Independent Women's Forum

L'Independent Women's Forum (IWF) est une organisation conservatrice américaine à but non lucratif se concentrant sur les questions de politique économique préoccupant les femmes[1],[2],[3],[4]. L'IWF a été fondée par la militante Rosalie Silberman afin d'encourager une « alternative conservatrice aux principes féministes » suite à la nomination controversée de Clarence Thomas à la Cour suprême en 1992[2]. L'organisation sœur d'IWF est Independent Women's Voice (IWV), une organisation de type 501(c)(4).

Independent Women's Forum
Histoire
Fondation
1992
Cadre
Zone d'activité
États-Unis
Irak
Afghanistan
Type
Méthode
Programmes éducatifs, prix, subventions et commentaires politiques
Siège
Pays
Coordonnées
Langue
Langue de travail
Organisation
Fondateur
Site web
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Le groupe prône le « féminisme de l'équité », un terme d'abord employé par une auteure de l'IWF, Christina Hoff Sommers, dans le but de distinguer le « féminisme humaniste libéral classique traditionnel » du « féminisme de genre », qu'elle déclare opposer les rôles de genre ainsi que le patriarcat[5]. D'après Sommers, la perspective du féminisme de genre est « l'idéologie prédominante au milieu des philosophes et leaders féministes contemporains », et « prospère le mythe selon lequel les femmes américaines sont le « deuxième sexe » opprimé[5],[6]. » Le féminisme de l'équité de Sommers a été décrit comme étant antiféministe de la part de ses détracteurs[7].

Origine et histoire

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Fondée en 1992 par Rosalie Silberman, Anita Blair, et Barbara Olson, l'IWF est née du groupe ad hoc « Women for Judge Thomas » pour soutenir Clarence Thomas face à des accusations de harcèlement sexuel ainsi que d'un autre comportement illégal à caractère sexuel portées à son encontre ainsi que pour appuyer sa position de président de l'EEOC, alors qu'il refuse de faire appliquer les lois contre le harcèlement sexuel et la discrimination au travail[8].

En 1996, l'organisation compte quelque 700 membres cotisants se réunissant régulièrement lors de déjeuners afin d'échanger et développer leur réseau ainsi que partager leurs idées. Silberman est la première présidente de l'IWF ; des leaders ultérieures comprennent Nancy Pfotenhauer et Anita Blair. L'actuelle présidente de l'organisation est Carrie Lukas[9]. L'IWF a été décrite comme « le Who's Who virtuel de l'establishment républicain de Washington »[10]. En 2006, l'organisation compte 20 337 membres et dispose d'un budget de 1,05 million de dollars[1].

Féminisme de l'équité

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IWF s'oppose à de nombreuses positions féministes dominantes, les décrivant comme étant un « féminisme radical », or, se concentre plutôt sur le féminisme de l'équité[5]. Des auteures liées à l'IWF affirment que l'écart de revenu entre les sexes existe en raison de la demande accrue des femmes de l'IWF pour plus de flexibilité, moins d'heures de travail et moins de déplacements dans leurs carrières, plutôt qu'en raison du sexisme. Dans un article consacré au Dallas Morning News, la vice-présidente de l'IWF, Carrie Lukas, attribue les disparités de revenus entre les sexes aux « choix propres des femmes », écrivant que les femmes « ont tendance à accorder une plus grande priorité à la flexibilité et à l'épanouissement personnel que les hommes, se concentrant davantage sur le salaire. [Les femmes] ont tendance à éviter des emplois exigeant des déplacements ainsi qu'un déménagement, et prennent plus de congés et passent moins d'heures au bureau que les hommes. Les hommes assument de manière disproportionnée les tâches les plus sales, les plus dangereuses et les plus déprimantes. »

L'IWF déclare également que les féministes instaurent une législation sur la violence conjugale « induisant en erreur parce qu'elle repose sur et vise à faire avancer l'idéologie féministe[1]. » Cela s'inscrit dans leur conviction plus générale que « les féministes... mentent au sujet des données, sont opportunistes, construisent les hommes comme étant l'ennemi, et présentent les femmes comme des victimes impuissantes[1]. »

Des commentateurs conservateurs ont loué l'IWF ; Linda Chavez attribue à Women's Figures: An Illustrated Guide to the Economic Progress of Women in America, un ouvrage édité en 1999 en partie par l'IWF, le mérite d'avoir « démystifié une grande partie de l'économie vaudou des féministes[11]. » Rédigeant dans Capitalism Magazine, John Stossel cite l'ouvrage Women's Progress de Michelle Bernard paru en 2007 en tant que preuve que « les femmes américaines n'ont jamais disposé d'autant d'options ni joui d'une telle qualité de vie[12]. »

Certains auteurs avancent que la rhétorique féministe est utilisée par l'IWF à des fins antiféministes[1],[13]. Un éditorial du New York Times décrit l'IWF comme étant « un groupe de politique publique de droite apportant un soutien pseudo-féministe à des positions extrêmes étant en réalité dangereuses pour les femmes[14]. »

Politique et programmes de l'intérieur

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Politique de santé des États-Unis

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En 2009, l'IWF réalise une publicité politique diffusée sur YouTube ainsi que dans huit États déclarant que « 300 000 femmes américaines ayant un cancer du sein auraient pu mourir » si le système de santé américain comprenait une option financée par le gouvernement. FactCheck.org qualifie la publicité de l'IWF d'« appel fallacieux aux craintes des femmes », ayant découvert que la publicité de l'IWF repose sur « des statistiques obsolètes, un raisonnement erroné ainsi que de fausses insinuations[15]. »

Application du titre IX

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Peu de temps après le lancement de l'organisation, l'IWF s'associe à des groupes tels que la National Wrestling Coaches Association en s'opposant à la manière dont le Bureau des droits civiques du Département de l'Éducation des États-Unis applique la législation du titre IX exigeant l'égalité des sexes dans les investissements publics en matière d'éducation. La loi du titre IX de 1972 déclarant : « Aux États-Unis, nul ne peut, en raison de son sexe, être exclu de la participation à un programme ou à une activité d'enseignement bénéficiant d'une aide financière fédérale, se voir refuser les avantages qui en découlent ou faire l'objet de discrimination dans le cadre de ceux-ci. »

Programme sur les campus

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L'organisation met l'accent sur les rôles de la famille traditionnelle ainsi que sur les normes culturelles comme étant essentiels à une société civile. En particulier, l'IWF encourage les jeunes femmes à embrasser ce qu'elle présente comme une attitude saine envers le rendez-vous galant, la cour, ainsi que le mariage[16]. Cette priorité se reflète dans un travail de grande envergure, parfois polémique, mené sur les campus universitaires où l'IWF parraine des campagnes publicitaires et la distribution de documentation promouvant ses pensées. Un tel effort comprend la diffusion de publicités aux titres provocateurs tels que « Les dix mythes féministes les plus courants »[17]. L'IWF propose également des stages et parraine un concours de dissertation annuel ouvert aux étudiantes de premier cycle à temps plein.

En réaction aux informations faisant état d'une promiscuité croissante sur les campus universitaires ainsi que le mouvement V-Day fondé par Eve Ensler, l'IWF crée son programme universitaire « Take Back the Date » (« Reconquérir le rendez-vous galant ») afin de « récupérer la Saint-Valentin des féministes radicales sur les campus utilisant un jour d'amour et de romance dans le but de promouvoir un comportement vulgaire et aux mœurs légères à travers des activités comme Les Monologues du vagin »[18]. S'adressant spécifiquement à la pièce de théâtre controversée, le communiqué du « Take Back the Date » de l'IWF indique que : « Bien que la pièce permette de récolter des fonds pour une bonne cause, son caractère hypersexualisé va à l'encontre des apports positifs du mouvement féministe et avilit les femmes. »

Dans un article de The Guardian, l'auteure féministe Jessica Valenti affirme que le programme se contente de « moderniser des notions de féminité dépassées et de les présenter comme étant à la pointe de la nouveauté. »

Projet 2025

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L'IWF est membre du comité consultatif Projet 2025, un recueil de propositions de politique de droite et conservatrices de Heritage Foundation dans le but de refaçonner le gouvernement fédéral des États-Unis ainsi que consolider le pouvoir exécutif si le candidat républicain remporte l'élection présidentielle américaine de 2024[19].

Programmes internationaux

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Condoleezza Rice s'adressant à un public de l'IWF en 2006, après avoir reçu le prix « Woman of Valor » de l'organisation.

Depuis sa fondation, l'IWF parraine de nombreuses conférences, tables rondes et autres programmes destinés à promouvoir son message auprès d'un public international. Cela inclut principalement des activités et des événements traitant de sujets ou se déroulant en Irak, en Afghanistan, et se concentrant sur la promotion de la participation des femmes en démocratie.

L'IWF prend également part à des programmes ainsi que initiatives internationaux en faveur des femmes. Par exemple, « au printemps 2002, la présidente de l'IWF, Nancy Pfotenhauer, a été nommée par le président des États-Unis George W. Bush afin d'être déléguée auprès de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies. »

En octobre 2004, la Feminist Majority Foundation s'oppose à la décision du Département d'État des États-Unis d'attribuer une partie d'une subvention à l'IWF. L'œuvre de l'IWF en Irak s'inscrit dans le prolongement de celle de l'American Islamic Conference ainsi que la Foundation for Defense of Democracies, un think tank néo-conservateur.

Financement

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Les donateurs de l'IWF comprennent Donors Trust, la John William Pope Foundation, la Bradley Foundation, les Scaife Foundations, la Randolph Foundation, ainsi que la John M. Olin Foundation[20]. Un autre parrain majeur est le Stand Together Fellowship, tandis que Facebook, Dick DeVos, et la Walton Family Foundation donnent également de l'argent à l'organisation[21].

Membres du comité

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Heather Higgins, présidente de l'IWF, lors de son passage à l'émission Real Time with Bill Maher en 2006.

Le comité est présidé par la femme d'affaires Heather Higgins accompagnée des autres membres Yvonne Boice, Kellyanne Conway (congé temporaire), Giovanna Cugnasca, Nan Hayworth, Larry Kudlow, ainsi qu'Adele Malpass. Les directrices émérites de l'organisation comprennent l'ancienne deuxième dame des États-Unis Lynne Cheney, l'auteure Midge Decter, Kimberly O. Dennis, l'économiste Wendy Lee Gramm, Elizabeth Lurie, la journaliste Kate O'Beirne, Nancy Pfotenhauer, Sally Pipes, Michaelon Wright, Randy Silberman, ainsi que Louise V. Oliver.

Articles connexes

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Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 (en) Ronnee Schreiber, Righting Feminism : Conservative Women & American Politics Le féminisme à droite : les femmes conservatrices et la politique américaine »], Oxford University Press, , 190 p. (ISBN 978-0-19-533181-3)
  2. 1 2 (en) Joe Holley, « Rosalie Silberman; Created Independent Women's Forum » [« Rosalie Silberman ; a fondé l'Independent Women's Forum »] Accès libre, sur The Washington Post,
  3. (en) Allison Kasic, « The 1 in 4 stat is real! » [« La statistique « un sur quatre » est bien réelle ! »] Accès libre,
  4. (en) Andrew O'Reilly, « Silicon Valley sees rise of vocal men's right movement amid push for gender parity » [« La Silicon Valley voit émerger un mouvement masculiniste revendicatif sur fond de poussée pour la parité hommes-femmes. »] Accès libre, sur Fox News,
  5. 1 2 3 (en) Christina Hoff Sommers, « Women Under Siege », dans Christina Hoff Sommers, Who Stole Feminism? : How Women Have Betrayed Women Qui a volé le féminisme ? Comment les femmes ont trahi les femmes »], , 320 p. (ISBN 9780671794248)
  6. (en) Christina Hoff Sommers et Bernard Chapin, « Post-Super Bowl Feminism » [« Le féminisme après le Super Bowl »] Accès libre, sur American Enterprise Institute,
  7. (en) Jennifer Pozner, « Female Anti-Feminism for Fame and Profit », dans Uncovering the Right on Campus : A Guide to Resisting Conservative Attacks on Equality and Social Justice Mettre au jour la droite sur les campus : un guide pour résister aux attaques conservatrices contre l'égalité et la justice sociale »], , 134 p. (ISBN 9780945210078)
  8. (en) Barbara Spindel, « Conservatism as the “Sensible Middle” : THE INDEPENDENT WOMEN'S FORUM, POLITICS, AND THE MEDIA » [« Le conservatisme comme « juste milieu » : l’Independent Women’s Forum, la politique et les médias »], Social Text, vol. 21, no 4, , p. 99–125
  9. (en) Karen McVeigh, « Does the GOP have a problem with women? » [« Le Parti républicain a-t-il un problème avec les femmes ? »] Accès libre, sur The Guardian,
  10. (en) Ronnee Schreiber, « Pro-Women, Pro-Palin, Antifeminist : Conservative Women and Conservative Movement Politics », dans Crisis of Conservatism? : The Republican Party, the Conservative Movement, and American Politics After Bush Crise du conservatisme ? Le Parti républicain, le mouvement conservateur et la politique américaine après Bush »], Oxford University Press, , 416 p. (ISBN 978-0-19-976402-0)
  11. (en) Linda Chavez, « How to spend Equal Pay Day » [« Comment passer la Journée de l'égalité salariale »] Accès libre, sur Jewish World Review,
  12. (en) John Stossel, « Women’s Progress: Damsels in Distress? » [« Progrès des femmes : des demoiselles en détresse ? »] Accès libre, sur Capitalism Magazine,
  13. (en) « Sarah Palin: New Face Of Feminism? » [« Sarah Palin : nouveau visage du féminisme ? »] Accès libre, sur National Public Radio,
  14. (en) « Dangerous Gun Myths » [« Mythes dangereux sur les armes à feu »] Inscription nécessaire, sur The New York Times,
  15. (en) Lori Robertson, « A False Appeal to Women’s Fears » [« Un appel fallacieux aux peurs des femmes »] Accès libre, sur FactCheck.org,
  16. (en) Norval Glenn et Elizabeth Marquardt, Hooking Up, Hanging Out, and Hoping for Mr. Right : College Women on Mating and Dating Today Relations sans lendemain, sorties entre amis et quête du prince charmant : le regard des étudiantes d'aujourd'hui sur les rencontres amoureuses »], Institute for American Values, , 88 p.
  17. (en) Cathy Young, « Ad Anger : Free expression is under attack in another campus ad controversy. » [« Polémique autour d'une publicité : la liberté d'expression est menacée par une nouvelle controverse liée à une publicité sur un campus. »] Accès libre, sur Reason,
  18. (en) Lynn Harris, « “Take Back the Date” : Have radical feminists ruined romance? » [« « Reconquérir le rendez-vous galant » : les féministes radicales ont-elles gâché la romance ? »] Accès libre, sur Salon.com,
  19. (en) LISA MASCARO, « Conservative groups draw up plan to dismantle the US government and replace it with Trump’s vision » [« Des groupes conservateurs élaborent un plan pour démanteler le gouvernement américain et le remplacer par la vision de Trump. »] Accès libre, sur Associated Press,
  20. (en) Zoe Greenberg, « Major Conservative Women’s Group Hides Anti-Choice Connections » [« Un important groupe de femmes conservatrices dissimule ses liens avec le mouvement anti-choix. »] Accès libre, sur Rewire News Group,
  21. (en) « Koch-backed group fuels opposition to school mask mandates, leaked letter shows » [« Une lettre ayant fuité révèle qu'un groupe soutenu par les Koch alimente l'opposition au port du masque obligatoire à l'école. »] Accès payant, sur The Washington Post,