Zodiaque
Le zodiaque (prononcé [zo.djak] en français) est une zone circulaire de la sphère céleste, dont l'écliptique occupe le milieu.

Par abus de langage, le zodiaque est aussi le cercle médian de cette zone circulaire.
Le second sens de ce mot est la représentation symbolique de cette bande céleste souvent sous forme circulaire avec les douze signes astrologiques reliés aux mois de l'année. Par métonymie le zodiaque peut aussi désigner une œuvre d'art inspirée de cette représentation.

Étymologie
modifierLe terme zodiaque est attesté en ancien français, vers 1265[1], et sous la graphie erronée dodyake vers 1230. Il vient du substantif latin masculin zodiacus, lui-même emprunté à l'adjectif grec ζωδιακός [κύκλος] / zôdiakós [kúklos] qui veut dire « [cercle] de petits animaux, zodiaque », d'après le mot ζῴδιον / zốdion signifiant « figurine d’animal »[2]. La plupart des constellations du zodiaque portent en effet des noms d'animaux.
Histoire du zodiaque
modifierPremiers repères célestes
modifierÀ une époque où les calendriers n'existaient pas, ou n'étaient pas d'une précision suffisante, et où il n'existait pas de système fiable pour la détermination des heures durant la nuit, la chronologie de certaines actions étaient déterminées par des évènements célestes[3].
Pour pouvoir reconnaître les étoiles, celles-ci ont été regroupées en astérismes, auxquels un nom a été donné, associé à une histoire (procédé mnémotechnique).
Il est apparu aux diverses civilisations ayant pratiqué une forme d'astronomie que les planètes, contrairement aux étoiles (d'où leur nom signifiant « errant » en grecs), n'occupent qu'une bande étroite de ciel. Ces civilisations ont découpé cette bande particulière en un nombre variable de parties.
Dans Sur l'origine du zodiaque grec, Jean-Antoine Letronne précise que :
« la division de cette route [le zodiaque] en 27 ou 28 parties au moyen de la lune, en 12, 24, 36 ou 48 parties au moyen du soleil, peut exister chez des peuples qui n'ont eu, entre eux, aucune communication, parce qu'elle résulte de phénomènes constants et partout les mêmes. Tous les peuples ont pu observer que le mouvement propre de la lune, dans le ciel, s'opère dans un nombre de jours qui est entre 27 et 28, et que la route annuelle du soleil est marquée par environ douze pleines lunes. Les uns purent donc imaginer de partager cette route en 27 ou 28 parties, les autres en 12, ou en nombres multiples de celui-là... Ces distinctions, prises dans la nature même des choses, sont confirmées par ce qu'on remarque sur la sphère de plusieurs peuples, où l'on voit le zodiaque divisé dans le même nombre de parties, mais ayant des figures et des dénominations différentes : tels sont les 27 khordehs[Quoi ?] des Persans, les 27 Nakshatras des Indiens, les 28 sou des Chinois. »
— Letronne, Sur l'origine du zodiaque grec[4].
Si d'autres civilisations ont opté pour des divisions différentes — à l'instar de l'Égypte antique qui partageait la trajectoire apparente du Soleil en 36 parties[5] —, c'est bien ce modèle babylonien à douze signes qui s'est imposé.
« Chemin de la Lune » de MUL.APIN
modifierL’un des plus anciens systèmes mésopotamiens qui préfigurent le zodiaque est le « Chemin de la Lune » (KASKAL d.SIN) décrit dans le compendium astronomique MUL.APIN[6]. La version connue de ce texte est généralement située au début du Ier millénaire av. J.-C. et rassemble des traditions astronomiques plus anciennes.
Le « Chemin de la Lune » énumère 17 ou 18 constellations ou astérismes situés dans la région parcourue par la Lune. Le nombre est donné comme 17 ou 18 selon la manière dont certains éléments de la liste sont interprétés[7],[8]. Il serait cependant impropre de dire que le « Chemin de la Lune » était « divisé en 17 ou 18 parties ». Les éléments énumérés sont des figures célestes servant de repères, et non des secteurs géométriques de même étendue. Cette distinction est importante : MUL.APIN décrit un ensemble de repères stellaires dans la région de la trajectoire lunaire, mais ne fournit pas une division régulière de l’écliptique.
Le « Chemin de la Lune » constitue ainsi l’un des principaux antécédents du zodiaque, sans être encore le zodiaque mathématique au sens ultérieur du terme[7],[8].
Vers douze secteurs
modifier
Au cours du Ve siècle av. J.-C., l'astronomie mésopotamienne voit l'émergence d'un système mathématique qui divise le cercle zodiacal en 360°, soit douze secteurs égaux de 30° associés à chaque mois de l'année et nommés d'après la constellation traversée par le Soleil[9].
Bien que la date exacte de cette innovation en Babylonie demeure incertaine et qu'elle soit probablement liée au développement des théories lunaires et planétaires, les travaux de Teije de Jong [10] indiquent que son invention peut être située au ve siècle av. J.-C. ; la plus ancienne attestation textuelle connue date d'après environ .
Les douze signes du zodiaque apparaissent dans une tablette cunéiforme astronomique datée de [11]. Elle présente un état différent du zodiaque des Grecs, introduit par Cléostrate, qui regroupait les étoiles en d'autres astérismes, avec des astérismes communs.
Cette standardisation permet d'exprimer la position des astres par une longitude sur l'écliptique, indépendamment de la taille réelle des constellations.
Le remplacement n’a pas été brutal, des recherches récentes montrent qu’un système de 17 ou 18 constellations et un système à douze constellations zodiacales ont coexisté en Mésopotamie durant la seconde moitié du Ier millénaire av. J.-C. ; parallèlement s’est développé le zodiaque mathématique divisé en douze parties égales de 30°[8] : le passage à un zodiaque régulier n’est donc pas simplement une réduction du nombre des constellations. Il correspond à l’introduction d’une division géométrique de l’écliptique, qui constitue un objet différent des constellations elles-mêmes.
Diffusion
modifierLe zodiaque n'est pas une invention demeurée confinée à la Babylonie, ni un système transmis suivant une chaîne simple et univoque. Sa diffusion s'inscrit dans les nombreux échanges qui reliaient les différentes civilisations de l'Antiquité. Le projet européen ZODIAC[12],[13] (Ancient Astral Science in Transformation), consacré à l'étude de la transformation et de la diffusion des sciences astrales antiques, situe l'introduction du zodiaque en Babylonie au ve siècle av. J.-C. et souligne qu'à partir de là la science astrale fondée sur le zodiaque se répandit en Égypte, dans le monde gréco-romain et au-delà. Il insiste toutefois sur le fait que cette diffusion ne fut pas une simple transmission d'un savoir intact : les pratiques astronomiques, astrologiques, mathématiques et iconographiques furent adaptées et transformées au contact de nouvelles cultures. Cette perspective est particulièrement importante pour comprendre les relations entre les traditions mésopotamienne, iranienne, indienne, égyptienne et grecque : il convient moins de rechercher un unique « inventeur » ou une unique voie de transmission que de suivre, pour chaque élément du système zodiacal, les différentes voies par lesquelles il a circulé et s'est transformé.
Chez les Grecs
modifierLe système zodiacal mésopotamien fut transmis à l’astronomie grecque et notamment le principe d’un zodiaque organisé en douze divisions, ainsi qu’une partie de la nomenclature et des figures célestes mésopotamiennes. L’astronomie grecque intégra ensuite ces éléments à sa propre représentation géométrique de la sphère céleste.
Dans la tradition grecque, la distinction entre les constellations et les divisions régulières du zodiaque devient progressivement explicite. Le zodiaque est alors à la fois une région du ciel associée à des figures stellaires et un système géométrique permettant de mesurer la longitude céleste.
Le zodiaque actuel, qui prend pour modèle celui des Grecs, est décrit par Eudoxe de Cnide au IVe siècle[14],[15].
Point d'origine des douze divisions
modifier
La division en douze secteurs de 30° ne détermine pas à elle seule où commence le premier secteur.
Pour comprendre l’évolution du zodiaque grec, on distingue deux processus :
- la façon de diviser le cercle zodiacal : une division en 12 × 30° ;
- le choix du repère céleste par rapport auquel cette division est orientée : ce processus conduit à définir le 0°.
Lorsqu'il divise, à la suite des astronomes mésopotamiens, le cercle de l'écliptique en douze douzièmes (dodécatémories), Eudoxe ne fait pas la confusion entre constellations, dites zodiacales, et signes du zodiaque. Un signe n'est en effet pas une constellation, c'est-à-dire une figure projetée sur la sphère céleste et rassemblant des étoiles et dont le nom peut traduire la place dans la figure (par exemple, le Cœur du Lion). Un signe zodiacal est pour lui une douzième partie du cercle écliptique, et il ne fait qu'appeler, là encore à l'instar de ses prédécesseurs mésopotamiens, ces signes ou dodécatémories du nom de la constellation la plus proche, lesquelles s'étalent sur l'écliptique selon une taille variable, à l'exception d'Ophiuchus, qui n'est traversée par l'écliptique que sur une très faible longueur.
Eudoxe place aussi les points équinoxiaux et solsticiaux au milieu des signes. Hipparque a déplacé ces points au début des signes afin de pouvoir résoudre les problèmes de trigonométrie sphérique qu'il a rencontrés. Cette convention perdure aujourd'hui.
Franz Cumont souligne que les constellations ne coïncidaient jamais exactement avec les dodécatémories et que, dans la phase ancienne de la division, les points équinoxiaux et solsticiaux n’étaient pas nécessairement placés aux limites des signes. La tradition grecque conservera la division en douze secteurs tout en faisant évoluer la manière de définir leur origine[16].
Hors de Grèce
modifierIl a longtemps été cru que le zodiaque avait été transmis aux peuples orientaux par les Grecs. Il en était ainsi pour Jean-Antoine Letronne :
« les douze signes du zodiaque grec, noms et figures, nous sont connus dès le temps d'Eudoxe de Cnide (370 à 380 avant J.-C). On les retrouve à très-peu près les mêmes, et dans le même ordre, sur les monuments écrits ou figurés de l'Égypte, de la Perse, de l'Inde et de la Chine. »
— Letronne, Sur l'origine du zodiaque grec[4].
Dans une étude plus récente, Jonas Carl Greenfield en 1995 a montré que le zodiaque mésopotamien a été transmis en araméen et en hébreu directement sans passer par la langue grecque[17], à l'exception du signe de la Vierge qui aurait dans ces langues une origine grecque. Mais quelques années plus tard, Roland Laffitte montrait que la Vierge du zodiaque araméen de Qumran, soit Btūlta, et la Btūlta hébraïque ne devaient rien à une entremise grecque[18].
Il en est de même pour le zodiaque égyptien, directement hérité lui aussi de Mésopotamie[19], et du zodiaque sudarabique[20].
Transmission à l'astronomie indienne
modifierLa question de la diffusion de ce système vers l'Inde est distincte. Les contacts entre la Mésopotamie, l'Iran et la vallée de l'Indus existaient bien avant la période hellénistique, notamment dans le cadre de l'Empire achéménide ; des éléments de l'astronomie babylonienne sont attestés en Inde[21],[22]. Mais l'astrologie horoscopique indienne reçut également, à une époque plus tardive, une influence grecque incontestable. La transmission du zodiaque ne se réduit donc pas à un unique itinéraire Babylone – Grèce – Inde.
Différentes traditions zodiacales arabes
modifier
Il existe différents zodiaques arabes, directement issus du zodiaque mésopotamien :
- un zodiaque safaïtique (Ier – IVe siècles), servant de calendrier et édité par Ahmad Al-Jallad[23] ;
- des zodiaques nabatéens (IIe siècle), notamment le relief de Khirbat al-Tannur, mais qui ne livrent hélas pas de noms ;
- un zodiaque sudarabique, incomplet, établi à partir de reliefs d’horoscopes de fondations d'édifices palaciaux (IIIe – IVe siècles) par Roland Laffitte[24] ;
- un zodiaque arabe traditionnel dont la plus ancienne attestation est, selon l’érudit persan al-Bīrūnī, l’horoscope de fondation de la ville de Bagdad en 762[25].
Si les noms des constellations de l'astronomie arabe héritée des Grecs ont pu être traduits par les Arabes, les noms grecs du zodiaque n'ont jamais remplacé les noms du zodiaque arabe classique.

Évolution en plusieurs étapes
modifierL’histoire de la division du zodiaque peut ainsi être résumée comme une évolution progressive :
- repérage par des figures stellaires ;
- « Chemin de la Lune » de MUL.APIN, avec 17 ou 18 constellations ou astérismes ;
- coexistence de traditions à 17/18 et à 12 constellations ;
- développement du zodiaque mathématique de 360° ;
- douze divisions égales de 30° ;
- transmission et développement dans l’astronomie grecque ;
- distinction entre constellations et dodécatémories (signes) ;
- définition de l’origine des douze divisions par rapport aux points équinoxiaux ou aux étoiles ;
- transmission à l'astronomie indienne.
Repères astronomiques
modifierLe zodiaque comme région de la sphère céleste
modifier
La trajectoire du Soleil sur la voûte céleste est l'écliptique. Les planètes et la Lune s'en écartent plus ou moins, et l'on retient comme limite conventionnelle de cette déviation, une bande de plus ou moins 8°30' de latitude de part et d'autre de l'écliptique. Cette bande est nommée le zodiaque. Le zodiaque est donc la zone dans laquelle, aux yeux des Terriens, les planètes du système solaire effectuent leur course apparente autour de la Terre[26]. La largeur du zodiaque a varié de 12 degrés dans l'Antiquité à environ 17 degrés aujourd'hui.
Constellations zodiacales, des figures stellaires
modifierL'écliptique traverse treize constellations dans le ciel, mais l'une d'entre elles, Ophiuchus (ou le Serpentaire), ne fait pas partie du zodiaque traditionnel de l'astrologie. Les constellations présentes dans le zodiaque sont : le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, le Cancer (ou le Scarabée, ou le Crabe), le Lion, la Vierge, la Balance, le Scorpion, le Sagittaire, le Capricorne (ou la Chèvre), le Verseau et les Poissons. Aucune constellation n'a jamais « ressemblé » à son nom, les arabes voyaient un chameau là où les astronomes occidentaux parlent de scorpion[4].
Stabilité apparente des constellations du zodiaque
modifierIl est apparu très tôt que les étoiles vues depuis la Terre gardaient la même position les unes par rapport aux autres. Ce qui n'était au temps d'Hipparque qu'une hypothèse a été confirmé par Ptolémée quelques siècles plus tard[27]. D'où l'appellation à l'époque de sphère des fixes. On sait bien aujourd'hui que rien n'est immobile dans l'espace, que les étoiles visibles sont à des distances très variables et qu'elles ne représentent que l'environnement proche de nous dans notre galaxie. Mais à l'échelle des siècles voire même des millénaires les modifications perçues sont infimes et les constellations vues il-y-a deux mille ans sont identiques à celles d'aujourd'hui. De même la remarquable stabilité de la trajectoire de la Terre autour du Soleil fait que le pôle de l'écliptique ne varie presque pas dans le ciel bien que le système solaire soit lui aussi en mouvement dans l'immensité de l'espace. De ces deux stabilités apparentes il vient que les constellations du zodiaque n'ont pas changé de manière significative depuis l'Antiquité.
Douze divisions géométriques de 30° (les signes)
modifierIl convient de distinguer deux notions qui ont été longtemps associées mais qui ne sont pas de même nature : la constellation, qui est une figure céleste formée par des étoiles et dont l’étendue est irrégulière, et le signe, qui est une division géométrique régulière de l’écliptique.

Le zodiaque actuellement utilisé en astronomie historique et en astrologie est divisé en douze secteurs égaux de 30°. Cette division régulière apparaît progressivement -- entre autres -- dans l’astronomie mésopotamienne, puis est transmise et développée dans l’astronomie grecque[28].
Pendant plus de deux millénaires, des savants, les astronomes (et des devins : les astrologues) ont repéré le mouvement des corps célestes non pas en degrés depuis le point vernal (longitude écliptique), comme de nos jours, mais en degrés depuis le signe courant. Ces deux méthodes sont équivalentes : une position planétaire à 17° du Lion (le cinquième signe) est à 4 × 30° + 17° = 137° du point vernal. Cette notation a été abandonnée par les astronomes à la seconde moitié du XIXe siècle.
Précession des équinoxes et conséquences astronomiques
modifierPrécession des équinoxes
modifier
Les équinoxes et les solstices (des repères saisonniers) se déplacent progressivement par rapport aux constellations d'étoiles en raison de la précession des équinoxes. Celle-ci résulte de l’action gravitationnelle du Soleil et de la Lune sur le renflement équatorial de la Terre, qui fait décrire à l’axe de rotation terrestre appelé « axe du monde » (axis mundi) un mouvement conique sur une période d’environ 25 800 ans. C'est Hipparque (iie siècle av. J.-C.) qui aurait découvert ce phénomène astronomique. Les astronomes grecs comme Ptolémée l'ont appelé « métaptose » (grand changement)[29] car l'hypothèse retenue était une vision géocentrique où la voûte céleste tourne autour de la Terre en une journée alors que c'est la Terre qui tourne autour d'elle-même comme le proposait Héraclide du Pont.
« Les douze signes du zodiaque ont été ainsi appelés, parce que, au temps des premiers astronomes, il leur répondait des constellations qui avaient à peu près, par la disposition de leurs étoiles, les figures des noms qu'on leur a donnés ; mais à présent ces constellations n'y répondent plus, ayant rétrogradé vers l'Orient de plus de vingt-huit degrés par le mouvement propre des étoiles fixes ; de sorte que la constellation du Bélier, qui du temps d'Hipparque répondait à la première douzième partie du zodiaque, répond présentement à la seconde, où était autrefois la constellation du Taureau, qui à présent est dans la troisième partie douzième du zodiaque. »
Zodiaque sidéral et zodiaque tropical en astronomie
modifier

Les expressions zodiaque sidéral et zodiaque tropical désignent deux systèmes qui ont en commun la même structure géométrique fondamentale : l’écliptique, que l'on divise en douze secteurs égaux de 30°. Ils se distinguent par la définition de l’origine de cette division. Dans un système sidéral, l’origine est définie par rapport aux étoiles fixes, selon une convention déterminée. Dans un système tropical, l’origine est liée aux points équinoxiaux, en particulier le point vernal, celui où l’écliptique coupe l’équateur céleste lors de l’équinoxe de printemps.
Le zodiaque tropical n’est donc pas un autre découpage du zodiaque : la division reste celle de douze secteurs de 30° ; c’est leur orientation par rapport à la sphère céleste qui diffère.
La précession des équinoxes entraîne le déplacement progressif du point vernal par rapport aux étoiles. Les secteurs du zodiaque tropical se déplacent donc progressivement par rapport aux constellations auxquelles leurs noms sont historiquement associés. Il est ainsi possible que, selon le système employé, une même position du Soleil soit décrite différemment : le Soleil peut se trouver dans le signe du Bélier sans se trouver dans la constellation du Bélier.
Usages astrologiques
modifierZodiaque et astrologie
modifierL’astrologie regroupe diverses croyances et pratiques reposant sur l’idée que les configurations célestes, en particulier la position et le mouvement des planètes du système solaire, entretiennent des correspondances symboliques avec les affaires humaines, tant individuelles que collectives. Ces conceptions diffèrent notamment par leur définition du zodiaque, leurs méthodes de calcul et leur interprétation des positions planétaires.
Bien qu'il s'agisse d'une croyance très répandue à travers le monde et déclinée en de nombreuses traditions, elle ne repose sur aucune méthode scientifique. Ses prétentions prédictives ont d’ailleurs été maintes fois réfutées par la recherche.
Signes du zodiaque
modifier


Les signes du zodiaque sont utilisés dans l'astrologie comme repères spatio-temporels permettant d'établir les correspondances sur lesquelles repose cette pratique de divination superstitieuse. Elle utilise pour cela la position de divers objets dans le zodiaque. Entre autres : les planètes, le Soleil, la Lune, et sur le plan local : l'horizon (l'ascendant étant le point de l'écliptique coupé par l'horizon est) et le méridien (le Milieu du Ciel correspondant au point où se trouve le Soleil à midi).
Astrologies tropicale et sidérale
modifierLes astrologues utilisent l'un ou l'autre des deux systèmes définis plus haut (zodiaque sidéral ou zodiaque tropical), ce qui sépare deux grandes traditions.
Astrologie tropicale
modifier
L'astrologie tropicale, la plus répandue en Occident (celle des journaux), repose sur le « zodiaque des saisons » (« tropical » vient du grec tropikos, « qui tourne »). Les deux solstices et les deux équinoxes délimitent les quatre saisons ; chacune est subdivisée en trois selon la distinction Cardinal, Fixe et Mutable, ce qui donne les douze signes, comptés par secteurs de 30° à partir du point vernal : le Bélier, qui débute au point vernal, puis le Taureau, les Gémeaux, le Cancer, le Lion, la Vierge, la Balance, le Scorpion, le Sagittaire, le Capricorne, le Verseau et les Poissons, qui achèvent le cycle. Ces signes n'ont qu'un rapport lointain avec les constellations homonymes.
Le zodiaque photopériodique
modifierL'inclinaison de l'axe de rotation de la Terre est à l'origine des saisons par la variation entre la durée du jour et de la nuit au cours d'une année. Plus la latitude est élevée plus cette variation est grande. À l'équateur la durée du jour et de la nuit reste toujours égale. On peut définir un zodiaque photopériodique pour chaque latitude en remplaçant chaque signe du zodiaque tropical par un disque partagé en deux parties noire et blanche. C'est donc la variation de la durée d'ensoleillement qui est prise en compte.
Le zodiaque photopériodique est utilisé pour faire une corrélation avec les processus fondamentaux neurophysiologiques d'Ivan Pavlov, médecin et physiologiste russe (1849-1936) ayant étudié la réflexologie humaine. Jean-Pierre Nicola et d'autres astrologues se sont inspirés de ses travaux pour définir l'astrologie conditionaliste et le zodiaque réflexologique[31].
Astrologie sidérale
modifierL'astrologie sidérale, pratiquée essentiellement hors d'Occident (astrologie védique ou jyotish), divise elle aussi l'écliptique en douze signes de 30°, mais fixe leur origine par rapport aux étoiles. Ses signes restent donc proches des constellations, tandis que leurs dates de début se décalent lentement par rapport aux saisons.
Le décalage entre les signes tropicaux et les signes sidéraux (les constellations) était en 2004 de l'ordre de 25° environ selon la mesure de l'Ayanamsa par les astrologues hindous. Il serait calculé à partir de l'année quand l'étoile Spica se situait à l'opposée du point vernal[32].
Caractères Unicode
modifier
En Unicode, les symboles sont encodés dans le bloc des symboles divers[33] :
- U+2648 ♈ bélier (HTML :
♈) ; - U+2649 ♉ taureau (HTML :
♉) ; - U+264A ♊ gémeaux (HTML :
♊) ; - U+264B ♋ cancer (HTML :
♋) ; - U+264C ♌ lion (HTML :
♌) ; - U+264D ♍ vierge (HTML :
♍) ; - U+264E ♎ balance (HTML :
♎) ; - U+264F ♏ scorpion (HTML :
♏) ; - U+2650 ♐ sagittaire (HTML :
♐) ; - U+2651 ♑ capricorne (HTML :
♑) ; - U+2652 ♒ verseau (HTML :
♒) ; - U+2653 ♓ poissons (HTML :
♓).
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ On dit que les équinoxes se précèdent (c'est la précession des équinoxes) mais il ne faut pas inverser les choses en se disant que les étoiles-repères du Bélier se retrouvent dans le signe saisonnier des Poissons : les étoiles-repères du Bélier se retrouvent bien dans le signe saisonnier du Taureau.
Références
modifier- ↑ Informations lexicographiques et étymologiques de « zodiaque » dans le Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales (consulté le 11 janvier 2016).
- ↑ Alain Rey, Dictionnaire culturel en langue française, t. IV, Paris, Le Robert, , 2083 p. (ISBN 978-2-849-02-179-8), p. 2059
- ↑ Hésiode, Les Travaux et les Jours [réf. incomplète].
- 1 2 3 Letronne, Sur l'origine du zodiaque grec (lire en ligne), p. 3.
- ↑ Jean-Pierre Verdet, Histoire de l'astronomie ancienne et classique, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », .,Letronne, Sur l'origine du zodiaque grec (lire en ligne), p. 3.
- ↑ (en) Lis Brack-Bernsen, « The Path of the Moon, the Rising Points of the Sun, and the Oblique Great Circle on the Celestial Sphere », Centaurus, vol. 45, , p. 16–31 (DOI 10.1111/j.1600-0498.2003.450103.x, lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 (en) Hermann Hunger et David Pingree, MUL.APIN: An Astronomical Compendium in Cuneiform, Archiv für Orientforschung, Beiheft 24, 1989; la section I iv, 31–39 donne le « Chemin de la Lune » et ses 17/18 stations. Une édition révisée est disponible : Hermann Hunger et John Steele, The Babylonian Astronomical Compendium MUL.APIN, Routledge, 2018. La traduction française récente de ce passage permet également de contrôler le sens de KASKAL d.SIN.
- 1 2 3 (en) Gennady E. Kurtik, « On the origin of the 12 zodiac constellation system in ancient Mesopotamia », Journal for the History of Astronomy, 52/1, 2021, p. 55–72: Kurtik insiste sur la coexistence du système de 17/18 constellations et du système à douze constellations pendant la seconde moitié du Ier millénaire av. J.-C., ainsi que sur le développement parallèle du zodiaque uniforme de 12 × 30°.
- ↑ Roland Laffitte, « Naissance du zodiaque en Mésopotamie », Les Cahiers Clairaut, Bulletin du CLEA (Comité de Liaison Enseignants et Astronomes), no 135, , p. 19-21 (lire en ligne).
- ↑ (en)« A study of Babylonian planetary theory I. The outer planets », Archive for History of Exact Sciences, 73, 2019, section 3, « The 360° zodiac ».
- ↑ Cécile Michel, « Du neuf dans le ciel de Babylone », sur CNRS Le Journal, mars 2016 (mise à jour avril 2023) (consulté le ).
- ↑ https://cordis.europa.eu/project/id/885478/fr
- ↑ (en) « ZODIAC – Ancient Astral Science in Transformation », sur fu-berlin.de.
- ↑ Cécile Michel, « Zodiaque », dans F. Joannès (dir.), Dictionnaire de la civilisation mésopotamienne, Paris, , p. 291.
- ↑ (en) Lorenzo Verderame, « The Primeval Zodiac: Its Social, Religious, and Mythological Background », dans José Alberto Rubiño-Martín, Juan Antonio Belmonte, Francisco Prada et Antxon Alberdi (dir.), Cosmology Across Cultures, San Francisco, Astronomical Society of the Pacific, coll. « ASP Conference Series » (no 409), , p. 151–156.
- ↑ Franz Cumont, « Zodiacus », dans Charles Daremberg et Edmond Saglio (dir.), Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines, t. V, 2e partie, Paris, Hachette, 1919, p. 1046-1062.
- ↑ (en) Jonas C. Greenfields, « The names of the zodiacal signs in aramaic and hebrew », dans Rika Gyselen (textes réunis par), Au Carrefour des religions – Mélanges offerts à Philippe Gignoux, coll. « Res Orientales » (no VII), , p. 95-103.
- ↑ Roland Laffitte, « Sur l’origine de la constellation de la Vierge », Journal asiatique, vol. 292, no 1&2, , p. 63-73 (lire en ligne [texte repris sur le site URANOS]).
- ↑ Roland Laffitte, « Les zodiaques égyptiens », sur URANOS, .
- ↑ Roland Laffitte, « Sur le zodiaque sudarabique », Arabia, IREMAM (Aix-en-Provence) & IIAO (Roma), vol. I, , p. 75-87 (lire en ligne [texte repris sur le site URANOS]).
- ↑ (en) « Astronomy and Astrology in India and Iran », sur uchicago.edu.
- ↑ (en) Bill M. Mak, « The Date and Nature of Sphujidhvaja’s Yavanajātaka Reconsidered in the Light of… », History of Science in South Asia, vol. 1, , p. 1–20 (ISSN 2369-775X, DOI 10.18732/H2RP4T, lire en ligne).
- ↑ (en) Ahmad Al-Jallad, « An ancient Arabian zodiac…Part II », Arabian Archaeology and Epigraphy, no 27, , p. 84-106 (lire en ligne).
- ↑ Roland Laffitte, « Les noms sémitiques des signes du zodiaque dans l’espace arabo-turco-persan », communication au IIIe colloque international « Emprunts linguistiques dans l’espace turco-arabo-persan et méditerranéen » » [PDF], sur URANOS, .
- ↑ Al-Bīrūnī, Kitāb al-Aṯar al-bāqiyya, traduction dans (en) Karl Eduard Sachau, Chronology of Ancient Nations, Londres, XW. H. Allen, , p. 262-263.
- ↑ Animation du LTE pour octobre 2026 [vidéo], sur lettre-info-lte.obspm.fr.
- ↑ L'Almageste ou Composition mathématique de Claude Ptolémée https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k39710?rk=21459;2
- ↑ Charles-Victor Daremberg et Edmond Saglio, Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines, (lire en ligne)
- ↑ Claude Ptolémée, « Composition mathématique de Claude Ptolémée », sur Numelyo, bibliothèque numérique de Lyon (consulté le ), p. 10-20 — Almageste, chapitre VII.
- ↑ Jacques Ozanam, La géographie et cosmographie, Paris, , 246 p. (lire en ligne), p. 18 et 19
- ↑ Richard Pellard, Jean-Pierre Nicola, Julien Rouger, Franck Le Bozec, « Le zodiaque réflexologique humain », sur www.astroariana.com (consulté le )
- ↑ (en) « Année à partir de laquelle est mesurée l'ayanamsa. » [PDF], sur s.tau.ac.il
- ↑ « Symboles du zodiaque dans le bloc des symboles divers »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?), Le standard Unicode version 5.0.
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressource relative aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- André Brissaud, « zodiaque », dans l'Encyclopædia Universalis en ligne.
- Traité sur les signes du zodiaque et sur les constellations : bijoux uniques sur les avantages de l'enregistrement du temps est un manuscrit qui remonte à 1831 avec un accent sur l'arabe, calendriers copte et syriaque.
- « Zodiaque sidéral » [archive du ], sur andrebarbault.com via Internet Archive