Infrastructure de recherche

type d'infrastructure

Une infrastructure de recherche est une infrastructure qui rassemble des équipements scientifiques, des ressources et des services mis à disposition de la communauté scientifique pour soutenir la recherche scientifique et favoriser l'innovation.

Les infrastructures de recherche constituent un élément structurant de l’écosystème scientifique contemporain et des politiques publiques de la recherche.

Souvent construites autour des nouvelles technologies, elles permettent à la communauté scientifique d’accéder à des équipements et dispositifs rares et coûteux, dont l’utilisation nécessite une expertise scientifique et technique spécifique.

Typologie

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Très hétérogènes, les infrastructures de recherche comprennent notamment :

Elles peuvent être localisées de manière centralisée, distribuée ou dématérialisée.

Certaines sont conçues et exploitées dans un seul domaine scientifique, d'autres présentent un caractère interdisciplinaire.

Organisation et rôle

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Une infrastructure de recherche est un dispositif structurant qui fournit des moyens techniques, humains et organisationnels à la communauté scientifique pour mener des activités de recherche.

En raison des investissements importants qu'elles nécessitent, les infrastructures de recherche associent généralement plusieurs établissements à l'échelle nationale ou internationale dans une logique de mutualisation.

Ces infrastructures concernent l’ensemble des domaines scientifiques : physique, chimie, astrophysique, biologie, informatique et sciences humaines et sociales[1].

Elles sont considérées comme des conditions nécessaires à l’excellence et à la souveraineté scientifique, à la compétitivité internationale et à la coopération entre laboratoires[2].

Historique

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Le concept d'infrastructure de recherche est une construction relativement récente, utilisée principalement par les décideurs politiques en raison de leur rôle stratégique dans la recherche contemporaine.

On peut néanmoins faire remonter ce que l'on désigne sous cette expression à l'époque moderne avec la naissance de la science dite moderne.

Les premiers grands équipements scientifiques apparaissent à la fin du XVIe siècle et au XVIIe siècle, notamment avec des observatoires comme l’Observatoire de Paris (1667), l’Observatoire royal de Greenwich (1675) ou encore le Yantra Mandir de Jaipur en Inde, ainsi que le Jardin royal des plantes médicinales[3].

Entre le XVIIIe siècle et le XIXe siècle, ces équipements se spécialisent, accompagnant la professionnalisation des pratiques scientifiques.

Développement au XXe siècle

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Au XXe siècle, les infrastructures de recherche soutiennent le développement de certaines disciplines pour lesquelles la production de données mobilise une lourde instrumentation (accélérateurs de particules en physique des particules, radiotélescopes en astronomie, scanner à résonance magnétique dans les neurosciences, etc.). Une course au gigantisme s’installe, notamment dans les domaines de la physique et de l’astronomie.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, le développement des infrastructures de recherche accompagne l’essor de la Big Science, dont elles constituent un pilier central.

Créé en 1954, à cheval entre la France et la Suisse, l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN) devient une référence majeure des infrastructures scientifiques internationales[4].

En sciences humaines et sociales, de grandes infrastructures émergent dans les années 2000 dans un contexte marqué par le développement de la science ouverte[3]. Contrairement aux sciences expérimentales, elles reposent davantage sur des dispositifs distribués et immatériels, fondés sur la coordination, la standardisation des données et leur accessibilité. L'utilisation de ces infrastructures est présentée comme permettant d'accroître la scientificité des travaux en sciences humaines et sociales.

Structuration en Europe et en France au XXIe siècle

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Depuis le début du XXIe siècle, les infrastructures de recherche font l'objet d'une attention croissante de la part des pouvoirs publics, notamment dans le cadre des politiques de l'Union européenne en matière d'innovation et de croissance économique[5]. En France et en Europe, les grandes infrastructures de recherche sont labellisées et des outils de pilotage sont mis en place.

En 2002, est créé le « Forum stratégique européen pour les infrastructures de recherche » (ESFRI). Une feuille de route est publiée en 2006 puis régulièrement mise à jour (2008, 2010, 2016, 2018, 2021 et 2026), et en 2008, la Commission européenne met en place une nouvelle forme d'organisation : le Consortium européen d'infrastructures de recherche (ERIC).

Plusieurs pays européens ont déployé des initiatives similaires, à l'échelle nationale, pour renforcer leurs infrastructures de recherche. En France, une feuille de route nationale est publiée depuis 2008 et actualisée régulièrement depuis lors (2012, 2016, 2018 et 2021)[6].

En France

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Dans sa cinquième édition (2021), la feuille de route nationale des infrastructures de recherche établie par la direction générale de la recherche et de l'innovation (DGRI) du Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche recense 108 infrastructures de recherche.

Elle distingue plusieurs catégories :

  • les organisations scientifiques internationales (OSI) fondées sur une convention intergouvernementale ;
  • les infrastructures de recherche (IR et IR*) relevant d’une stratégie nationale ;
  • les projets en cours de développement.

Pour figurer sur la feuille de route, une infrastructure doit[7] :

  • disposer d’une gouvernance identifiée et d’instances de pilotage ;
  • être accessible sur la base de projets évalués par les pairs ;
  • conduire une recherche propre ou fournir des services à des communautés scientifiques ;
  • disposer d’une programmation budgétaire pluriannuelle ;
  • s’inscrire dans une démarche de science ouverte et de maîtrise du cycle de vie des données qu’elle produit et utilise.

La plupart des infrastructures françaises sont liées au Centre national de la recherche scientifique (CNRS)[8].

Exemples d'infrastructures de recherche

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  • Biblissima+, infrastructure numérique multipolaire de recherche fondamentale et de service consacrée à l’histoire de la transmission des textes anciens
  • Progedo, infrastructure nationale pour les données et les méthodes en sciences sociales quantitatives
  • Data-Terra, infrastructure dont le but est de mettre à disposition des données atmosphériques, climatiques, océanographiques, sismiques et spatiales
  • Dariah (Digital Research Infrastructure for the Arts and Humanities)

Notes et références

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  1. Dominique Vinck, « Pour une réflexion sur les infrastructures de recherche en sciences sociales », Revue d'anthropologie des connaissances, vol. 74, no 4, , p. 993–1001 (DOI 10.3917/rac.021.0993, lire en ligne, consulté le )
  2. « Les infrastructures sont un pilier essentiel pour la stratégie de recherche européenne », sur www.cnrs.fr, (consulté le )
  3. 1 2 Matthieu Stricot, « Infrastructures de recherche (1) : l’épopée des géants », sur CNRS Le journal, (consulté le )
  4. Mehdi Harmi, « Infrastructures de recherche (2) : 5 sites hors norme », sur CNRS Le journal, (consulté le )
  5. (en) Olof Hallonsten, « Research Infrastructures in Europe: The Hype and the Field », European Review, vol. 28, no 4, , p. 617–635 (ISSN 1062-7987 et 1474-0575, DOI 10.1017/S1062798720000095, lire en ligne, consulté le )
  6. Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, « Feuille de route nationale des Infrastructures de recherche », sur enseignementsup-recherche.gouv.fr (consulté le )
  7. « La Feuille de route nationale des Infrastructures de recherche 2018 », sur enseignementsup-recherche.gouv.fr, (consulté le )
  8. « Les infrastructures de recherche : fer de lance du CNRS », sur www.cnrs.fr, (consulté le )

Annexes

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Bibliographie

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  • (en) Brian Kleiner (dir.), Isabelle Renschler (dir.), Boris Wernli (dir.), Peter Farago (dir.) et Dominique Joye (dir.), Understanding research infrastructures in the social sciences, Zürich, Seismo-Verl, , 226 p. (ISBN 978-3-03777-133-4)
  • (en) Katharina C. Cramer (dir.), Olof Hallonsten (dir.), Big Science and Research Infrastructures in Europe, Edward Elgar Publishing, (ISBN 978-1-83910-001-7, DOI 10.4337/9781839100017, lire en ligne)
  • (en) Olof Hallonsten, « Research Infrastructures in Europe: The Hype and the Field », European Review, vol. 28, no 4, , p. 617–635 (ISSN 1062-7987 et 1474-0575, DOI 10.1017/S1062798720000095, lire en ligne, consulté le )
  • Jonathan Zurbach, "Soutenir et améliorer la science" : discours, financements et politiques scientifiques des infrastructures de recherche pour les données quantitatives des sciences sociales (1964-2024), Université d'Avignon, (présentation en ligne, lire en ligne). Thèse de doctorat.

Articles connexes

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Liens externes

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