Incendie de 1976 dans le massif des Aspres

L'incendie de juillet 1976 dans le massif des Aspres est un feu de forêt qui affecte toute la moitié orientale du massif des Aspres, le contrefort du massif du Canigou, dans les Pyrénées-Orientales (France), entre Corbère-les-Cabanes et Céret du 28 juillet au 31 juillet 1976. D'origine accidentelle, sans que la cause précise ne soit formellement établie, l'incendie se déclenche le 28 juillet vers 12 h 15 min à proximité du dépôt d'ordures ménagères de Corbère-les-Cabanes et se propage très rapidement vers le sud-est, attisé par un fort vent de tramontane. Dans les premières heures du 30 juillet, l'incendie est maîtrisé. Au total, l'incendie détruit, selon les sources, entre 6 600 ha[1] et 7 345 ha[2] de végétation.

Les nombreuses carences dans les moyens de préventions et de lutte contre l'incendie, révélées à l'issue du sinistre, sont à l'origine d'une importante évolution des politiques publiques en matière de prévention contre les feux de forêt. Il amène notamment à la création de la base de données « Prométhée » qui recense les causes et les circonstances de déclenchement des feux de forêts pour permettre une adaptation des pratiques de prévention[3],[4].

Informations essentielles

Incendie de 1976 dans le massif des Aspres
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Pays
Lieu
Localisation administrative
Coordonnées
Statistiques
Coût
~ 5 000 000 de francs
Date de début
28 juillet 1976 vers 12 h 15 min
Date de maîtrise
30 juillet 1976 à 6 h 30 min
Date de fin
31 juillet 1976 à 2 h 0 min
Superficie brûlée
entre 6 600 et 7 345 ha
Cause
probable incinération d'ordures au dépôt de Corbère-les-Cabanes
Température
32 °C
Type de terrain
Nombre de morts
aucun
Nombre de blessés
aucun
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Situation préfigurant l'incendie

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Contexte géographique

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Situation géographique

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Le massif des Aspres est une région naturelle située dans le département des Pyrénées-Orientales, à 18 km au sud-ouest de Perpignan[5]. Il forme le piémont nord-est du massif du Canigou et constitue les premiers reliefs pyrénéens dominant les plaines du Roussillon et du Ribéral. Il est marqué par un relief de petite et moyenne montagne évoluant progressivement de 100 m à 1 347 m d'altitude suivant un axe nord-est–sud-ouest jusqu'à son point culminant, le Santa Anna dels Quatre Termes[6]. Le relief vallonné des Aspres s'accentue selon ce même axe avec une dénivellation qui atteint les 600 m dans les hautes vallées de la limite occidentale du massif. Il est drainé par les rivières du Boulès (affluent de la Têt), de l'Ample (affluent du Tech), de la Canterrane et du Réart[7].

Contexte météorologique de l'été 1976

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Déroulé

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Éclosion du feu et premières alertes

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Le mercredi 28 juillet dans le courant de la matinée, sur le site du dépôt d'ordures ménagères de Corbère-les-Cabanes situé à proximité d'une carrière au pied de la colline du Montou (42° 39′ 12″ N, 2° 40′ 39″ E), à 500 m au sud du village, est réalisée l'incinération des ordures collectées le jour-même sur les communes de Corbère-les-Cabanes et de Corbère[8]. Dans la fin de la matinée, vers 11 h 30, sont ajoutés au foyer des papiers et cartons en provenance de la mairie avant le départ des employés municipaux vers 11 h 50, ce qui laisse dès lors le site sans surveillance[9].

À 12 h 5, un témoin passant à proximité du site observe que le vent attise violemment les flammes et projette des papiers incandescents en dehors du dépôt. À 12 h 15, un autre témoin remarque un arbuste en crépitement et de petites flammes se propageant en dehors de l'enceinte du dépôt au ras du sol, ce qui semble constituer le moment de l'éclosion de l'incendie[9],[note 1]. À 12 h 45, de la fumée est aperçue depuis les hauteurs de la commune de Caixas, à environ 5 km du site de l'embrasement. À partir de 13 h, la fumée est visible de Corbère et Castelnou d'où des témoins préviennent vers 13 h 5–13 h 10 respectivement les sapeurs-pompiers de Corbère et la gendarmerie de Thuir, suivis d'un autre témoin à 13 h 15 qui appelle également la gendarmerie de Thuir qui prévient alors celle de Millas. En parallèle de cela, la sirène retenti à Corbère-les-Cabanes[9].

Premières interventions des services de secours

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À 13 h 25, les gendarmes de Thuir sont les premiers à rallier le lieu de l'éclosion de l'incendie au dépôt d'ordures de Corbère-les-Cabanes[9]. Ils sont rejoints par les sapeurs-pompiers du centre de secours de Thuir, le plus proche du lieu de l'incendie, qui arrivent sur site à 13 h 34 avec des camions-citerne feux de forêts moyens[2], suivis des gendarmes de Millas à 13 h 35[9]. À ce moment-là, le feu, attisé par une tramontane soufflant à 29 km/h vers le sud-est[10], s'est déjà propagé sur plus de 1 200 m vers le sud et atteint le hameau de Bellecroze sur la commune de Camélas (42° 38′ 31″ N, 2° 40′ 49″ E)[11].

Extension incontrôlée du feu

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Dans un premier temps, l'incendie se propage rapidement vers le sud-sud-est en direction des villages de Castelnou et de Montauriol avant de dévier sa course davantage vers le sud en direction d'Oms, brûlant plus de 2 750 ha en moins de 3 h 30 min[12].

Face à l'ampleur du sinistre, la gendarmerie de Thuir informe à 16 h 30 le Commandement départemental à Perpignan de la nécessité d'une intervention rapide de Canadair CL-215. À 17 h, la direction départementale de Sécurité civile (DDPC) demande l'intervention de Canadair sur l'incendie auprès du COZ Sud de Valabre qui est refusée en raison de l'indisponibilité des appareils, déjà engagés sur d'autres théâtres d'opération dans d'autres départements[13].

L'affaiblissement du vent à partir de 21 h permet une forte diminution de la vitesse de progression du feu à moins de 90 m/h[14]. À 23 h, le front de l'incendie s'étale sur environ 10 km entre Corbère-les-Cabanes et le secteur de Montauriol. Le 29 juillet à 2 h, celui-ci s'étend jusqu'à Tordères, soit près de 12 km de long, et menace directement plusieurs villages[12].

Arrivée de renforts et engagement des canadairs

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Dans la matinée du 29 juillet, à 10 h, les autorités militaires acceptent d'engager en renfort d'une compagnie du 24e régiment d'infanterie de marine (RIMa), mais retarde son intervention invoquant les risques importants pour la vie des soldats. Ils ne rejoignent le sinistre que le lendemain au petit matin où 120 hommes de troupe renforcent les équipes sur le secteur de la carrière de Thuir (42° 37′ 14″ N, 2° 43′ 44″ E)[15]. En parallèle, la DDPC demande à nouveau l'envoi de Canadair et reçoit encore une réponse négative, motivée par les conditions météorologiques défavorables liées à la présence d'une tramontane soufflant avec des rafales de 72 km/h ne permettant pas l'intervention des appareils[13].

Dans la journée du 29 juillet, le feu progresse notamment vers l'ouest, sur les communes de Caixas et de Calmeilles[14] et poursuit également sa progression vers le sud à des vitesses variables pouvant atteindre 1 km/h, brûlant plus de 1 650 ha supplémentaires. À 17 h, l'incendie approche du château d'Aubiry (42° 30′ 47″ N, 2° 45′ 58″ E), situé non-loin de Céret, à plus de 15 km de son point d'éclosion[12].

À 14 h 45, les services de la préfecture des Pyrénées-Orientales sont avisés de la possibilité d'une mise à disposition de Canadair qui est redemandée dans la foulée et confirmée à 16 h 15 par le COZ Sud de Valabre[13]. L'intervention des Canadair débute à 18 h 35 ce qui permet, en conjugaison avec l'ensemble des moyens terrestres déployés, de reprendre progressivement l'initiative sur l'incendie au cours de la soirée. À 20 h, 60 sapeurs-pompiers militaires de Brignoles renforcent les équipes sur le secteur de Vivès (42° 32′ 08″ N, 2° 45′ 57″ E) et des forestiers-sapeurs de l'Hérault arrivent en renfort sur le secteur de Corbère (42° 38′ 13″ N, 2° 39′ 39″ E). Entre le 29 juillet à 17 h et le 30 juillet à 2 h, plus de 2 000 ha supplémentaires partent en fumée, le feu progressant à une vitesse moyenne de 50 m/h et acquérant alors sa plus grande extension[14].

Fixation et extinction de l'incendie

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Le 30 juillet à 2 h du matin, la progression du feu est stoppée, puis l'incendie est circonscrit à 6 h 30. L'ensemble de la journée du 30 juillet est consacrée à l'extinction des lisières du feu par les équipes au sol avec l'appui des Canadair. À partir du 31 juillet à 2 h du matin, le feu est déclaré comme totalement maîtrisé[14].

Notes et références

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  1. ↑ La fiche de la BDIFF, issue des données de la base Prométhée, donne plutôt l'heure d'éclosion de l'incendie à 12 h 30[1].

Références

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  1. 1 2 « Incendie 1976-2495 (forêt) », sur https://bdiff.agriculture.gouv.fr, Ministère de l'Agriculture (consulté le ).
  2. 1 2 Amigo 1979, p. 13.
  3. ↑ Elsa Panadès, « VIDÉOS. 7 000 hectares brûlés et un traumatisme ineffaçable : le souvenir de l'incendie dévastateur de 1976 resurgit dans les Pyrénées », sur https://france3-regions.franceinfo.fr/, France 3 Occitanie, (consulté le ).
  4. ↑ Muriel Vitel, « EN IMAGES - Des Aspres à Landiras : les 10 plus gros incendies qui ont marqué la France depuis 50 ans », sur https://www.ici.fr/, Ici, (consulté le ).
  5. ↑ « Carte topographique IGN », sur https://cartes.gouv.fr/ (consulté le ).
  6. ↑ « Une géomorphologie, des paysages », sur https://canigo-grandsite.com, Syndicat mixte Canigó Grand Site (consulté le ).
  7. ↑ B. Laumonier, M. Calvet, M. Wiazemsky, P. Barbey, C. Marignac, J. Lambert et J.-L. Lenoble, Notice explicative de la feuille Céret à 1/50 000, Orléans, BRGM, , 164 p. (lire en ligne Accès libre [PDF]), « Situation géographique », p. 7-9.
  8. ↑ Amigo 1979, p. 19.
  9. 1 2 3 4 5 Amigo 1979, p. 21.
  10. ↑ Amigo 1979, p. 9.
  11. ↑ Amigo 1979, p. 23.
  12. 1 2 3 Amigo 1979, p. 11.
  13. 1 2 3 Amigo 1979, p. 87.
  14. 1 2 3 4 Amigo 1979, p. 12.
  15. ↑ Amigo 1979, p. 14.

Annexes

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Bibliographie

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  • Jean-Jacques Amigo (préf. Louis Trabaud), Contribution à l'étude des feux de forêts : l'incendie de juillet 1976 dans les Aspres (Pyrénées-Orientales) (Hors-série revue « Conflent »), Prades, Groupe de recherches historiques et archéologique du Conflent, , 181 p. (BNF 34613607). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Adrienne Cazeilles, Quand on avait tant de racines, Perpignan & Marcevol, Éditions Trabucaire (2e éd.) & Éditions du Chiendent (1re éd.), , 2e éd. (1re éd. 1979), 168 p. (ISBN 978-2-84974-140-5 et 2-85999-005-4, BNF 34678495, présentation en ligne).

Articles connexes

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