Immigration en Suède

flux migratoires en Suède

L’immigration en Suède concerne l'ensemble des flux migratoires ayant la Suède pour destination.

Statistics Sweden (SCB) Immigrés en violet et émigrés en rouge par an (2000–2017).

En 2019, 19,5 % de la population suédoise (un peu plus de 2 millions de personnes sur une population de 10,3 millions) est née à l'étranger et, en incluant les personnes nées en Suède d'au moins un parent né à l'étranger, 33,1 % de la population a une origine étrangère (15,8 % d'origine européenne et 17,3 % d'origine ou partiellement d'origine non européenne)[1].

Le pourcentage de personnes nées à l'étranger était de 14,7 % en 2010 et 11,3 % en 2000. Cette évolution illustre l'importance de l'immigration dans la croissance démographique de la Suède. En 2015, au cours de la crise migratoire, environ 160 000 individus ont demandé l'asile politique en Suède[2].

Les immigrés en Suède se concentrent principalement dans les zones urbanisées de Svealand et Götaland ; les immigrés viennent en majorité d'autres pays nordiques (Finlande, Norvège, Danemark), des pays de l'Est de l’Europe (Pologne, ex-Yougoslavie, Hongrie, Roumanie), du Moyen-Orient (Irak, Iran, Liban, Syrie, Turquie) et de la corne de l'Afrique (Somalie, Éthiopie, Érythrée)[1].

En 2018, environ un quart des 115 000 nouveau-nés avaient au moins un parent né hors d'Europe[3].

Historique

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La Suède est un pays d’émigration jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale (près d'1,5 million de Suédois émigrèrent aux États-Unis vers la 2e moitié du XIXe siècle), puis une nation d’immigration après la Seconde Guerre mondiale. Les Finlandais constituent la première grosse vague d’immigration en Suède contemporaine. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, près de 70 000 jeunes Finlandais fuirent leur pays en raison de l’invasion soviétique. 15 000 d’entre eux restèrent en Suède après la guerre, et d’autres y retournèrent à leur âge adulte. Les difficultés d’après-guerre en Finlande poussèrent ensuite un grand nombre de chômeurs finlandais vers la prospère économie suédoise des années 1950 et 1960. Au plus fort du phénomène, 400 000 Finlandais vivaient en Suède, mais à la suite de la première crise pétrolière en 1973 le taux de chômage augmenta alors que la Finlande bénéficiait de ses relations commerciales avec l’URSS. Depuis, le nombre de Finno-Suédois a chuté sous la barre des 200 000.

Les interventions soviétiques en Hongrie en 1956, puis à Prague en 1968, entraînèrent l’arrivée des premiers réfugiés politiques. Les déserteurs américains refusant d’aller se battre au Viêt Nam trouvèrent souvent refuge parmi les Suédois. Du temps du Premier ministre social-démocrate Olof Palme fut mise en place une « politique d'immigration volontariste » notamment pour les réfugiés politiques[4]. Après le coup d’État de 1973 au Chili et l’apparition d’autres dictatures militaires en Amérique du Sud, ceux-ci se mirent à dominer le flux migratoire vers la Suède, y compris en provenance d’Iran, d’Irak et de Palestine. 135 000 réfugiés arrivés au cours des conflits yougoslaves se trouvent toujours dans le pays. Plus récemment, la Suède accueille des milliers de migrants (80 000 en 2014[5]) dont des réfugiés syriens qui ont fui la guerre civile syrienne. Depuis , la Suède accorde l'asile permanent à tous les réfugiés syriens qui en font la demande. C’est le premier pays européen à fournir des titres de séjour permanents aux réfugiés syriens.

Parmi les raisons de l'attractivité de la Suède sont évoqués « son généreux système social » et « sa réputation de tolérance »[5]. La Suède a apporté des contributions remarquables à la protection internationale des réfugiés au cours des dernières décennies, notamment grâce à un système d'asile et d'accueil bien établi, un engagement de longue date en faveur de la réinstallation des réfugiés, et des efforts d'intégration globaux[6].[source secondaire souhaitée]

Entre 2000 et 2016, le nombre de personnes nées à l'étranger a augmenté de 80 % en moyenne[7]. En 2016, il est rentré près de 122 000 étrangers venant d'un pays situé hors d'Europe, alors que seulement 13 000 personnes sont sorties du territoire, donnant un solde migratoire de 109 000 personnes[7]. Alors qu'au début des années 60, sur les 4 % des personnes nées à l'étranger, presque toutes étaient d'origine européenne et principalement des pays nordiques, en 2016, la majorité des migrants vient de pays non européens (Afghanistan, Iran, Irak, Syrie, Somalie, Érythrée). En 2017, la population d'origine étrangère sur deux générations est sans doute la plus importante de l'Union européenne en termes relatifs avec 30,6 % (17 % sur une génération)[7]. Dans les communes d'au moins 200 000 habitants, la proportion de populations d'origine étrangère (les immigrés et la génération née en Suède d'au moins un parent né à l'étranger) est passée de 34,3 % en 2002 à 44.3 % en 2016[7].

Les premières remises en cause du modèle immigrationniste suédois surviennent dans les années 2000-2010 avec des émeutes dans les banlieues de Stockholm[4], puis avec différentes affaires de harcèlement sexuel par les jeunes réfugiés[8]. En 2015, le pays demeure, en comparaison de ses voisins tel le Danemark, tenant d'une politique très favorable à l'immigration[9]. Pourtant, les limites de ce système se font sentir ces dernières années : le manque de capacité d’accueil, les temps d’attente interminables pour accéder à des services fournis par l’État, ou encore la montée des populismes engendrent des tensions au sein de la société et de l’échiquier politique[10].[source secondaire souhaitée] Si, en 2015, la Suède avait accueilli le plus de réfugiés par habitant en comparaison des autres pays de l'Union européenne, leur intégration est considérée en 2020 comme un échec, tout comme l'ensemble de la politique européenne des réfugiés[11].

Ainsi, en 2022, après de violentes émeutes qui ont fait plus de 100 blessés parmi les policiers, la Première ministre Magdalena Andersson déclare que la Suède n'a pas réussi à intégrer le grand nombre d'immigrants qu'elle a accueillis au cours des deux dernières décennies, ce qui a conduit à des sociétés parallèles et à la violence des gangs. La Suède a rendu plus stricte sa politique en matière d'immigration depuis qu'elle a accueilli plus de personnes par habitant que tout autre pays de l'Union européenne lors de la crise migratoire de 2015[12].

En 2023, le gouvernement annonce que l’octroi d’une aide publique au développement par l’État suèdois dépendra du fait que le pays bénéficiaire accepte ou non le rapatriement de ses citoyens, tels que les demandeurs d’asile et les migrants considérés comme un risque pour la sécurité du pays[13].

En juin 2026, le Parlement suédois adopte une loi autorisant les autorités à révoquer les permis de séjour des immigrés en cas de mauvaise conduite, notamment en cas de dettes impayées, de travail non déclaré ou de liens avec des organisations extrémistes. Cette loi, qui concerne les permis en cours de délivrance mais aussi rétroactivement ceux déjà accordés[14].

Population de la Suède par pays de naissance

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Les personnes nées à l'étranger dans d'autres pays que ceux mentionnés ci-dessus comptent moins de 5 000 personnes selon l'institut des statistiques suédois (Statistika Centralbyrån SCB)[17],[18].

Personnes nées à l'étranger et personnes nées en Suède d'au moins un parent né à l'étranger en 2019

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Le tableau ci-dessous permet d'avoir une vision du poids de l'immigration en Suède en 2019 car les enfants nés d'au moins un parent né à l'étranger y apparaissent. Les personnes nées à l'étranger et celles nées en Suède, d'au moins un parent né à l'étranger, représentent 33,1 % de la population suédoise. Parmi ces personnes 17,3 % sont d'origine ou partiellement d'origine non européenne principalement de Syrie (233 262), d'Irak (221 077), d'Iran (117 860), de Turquie (101 244), d'Afghanistan (70 805) et de la Corne de l'Afrique (202 728)[1].

Région (2019)Nés en Suède de deux parents
nés en Suède
Nés à l'étrangerNés en Suède d'au moins
un parent né à l'étranger
Total%
SUEDE6 912 4346 912 43466,9 %
RESTE DE L'EUROPE830 416792 1361 622 55215,7 %
HORS EUROPE1 187 775600 7881 788 56317,3 %
dont MENAT632 748292 850925 5989,0 %
dont ASIE (sauf pays de la région MENAT)234 936103 040337 9763,3 %
dont AFRIQUE SUBSAHARIENNE197 667101 749299 4162,9 %
dont AMERIQUE115 97498 168214 1422,1 %
dont OCEANIE6 4504 98111 4310,1 %
Inconnue1 5422 5094 0510,0 %
TOTAL6 912 4342 019 7331 395 43310 327 600100.0 %

Note: la région MENAT comprend ici les pays du Moyen-Orient, d'Afrique du Nord et la Turquie. L'Afghanistan, l'Arménie et la Géorgie sont également inclus.

Acquisition de la nationalité suédoise par pays d'origine des individus

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Acquisition de la nationalité suédoise par pays d'origine des individus
(seuls les ressortissants de pays ayant plus de 500 naturalisés sont repris dans ce tableau)[19],[20]
2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022
Total 48 249 60 343 68 898 63 818 64 206 80 175 89 354 92 225
Drapeau de la Syrie Syrie 1 370 4 479 8 635 10 626 20 066 24 472 31 113 19 069
Drapeau de l'Érythrée Érythrée 1 113 1 451 1 677 1 836 1 865 2 307 3 717 8 325
Drapeau de la Somalie Somalie 4 776 9 069 8 140 6 746 2 952 2 120 4 522 5 679
Drapeau de l'Afghanistan Afghanistan 1 198 2 330 2 316 1 912 2 793 2 820 4 269 5 405
Inconnus 797 1 131 1 538 1 589 1 337 1 841 2 168 3 737
Drapeau de l'Irak Irak 4 955 3 694 3 272 2 579 2 260 3 610 2 371 3 101
Drapeau de l'Inde Inde 457 470 724 816 909 1 283 1 635 2 865
Drapeau de la Finlande Finlande 2 133 2 182 1 974 2 522 1 730 1 582 2 248 2 429
Apatrides 3 264 4 395 7 072 5 629 3 197 3 227 2 758 2 338
Drapeau de la Pologne Pologne 2 333 2 702 2 083 1 783 1 209 2 722 2 071 2 027
Drapeau de l'Iran Iran 1 331 1 420 1 788 1 736 1 399 1 584 1 312 1 833
Drapeau de la Turquie Turquie 1 182 1 320 1 488 796 915 1 431 1 050 1 630
Drapeau de la Serbie Serbie 1 169 1 234 1 808 1 273 1 037 1 269 1 169 1 561
Drapeau de la Thaïlande Thaïlande 2 928 2 675 2 517 1 620 1 391 1 921 1 640 1 523
Drapeau de la Norvège Norvège 346 1 725 1 857 1 441
Drapeau de l'Éthiopie Éthiopie 436 493 664 617 327 636 961 1 420
Drapeau du Danemark Danemark 1 510 1 942 1 720 2 052 1 356 1 393 2 044 1 318
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 918 858 854 893 694 1 419 1 349 1 317
Drapeau du Pakistan Pakistan 552 748 1 108 1 145 722 775 833 1 149
Drapeau de la Roumanie Roumanie 736 886 822 779 573 1 431 934 1 135
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni 444 960 1 228 1 340 4 495 2 151 1 131
Drapeau de la Russie Russie 789 808 982 691 713 807 750 1 095
Drapeau de la Croatie Croatie 166 283 446 782
Drapeau de la Grèce Grèce 296 804 747 722
Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Vietnam 377 612 567 717
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 458 390 370 712
Drapeau des États-Unis États-Unis 508 523 620 568 509 796 704
Drapeau de l'Italie Italie 246 595 572 650
Drapeau du Nigeria Nigeria 175 323 391 636
Drapeau de la Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine 438 538 453 633
Drapeau des Philippines Philippines 357 587 549 613
Drapeau de l'Ukraine Ukraine 439 535 458 603
Drapeau de la Bulgarie Bulgarie 302 537 446 597
Drapeau du Bangladesh Bangladesh 366 432 438 591
Drapeau de l'Albanie Albanie 132 264 384 581
Drapeau de la Mongolie Mongolie 90 141 257 564
Drapeau de l'Égypte Égypte 362 387 475 545
Drapeau du Maroc Maroc 357 444 386 530
Drapeau de la Hongrie Hongrie 257 583 402 529

Santé publique

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Mutilations génitales féminines

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Les autorités suédoises de santé publique (en suédois : Socialstyrelsen (sv), en anglais : National Board of Health and Welfare (en)) ont estimé que 38 000 victimes de mutilations génitales féminines habitent en Suède. La majorité de ces femmes sont originaires de Somalie, d'Érythrée, d'Éthiopie ou de Gambie, et 7 000 ont moins de 18 ans[21].

Conséquences

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Une des conséquences de l'immigration massive en Suède est la pression que l'arrivée des nouveaux arrivants exerce sur le modèle social national. Pour faire face à cette situation tendue, les allocations attribuées aux immigrants ont été réduites. Après neuf ans en Suède, seulement la moitié des immigrants ont un emploi, une situation qui mène à changer l'approche sur le marché du travail pour favoriser des emplois peu qualifiés[22].

Notes et références

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  1. 1 2 3 Foreign-born and persons born in Sweden with one or two Foreign-born parents by Country of Birth/Country of Origin 31 december 2019, total, SCB.SE, Mai 2020
  2. ↑ (en) Anja Eriksson/TT, « Serber ökade flyktingströmmen », DN.SE, (consulté le ).
  3. ↑ Migration, barnafödande och dödlighet — Födda 1970–2018 efter föräldrarnas födelseland, p.15, Diagram 7, scb.se, 5 mars 2020
  4. 1 2 Suède: pourquoi les banlieues brûlent, Axel Gyldén, lexpress.fr, 24 mai 2013
  5. 1 2 Suède: un référendum sur l'immigration ?, lefigaro.fr, 29/08/2015
  6. ↑ (en-US) Filippo Gr et UN High Commissioner for Refugees, « UNHCR - Global Trends 2019: Forced Displacement in 2019 », sur UNHCR Global Trends 2019, (consulté le )
  7. 1 2 3 4 Christophe Guilluy, No Society. La fin de la classe moyenne occidentale, Flammarion, 2018, p.154 et suiv.
  8. ↑ (en) Suddenly, the Swedes are talking about their refugee problem, telegraph.co.uk, 16 janvier 2016
  9. ↑ Olivier Prévôt, « Immigration: pourquoi il n'y a pas de débat en Suède », sur causeur.fr, .
  10. ↑ (en) Cerrotti, « Sweden was among the best countries for immigrants. That's changing. », sur The World, (consulté le )
  11. ↑ (de) Eine ausschließlich deutsche Debatte?, tagesspiegel.de, 14 septembre 2020
  12. ↑ (en) Swedish PM says integration of immigrants has failed, fueled gang crime, reuters.com, 28 avril 2022
  13. ↑ Charles Szumski, La Suède conditionne son aide au développement à la coopération en matière d’expulsion de migrants, euractiv.fr, 15 décembre 2023
  14. ↑ (en) Sweden passes 'good behaviour' law to kick out misbehaving immigrants, reuters.com, 15 juin 2026
  15. ↑ Statistika Centralbyran, Population statistics.
  16. ↑ Hors Hong-Kong.
  17. ↑ Statistika Centralbyrån, Population by country of birth, age and sex. Year 2000 - 2018.
  18. ↑ (en) « Population statistics », sur Statistiska Centralbyrån (consulté le )
  19. ↑ Statistika Centralbyran
  20. ↑ Number of persons in Sweden who have acquired Swedish citizenship by country of citizenship and year
  21. ↑ (sv) « Könsstympning/omskärelse av flickor och kvinnor - Förekomst », sur www.socialstyrelsen.se (consulté le ) : « Socialstyrelsen har uppskattat att det bor närmare 38 000 flickor och kvinnor i Sverige som kan ha varit utsatta för könsstympning. De största grupperna är flickor och kvinnor från Somalia, Eritrea, Etiopien, Egypten och Gambia. Socialstyrelsen uppskattar att cirka 7 000 av dessa är flickor under 18 år. ».
  22. ↑ « L’immigration modifie le modèle social suédois », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )

Voir aussi

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