour la population. Mais, sous la pression démographique, les agriculteurs remplacent les chasseurs-cueilleurs. Les améliorations dans la technique ou l'organisation se révèlent indispensables : l'utilisation accrue de semences mieux sélectionnées, de la force animale, de différents engrais autorisent des rendements meilleurs et une production accrue.

De la sorte, le commerce est facilité par le fait que les récoltes dépassent le seuil de subsistance. Le surplus produit et stocké va favoriser :

  • les échanges qui fournissent l'occasion de troquer avec d'autres le surplus de produit non nécessaire ;
  • la spécialisation des tâches, dans la mesure où il n'est plus nécessaire que l'ensemble de la société se consacre à l'agriculture. Ainsi une partie de la population est en mesure de se spécialiser dans d'autres domaines, tels que le travail du fer et la poterie[3].

Commerce traditionnel au quotidien

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Le commerce traditionnel en France, en Europe, et ailleurs, peut se résumer à quatre pratiques, au moins jusqu'en 1900.

Le troc a sans doute été longtemps le mode le plus courant d'échange de biens, dans une communauté et entre communautés.

Le colportage met en relation un vendeur ambulant / itinérant, forain car extérieur à telles communautés, proposant des produits agricoles ou artisanaux.

Au marché (hebdomadaire, par exemple) et à la foire (semestrielle ou annuelle, par exemple), producteurs paysans et artisans se déplacent et proposent leur propre production, agricole ou artisanale. Ils sont vite concurrencés par des revendeurs, non-producteurs, sous-traitants de grossistes.

En boutique, lieu bâti ou au moins établi, s'effectue le commerce de détail, généraliste (magasin général) ou spécialisé (épicerie, beurre, œuf, fromage, droguerie, mercerie...) : le marchand attend le client, près de son stock.

Préhistoire : commerce des silex et des métaux

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Les traces d'échanges pratiqués à grande échelle ont été trouvées à des époques remontant à la préhistoire :

  • la civilisation d'Errol au Danemark (4 000 ans av. J.-C.) aménage de vastes ateliers de fabrication standard de silex destinés au Nord de l'Europe ;
  • à Siennes en Belgique, deux mille puits fournissent du silex gris bleu réparti sur ce territoire ;
  • le site du Grand Pressigny en France exporte ses silex blonds jusqu'au Rhin ;
  • l'obsidienne de Milos circule dans le Bassin oriental de la Méditerranée ;
  • puis l'or, l'étain, le bronze et l'ambre sont largement échangés depuis les sites de production vers les sites de consommation, empruntant des routes maritimes et continentales.

Apparition du commerce à grande échelle

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L'activité commerciale se développe progressivement : le rayon d'action du trafic s'étend. Les échanges qui portent d'abord sur un petit nombre de marchandises de faible poids/volume mais de forte valeur concernent de plus en plus des volumes importants et des produits plus pondéreux. Les modes d'échange sont pris en charge par des opérateurs dont le rôle connait les premières spécialisations.

Du troc aux échanges facilités par la monnaie

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Le commerce débute sous forme de troc et se modernise ensuite grâce à la monnaie. Avec le temps, l'or et l'argent s'imposent peu à peu comme monnaie commune. Leur valeur provient de leur rareté et de leur résistance à l'usure. La création de la monnaie et l'évolution des moyens de transport et de communication ont facilité les échanges entre personnes, entre localités et entre pays. Cette évolution permanente est influencée par celle des besoins, des moyens et des politiques des différents acteurs que sont les producteurs, les marchands, les consommateurs et les États.

Introduction de la monnaie

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L'argent (ou plutôt la monnaie) servant, d'abord, uniquement à l'échange de biens et de services sert progressivement d'unité de compte et devient un outil pour le stockage de la valeur. De nombreuses unités de paiement ont été utilisées provenant du porc, de dents de baleine, du cacao, ou de certains types de coquillages. L'or a, sans doute, été l'unité la plus largement utilisée à travers l'histoire. L'utilisation d'unité de compte dans les transactions commerciales a été une étape importante pour le commerce. Il n'y a pas néanmoins de nécessité pour que les parties impliquées dans une transaction s'échangent directement un bien ou un service contre ces unités. Les civilisations plus avancées, comme les Romains, ont étendu ce concept et ont commencé à battre monnaie toujours pour faciliter le commerce. Les pièces ont été spécialement conçues à cette fin, bien que ces monnaies primitives, à la différence des pièces modernes, aient eu une valeur intrinsèque. L'utilisation du sel et du poivre avait aussi pour objectif de satisfaire les besoins de voir naître un commerce inter-continental.

[réf. nécessaire] Le commerce est un vecteur culturel et de brassage entre populations.

Invention de la boutique

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Généralisation et mondialisation du commerce

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Les grandes découvertes

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Le commerce asiatique avant les grandes découvertes

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Les découvertes portugaises et espagnoles

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La montée en puissance des négociants-financiers

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L'intervention des Nations et des États

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Mercantilisme espagnol : exploitation des métaux précieux

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Mercantilisme hollandais : essor des négociants et bourgeois

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Colbertisme français : occasion manquée

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Angleterre : pari du commerce international

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Commerce et révolution industrielle

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Effets des révolutions techniques

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sur les transports

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sur les communications

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Contexte géopolitique

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Nations protectionnistes et nations libérales

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Mouvement de colonisation

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Organisation du commerce intérieur

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Émergence des Formes modernes du Commerce

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Invention du commerce de détail moderne

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Cette évolution est soumise à des perturbations, chacune des parties veillant mettre en place l'organisation commerciale qui l'avantage. Sur le plan national, certains gouvernements travaillent à stabiliser les prix intérieurs en appliquant différentes techniques. Sur le plan international, différentes théories existent, dont en particulier, le libre-échange, le protectionnisme ainsi que le nationalisme économique.

Cyber-commerce

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Futur de l'activité commerciale

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Au XXIe siècle, le commerce reste, d'une part, une activité centrale de l'économie de plus en plus diversifiée et sophistiquée comme en témoigne la « révolution de la distribution », et, d'autre part, un moyen de développement.
Au XXIe siècle des conventions plus ou moins strictes le règlementent au niveau international et au niveau national. Enfin, il est vecteur d'échanges culturels et de brassage entre les populations qu'il met en relation.

Hors du commerce, point de salut ?

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Le monde actuel d'échange commercial marchand monétisé généralisé laisse percer la nostalgie d'un lien social, d'une convivialité ancienne supposée disparue. Des pans entiers de l'économie, d'abord de la société traditionnelle, à l'ère préindustrielle, auraient échappé à modernisation, rationalisation, commercialisation : économie populaire, économie sociale, histoire de l'économie sociale, économie informelle, économie participative, zomia, commerce équitable...

L'alternative au commerce serait le don et contredon, échange gratuit de biens ou de services dans une communauté (famille, clan, tribu, voisinage, amitiés), ou entre communautés, au passé comme au présent, de manière plutôt égalitaire. L'économie de don suppose et renforce action sociale, altruisme réciproque, bénévolat, collaboration, convivialité, coopérative, entraide sociale locale, mutualisme, mutualité, partage, prévoyance collective, réciprocité, solidarité, bon voisinage... :

  • mise en commun des produits des activités (surtout collectives) : cueillette, pêche, chasse, culture, récolte...
  • prêt temporaire gracieux : sel/poivre, parapluie/imperméable, pioche/pelle/râteau, marteau/perceuse, vélo/voiture...,
  • services entre voisins/amis/familiers (donner un coup de main) :
  • service communautaire, travail bénévole (une journée, par semaine/mois) au service de la communauté : cuisine, nettoyage, construction...
  • fête/cérémonie communautaire, dont potlatch (cérémonie).

Au niveau de chaque ménage, la production domestique (activités domestiques non rémunérées, et longtemps non considérées ou dévalorisées, tâches ménagères, arts ménagers) et l'économie domestique sont encore trop souvent minorées, de même que la charge mentale ménagère.

En société agraire, des rapports économiques non monétarisés ont existé, au moins jusque vers 1930 en Europe occidentale :

Tout cela n'a en rien empêché jacqueries et autres révoltes paysannes motivées.

Dans les religions du salut, dont le christianisme, la vie après la mort s'effectue hors commerce, pour le meilleur (paradis) ou le pire (enfer) : rédemption, prédestination, providence. L'invention catholique du purgatoire a permis la doctrine et la pratique très commerciale des indulgences, un des déclencheurs de la réforme protestante. Une des conséquences en est la réforme radicale, dont l'anabaptisme et le mennonisme, et le mouvement amish, parmi d'autres mouvements de simplicité volontaire, sobriété économique, et critique du développement.

Pour améliorer la vie terrestre, se sont développés des mouvements de communauté religieuse et spirituelle : vie religieuse, congrégation religieuse, ordre religieux, monachisme, monastère, où les participants se détachent des contraintes économiques. Une version laïque en est les béguards et les béguines.

Hors religion, diverses idéologies de socialisation du rapport social ont généré des tentatives de communauté intentionnelle : cité idéale, communisme primitif, collectivisme, et diverses utopies.

Pour la période récente, depuis les années 1970, ont émergé des pratiques d'économie sociale et solidaire :

Notes et références

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  1. Colin Renfrew, « Le commerce comme action à distance : questions d’intégration et de communication », dans François Favory et Sander Van der Leeuw (dir.), Voyage dans l’archéologie spatiale anglo-saxonne, Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté, coll. « Les Cahiers de la MSHE Ledoux », (ISBN 978-2-84867-567-1, DOI 10.4000/14oqy Accès libre, lire en ligne), p. 25–49
  2. Les célèbres tablettes d'argiles du musée de Bagdad.
  3. cf la spécialisation des tâches vue par Platon, La république, Livre III

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Histoire du Commerce par Georges Lefranc, Presses Universitaires de France, 5° édition, 1965.
  • Les inventeurs du Commerce moderne, par Etienne THIL, Arthaud Editeur, Paris, 1966.
  • Carrefour Un combat pour la liberté, par Yves Soulabail, Le Loup Hurlant Editions, Arpajon, 2010.
  • Jean-Claude Daumas (dir.), Les révolutions du commerce. France, XVIIIe-XXIe siècle, Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté, coll. « Les Cahiers de la MSHE Ledoux », (ISBN 978-2-84867-847-4, DOI 10.4000/books.pufc.20134 Accès libre, lire en ligne).

Articles connexes

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