Hugues de Crusy, également nommé de Cruisy, de Cuisy, de Cruzy[N. 1], est né en Bourgogne[1] à une date inconnue. Chevalier, il exerce d’abord la fonction de bailli d’Auxerre et de Tonnerre en Bourgogne, puis devient, en novembre 1324, bailli d’Orléans[1],[2]. Une source le mentionne également comme enquêteur-réformateur du roi de France Charles IV le Bel[3]. Il est ensuite nommé prévôt de Paris, fonction qu’il occupe de 1325 à 1330[4],[5]. Au plus tard en 1331, il accède à la présidence du Parlement où il rend des arrêts[6],[7]p. 108.

Hugues de Crusy
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Biographie
Naissance
Bourgogne
Décès
Époque
Nationalité
Française
Activité

En 1336, il est accusé de s’être laissé corrompre dans de nombreux jugements, en raison de multiples présents qu’il aurait acceptés dans l’exercice de la justice[2],[1]. Les sources mentionnent également qu’il est « accusé de beaucoup d’autres crimes »[N. 2],[2], tant pour des faits commis durant sa prévôté que lors de son activité au Parlement. Ces accusations sont retenues contre lui. Reconnu coupable des faits, il est condamné à la pendaison[8] p.30,[7] p. 167.

Selon l’usage en vigueur à cette époque, les condamnés ou leur corps s’ils ont déjà été exécutés avant la pendaison — sont menés à travers les rues de Paris, dans une parade d'infamie, afin d’être exposés à l’humiliation publique devant la foule et « tous subissaient le cérémonial de cette lugubre promenade. »[8] p. 20.

Gibet de Montfaucon
Détail d'une enluminure de Jean Fouquet, extraite d'un manuscrit des Grandes Chroniques de France, vers 1460.

Les sources ne mentionnent pas explicitement cette parade, mais l’une d’entre elles précise qu’il est mené « avec une grande compagnie de gens de Paris à pied et à cheval »[7] p. 167.

Par ordre du roi, le 21 juillet 1336, Hugues de Crusy est pendu au gibet de Montfaucon [N. 3],[2],[8] p. 30. Il est pendu « au plus haut du gibet, vêtu d’une robe de pers et avec ses chausses et ses souliers »[7] p. 167.


Notes et références

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  1. Son prénom est écrit de multiples façons dans les sources : Hughes, Hugue, Hugues, Huguez.
  2. Version française du texte du latin : « accusatus etiam multis aliis criminibus ».
  3. Citation: « le vingt et unième jour de juillet, à la veille de sainte Marie-Madeleine, et c’était un dimanche, Hugues de Crusy… est pendu à Paris au gibet commun. Version française du texte du latin : « vigesima prima die julii, in vigilia sanclae Mariae Magdalenae, et erat dies, Hugo de Cuisiaco… Parisius communi patribulo suspenditur. »

Références

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  1. 1 2 3 Les Grandes Chroniques de France, vol. 9, Paris, Honoré Champion, libraire de la Société de l’histoire de France, , 392 p., fac-similé DjVu (lire en ligne), p. 155-156
  2. 1 2 3 4 Guillaume de Nangis, Chronique latine de Guillaume de Nangis, de 1113 à 1300, avec les continuations de cette chronique, de 1300 à 1368, vol. 2, Paris, Jules Renouard et Cie, , 458 p., p. 154
  3. « Index des noms de personnes », dans L’enquête au Moyen Âge, Rome, École française de Rome, coll. « Publications de l’École française de Rome » (no 399), , 467-485 p. (lire en ligne), p. 475
  4. Henri Gourdon de Genouillac, Paris à travers les siècles : Histoire nationale de Paris et des Parisiens depuis la fondation de Lutèce jusqu’à nos jours, vol. 1, Paris, F. Roy, , 1221 p. (lire en ligne), p. 288
  5. Charles Desmaze, Le Châtelet de Paris, son organisation, ses privilèges, Paris, Librairie académique Didier et Cie, , 440 p. (lire en ligne), p. 436
  6. Claude Gauvard, De grace especial : Crime, État et société en France à la fin du Moyen Âge, Paris, Éditions de la Sorbonne, coll. « Histoire ancienne et médiévale, no 24 », , [LXXXV]-1025 (lire en ligne), p. 115
  7. 1 2 3 4 Chronique parisienne anonyme de 1316 à 1339, précédée d’additions à la Chronique française dite de Guillaume de Nangis (1206-1316), t. 11, Paris, A. Hellot, , 427 p. (lire en ligne)
  8. 1 2 3 Firmin Maillard, Le gibet de Montfaucon (étude sur le vieux Paris) : Gibets — Échelles — Piloris — Marques de haute justice. Droit d’asile — Les fourches patibulaires de Montfaucon — Documents historiques. Description — La légende des suppliciés. Scènes de la dernière heure, Paris, Auguste Aubry, , 106 p. (lire en ligne)

Voir aussi

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Bibliographie

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  • DESMAZE, Charles. Le Châtelet de Paris, son organisation, ses privilèges : Prévots – Conseillers – Chevaliers du Guet – Notaires – Procureurs – Commissaires – Huissiers – Registres – Prisons et supplices – Bazoche – Tribunal de la Seine (1060-1862) . 2e éd. Paris : Librairie académique Didier et Cie, 1870, 440 p.
  • ÉCOLE FRANÇAISE DE ROME. Index des noms de personnes. In : L’enquête au Moyen Âge. Rome : École française de Rome, 2008, p. 467-485.
  • GAUVARD, Claude. De grace especial : Crime, État et société en France à la fin du Moyen Âge. Paris : Éditions de la Sorbonne, 1991. (Histoire ancienne et médiévale, no 24). LXXXV-1025 p. ISBN numérique 979-10-351-0239-5. DOI : 10.4000/books.psorbonne.35658. Consulté le 22 février 2026.
  • GÉRAUD, HERCULE, éditeur. Chronique latine de Guillaume de Nangis, de 1113 à 1300, avec les continuations de cette chronique, de 1300 à 1368. Tome II. Édition revue sur les manuscrits, annotée et publiée pour la Société de l’histoire de France par H. Géraud. Paris : Jules Renouard et Cie, 1843. 458 p, p. 153
  • GOURDON DE GENOUILLAC, Henri. Paris à travers les siècles : histoire nationale de Paris et des Parisiens depuis la fondation de Lutèce jusqu’à nos jours. Vol. 1. Paris : F. Roy, 1890. 1221 p., p. 300
  • HELLOT, A. (éd.). Chronique parisienne anonyme de 1316 à 1339, précédée d’additions à la Chronique française dite de Guillaume de Nangis (1206-1316). Paris : Mémoires de la Société de l'histoire de Paris et de l'Île-de-France, t. 11, 1884, 427 p.
  • MAILLARD, Firmin. Le gibet de Montfaucon : étude sur le vieux Paris. Paris : Auguste Aubry, 1863. 106 p.
  • VIARD, Jules (dir.). Les Grandes Chroniques de France. T. 9. Paris : Honoré Champion, libraire de la Société de l’histoire de France, 1934, 392 p. pp. 155-156