Horde blanche

khanat turco-mongol

La Horde blanche (kazakh : Ақ-Орда ; tatar : Ақ-Орда ; mongol : Цагаан Орд ou Цагаан Ордны улс), est une horde ou khanat, constitutif de l'Empire mongol, situé à l'ouest de la Horde bleue au sein de la Horde d'or. Elle est parfois confondue avec la Horde bleue à cause d'une inversion dans leur désignation dans les sources historiques.

Horde blanche
(mn) Цагаан Орд
(kk) Ақ-Орда
(tt) Ақ-Орда

1227  XVe siècle

Informations générales
Statut Khanat
Langue(s) Mongol & langues turques
Histoire et événements
1227 Création

Dénomination

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La dénomination de Horde bleue et de Horde blanche sont régulièrement interverties dans les travaux russes et occidentaux car cette désignation est elle-même inversée selon que le travail se concentre sur les sources médiévales russes ou sur les sources médiévales timourides. Ainsi, l'aile droite de la Horde est dénommée blanche dans les sources russes et bleue dans les sources timourides. La tradition historiographique occidentale a initialement favorisé cette seconde désignation, cependant la réévaluation de cette terminologie démontre que la désignation dans les sources russes correspond bien à la réalité et aux traditions turco-mongoles[1]. La scission en deux territoires bleus et blancs ont des racines profondes et les premières organisation reprenant ce modèle datent de l'empire Xiongnu entre le IIe et IIe siècles av. J.-C.. Dans les sources mongoles, la Horde blanche est traditionnellement désignée comme ulu de Batu plutôt que par son qualificatif de couleur[2].

Le vaste territoire situé à l'ouest de l'Irtych constitue le patrimoine cédé en apanage à Djötchi, soit son oulou. Les plus petits territoires sont nommés des ordos. La Horde blanche (ak orda) est la Horde occidentale du Oulou de Djötchi. Le Oulou de Djotchi est un vaste territoire s'étendant vers l'ouest depuis la rivière Irtych. La terminologie blanche se réfère tant à la position géographique occidentale dans la scission du oulou qu'à la distinction dynastique entre les deux branches de la maison djotchide. Les Batuides de la Horde blanche gouvernent essentiellement depuis le bassin de la Volga[3],[4].

Histoire

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Fondation

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Avant son décès, Djötchi souhaite proposer à sa succession Batu, cependant celui-ci n'est pas l'aîné et ne peut bénéficier de cela sans l'approbation par un qurultay. À la suite de l'invasion mongole de la Rus' de Kiev, le territoire soumis à l'Empire mongol est vaste et la question de son commandement aux mains des descendants djotchides est soumise[5]. Lors du décès de Batu en 1225, la question est relancée afin de déterminer qui peut succéder à la tête de la maison dynastique et du vaste oulou. Gengis Khan favorise le respect de la tradition en prévoyant une division de la gestion des Hordes uniquement entre les fils issus d'une mère qonggirad, sans tenir compte du principe de séniorité[6].

Selon le yassa, le commandement des différentes hordes est attribué d'une part à Batu pour l'aile droite, et à Orda pour l'aile gauche[5]. Les troupes se divisent également entre les deux territoires, tout comme les objectifs politiques généraux. La Horde blanche de Batu favorise une certaine autonomie politique et militaire vis à vis de l'Empire mongol tandis que la Horde bleue d'Orda reste fidèle au cœur de l'Empire[6]. Batu est alors reconnu comme le véritable chef de la maison Jochide, ayant une légitimité sur l'ensemble des territoires au-delà de la rivière Irtych, incluant la Horde bleue de son frère et la Horde blanche. Étant situé sur la partie occidentale du territoire, entre la mer Noire et la mer Caspienne, cela lui permet de mener une politique expansionniste[6]. Tcheïban, un autre frère de Batu, reçoit les territoires du Sud et du Sud-Est de l’Oural méridional[7].

La dualité de gouvernance entre Batu et Orda permet de former une organisation politique hybride dans laquelle la Horde bleue d'Orda représente les lois mongoles et les institutions des steppes telles que le kheshig et le qurultay; tandis que la Horde blanche de Batu concentre les opérations expansionnistes ainsi que la transmission d'innovations vers l'intérieur du territoire. Ces deux hordes créent deux branches dynastiques distinctes éligibles à la succession au trône Jochide de la future Grande Horde, que les russes nommeront Horde d'or[3]. Si d'autres hordes djochides apparaissent, la délimitation entre les Hordes bleues et blanches se maintiennent durant un siècle, fortifiant la mobilité des populations, des échanges et des armées[8].

Lignée dorée

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Entre 1225 et 1243, la faction dynastique de la Horde blanche s'affirme sous le règne de Batu comme dirigeant l'ensemble de la lignée dorée, celle de Djotchi. Les successeurs de Batu sont dès lors Khans de la Horde d'Or, et la Horde blanche constitue une délimitation territoriale de l'administration par les deux factions [9]. La tendance à l'indépendance vis-à-vis de l'Empire mongol se renforce particulièrement sous Mengü Temür[9].

La Horde blanche constituant le coeur de la gouvernance djotchide de l'ensemble de la Horde d'Or, elle y est généralement assimilée[10]. Au XIVe siècle, après une période de désunion entre les deux Hordes, celles-ci perdent en influence suite au décès provoqué par la peste noire d'une majeure partie des membres de la maison dynastique. Les deux Hordes sont réunies de force par Tokhtamych qui devient khan de la Horde d'Or, faisant s'effacer davantage la notion de Horde blanche[11].

  1. Orda (1226 ou 227 à environ 1251) ;
  2. Khounguiran (~1251-1280) ;
  3. Khüinchi (1280-1302) ;
  4. Bayan Khan (1302-1310) ;
  5. Satiboukha (1310-1320) ;
  6. kalak(1320-1328/1330)
  7. Ilbassan (1330-1344) ;
  8. Tchymtaï Khan (en) (1344-1361) ;
  9. Qara Noghaï (1361-1364) ;
  10. Toughlouq Temür (dates inconnues) ;
  11. Qoutlouq Hodja (dates inconnues) ;
  12. Moubarak Hodja (1366-1369) ;
  13. Ourous Khan (1369-1377) ;
  14. Toktakia (en) (1377)
  15. Temür-Malik (en) (1377-1378)
  16. Tokhtamych (1376-1391) ; avant qu'il ne réunifie la Horde d'or, Arabchakh Khan (ru) (règne 1377-1380) y régnait ;
  17. Koïritchak (en) (1391-1420) ;
  18. Barak Khan (en) (1420-1456).

Annexes

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Notes et références

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  1. (en) Christopher Pratt Atwood, Encyclopedia of Mongolia and the Mongol Empire, Facts On File, (ISBN 978-0-8160-4671-3, lire en ligne), p. 41-42, 53
  2. (en) Timothy May, « White Horde Khanate », The Encyclopedia of Empire, (DOI 10.1002/9781118455074.wbeoe367)
  3. 1 2 Favereau 2021, p. 97.
  4. (en) Timothy May, The Mongol Empire: A Historical Encyclopedia [2 volumes]: A Historical Encyclopedia, ABC-CLIO, (ISBN 978-1-61069-340-0, lire en ligne), p. 116-118
  5. 1 2 Favereau 2021, p. 95.
  6. 1 2 3 Favereau 2021, p. 96.
  7. René Grousset et René Grousset, L’empire des steppes, Attila, Gengis-Khan, Tamerlan, Payot, (lire en ligne)
  8. Favereau 2021, p. 107.
  9. 1 2 Favereau 2021, p. 170.
  10. Favereau 2021, p. 18.
  11. Favereau 2021, p. 298.

Bibliographie

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Liens externes

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