Orgue hydraulique
L’orgue hydraulique, ou hydraule (Grec : ὕδραυλις), est un instrument à vent, datant de l'antiquité, qui produit les sons à l’aide d’ensembles de tuyaux sonores accordés suivant une gamme définie et alimentés par une soufflerie. Il se distingue de l'orgue par l'emploi de pompes à piston pour comprimer l'air, et d'eau pour en réguler la pression[1],[2]. Une variante de l'orgue hydraulique originel consiste à produire l'air comprimé au moyen d'une trompe hydraulique[3].


L'hydraule
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L’hydraule est le premier type d’orgue à vent dans lequel l'air comprimé alimentant l’orgue est fourni par des pistons coulissants dans un cylindre. On considère que son inventeur est l’ingénieur du IIIe siècle av. J.-C. Ctésibios d'Alexandrie[4].
L’hydraule est aussi le premier instrument à clavier, il est donc à l’origine de nos orgues d’église. Il est muni d’un clavier actionné à la main comme nous l’indique le poème de Claudien[5] :
Et qui magna levi detrudens murmura tactu
Innumeras voces segetis moderatus ahenæ,
Intonet erranti digito, penitusque trabali
Vecte laborantes, in carmina concitet undas.
De consulatu Fl. Mallii Theodori panegyris (vers 320-322).
« Qu'un autre enfantant, par une légère pression, des sons au loin retentissant, modère les mille voix de mille tuyaux d'airain, les fasse tonner sous ses doigts errants, et d'une onde profondément agitée par le jeu du levier, tire d'harmonieuses modulations. » (Panégyrique sur le consulat de Flavius Mallius Theodorus, vers 320-322).
Mécanisme
modifierL'air comprimé est produit par 2 compresseurs à pistons, alors appelés pompes, et est stocké dans un réservoir initialement rempli d'eau avant d'être utilisé dans les tuyaux via le sommier[4].
Histoire
modifierOn trouve des descriptions de l'orgue hydraulique de Ctésibios d'Alexandrie chez Philon de Byzance et Héron d'Alexandrie[6].
Les caractéristiques de ce type d'orgue nous sont parvenues par des mosaïques, peintures et divers écrits. En 1931 les restes d'un orgue ainsi qu'une description datant de 228 apr. J.-C. ont été découverts en Hongrie. Les éléments de cuir et de bois de l'orgue avaient disparu, mais différents éléments en métal ont permis de construire une réplique de l'orgue qui se trouve actuellement au Musée d'Aquincum de Budapest.
Selon les musicologues, ces orgues imitaient le son des oiseaux ou les sons émis par les colosses de Memnon.[réf. nécessaire]
Après les Grecs, l'orgue hydraulique a rapidement été adopté par les Romains et les Byzantins.
Différentes inventions byzantines et arabes[Lesquelles ?] ont permis la construction de l'arbre musical du palais d'Al-Muqtadir (Abbasside), en 908 apr. J.-C.
À la fin du XIIIe siècle, la technique de l'automate hydraulique arrive en Italie et en Europe de l'ouest. À la Renaissance l'orgue hydraulique automatique fait son apparition. Le plus célèbre d'entre eux est construit au XVIe siècle dans les jardins de la Villa d'Este par Luc de Clerc et Claude Venard.
L'hydraule de Dion
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En 1992 les restes d'un hydraule du Ier siècle sont trouvés à Dion, une ancienne cité macédonienne près du mont Olympe en Grèce, lors de fouilles effectuées par Dimitrios Pandermalis (en).
L’instrument se compose de 24 tuyaux ouverts de hauteurs différentes avec une base de tuyau conique. Les 19 premiers tuyaux présentent une hauteur de 89 à 22 cm. Leur diamètre intérieur diminue progressivement de 2 à 1,5 cm. Ces 19 tuyaux correspondent au « système parfait » de la musique grecque antique, qui se compose d'une échelle chromatique et diatonique. Les tuyaux no 20 à 24 sont plus petits et presque égaux en hauteur. Ils semblent former une extension de la gamme diatonique.
L'extrémité conique des tubes est insérée dans une plaque de métal. Juste avant la partie de rétrécissement de tous les tuyaux, une ouverture est pratiquée pour produire la turbulence de l'air sous pression et générer le son du tuyau. Les tuyaux sont constitués de deux plaques métalliques. Celle dirigée vers l'extérieur comporte des motifs décoratifs.
L'instrument a deux rangées de touches. La partie inférieure de l'orgue, avec le système d’alimentation en air, a disparu. En 1995 un projet de reconstruction commence. En 1999, une réplique de l’instrument est faite sur la base des constatations archéologiques et sur les descriptions antiques. Les restes de l’instrument sont visibles au musée de Dion.
Voir aussi
modifierRéférences
modifier- ↑ « Définition Hydraule », sur Universalis
- ↑ Philippe Fleury, « L'orgue hydraulique antique », CERLAM - centre de recherche sur l'antiquité et les mythes, (HAL hal-01718785, lire en ligne
) - ↑ Marc Mauduit, « Le système hydraulique gravitaire de la Villa d’Este : ingénierie et patrimoine technique », L'eau, l'industrie, les nuisances, no 483, (lire en ligne)
- 1 2 « Orgue hydraulique », sur Université Caen Normandie (consulté le )
- ↑ Œuvres complètes de Claudien, tome 1 par Alph. Trognon, pp. 284-285, éd. Charles Louis Fleury Panckoucke, 1830.
- ↑ Rochas 1882, p. 195.
Bibliographie
modifier- Norbert Dufourcq, L'orgue, Paris, PUF, , 127 p. (ISBN 2-13-037578-2), page 28.
- Albert de Rochas d'Aiglun, La science des philosophes et l'art des thaumaturges dans l'antiquité, Paris, Masson, , 292 p. (lire en ligne).

Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Musée Kotsanas, l'hydraule de Ctésibios, vidéo d'une reconstitution.
- (de + en) Musica Romana - Ensemble for ancient music.
- (en) Hydraulis : The Ancient Hydraulis and its Reconstruction.
- (en) Hydraulus.
- Hydraulus, Dictionnaire des Antiquités romaines et grecques, Anthony Rich (3e éd. 1883).