L’Ilala est une rivière du nord de l’Éthiopie, située dans la région du Tigré. Elle prend sa source dans les montagnes du Dergajen, à environ 2 676 m d’altitude, et s’écoule vers l’ouest jusqu’à la Giba, qui rejoint ensuite le Tekezé. L’Ilala appartient au bassin versant du Nil.

Ilala
Illustration
Caractéristiques
Bassin collecteur Nil
Régime torrentiel
Cours
Source montagnes du Dergajen
· Altitude 2 676 m
Embouchure Giba
Géographie
Pays traversés Drapeau de l'Éthiopie Éthiopie

Géographie

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L’Ilala prend sa source dans les montagnes du Dergajen et s’écoule vers l’ouest en direction de la Giba[1].

Réseau de drainage de la Giba.

Hydrographie

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L’Ilala est une rivière encaissée qui serpente localement dans une étroite plaine alluviale. Sa pente moyenne est d’environ 14 m par kilomètre. Avec ses affluents, elle a creusé une gorge profonde dans les formations environnantes[2].

Géologie

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Les blocs et galets présents dans le lit de l’Ilala peuvent provenir de l’ensemble de la partie amont du bassin versant. Dans les tronçons supérieurs, le lit contient surtout des fragments issus des unités lithologiques les plus élevées. Plus en aval, le cours d’eau présente un mélange plus complet de roches issues des formations traversées[3].

Les principales unités lithologiques représentées dans le bassin versant comprennent les schistes d’Agula, la dolérite de Mekelle, le calcaire d’Antalo et des tufs d’eau douce quaternaires[4].

Hydrologie

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Caractéristiques hydrologiques

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Le volume annuel total de ruissellement de l’Ilala est estimé à 48 millions de mètres cubes. Des débits de pointe pouvant atteindre 259 m3/s sont observés durant la seconde partie de la saison des pluies, en août, lors de fortes averses qui saturent les sols en plusieurs endroits. Le coefficient de ruissellement, c’est-à-dire la part des précipitations quittant directement le bassin sous forme de ruissellement, est d’environ 14 %[2].

Le transport annuel de sédiments par l’Ilala est estimé à 222 000 tonnes. La concentration médiane de sédiments dans l’eau est de 2,45 g/l, mais elle peut atteindre 62 g/l. Les concentrations les plus élevées sont observées au début de la saison des pluies, lorsque les sols meubles et la poussière sont entraînés par le ruissellement vers la rivière[5].

Cette eau chargée en nutriments, appelée localement aygi, est réputée fortifiante pour le bétail conduit au bord de la rivière[2]. La production moyenne de sédiments est estimée à 878 tonnes par kilomètre carré et par an. Les mesures ont été effectuées entre 2004 et 2007 à une station installée près de l’embouchure de la rivière[5].

Crues éclair

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Le ruissellement se manifeste principalement sous forme de crues éclair, caractérisées par des débits importants survenant en très peu de temps. Ces crues sont liées au relief marqué, à la faible couverture végétale de certains versants et aux fortes pluies convectives. Le débit de pointe peut être 50 à 100 fois supérieur au débit de base antérieur. Ces crues se produisent souvent en soirée ou la nuit, car les averses convectives surviennent généralement l’après-midi[2].

Chutes de Romanat sur l’Ilala.

Évolution récente

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Des photographies aériennes italiennes prises dans les années 1930 montrent qu’environ 36 % du bassin versant était alors couvert de végétation ligneuse, contre 20 % en 2014. Cette végétation ralentissait le ruissellement, ce qui explique un coefficient de ruissellement plus faible : 12 % en 1935 contre 14 % en 2014. Les débits étaient donc plus faibles et le cours de la rivière plus étroit qu’aujourd’hui[6].

Jusque dans les années 1980, la pression environnementale est forte et une grande partie de la végétation disparaît. C’est durant cette période que l’Ilala atteint ses débits et sa largeur les plus importants. L’ampleur des crues diminue ensuite grâce aux aménagements réalisés dans le bassin versant.

Sur les pentes abruptes, des zones mises en défens ont été créées. La végétation dense y favorise l’infiltration, réduit les crues et améliore le débit de base[7]. Des ouvrages de conservation des eaux et des sols, comme les digues en pierre et les barrages de correction torrentielle, interceptent également une partie du ruissellement[8],[9],[10],[11].

L’irrigation dépend fortement du débit de base de l’Ilala, en complément des sources et des réservoirs. Cette agriculture irriguée contribue à la sécurité alimentaire et à la réduction de la pauvreté dans les vallées traversées par la rivière[2].

Les terres irriguées sont aménagées dans les étroites plaines alluviales qui bordent l’Ilala, principalement grâce à l’irrigation par pompage.

Notes et références

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  1. ↑ (en) M. Jacob et al., Geo-trekking map of Dogu'a Tembien (1:50,000), SpringerNature, (ISBN 978-3-030-04954-6, lire en ligne)
  2. 1 2 3 4 5 (en) Amanuel Zenebe et al., « The Giba, Tanqwa and Tsaliet rivers in the headwaters of the Tekezze basin », dans Geo-trekking in Ethiopia's Tropical Mountains - The Dogu'a Tembien District, SpringerNature, (ISBN 978-3-030-04954-6, DOI 10.1007/978-3-030-04955-3_14, S2CID 199099067)
  3. ↑ (en) A. Sembroni, P. Molin et F. Dramis, « Regional geology of the Dogu'a Tembien massif », dans Geo-trekking in Ethiopia's Tropical Mountains — The Dogu'a Tembien District, SpringerNature, (ISBN 978-3-030-04954-6, lire en ligne)
  4. ↑ (en) J. Moeyersons et al., « Age and backfill/overfill stratigraphy of two tufa dams, Tigray Highlands, Ethiopia: Evidence for Late Pleistocene and Holocene wet conditions », Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, vol. 230, nos 1-2,‎ , p. 162-178 (DOI 10.1016/j.palaeo.2005.07.013, Bibcode 2006PPP...230..165M)
  5. 1 2 (en) M. Vanmaercke et al., « Sediment dynamics and the role of flash floods in sediment export from medium-sized catchments: a case study from the semi-arid tropical highlands in northern Ethiopia », Journal of Soils and Sediments, vol. 10, no 4,‎ , p. 611-627 (DOI 10.1007/s11368-010-0203-9, hdl 1854/LU-854315, S2CID 53365853, lire en ligne)
  6. ↑ (en) Amaury Frankl, Jan Nyssen, Morgan De Dapper et Mitiku Haile, « Linking long-term gully and river channel dynamics to environmental change using repeat photography (Northern Ethiopia) », Geomorphology, vol. 129, nos 3-4,‎ , p. 238-251 (DOI 10.1016/j.geomorph.2011.02.018, Bibcode 2011Geomo.129..238F, lire en ligne Inscription nécessaire)
  7. ↑ (en) K. Descheemaeker et al., « Runoff on slopes with restoring vegetation: A case study from the Tigray highlands, Ethiopia », Journal of Hydrology, vol. 331, nos 1-2,‎ , p. 219-241 (DOI 10.1016/j.still.2006.07.011, hdl 1854/LU-378900, lire en ligne)
  8. ↑ (en) Jan Nyssen, Jean Poesen, Desta Gebremichael et Karen Vancampenhout, « Interdisciplinary on-site evaluation of stone bunds to control soil erosion on cropland in Northern Ethiopia », Soil and Tillage Research, vol. 94, no 1,‎ , p. 151-163 (DOI 10.1016/j.still.2006.07.011, hdl 1854/LU-378900, lire en ligne)
  9. ↑ (en) Gebeyehu Taye et al., « Evolution of the effectiveness of stone bunds and trenches in reducing runoff and soil loss in the semi-arid Ethiopian highlands », Zeitschrift für Geomorphologie, vol. 59, no 4,‎ , p. 477-493 (DOI 10.1127/zfg/2015/0166, Bibcode 2015ZGm....59..477T)
  10. ↑ (en) J. Nyssen, M. Veyret-Picot, J. Poesen et J. Moeyersons, « The effectiveness of loose rock check dams for gully control in Tigray, Northern Ethiopia », Soil Use and Management, vol. 20,‎ , p. 55-64 (DOI 10.1111/j.1475-2743.2004.tb00337.x, S2CID 98547102)
  11. ↑ (en) Etefa Guyassa et al., « Effects of check dams on runoff characteristics along gully reaches, the case of Northern Ethiopia », Journal of Hydrology, vol. 545, no 1,‎ , p. 299-309 (DOI 10.1016/j.jhydrol.2016.12.019, Bibcode 2017JHyd..545..299G, hdl 1854/LU-8518957, lire en ligne)

Voir aussi

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