I… comme Icare

film d'Henri Verneuil, sorti en 1979
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I… comme Icare est un film français réalisé par Henri Verneuil, sorti en .

I… comme Icare
Réalisation Henri Verneuil
Scénario Henri Verneuil
Didier Decoin
Musique Ennio Morricone
Acteurs principaux Yves Montand
Michel Etcheverry
Roger Planchon
Jacques Sereys
Pierre Vernier
Sociétés de production Antenne 2
V Films
Pays de production Drapeau de la France France
Genre Thriller
Durée 122 minutes
Sortie

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

La particularité du film réside dans le fait que l'histoire se déroule dans un pays occidental fictif et s'inspire fortement de l'assassinat de John Kennedy.

Synopsis

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Marc Jary est le président en exercice d'un pays occidental fictif. Il vient d'être triomphalement réélu. Il doit se rendre au bâtiment des Congrès de la capitale afin d'y prêter serment pour entamer son second mandat.

Le temps est splendide. Il est décidé pour le trajet de permettre une parade en véhicule décapotable avec le Président seul à bord. Le peuple est en liesse et s'amasse en grand nombre sur le parcours. Un groupe exalté de partisans fait soudain barrage devant la voiture. Marc Jary a remarqué la présence toute proche des caméras de la télévision nationale et il apprécie ce bain de foule à sa gloire. La berline noire reste immobile sur son ordre.

Un homme blond qui est au sommet d'une tour de bureau observe le cortège devant lui. Il est porteur d'un fusil à lunette trouvé et déballé dans les lieux. Le positionnement de la décapotable au loin donne à l'individu une ligne de mire idéale, plongeante et sans obstacles. Il actionne la détente trois fois. L'arme ne fonctionne pourtant pas. Le blond très surpris se prend la tête entre ses mains.

Le président toujours debout dans sa décapotable se retrouve soudainement abattu par quelqu'un devant le public ébahi. Trois coups de feu tirés en rafale lui ont fauché la vie. C'est vite la panique générale et la foule crie et court en tous sens.

Un témoin signale expressément à un policier qu'il a vu un homme armé au sommet du bâtiment de bureau. De nombreux agents débarquent en nombre au rez-de-chaussée. L'homme blond a entre-temps été assassiné dans une cabine d'ascenseur alors qu'il cherchait à s'enfuir par là. Il est découvert par les policiers alors que l'appareil arrive directement du dernier étage. l'individu est mort d'une balle dans la tête. Une arme de poing encore fumante est près de son corps, jetée par son assassin.

Une commission d'enquête travaille pendant un an pour élucider les circonstances de l'attentat. Elle est dirigée par le président de la Haute Cour de justice, Frédéric Heiniger. Le rapport final de cette commission est sans appel. Il est conclu que le président Jary a été assassiné par Karl-Éric Daslow, vingt ans, l'homme retrouvé dans la cabine. D'après le rapport, il s'agissait d'un névropathe qui avait prémédité son acte en solitaire et se suicida pour éviter de se faire attraper vivant.

Le procureur Henri Volney est membre de la Commission et il refuse net de signer ce document. Le soir même, il est invité à s'expliquer dans une émission diffusée en direct à la télévision. Il fait face aux quatre autres membres de la commission, aux journalistes et au public. Volney parvient, par un coup de bluff[1], à faire avouer ceci à Heiniger : le nouveau Président lui a expressément enjoint de conclure à un attentat sans conspiration. Henri Volney émet également des doutes sur toutes les autres conclusions du rapport. Le Procureur reçoit ensuite les pleins pouvoirs judiciaires pour recommencer l'enquête conformément à la charte de la commission.

Le procureur reprend le fil de l'histoire avec l'aide de ses quatre collaborateurs.

Un appel national est lancé pour récupérer des films amateurs pris au jour et au lieu de l'assassinat - le décès du Président ne fut pas filmé par les caméras nationales car les prises électriques qui traînaient au sol furent débranchées par le piétinement de la foule qui s'était approchée du véhicule. Rien ne fut donc capté de cet endroit - Robert Sanio est un vidéaste amateur qui sait que sa vidéo est si intéressante qu'il en profite pour la vendre une fortune. C'est une copie de l'originale qu'il a vendue dès après l'attentat à une société qui ne l'a jamais diffusée. Par le hasard des choses, cet homme se trouvait avec une dizaine de personnes sur le rebord d'une esplanade qui surplombait la route du défilé d'une hauteur de trois ou quatre mètres. Le vidéaste filmait le cortège, toujours immobile, qui s’apprêtait à passer devant eux. Puisque l'immeuble utilisé par l'assassin était derrière ce petit groupe, le meurtre fut à la fois filmé proche des faits et de face. De nombreux détails ont été capturés par la caméra pendant la parade et après. En effet, le film continue quelques secondes après la fusillade, ce qui permet de remarquer quelque chose d'essentiel pour l'enquête : juste après les coups de feu, les témoins qui s'accroupissent sont plusieurs à tourner la tête et à pointer la main vers leur droite. La caméra suit leurs regards. On peut remarquer nettement au deuxième étage du bâtiment de bureau un homme de grande taille, raide et en vêtements de qualité. Il tient un puissant fusil. Cette découverte est capitale car la silhouette brune qu'ils pointent du doigt ne peut être Daslow qui n'avait pas cette allure ni ce visage.

Les bureaux du deuxième étage de l'immeuble sont restés vides depuis, les employés sont partis le lendemain même de l'attentat et leur entreprise est une société fantôme : tout pour corroborer une machination.

Volney interroge Nicky Farnèse, celui qui a affirmé avoir vu Daslow. Après vérification en s'aidant de photos diverses prises à cet endroit, il s'avère que Farnèse est un faux témoin pour deux raisons : il est myope et ne portait pas ses lunettes correctrices ; et son point de mire « officiel » était obstrué par un car-régie.

Le Procureur fait réaliser une reconstitution de l'assassinat. Un tireur d'élite reproduit plusieurs fois les tirs depuis le sommet de la tour vers une cible figurant la voiture du président. Les douilles se retrouvent largement éparpillées autour de lui. Une photo faisant foi, cela est inverse « à celles » de Daslow, « retrouvées » à moins d'un mètre de « l'arme alléguée » de l'assassinat. Cette discordance accrédite l'hypothèse d'une mise en scène. Auquel cas, Daslow en est à la fois acteur et victime.

À l'issue des recherches des collaborateurs, il est apprit que sur les neuf témoins de la balustrade (caméraman mis à part), sept se présentèrent spontanément pour déposer devant la commission Heiniger. Le procureur ne le savait même pas : ces témoins furent écartés systématiquement par les sous-commissions avant même de pouvoir lui parler officiellement. Ces témoins sont décédés sur un an de temps dans des circonstances plus que suspectes qui sont égrenées par les enquêteurs et longuement présentées : une pendaison, un empoisonnement, trois accidents de la route et deux victimes d'armes à feu. Un huitième, journaliste, fouillant ardemment cette affaire, a aussi été retrouvé assassiné par balle (prétendument victime d'une organisation armée qui pourtant clame haut et fort n'y avoir été pour rien). Le neuvième est quant à lui « l'inconnu de service ».

Le procureur lance un appel national télévisé pour retrouver le témoin survivant. Un numéro de téléphone accompagne sa photographie. L'inconnu dîne justement et voit l'appel en direct. Il se nomme Frank Bellony. Son épouse le convainc d'appeler le Procureur pour mettre les choses au clair. Il est fort réticent mais accepte. En apprenant le sort funeste de ses autres camarades, Bellony se retrouve contraint à interagir avec l'enquête. Emmené dans le local du Procureur, il va scruter le soir même une longue série de diapositives de suspects. Il n'identifie pas le tireur du deuxième étage, mais il reconnaît un autre homme qui était à quelques mètres de lui sur le trottoir en contrebas. Ce dernier est resté dans sa mémoire car juste avant les coups de feu, il a curieusement ouvert un parapluie alors qu'il faisait un temps splendide. L'homme qu'il met en cause est Carlos De Palma. Cet homme originaire du Honduras est un membre de la pègre déjà condamné. Il a été sorti de prison de façon anticipée pour des raisons franchement fantaisistes qui mettent en lumière qu'il bénéficie de protections haut placées. Prudent, le Procureur fait partir le témoin capital et sa famille dès le soir venu pour des vacances tous frais payés afin de leur éviter un décès précipité.

Du fait de cet appel télévisé, le vrai tireur prend conscience que son anonymat est en danger. Durant la même nuit, il prend contact avec le mafieux en question qui leur arrange un rendez-vous à trois heures du matin dans un restaurant de luxe. Le vrai tireur connaît sa valeur dans l'Organisation : il y a tout de même une dizaine de personnes à avoir été assassinées rien que pour lui éviter d'apparaître sous les feux de la rampe. Le vrai tireur est un bellâtre orgueilleux et fier. Étant certain d'être intouchable, il se permet de sous-entendre à son convive qu'il peut parler à la police s'il se fait retrouver (lui a bien réalisé son contrat alors que De Palma n'a pas réussi à mettre la main sur le dernier témoin de sa présence sur les lieux du crime). Il n'a pas le temps de fanfaronner davantage puisqu'une ombre passe derrière son dos pour l'assassiner sur place.

Une photographie versée au dossier d'instruction où Daslow brandit un fusil s'avère un photomontage, comme le prouve sa date alléguée de mars contradictoire avec la floraison d'hortensias d'été en arrière-plan ; il se trouve aussi une incohérence météorologique.

Daslow avait participé à une expérience sur la soumission à l'autorité un an avant l'attentat. Cette expérience comportementale (similaire à l'expérience de Milgram) avait démontré qu'il acceptait volontairement de « se soumettre aux ordres d'une autorité supérieure qu'[il] estime et qu'[il] respecte »[2].

Le cadavre du vrai tireur a depuis été retrouvé dans sa voiture immergée. Son identité est connue : Luigi Lacosta. Il avait déjà un passé criminel en Italie. dans un livre écrit par la veuve de Daslow, une photo atteste qu'il était ami du faux tireur.

Il est dorénavant compris des enquêteurs que le faux assassin Daslow, le faux témoin Farnèse et le vrai tireur Lacosta coordonnaient leurs actions respectives selon De Palma, l'homme au parapluie.

Ces quatre hommes sont tous liés avec le directeur des activités secrètes des services spéciaux, Richard Mallory car des mouvements bancaires indiquent qu'ils ont été payés par cet homme et c'est le fil qui les relie tous à lui.

Un collaborateur du procureur organise une fouille illégale et secrète de l'appartement de Mallory en l'absence de ce dernier. Les talents d'un cambrioleur professionnel sont mis à l'œuvre en échange pour lui d'une promesse de réduction de peine. Volney se trouve dans les environs et prend sur lui de discuter dans la rue avec Mallory pour retarder son retour à son domicile. Le cambriolage se réalise dans les temps et permet par un heureux hasard de trouver une cassette audio codée.

Le procureur, bourreau de travail, se rend seul dans son bureau situé dans une tour de bureaux. Il parvient à décoder la cassette en modifiant la vitesse de lecture. Cela lui prend une nuit d'efforts acharnés. L'enregistrement contient de nombreux éléments confidentiels dont « Zénith », qui décrit les détails d'une opération réussie il y a plusieurs années pour déstabiliser un pays étranger et assassiner son président, le tout géré sur le long terme par « Minos », un groupe de pouvoir occulte qui met au point les opérations[3].

À la fin de l'enregistrement, le groupe Minos donne des ordres de lancement d'une opération « I comme Icare » avec la date limite, celle du jour même, le avant minuit. Après avoir contacté en vain le chef des services secrets (qui a été limogé et remplacé par Mallory), Volney enregistre un message sur son dictaphone pour le président, l'avertissant de l'opération qui doit avoir lieu le jour même, sans savoir en quoi elle consiste ni ce qu'elle vise.

Épuisé, il téléphone finalement à l'aube à sa femme, écrivaine et philosophe, pour lui demander ce que le mythe d'Icare peut lui évoquer. Pendant qu'elle se renseigne en puisant dans son dernier livre, Volney se rend devant la grande fenêtre de son bureau. Il est calme et serein. Alors qu'il laisse son regard vagabonder, il est atteint d'une balle tirée depuis une fenêtre de l'immeuble d'en face. Pendant qu'il s'écroule au ralenti, sa femme lui répond sur Icare et elle conclut : « celui qui s'approche de la grande vérité finit par se brûler les ailes ».

Le film se termine sur un plan fixe du bureau. La caméra recule vers le seuil en longeant un petit couloir. L'ascenseur est en marche ; ses portes s'ouvrent lentement. Une ombre va en sortir, quelqu'un qui vient sans doute pour nettoyer toutes traces (détruire les preuves et dossiers du procureur).

Fiche technique

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Icône signalant une information Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données cinématographiques IMDb et Unifrance, présentes dans la section « Liens externes ».

Distribution

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(Hormis pour Yves Montand, distribution par ordre alphabétique conformément au générique du film)

Production

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Genèse

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Henri Verneuil a mis deux ans pour écrire le scénario du film avec Didier Decoin. Leur scénario reprend un thème exploré par Alan J. Pakula cinq ans avant dans À cause d'un assassinat[7], dans lequel les témoins de l'assassinat d'un sénateur américain sont tous tués les uns après les autres, par une société secrète qui recrute des assassins en les manipulant mentalement.

Choix des interprètes

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Le choix d'Henri Verneuil pour le rôle du procureur intègre s'est d'emblée porté sur Yves Montand.

Lieux de tournage

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Tour EDF de Cergy-Pontoise.

Thèmes du film

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Similitudes avec les États-Unis

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L'ensemble du film se déroule dans un pays fictif dont le nom n'est jamais cité. Il est cependant certain qu'il ne s'agit pas de l'Italie, car l'un des conjurés vient de ce pays et se fait qualifier par un enquêteur de « produit d'importation ».

Ce pays évoque fortement les États-Unis, notamment avec le drapeau du pays qui rappelle le drapeau des États-Unis, et la monnaie du pays, le dollar[8].

De même le final décrivant l'opération Zénith au Tibéria s'inspire des actions de déstabilisation menées par les États-Unis au Chili contre le président Allende, ayant facilité le coup d'État de et permis l'arrivée au pouvoir de la junte militaire dirigée par Pinochet.

On peut cependant constater dans certains plans, l'insistance sur l'aspect international du scénario par la multitude des langues présentes, par exemple sur les panneaux indicateurs, et par un décor très neutre, rendant l'action possible dans n'importe quel pays.

Assassinat de John F. Kennedy

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Le film est fortement inspiré de l'assassinat de John F. Kennedy en , bien que Henri Verneuil ait mis en garde contre l'amalgame entre son film et cette énigme historique[9]. Le nom du tueur désigné, Daslow, est l'anagramme du nom de l'assassin supposé de Kennedy, Lee Harvey Oswald[10]. Plusieurs autres éléments rappellent l'affaire Kennedy.

Ainsi on retrouve pour le Président assassiné Jary / Kennedy :

  • le 22 du mois (JFK assassiné un et Jary le ) ;
  • une vidéo directe de l'assassinat particulièrement précise et impactante ;
  • plusieurs coups de feu tirés, officiellement tous réalisés par une personne unique.
  • une voiture décapotée noire, une parade, un début d'après-midi, une multitude de témoins, le tout dans une ville de grande taille qui est soit une capitale (Jarry) soit une métropole (JFK).

Concernant Daslow / Oswald :

  • une éventuelle mise en scène de l'arme du crime lorsqu'elle est retrouvée avec ses douilles dans (pour Oswald) ou sur (pour Daslow) le bâtiment ;
  • la photo truquée de Daslow avec son fusil, qui rappelle celle bien connue d'Oswald (devant une maison, l'arme à la main et des fleurs écloses derrière la personne en question) ;
  • le mis en cause subit un assassinat des plus rapides, ce qui est évidemment fort opportun pour brouiller les pistes.

Sont aussi évoqués :

  • la participation possible des services secrets étatiques ;
  • l'utilisation d'une organisation criminelle comme intermédiaire ;
  • le rapport biaisé de la commission Heiniger, évoquant la Commission Warren ;
  • la représentation de Jim Garrison dans le personnage du procureur Volney ;
  • le film Zapruder, ici représenté par le film de Sanio, pris avec un angle de vue plongeant et un appareil identiques ;
  • le faux témoin Farnèse, analogue à Howard Brennan qui avait prétendu reconnaître Oswald en train de tirer[11] ;
  • l'homme au parapluie (Umbrella Man) : Carlos de Palma dans le film.

Volney faisant partie de la commission Heiniger, ses réticences rappellent aussi celles du sénateur Richard Russell, membre de la commission Warren qui n'acceptait pas la théorie de la balle unique[12].

Le président Jary reprend également une citation de Kennedy. En effet au tout début du film, la chaîne « International tv programs » rediffuse les images du président interrogé, au moment de sa réélection, sur sa politique pour les années à venir. Celui-ci y déclare :

« Voyez vous… Bernard Shaw disait : « Il y a des gens qui voient les choses comme elles sont et qui se demandent pourquoi, et puis… il y a des gens qui rêvent les choses comme elles n'ont jamais été et qui se demandent… pourquoi pas ? » J'essaierai d'appartenir à cette deuxième catégorie. »

Cette citation est effectivement adaptée d'une réplique du serpent à Ève, dans Au commencement, la première pièce du cycle En remontant à Mathusalem (en), écrite en par George Bernard Shaw :

« You see things; and you say “Why?” But I dream things that never were; and I say “Why not?”. »

 Acte I, § i

John F. Kennedy a utilisé cette citation dans un discours devant le Parlement d'Irlande à Dublin le (et son frère Robert F. Kennedy en a utilisé une version légèrement modifiée lors de l'élection présidentielle de )[13].

Critique des pouvoirs

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Ce film est une critique féroce des pouvoirs dans les sociétés modernes. Il présente plusieurs groupements occultes (le groupe Minos, la Mafia, les services secrets) dont les finalités, les rapports sont tangents, s'entrecroisent ou se servent les uns des autres. Des recherches scientifiques sur le comportement (expérience de Milgram) peuvent aussi être présentés comme occultes d'une certaine façon puisque les expériences réalisées se font avec des éléments qui sont occultés au sujet (celui-ci ne sachant pas, par exemple, qu'une action soi-disant douloureuse pour autrui ne l'est pas réellement).

L'histoire approche particulièrement la manière dont un pouvoir, quel que soit son nom, sa finalité ou sa logique peut amener un quidam à effectuer des actes létaux ou d'une grande cruauté, qu'importe alors la raison évoquée.

Expérience de Milgram

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Un passage du film recrée ainsi, à l'Université de Layé (anagramme de Yale), l'expérience de Milgram, qui fut conduite au début des années . Un psychologue américain, Stanley Milgram, montra que deux volontaires sur trois peuvent être amenés, pour une somme dérisoire, à infliger un voltage élevé, donc un choc électrique dangereux, voire mortel, à une personne qu'ils ne connaissent pas, qui ne leur a rien fait et dont la seule faute est de s'être trompé dans un test de mémoire. Le cadre sérieux de l'université et l'autorité présumée des organisateurs de l'expérience suffisaient à légitimer, aux yeux des volontaires, une telle barbarie. L'expérience était truquée et aucune décharge électrique n'était réellement infligée. Cela n'empêcha pas les volontaires de croire sincèrement qu'ils punissaient les simulateurs. Toutefois, les conditions expérimentales ayant donné plus de 63 % de sujets allant jusqu'au bout de l'expérience ne sont pas celles décrites dans le film (« Moniteur » et « Élève » dans des pièces séparées, pas de contact physique). Dans le cadre de sujets dans la même pièce, avec un contact physique entre « Moniteur » et « Élève » (comme dans le film), le taux d'obéissance n'était que de 30 %.

Le film permet en outre à Verneuil de mettre en scène ces expériences de Milgram qui l'ont fasciné et révulsé tout à la fois (il a d'ailleurs mis plusieurs années et plusieurs versions pour arriver au scénario final). Le film semble beaucoup reposer sur cette démonstration scientifique de la capacité humaine à se soumettre à l'autorité. Mais selon des psychologues, Verneuil n'a pas interprété correctement l'expérience, en voyant la soumission à l'autorité comme caractéristique d'une personnalité, là où il faudrait l'envisager en termes situationnels[14].

Sortie et accueil

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Réception critique

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Box-office

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Sorti quelques jours avant les fêtes de fin d'année de , I… comme Icare fait un démarrage relativement modeste avec plus de 237 000 entrées lors de sa première semaine à l'affiche en France, le hissant à la quatrième place du box-office à cette période[15], dont 112 045 entrées sur Paris, où le film, diffusé dans 29 salles, démarre en seconde place[16]. La semaine suivante, le film réalise un résultat supérieur à son démarrage avec 253 222 entrées, qui lui permet d'atteindre la troisième place du box-office, pour un total de 490 563 entrées[17].

Pour sa troisième semaine en salles, le long-métrage commence l'année en prenant brièvement la première place du box-office avec 233 210 entrées, pour un cumul de 723 773 entrées[18] et atteint le million d'entrées en cinquième semaine[19]. Le film fait sa dernière apparition dans le top 30 hebdomadaire la semaine du au avec 1 646 623 entrées cumulées depuis sa sortie[20]. En fin d'exploitation, I… comme Icare finit avec 1 829 220 entrées[21].

Distinctions

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Autour du film

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  • Le groupe de pression s'appelle « Minos ». Or dans le film Peur sur la ville, l'assassin s'appelle également « Minos ».
  • Lorsque le procureur Henry Volney examine le livre de Nicolas Rosenko sur Daslow, il est très facile de voir que chaque page du livre est identique. Par ailleurs le texte évoque un assassinat, les États-Unis et la Russie (peut-être pour évoquer un possible complot mondial).
  • Vers la fin du film, le procureur Volney lit des coupures de presse provenant du journal La Tribune, or dans son film suivant Mille milliards de dollars, le personnage principal joué par Patrick Dewaere est journaliste à La Tribune.

Notes et références

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  1. Il fait peur à son vis-à-vis en ouvrant une pochette d'où il extrait une feuille dont il ne montre rien et qu'il a gribouillée de dessins enfantins.
  2. Ce comportement est d'ailleurs le cas de la majorité des participants, jugés sur leur soumission à des ordres contraires au respect humain, à l'empathie.
  3. Cette opération consiste à provoquer des révoltes pour déstabiliser le Tibéria (pays fictif sud-américain ayant pour capitale Kawar), afin de discréditer puis d'éliminer son président, Bonavas. À l'aide d'archives de presse, Volney arrive à reconstituer le fil des opérations ayant conduit à l'impopularité puis à la mort de Bonavas dans l'explosion de son avion, et découvre que Minos avait pour objectif de placer Cisco, un dictateur militaire, à la tête du pays. Il s'aperçoit que Carlos de Palma était rentré à Kawar lors de l'élection de Cisco (devenu candidat unique), recoupant ainsi toutes les pistes.
  4. « Inscription n° 189.INS.12547 du 8 mai 1979 », sur rca.cnc.fr (consulté le ).
  5. Chiffres de l'inflation en France d'après l'INSEE. Coefficient de transformation de l'euro ou du franc d'une année, en euro ou en franc d'une autre année – Base 1998 et Base 2015. Dernière mise à jour à l'indice de 2025.
  6. « I... COMME ICARE : Visas et Classification », sur CNC (consulté le ).
  7. (en) Carlo Celli, National Identity in Global Cinema : How Movies Explain the World, New York, Palgrave Macmillan, coll. « Italian and Italian American Studies », , 180 p. (ISBN 978-0-230-10882-0, 978-1-137-37902-3, 978-1-349-29164-9 et 978-0-230-11717-4, DOI 10.1057/9780230117174), p. 52 [lire en ligne].
  8. Olivier Père, « I… comme Icare de Henri Verneuil », Arte, .
  9. Thierry Lentz, L'assassinat de John F. Kennedy : Histoire d'un mystère d'État, Paris, Nouveau Monde Éditions, coll. « Poche / Histoire », , 2e éd. (1re éd. 2010), 446 p. (ISBN 978-2-36583-845-0 et 978-2-36583-873-3), p. 103 [lire en ligne].
  10. Yannick Dehée, Mythologies politiques du cinéma français, -, Paris, Presses universitaires de France, coll. « La Politique éclatée », , 304 p. (ISBN 2-13-050033-1), p. 149.
  11. Lentz 2013, p. 232–234 [lire en ligne].
  12. (en) David R. Wrone (en), The Zapruder Film : Reframing JFK's Assassination, Lawrence (Kansas), University Press of Kansas, , X-368 p. (ISBN 0-7006-1291-2), p. 243–248 [lire en ligne].
  13. (en) Bibliothèque du Congrès (préf. James H. Billington), Respectfully Quoted : A Dictionary of Quotations, Mineola (New York), Dover Publications, , 520 p. (ISBN 978-0-486-47288-1), p. 93 [lire en ligne].
  14. Jacques-Philippe Leyens et Nathalie Scaillet (préf. Ewa Drozda-Senkowska), Sommes-nous tous des psychologues ?, Wavre, Mardaga, coll. « Psy / Individus, groupes, cultures » (no 8), , 225 p. (ISBN 978-2-8047-0101-7), p. 89–90 [lire en ligne].
  15. Fabrice Ferment, « BO France -  », sur Les Archives du Box Office, (consulté le ).
  16. Renaud Soyer, « Box office Paris du 19/12/1979 au 25/12/1979 », sur Box Office Story, (version du sur archive.org).
  17. Fabrice Ferment, « BO France -  », sur Les Archives du Box Office, (consulté le ).
  18. Fabrice Ferment, « BO France -  », sur Les Archives du Box Office, (consulté le ).
  19. Fabrice Ferment, « BO France -  », sur Les Archives du Box Office, (consulté le ).
  20. Fabrice Ferment, « BO France -  », sur Les Archives du Box Office, (consulté le ).
  21. « I comme Icare », sur JP Box-Office (consulté le ).
  22. « I comme Icare », sur academie-cinema.org, Académie des César (version du sur archive.org).

Voir aussi

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