Ibn Manzûr
Muhammad ibn Mukarram ibn Alī ibn Ahmad ibn Manzūr al-Ansārī al-Ifrīqī al-Misrī al-Khazrajī (arabe : محمد بن مكرم بن علي بن أحمد بن منظور الأنصاري الإفريقي المصري الخزرجي), également connu sous le nom d'Ibn Manẓūr (arabe : إبن منظور) (né le et mort approximativement en ), était un Arabe lexicographe de la langue arabe et l'auteur d'un grand dictionnaire, le Lisân al-'Arab[1].
إبن منظور
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nom dans la langue maternelle |
مُحمَّد بن مكرم بن علي بن منظور الأنصاري الرُويفعي الأفريقي |
| Surnoms |
ابن منظور, أبو الفضل, جمال الدين عبد العالي واعديدي |
| Activités |
Lexicographe, juriste, érudit, écrivain, linguiste, philologue, historien, katib, cadi, faqîh, moufassir |
| Religion |
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| Imam (d) |
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Lisân al-Arab, Mukhtaṣar Tārīkh Dimashq li-Ibn ʻAsākir (d) |
Biographie
modifierIbn Manzur est né en 1233 en Ifriqiya (l'actuelle Tunisie)[2]. Il était d'origine arabe, issu de la tribu des Banu Khazraj des Ansar, comme le suggère sa nisba al-Ansārī al-Ifrīqī al-Misrī al-Khazrajī. Ibn Hajar rapporte qu'il a été juge (qadi) à Tripoli et en Égypte, et qu'il a passé sa vie comme secrétaire au Diwan al-Insha', un bureau chargé entre autres de la correspondance, de l'archivage et de la copie[3]. Fück suppose pouvoir l'identifier avec Muḥammad b. Mukarram, qui était l'un des secrétaires de cette institution (les fameux Kuttāb al-Inshāʾ) sous le règne de Qalawun. Selon Brockelmann, Ibn Manzur a étudié la philologie. Il a consacré la majeure partie de sa vie à réaliser des extraits d'ouvrages de philologie historique. On dit qu'il a laissé près de 500 volumes de ce travail. Il est mort au tournant des années 1311/1312 au Le Caire.
Œuvres
modifierLisān al-ʿArab
modifierLe Lisân al-'Arab (لسان العرب, « La langue des Arabes ») a été achevé par Ibn Manzur en 1290. Occupant 20 volumes imprimés (dans l'édition la plus fréquemment citée), il est le dictionnaire de la langue arabe le plus célèbre[4], ainsi que l'un des plus complets. Ibn Manzur l'a compilé en grande partie à partir d'autres sources. Les sources les plus importantes étaient le Tahdhīb al-Lugha d'Azharī, Al-Muḥkam d'Ibn Sidah, Al-Nihāya de Ibn Athīr et le Ṣiḥāḥ de Jauhari, ainsi que les ḥawāshī (glosses) de ce dernier (Kitāb at-Tanbīh wa-l-Īḍāḥ) par Ibn Barrī[5]. Il suit le Ṣiḥāḥ dans l'organisation des racines : les mots ne sont pas classés par l'ordre alphabétique des radicaux comme cela se fait habituellement aujourd'hui dans l'étude des langues sémitiques, mais selon le dernier radical[6], ce qui facilite grandement la recherche des rimes de fin de mot. De plus, le Lisān al-Arab mentionne ses sources directes, mais rarement les sources de ces dernières, ce qui rend difficile le suivi de l'histoire linguistique de certains mots. Murtaḍá al-Zabīdī a corrigé cela dans son Tāj al-ʿArūs, qui s'appuie lui-même sur le Lisān. Selon Ignatius d'Ohsson, le Lisān était déjà imprimé au XVIIIe siècle à Istanbul[7], ce qui est particulièrement précoce pour le monde islamique.

Éditions publiées du Lisān al-'Arab
modifier- Boulaq Misr al-Matb'ah al-Kubra al-'Amiriyah Égypte ; 1883, vol. 1[8]
- Al-Maṭbaʿa al-Kubra al-Amirīya, Boulaq ; 1883 - 1890, 20 vol.[9]
- Dar Sadir, Beyrouth ; 1955 - 1956, 15 vol.
- Ādāb al-Ḥawza, Iran ; 1984, 18 vol.
Autres œuvres
modifier- Aḫbār Abī Nuwās, une bio-bibliographie du poète arabo-persan Abou Nouwas ; imprimée (avec des commentaires de Muhammad Abd ar-Rasul) en 1924 au Caire et publiée par Shukri M. Ahmad en 1952 à Bagdad.
- Muḫtaṣar taʾrīḫ madīnat Dimašq l-Ibn ʿAsākir, résumé de l'Histoire de Damas par Ibn Asakir.
- Muḫtaṣar taʾrīḫ madīnat Baġdād li-s-Samʿānī, résumé de l'Histoire de Bagdad par al-Samʿānī (m. décembre 1166).
- Muḫtaṣar Ǧāmiʿ al-Mufradāt, résumé du traité sur les remèdes et les aliments par al-Baiṭār.
- Muḫtār al-aġānī fi-l-aḫbār wa-t-tahānī, une sélection de chansons ; imprimée en 1927 au Caire.
- Niṯār al-azhār fī l-layl wa-l-nahār, un court traité d'astronomie sur le jour, la nuit, les étoiles et les zodiaques ; imprimé en 1880 à Istanbul.
- Taḏkirāt al-Labīb wa-nuzhat al-adīb (qui, selon Fück, est identique à Muḥammad b. Mukarram), a servi de source à al-Qalqaschandi.
Références
modifier- ↑ (ar) Ibn Manzur ibn منظور, Lisān Al-ʻarab 2. ed., Beyrouth, Dar al-Kotob al-Ilmiyah, (ISBN 9782745141255, lire en ligne)
« consultable en ligne »
- ↑ (en) John Haywood, Arabic Lexicography : its History, and Its Place in the General History of Lexicography, Leyde, E. J. Brill, , 141 p. (lire en ligne), 77
- ↑ Cf. H.L. Gottschalk: Art. Dīwān ii. Egypt, in: ²Encyclopaedia of Islam II (1965), p.327-331, ici : 328.
- ↑ Kees Versteegh, The Arabic Language, p. 63. Édimbourg : Edinburgh University Press, 2001. Édition de poche. (ISBN 9780748614363)
- ↑ « لسan العرب - ibn منظور », sur Internet Archive,
- ↑ Cf. pour l'organisation des ouvrages lexicographiques arabes J. Kraemer: Studien zur altarabischen Lexikographie, in: Oriens 6 (1953), p.201-238.
- ↑ Cf. C. Brockelmann: Geschichte der arabischen Literatur. Volume II, p. 21 u. Georg Jacob: Altarabisches Beduinenleben: Nach den Quellen geschildert. Mayer, Berlin ²1887, p. XXXV, qui se réfèrent tous deux à I. d'Ohsson: Allgemeine Schilderung des Othomanischen Reichs. Volume I, p. 573.
- ↑ Raid Naim, « الباحث العربي: قاموس عربي عربي » [archive du ], Baheth.info (consulté le )
- ↑ « téléchargeable » (consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Carl Brockelmann : Geschichte der arabischen Litteratur. Volume II, Brill, Leyde ²1943, p. 21f ainsi que le Volume Supplément II, Brill, Leyde 1938, p. 14f.
- Johann W. Fück : Art. Ibn Manẓūr, in : ²Encyclopédie de l'Islam III (1971), p. 864.
- Jörg Krämer : Studien zur altarabischen Lexikographie: Nach Istanbuler und Berliner Handschriften, in : Oriens 6 (1953), p. 230f.
- Fuat Sezgin : Geschichte des arabischen Schrifttums. Volumes I - IX, Brill, Leyde 1964 - 1987.
Liens externes
modifier- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :