Hugo Duminil-Copin

mathématicien français

Hugo Duminil-Copin, né le à Châtenay-Malabry, est un mathématicien français.

Hugo Duminil-Copin
Hugo Duminil-Copin à Oberwolfach en 2014.
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Distinctions

Il est professeur à la faculté des sciences de l'université de Genève et professeur permanent à l'Institut des hautes études scientifiques (Bures-sur-Yvette).

La médaille Fields lui est attribuée en 2022.

Biographie

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Origines

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Né à Châtenay-Malabry, Hugo Duminil-Copin grandit à Bures-sur-Yvette (Essonne) dans une famille d'enseignants : son père, professeur de sport, est proviseur adjoint, sa mère, danseuse, est institutrice[1],[2].

Études

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Après l'obtention de son baccalauréat, il effectue deux années de classes préparatoires scientifiques au lycée Louis-le-Grand, à Paris, intègre l'École normale supérieure de la rue d'Ulm et étudie également à l'université Paris-XI[2].

En 2008[3], il rejoint le professeur Stanislav Smirnov à l'université de Genève, lequel devient son directeur de thèse doctorale[4] : il y démontre notamment que la constante de connectivité du réseau hexagonal vaut [5]. Il effectue également ses recherches postdoctorales à ses côtés.

Enseignement

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Il est ensuite nommé professeur assistant puis professeur ordinaire à l'université de Genève.

À compter de 2016, il est également professeur permanent à l'Institut des hautes études scientifiques de Bures-sur-Yvette, au sein du campus de Paris-Saclay.

Décoration

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Travaux

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Hugo Duminil-Copin se consacre à l'étude des courbes formées par la frontière entre deux phases d'un même système, des phénomènes qui sont aléatoires. En particulier, il aborde la question des « marches aléatoires auto-évitantes », des cheminements aléatoires ne se recoupant pas sur un maillage[7].

Il reçoit en 2022 la médaille Fields pour ses travaux sur des modèles de particules en interaction[8] et principalement ses travaux sur des phénomènes aléatoires en dimensions 3 et 4, notamment sur le modèle d'Ising dans la perspective de construire une théorie des champs quantiques applicable aux particules[7].

Avec Michael Aizenman, il montre « qu'en partant de toute une famille de modèles d'Ising en dimension 4, on pouvait construire uniquement des théories des champs dites “triviales”, c'est-à-dire qui décrivent des particules sans interaction[7] », « Il va donc falloir que les physiciens aillent chercher des modèles plus complexes », estime-t-il[7].

Ses travaux sur les transitions de phase ne sont cependant qu'une forme d'application de ses recherches principales, qui portent sur les modèles de percolation, exploitant la théorie des graphes[2].

Position sur l'IA et les mathématiques

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Hugo Duminil‑Copin se présente comme un chercheur qui n'utilise pas l'IA dans son processus créatif, mais qui n'est pas anti-IA[9].

Il cite a plusieurs reprises un évènement qui lui a fait prendre conscience à lui et à ses proches collègues, au printemps 2025, du fait que l'IA atteignait un stade nouveau : l'un de ses collègues, qui promptait ChatGPT Pro pour la première fois lui a demandé de résoudre une conjecture mathématique sur laquelle il travaillait (et sur laquelle Duminil-Copin avait lui-même travaillé 10 ans plus tôt), relative à la théorie de la percolation :

« et ChatGPT lui a sorti une preuve, d'une page, absolument magnifique, dont on ne peut pas dire que simplement, il était allé chercher le bon argument dans un papier qu'on ne connaissait pas […] et là, on s'est dit c'est fini ; c'est l'histoire de semaines, de mois… et la suite nous a donné raison […][10]. »

En 2026, il exprime une position plus critique non pas sur l'IA en tant que telle, mais sur l'usage qui en est fait en recherche mathématique, à mesure que les modèles dits frontière démontrent leur capacité à résoudre de manière autonome des problèmes ouverts. Dans un texte publié en août, il prend acte que les progrès récents de l'IA sont « spectaculaires », et que ces systèmes disposent dans son domaine de recherche mathématique et dans des domaines voisins d'« une connaissance encyclopédique », surpassant les capacités humaines sur de nombreux aspects techniques (« Je ne m'aventurerai pas ici à prédire ce que l'IA peut accomplir à l'avenir, mais je peux déjà dire sans aucun doute, que les modèles frontière sont bien meilleurs que je ne le suis dans de nombreuses tâches mathématiques[9] »). Il estime cependant que le torrent de preuves de nouvelles résolutions de défis mathématiques par les IA avancées, loin d'émanciper la communauté des mathématiciens, risquent de la « pétrifier », en « décapitant des champs entiers avant qu'ils n'aient eu le temps de se développer pleinement[9] ».

Il cite comme jalon, pour la communauté des mathématiciens, l'épisode du printemps 2026, où un modèle interne d'OpenAI a résolu le problème de percolation pc < 1, qui marque pour lui un tournant. Il juge alors probable que la conjecture centrale du domaine, θ(pc) = 0, sera bientôt démontrée par une IA, peut‑être même par « un utilisateur occasionnel sans expertise mathématique »[9]. Cette inquiétude s'est pour lui renforcée après les annonces ultérieures d'OpenAI dont les agents, avec le modèle Astra, ont produit des démonstrations automatisées dans des domaines variés, de physique mathématique et de structures combinatoires notamment, confirmant que les systèmes peuvent désormais atteindre des résultats avant les chercheurs humains[9].

Pour Duminil‑Copin, la valeur d'une conjecture ne réside pas seulement dans sa résolution, mais dans le rôle qu'elle joue comme « phare dans la nuit », guidant les trajectoires intellectuelles des chercheurs, les collaborations et l'émergence d'outils conceptuels nouveaux[9]. Il défend l'idée que les tentatives, les erreurs et les échecs, ainsi que les détours et les intuitions humaines sont une part majeure de la culture mathématique, et que, comme l'a dit Peter Scholze dans le contexte de la déclaration de Leiden (sur l'intelligence artificielle et les mathématiques), « les idées mathématiques, comme les enfants, doivent être nourries et grandir au fil des années »[9].

Il met en garde contre les visions trop utilitaristes des maths où les conjectures deviennent des « benchmarks » pour évaluer les modèles, au détriment de la transmission, de la formation et de la maturation lente des intuitions.

Il conclut en affirmant qu'il a choisi, dans sa propre pratique, de ne pas déléguer sa créativité aux systèmes d'IA, afin de préserver ce qu'il considère comme l'essence même de l'activité mathématique : produire de la compréhension, et non seulement des résultats[9]. Il s'interroge aussi sur le devenir et les motivations des étudiants/doctorants :

« Que sommes-nous censés dire aux jeunes doctorants qui entrent dans un domaine ? Sur quels problèmes devraient-ils travailler ? Comment peuvent-ils construire des capacités mathématiques alors que les problèmes les plus accessibles peuvent tomber à tout moment sous les coups de bélier d'utilisateurs compulsifs de modèles d'IA ? Quel Saint Graal devrait-ils poursuivre pour les prochaines années si les preuves de conjectures majeures pourraient soudainement apparaître, d'un jour à l'autre, sur un réseau social[9] ? »

Distinctions

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Publications

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Ouvrages

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Articles (sélection)

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Notes et références

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  1. ↑ « Rencontre avec Hugo Duminil-Copin, Lauréat 2022 de la Médaille Fields » (consulté le ).
  2. 1 2 3 Hugo Duminil-Copin, « Ma présence à l'IHES a clairement contribué à ma médaille Fields », sur education.newstank.fr/tour, (consulté le ).
  3. ↑ « Page personnelle de Hugo Duminil-Copin », sur ihes.fr (consulté le ).
  4. ↑ « Fiche de Hugo Duminil-Copin », sur Images des mathématiques.
  5. ↑ Hugo Duminil-Copin et Stanislav Smirnov, « The connective constant of the honeycomb lattice equals square-root[2 + square-root(2)] », Archives de l'université Cornell (Mathematical Physics),‎ (lire en ligne, consulté le ).
  6. ↑ PRER2216140D.
  7. 1 2 3 4 « Médaille Fields 2022 : Hugo Duminil-Copin, les frontières du hasard », sur Sciences et Avenir, (consulté le ).
  8. 1 2 « La médaille Fields pour Hugo Duminil-Copin, mathématicien probabiliste de 36 ans et "percolateur" universel », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  9. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (en-US) « Care for a little more AI? », sur Proofs and Prompts, (consulté le ).
  10. ↑ [vidéo] « "Un grave défaut d'alignement de l'IA en mathématiques, 28 jours plus tard", par Hugo Duminil-Copin (positionner le curseur sur 3:32 sur la barre de défilement) », , 32:2 min (consulté le ).
  11. 1 2 « Rapport annuel 2016 - Institut des hautes études scientifiques » [PDF], sur ihes.fr, (consulté le ) : « Hugo Duminil-Copin est l'un des dix lauréats 2016 du prix de la Société mathématique européenne […] En décembre 2016, il a également été l'un des quatre lauréats du prix New Horizons in Mathematics », p. 10.
  12. ↑ « Rencontre avec Hugo Duminil-Copin », sur rts.ch, .

Voir aussi

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Entretiens, vidéos

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Liens externes

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