Muhammad ibn Mukarram ibn Alī ibn Ahmad ibn Manzūr al-Ansārī al-Ifrīqī al-Misrī al-Khazrajī (arabe : محمد بن مكرم بن علي بن أحمد بن منظور الأنصاري الإفريقي المصري الخزرجي), également connu sous le nom d'Ibn Manẓūr (arabe : إبن منظور) (né le et mort approximativement en ), était un Arabe lexicographe de la langue arabe et l'auteur d'un grand dictionnaire, le Lisân al-'Arab[1].

Ibn Manẓūr
إبن منظور
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 78 ans)
Le CaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
مُحمَّد بن مكرم بن علي بن منظور الأنصاري الرُويفعي الأفريقيVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnoms
ابن منظور, أبو الفضل, جمال الدين عبد العالي واعديديVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Autres informations
Religion
Titre honorifique
Imam (d)
Œuvres principales
Lisân al-Arab, Mukhtaṣar Tārīkh Dimashq li-Ibn ʻAsākir (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Biographie

modifier

Ibn Manzur est né en 1233 en Ifriqiya (l'actuelle Tunisie)[2]. Il était d'origine arabe, issu de la tribu des Banu Khazraj des Ansar, comme le suggère sa nisba al-Ansārī al-Ifrīqī al-Misrī al-Khazrajī. Ibn Hajar rapporte qu'il a été juge (qadi) à Tripoli et en Égypte, et qu'il a passé sa vie comme secrétaire au Diwan al-Insha', un bureau chargé entre autres de la correspondance, de l'archivage et de la copie[3]. Fück suppose pouvoir l'identifier avec Muḥammad b. Mukarram, qui était l'un des secrétaires de cette institution (les fameux Kuttāb al-Inshāʾ) sous le règne de Qalawun. Selon Brockelmann, Ibn Manzur a étudié la philologie. Il a consacré la majeure partie de sa vie à réaliser des extraits d'ouvrages de philologie historique. On dit qu'il a laissé près de 500 volumes de ce travail. Il est mort au tournant des années 1311/1312 au Le Caire.

Œuvres

modifier

Lisān al-ʿArab

modifier

Le Lisân al-'Arab (لسان العرب, « La langue des Arabes ») a été achevé par Ibn Manzur en 1290. Occupant 20 volumes imprimés (dans l'édition la plus fréquemment citée), il est le dictionnaire de la langue arabe le plus célèbre[4], ainsi que l'un des plus complets. Ibn Manzur l'a compilé en grande partie à partir d'autres sources. Les sources les plus importantes étaient le Tahdhīb al-Lugha d'Azharī, Al-Muḥkam d'Ibn Sidah, Al-Nihāya de Ibn Athīr et le Ṣiḥāḥ de Jauhari, ainsi que les ḥawāshī (glosses) de ce dernier (Kitāb at-Tanbīh wa-l-Īḍāḥ) par Ibn Barrī[5]. Il suit le Ṣiḥāḥ dans l'organisation des racines : les mots ne sont pas classés par l'ordre alphabétique des radicaux comme cela se fait habituellement aujourd'hui dans l'étude des langues sémitiques, mais selon le dernier radical[6], ce qui facilite grandement la recherche des rimes de fin de mot. De plus, le Lisān al-Arab mentionne ses sources directes, mais rarement les sources de ces dernières, ce qui rend difficile le suivi de l'histoire linguistique de certains mots. Murtaḍá al-Zabīdī a corrigé cela dans son Tāj al-ʿArūs, qui s'appuie lui-même sur le Lisān. Selon Ignatius d'Ohsson, le Lisān était déjà imprimé au XVIIIe siècle à Istanbul[7], ce qui est particulièrement précoce pour le monde islamique.

Lisan al Arab par Ibn Manzur (1233-1312)

Éditions publiées du Lisān al-'Arab

modifier

Autres œuvres

modifier
  • Aḫbār Abī Nuwās, une bio-bibliographie du poète arabo-persan Abou Nouwas ; imprimée (avec des commentaires de Muhammad Abd ar-Rasul) en 1924 au Caire et publiée par Shukri M. Ahmad en 1952 à Bagdad.
  • Muḫtaṣar taʾrīḫ madīnat Dimašq l-Ibn ʿAsākir, résumé de l'Histoire de Damas par Ibn Asakir.
  • Muḫtaṣar taʾrīḫ madīnat Baġdād li-s-Samʿānī, résumé de l'Histoire de Bagdad par al-Samʿānī (m. décembre 1166).
  • Muḫtaṣar Ǧāmiʿ al-Mufradāt, résumé du traité sur les remèdes et les aliments par al-Baiṭār.
  • Muḫtār al-aġānī fi-l-aḫbār wa-t-tahānī, une sélection de chansons ; imprimée en 1927 au Caire.
  • Niṯār al-azhār fī l-layl wa-l-nahār, un court traité d'astronomie sur le jour, la nuit, les étoiles et les zodiaques ; imprimé en 1880 à Istanbul.
  • Taḏkirāt al-Labīb wa-nuzhat al-adīb (qui, selon Fück, est identique à Muḥammad b. Mukarram), a servi de source à al-Qalqaschandi.

Références

modifier
  1. ↑ (ar) Ibn Manzur ibn منظور, Lisān Al-ʻarab 2. ed., Beyrouth, Dar al-Kotob al-Ilmiyah,‎ (ISBN 9782745141255, lire en ligne)
    « consultable en ligne »
  2. ↑ (en) John Haywood, Arabic Lexicography : its History, and Its Place in the General History of Lexicography, Leyde, E. J. Brill, , 141 p. (lire en ligne), 77
  3. ↑ Cf. H.L. Gottschalk: Art. Dīwān ii. Egypt, in: ²Encyclopaedia of Islam II (1965), p.327-331, ici : 328.
  4. ↑ Kees Versteegh, The Arabic Language, p. 63. Édimbourg : Edinburgh University Press, 2001. Édition de poche. (ISBN 9780748614363)
  5. ↑ « لسan العرب - ibn منظور », sur Internet Archive,‎
  6. ↑ Cf. pour l'organisation des ouvrages lexicographiques arabes J. Kraemer: Studien zur altarabischen Lexikographie, in: Oriens 6 (1953), p.201-238.
  7. ↑ Cf. C. Brockelmann: Geschichte der arabischen Literatur. Volume II, p. 21 u. Georg Jacob: Altarabisches Beduinenleben: Nach den Quellen geschildert. Mayer, Berlin ²1887, p. XXXV, qui se réfèrent tous deux à I. d'Ohsson: Allgemeine Schilderung des Othomanischen Reichs. Volume I, p. 573.
  8. ↑ Raid Naim, « الباحث العربي: قاموس عربي عربي » [archive du ], Baheth.info (consulté le )
  9. ↑ « téléchargeable » (consulté le )

Voir aussi

modifier

Bibliographie

modifier

Liens externes

modifier