Le iaai (parfois iai ou yai) est une langue océanienne parlée à Ouvéa (Nouvelle-Calédonie). L'une des 28 langues kanak, le iaai compte 3 821 locuteurs, selon le recensement de la population de 2014.

Iaai
hwen iaai
Pays Nouvelle-Calédonie
Région Ouvéa
Nombre de locuteurs 3 821 (2014)[1]
Classification par famille
Statut officiel
Régi par Académie des langues kanak
Codes de langue
IETF iai
ISO 639-3 iai
Étendue Langue individuelle
Type Langue vivante
Linguasphere 37-DAA-aa
WALS iaa
Glottolog iaai1238

Les spécialistes de cette langue sont †Françoise Ozanne-Rivierre (LACITO-CNRS) et Anne-Laure Dotte (Univ. de Nv-Calédonie).

Classification

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Le iaai appartient à la famille des langues austronésiennes, branche des langues océaniennes, sous-groupe océanien méridional, lui-même subdivisé en un ensemble « Nouvelle-Calédonie–Loyauté ». Au sein de cet ensemble, le iaai forme, avec les autres langues des Îles Loyauté (drehu, nengone, fagauvea), un groupe distinct des langues de la Grande Terre[2].

Répartition géographique

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Le iaai est parlé au centre d'Ouvéa, en particulier dans le district de Fajawe. Son usage s'étend aux communautés du nord-est de l'île (Gossanah, Öhnyât, Teuta, Weneki) ainsi qu'à des zones du sud comme Lekiny. Aux extrémités nord et sud de l'île, un bilinguisme iaai/fagauvea est courant, le fagauvea (variété wallisienne) y étant également parlé[3].

Vitalité et statut

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En 2004, le iaai comptait environ 2 464 locuteurs, ce qui en faisait alors la sixième langue kanak la plus parlée de Nouvelle-Calédonie[4].

Selon les critères de vitalité de l'UNESCO, il figure parmi les langues considérées comme en danger (niveau 2 à 3 sur l'échelle de l'Atlas des langues en danger dans le monde), la disparité entre locuteurs âgés et jeunes générations s'expliquant en partie par l'éloignement de ces dernières de leur environnement linguistique lors de la poursuite d'études secondaires ou supérieures hors d'Ouvéa[4]. Depuis l'accord de Nouméa de 1998, le iaai bénéficie d'un enseignement en écoles maternelles et dans les collèges[3].

Caractéristiques linguistiques

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Le iaai présente des proximités lexicales avec le drehu, langue parlée à Lifou. Toutefois, sa structure grammaticale se rapproche davantage de celle des langues du Vanuatu proche.[réf. nécessaire]

Phonologie

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Monophthongues du iaai sur un diagramme des voyelles, établi par Maddieson & Anderson (1994)

En comparaison d'autres langues océaniennes, le iaai se caractérise par une grande diversité phonologique, avec notamment 37 consonnes et 22 voyelles, dont 11 longues et 11 brèves[5].

Ce riche inventaire phonologique se reflète dans l'alphabet de la langue iaai, qui comporte 59 graphèmes, correspondant aux 59 phonèmes de la langue[5] :

{ a aa â ââ ä ää b bw c d dr dh e ee ë ëë ô ôô
f g ng hng h i ii j k l hl m hm mw hmw n hn ny hny
o oo ö öö p r s sh t tr th u uu û ûû v hv w hw y z x }

Tout comme les autres langues des îles Loyauté, et par contraste avec celles de la Grande Terre, le iaai se caractérise par l'absence de voyelles nasales.

Système d'écriture

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La première transcription écrite du iaai remonte à 1901, avec la traduction du Nouveau Testament Tusi Kap Wale Ûhihinyköu ehac ee Ûhihinyköu ae teb Ûnyi adre wia ka hny hwen iai, publiée par la British and Foreign Bible Society et aujourd'hui consultable sur Internet Archive[6]. L'orthographe a ensuite été normalisée par la linguiste Françoise Ozanne-Rivierre en collaboration avec le Centre territorial de recherche et de documentation pédagogique (CTRDP), donnant lieu à l'alphabet actuel de 59 graphèmes[3].

Morphologie

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Le iaai utilise productivement le redoublement. Par exemple xaü : "taper avec le plat de la main, gifler" ; xaüxaü : "tapoter pour endormir".

Notes et références

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  1. Nombre de locuteurs par langue vernaculaire en 2014, ISEE
  2. « Glottolog 5.3 - Iaai », sur glottolog.org (consulté le )
  3. 1 2 3 « Iaai | Académie des Langues Kanak (ALK) », sur www.alk.nc (consulté le )
  4. 1 2 « Le iaai », sur Sorosoro (consulté le )
  5. 1 2 « Iaai », sur Académie des langues kanak (ALK) (consulté le )
  6. British and Foreign Bible Society, Iaai Bible - Full Bible (1901) - Tusi Kap Wale Ûhihinyköu ehac ee Ûhihinyköu ae teb Ûnyi adre wia ka hny hwen iai., (lire en ligne)

Bibliographie

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  • Anne-Laure Dotte, 2013. Le iaai aujourd'hui: évolutions sociolinguistiques et linguistiques d'une langue kanak de Nouvelle-Calédonie (Ouvéa, Iles Loyauté). Thèse de doctorat. Université Lumière-Lyon2, Lyon, France. 528 pp.
  • Anne-Laure Dotte, « Dynamism and change in the possessive classifier system of Iaai », Oceanic Linguistics, vol. 56, no 2, , p. 339–363 (ISSN 1527-9421, DOI 10.1353/ol.2017.0017, lire en ligne, consulté le )
  • Jean-Christophe Éon, L'Évangile selon Jean, du texte grec au texte iaai, DEA de langue grecque sous la direction de M. François Trouillet, université de Poitiers, 1999.
  • Ian Maddieson, Victoria Anderson, "Phonetic Structures of Iaai" (PDF), UCLA Working Papers in Phonetics, Los Angeles, UCLA, 1994, 87 Fieldwork Studies of Targeted Languages II: 163–182
  • Daniel Miroux, Parlons iaai, Ouvéa, Nouvelle-Calédonie. Paris, L'Harmattan, 2011.
  • Françoise Ozanne-Rivierre, Le iaai : langue mélanésienne d'Ouvéa (Nouvelle-Calédonie). Phonologie, morphologie, esquisse syntaxique, Paris, Société d'études linguistiques et anthropologiques de France.
  • Françoise Ozanne-Rivierre 1984. Dictionnaire iaai, Paris, SELAF.
  • Françoise Ozanne-Rivierre, 2003 « L'aire coutumière iaai » dans Les Langues de France, B. Cerquiglini (ed.), Paris, PUF.
  • François Ozanne-Rivierre, 2004. « Spatial deixis in Iaai (Loyalty Islands) », dans G. Senft (éd.), Spatial deixis in Oceanic languages, Canberra, ANU.

Articles connexes

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Liens externes

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