L'histoire du vélo commence au XIXe siècle.

Histoire du vélo
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Aspect de l'histoire (d), histoire des techniquesVoir et modifier les données sur Wikidata

Premières innovations

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Pendant de nombreuses années, l'invention du vélo s’est produit au XVe siècle, avec un croquis rudimentaire attribué à Léonard de Vinci dans le Codex Atlantique, mais il s'agissait d'un canular[1].

En 1645, le Français Jean Théson fabrique et chevauche un véhicule à deux roues qu'il propulsa avec ses pieds et nommé célérifère[1].

En 1799, les inventeurs Blanchard et Masurier ont mis au point le vélocipède, qui peut considéré comme un précurseur du vélo[1].

Draisienne à Paris en 1818 (gravure).

Durant l’année sans été (1816), la population plongée dans la famine a mangé les chevaux (qui servaient de moyen de transport à l’époque). Face à la pénurie de moyen de locomotion, le vélo a été inventé[2].

Le premier vélo considéré comme tel est conçu et construit par le baron allemand Karl Drais von Sauerbronn en 1817[1]. Il invente la Laufmaschine ou « machine à courir » qui est présentée à Paris le (Brevet d'importation français déposé par Louis-Joseph Dineur au nom du Baron Drais le  : sous l'appellation d'une « Machine dite vélocipède. »)[3].

La draisienne modifiée (ca 1820), le premier « deux-roues ».

En 1839, Kirkpatrick Macmillan développe un système de direction plus manœuvrable que le prototype de Karl Christian Ludwig Drais von Sauerbronn et incorpore des pédales au vélo[1].

Alexandre Mercier brevette le premier deux-roues à pédales en 1843[4].

Le grand-bi est inventé par James Starley[5].

En 1865, la michaudine est produite[6].

Pierre Lallement émigre en 1865 aux États-Unis sans avoir pu trouver de soutien financier à Paris pour sa machine, et obtient le premier brevet au monde sur le vélocipède à pédales en . Il réussit à vendre son brevet à un New-yorkais, Calvin Witty, qui sera le premier à fabriquer des deux-roues aux États-Unis (un seul de ces vélocipèdes semble avoir survécu) et retourne en France en 1868[7]. À la fin de cette année, Witty vendant sa licence à d'autres constructeurs, le succès se produit également aux États-Unis. Quelques-uns surnommèrent la machine boneshaker (« secoueuse d'os »), en raison de la conception des roues, en bois cerclées de fer. Les premières garnitures de roues en caoutchouc dur apparaissent en 1869 et améliorent sensiblement le confort de l'engin[8].

Si la draisienne fait partie de la préhistoire de la bicyclette, la véritable histoire commence en France avec les vélocipèdes à pédales dans les années 1860. Vers 1867 sont commercialisés les premiers vélocipèdes à pédales des maisons Sargent, Michaux, Vincent, etc., qui rencontrent un succès populaire. Pierre Michaux, serrurier parisien en voiture à façon, aurait inventé le vélocipède à pédales en 1855. La date précise de l'invention et l'identité de l'inventeur sont toutefois très discutées. En 1893, lors d'une controverse avec les frères André et Aimé Olivier, anciens associés qui ont toujours nié le rôle de Michaux dans l'invention, Henry Michaux, fils de Pierre Michaux, avoue que ce serait son frère Ernest qui aurait eu l'idée des pédales, et que l'invention daterait en fait de 1861[9]. Cette date est toutefois mise en doute par certains historiens, qui donnent 1864 comme date plus plausible, et émettent également des doutes sur la paternité de l'invention de la famille Michaux[10]. Il est vrai que nous n'avons aucune preuve à ce jour. Parallèlement, un autre Français, Pierre Lallement, revendique avoir inventé et expérimenté un système à pédales dès 1862, et obtient en 1866 un brevet américain pour une machine qu'il appelle « bicycle »[11].

Bicyclette de Lawson en 1879.

En 1869, Charles Desnos dépose un brevet sur l'amélioration du vélocipède qui fixe certaines caractéristiques toujours présentes dans les vélos modernes, notamment la roue arrière motrice et la transmission multiplicatrice par courroie ou chaine[12].

Après la guerre de 1870, le perfectionnement des vélocipèdes se poursuit surtout en Angleterre. La roue avant se fait plus grande tandis que la roue arrière diminue. Le premier grand bi, appelé Ordinary, apparaît en 1872. Ce genre de bicyclette connait un succès foudroyant auprès de la bourgeoisie qui seule avait les moyens de se l'offrir. En Angleterre, il est surnommé penny farthing (d'après la taille respective de ces deux pièces de monnaie, par analogie avec les roues). En France, il est utilisé de manière ostentatoire par les bourgeois (exemple : culture du plaisir et de l'élégance dans le bois de Boulogne)[13].

Le premier brevet de bicyclette a été déposé en 1871 par Viarengo de Forville, un Italien résidant en France[14].

En 1884, John Kemp Starley de la société The Coventry Sewing Machine Company (« Société des machines à coudre de Coventry »), qui deviendra Rover, invente la « bicyclette de sécurité » munie de roues de taille raisonnable et d'un entraînement par chaîne. Le cycliste y est installé à l'arrière, ce qui rend presque impossible la chute de type « soleil » où le cycliste est projeté par-dessus la roue avant[15].

Grands bis et tricycle, aquarelle vers 1887, États-Unis.

Dès cette période, la bicyclette s'impose comme un moyen de découvrir le monde. Alors que se développe la mode des tours du monde, le premier tour à vélo se déroule entre 1891 et 1894[16]. La première femme à avoir réalisé cet exploit en solitaire est Annie Cohen Kopchovsky, dite Annie Londonderry, sur un modèle masculin de bicyclette de marque Sterling, en quinze mois[17].

Le développement de la bicyclette a ainsi permis le progrès de l'émancipation des femmes, même si l'accès au vélo pour ces dernières a été semé d'embûches. La féministe Susan B. Anthony a ainsi déclaré en 1896 que l'engin avait accompli davantage pour cette libération que quoi que ce soit d'autre au monde[18]. Malgré le tour du monde à vélo d'Annie Londonderry en 1895, certains médecins et moralistes persistaient à affirmer que la bicyclette présenterait une menace pour la santé physique et mentale des femmes. De plus, elle encouragerait au dévergondage et à l'exhibitionnisme[19]. On pensait par exemple que chevaucher une selle et se mettre en mouvement dans cette position pouvait conduire les femmes à développer des pratiques masturbatoires, absolument immorales à l'époque. De fait, les vêtements féminins du XIXe siècle n'étaient absolument pas adaptés à la pratique sportive, le port du pantalon étant réservé aux hommes[20].

Après la Première Guerre mondiale, le terme « vélo » devient le mot populaire pour décrire la bicyclette utilisée par les ouvriers, paysans et enfants[21].

Pendant l'occupation de la France par l'Allemagne, les voitures sont restreintes à l'usage des médecins, de la police ou de la milice, la bicyclette devenant la reine des transports (ravitaillement, trajets pour le travail ou aller voir des proches, développement de vélo taxis dans les grandes villes), succès des compétitions de cyclisme[22]. La bicyclette joue un rôle important dans la résistance, notamment pour les femmes, telle Conxita Grangé i Beleta (1925-2019) qui transporte des messages et des armes contre les nazis sur sa bicyclette dans la région de Toulouse[23].

En 1977, P. K. Mahanandia traverse l'Asie et l'Europe à vélo, reliant l'Inde à la Suède en cinq mois pour rejoindre sa femme[24].

La pratique du vélo progresse principalement dans les centres de quelques grandes agglomérations (au maximum 15 % à Strasbourg) et sa part dans les déplacements en France, de l’ordre de 2 à 3 % (2,1 % en 2019 pour l'ensemble des agglomérations) reste très inférieure à celle de l’Allemagne (10 %) ou des Pays-Bas (29 %)[25].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 Barrabes Esquí Montaña S.L.U, « Histoire du vélo: origines et évolution jusqu’à aujourd’hui | Blog Mammoth », sur www.mammothbikes.com (consulté le )
  2. ↑ « Un volcan à l’origine de l’invention du vélo ! », La Nouvelle République du Centre-Ouest, (consulté le ).
  3. ↑ Herlihy (2004), p. 27
  4. ↑ « Histoire. Qui est l'inventeur du vélo ? », sur lamanchelibre.fr, (consulté le )
  5. ↑ « 1860-1880 - exposition virtuelle », sur cnum.cnam.fr (consulté le )
  6. ↑ Yann Lagarde, « À l'origine du vélo », sur France Culture, (consulté le )
  7. ↑ Herlihy (2004), p. 102-103
  8. ↑ Herlihy (2004), p. 124.
  9. ↑ Herlihy (2004), p. 248-249.
  10. ↑ Herlihy (2004), p. 84-85.
  11. ↑ Herlihy (2004), p. 86-87.
  12. ↑ « L'invention du vélo », sur Google Arts & Culture (consulté le ) ; illustration issue des archives de l'Institut national de la propriété industrielle.
  13. ↑ Catherine Bertho Lavenir, Voyages à Vélo - Du vélocipède au Vélib, éd. Paris Bibliothèques, 2011, 127 p. (ISBN 9782843311772).
  14. ↑ L’Épopée fantastique 1820 – 1920 : Cycles et motos (dossier pédagogique), Palais de Compiègne, 8 avril – 25 juillet 2016 (lire en ligne [PDF]), p. 10 : III – « 1890-1910 : L’avènement de la bicyclette ».
  15. ↑ Brevet anglais no 1341 déposé par John Kemp Starley le , Improvements in roller bearings for velocipedes, carriages, or like light vehicles or light machinery.
  16. ↑ Olivier Delarozière, Jeux de vélo, Exposition Musée National des techniques-CNAM, 1992, p. 11.
  17. ↑ Peter Zheutlin, Around the World on Two Wheels: Annie Londonderry's Extraordinary Ride, Citadel, 2007.
  18. ↑ Susan B. Anthony, « Let me tell you what I think of bicycling. I think it has done more to emancipate women than anything else in the world. It gives women a feeling of freedom and self-reliance. I stand and rejoice every time I see a woman ride by on a wheel… the picture of free, untrammeled womanhood. », New York World, 2 février 1896.
  19. ↑ Christopher Thompson, « Corps, sexe et bicyclette », Les Cahiers de médiologie, 5. La bicyclette, Paris, Gallimard, 1998.
  20. ↑ « Ordonnance concernant le travestissement des femmes » du préfet de police Dubois no 22 du 16 brumaire an IX ().
    Cette ordonnance visait avant tout à limiter l'accès des femmes à certaines fonctions ou métiers en les empêchant de s'habiller comme des hommes. L'interdiction a été abrogée en 2013 (lire en ligne).
  21. ↑ Catherine Bertho Lavenir, Voyages à Vélo - Du vélocipède au Vélib, éd. Paris Bibliothèques, 2011, 127 p. (ISBN 9782843311772).
  22. ↑ Jean Bobet, Le vélo à l'heure allemande, rééd.La Table Ronde, 7 juin 2007, 219 p. (ISBN 2710329832).
  23. ↑ Dominique Missika, Résistantes : 1940-1944, (ISBN 978-2-07-294029-3 et 2-07-294029-X, OCLC 1274120911).
  24. ↑ (en) Vikas Pandey, « The man who cycled from India to Europe for love », sur bbc.com, BBC News, (consulté le ).
  25. ↑ « Les villes qui aiment le vélo en ville et à l'étranger », sur www.fub.fr (consulté le )

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Matteo Massaro, Dynamics and Optimal Control of Road Vehicles, Oxford University Press USA - OSO, (ISBN 978-0-19-255981-4)
  • David V. Herlihy, Bicycle: the history, Yale University Press, (ISBN 978-0-300-10418-9)
  • Richard Ballantine, Richard's 21st-century bicycle book, Overlook Press, (ISBN 978-1-58567-112-0)
  • David Gordon Wilson, Jim Papadopoulos et Frank Rowland Whitt, Bicycling science, MIT Press, (ISBN 978-0-262-23237-1 et 978-0-262-73154-6)
  • Wiebe E. Bijker, Of bicycles, bakelites, and bulbs: toward a theory of sociotechnical change, MIT Press, coll. « Inside technology », (ISBN 978-0-262-02376-4)
  • Tony Hadland et Hans-Erhard Lessing, Bicycle design: an illustrated history, The MIT Press, (ISBN 978-0-262-02675-8 et 978-0-262-52970-9)
  • Paul Smethurst, The bicycle: towards a global history, Palgrave Macmillan, (ISBN 978-1-137-49949-3)
  • Melissa Bopp, Dangaia Sims et Daniel Piatkowski, Bicycling for transportation: an evidence-base for communities, Elsevier, (ISBN 978-0-12-812642-4)
  • Jody Rosen, Two wheels good: the history and mystery of the bicycle, Crown, (ISBN 978-0-8041-4149-9)
  • (en) « CUMULATIVE AUTHOR INDEX Medical Entomology Volume 44, 2007 », Journal of Medical Entomology, vol. 44, no 6,‎ , p. 1157–1160 (ISSN 1938-2928 et 0022-2585, DOI 10.1093/jmedent/44.6.1157, lire en ligne, consulté le )
  • J. D. G. Kooijman, J. P. Meijaard, Jim M. Papadopoulos et Andy Ruina, « A Bicycle Can Be Self-Stable Without Gyroscopic or Caster Effects », Science, vol. 332, no 6027,‎ , p. 339–342 (DOI 10.1126/science.1201959, lire en ligne, consulté le )
  • (en) Amitabha Ghosh, « The Bicycle », Resonance, vol. 26, no 8,‎ , p. 1081–1102 (ISSN 0973-712X, DOI 10.1007/s12045-021-1210-4, lire en ligne, consulté le )
  • David V. Herlihy, Bicycle: The History, Yale University Press, (ISBN 978-0-300-12047-9)
  • (en) Michael Taylor, « Rapid Transit to Salvation: American Protestants and the Bicycle in the Era of the Cycling Craze », The Journal of the Gilded Age and Progressive Era, vol. 9, no 3,‎ , p. 337–363 (ISSN 1943-3557 et 1537-7814, DOI 10.1017/S1537781400004096, lire en ligne, consulté le )

Liens externes

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