Gustave-Roussy
Gustave-Roussy (typographié Gustave Roussy[2]) est un centre régional de lutte contre le cancer situé à Villejuif dans le Val-de-Marne en France. Il était auparavant connu sous le nom d’institut Gustave-Roussy ou IGR. En 2027, il est classé 1er centre de lutte contre le cancer en France et en Europe, et 3e mondial par le magazine Newsweek[3].
| Gustave-Roussy | ||
| Présentation | ||
|---|---|---|
| Coordonnées | 48° 47′ 41″ nord, 2° 20′ 55″ est | |
| Pays | France | |
| Ville | Villejuif | |
| Adresse | 114, rue Édouard-Vaillant 94800 Villejuif |
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| Fondation | 1926 | |
| Site web | www.gustaveroussy.fr | |
| Organisation | ||
| Type | Centre national de lutte contre le cancer | |
| Services | ||
| Service d’urgences | oui | |
| Nombre de lits | 600[1] | |
| Direction | Pr Fabrice Barlesi | |
| Collaborateurs | 4 000 | |
| modifier |
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Gustave Roussy prend en charge les adultes et enfants atteints de tout type de cancer, à tous les stades de la maladie. Son expertise est reconnue dans les cancers rares et les tumeurs complexes. En 2026, l'institut affiche l'objectif de contribuer à porter à 80 % le taux de guérison des patients atteints de cancer d'ici 2040, en s'appuyant notamment sur l'individualisation des parcours, la recherche translationnelle et l'intelligence artificielle.
Gustave Roussy mène une mission de recherche intégrée combinant recherche fondamentale, translationnelle et clinique, orientée notamment vers la médecine de précision, l'immunothérapie, la génomique et l'oncologie numérique. C’est le premier centre européen de médecine personnalisée et d’immunothérapie.
Gustave Roussy a également la mission de former les spécialistes de la cancérologie en partenariat avec l'Université Paris-Saclay, via sa composante Gustave Roussy Education et l'École doctorale de cancérologie.
Statuts et organisations
modifierGustave-Roussy est un centre de lutte contre le cancer (CLCC), régi par les articles L. 6162-1 à L. 6162-13 du code de la santé publique. Les CLCC sont des personnes morales de droit privé relevant du statut des ESPIC (établissements de santé privés d'intérêt collectif). L'institut est habilité à recevoir des dons et legs.
Historique
modifierL'institut est créé par Gustave Roussy en 1926.
- Inauguration en 1934 (portail).
- Inauguration en 1934 (salle).
- Inauguration en 1934 (discours du professeur Roussy).
Le Professeur Gustave Roussy a ouvert en 1921 à l'hôpital Paul-Brousse de Villejuif la première consultation interdisciplinaire pour les malades du cancer. Il ouvre la voie à la cancérologie moderne.
En 1926, sur le site de Paul-Brousse, est créé l'Institut du cancer, qui prendra par la suite le nom de son fondateur.
Le bâtiment principal actuel, dont la commande avait été lancée par Pierre Denoix, est l'œuvre de l'architecte Pierre Laborde et inauguré en . L’hôpital, haut de quatorze étages à l’origine, est bâti autour d’une tour centrale qui contient les circulations verticales et qui joue le rôle d’un véritable pivot. Complété de bâtiments destinés à la recherche en 1981, 1985 et 2013, l'hôpital bénéficie depuis 2004 d'une extension améliorant largement son fonctionnement et l'accès des patients aux consultations. Au , Gustave-Roussy a fusionné avec le CHSP de Chevilly-Larue.
En 1943, le Pr Pierre Denoix définit à Gustave Roussy la classification TNM, désormais système international universel de stadification des cancers[4].
En 1950, la Docteure Odile Schweisguth ouvre à Gustave Roussy le premier service de cancérologie pédiatrique en France et en Europe[5].
En 1953 est créée à Gustave Roussy la première unité d’épidémiologie du cancer et en 1956, la première unité française de recherche en statistique[6].
En 1990 : les équipes de Gustave Roussy découvrent le gène LAG-3, à l’origine du développement de nouvelles approches thérapeutiques en immuno-oncologie[7].
En 2005, William Vainchenker découvre à Gustave Roussy les mutations JAK2 et TET2[8].
Le 22 février 2011, Gustave Roussy signe une publication de référence en médecine de précision dans le Journal of Clinical Oncology, posant les bases d’une nouvelle approche en cancérologie : le séquençage à haut débit des tumeurs comme outil de diagnostic[9].
En 2018, Gustave Roussy crée PRISM avec l’Université Paris-Saclay, l’Inserm, CentraleSupélec et Unicancer pour construire la médecine de précision de demain. En 2026, PRISM obtient le label Institut hospitalo-universitaire (IHU) de l’Etat[10].
En trois nouvelles salles de radiologie interventionnelle sont inaugurées, ce qui en fait le plus important plateau de ce type en Europe, entièrement destiné à la cancérologie. La radiologie interventionnelle est une technique de diagnostic et de traitement dite « mini-invasive », qui s'appuie sur l'image pour guider l'accès à des organes situés en profondeur, sans avoir à « ouvrir » les patients. Gustave Roussy réalise chaque année plus de 4 000 interventions de ce type[11]. Gustave Roussy bénéficie d’équipements de pointe en imagerie, plateau de radiothérapie entièrement rénové, bloc opératoire doté de robots chirurgicaux. Le site de Chevilly-Larue accueille un centre de soins de supports nommé MyCare.
En 2024, les chercheurs de Gustave Roussy publient dans Nature une classification des cancers fondée sur leurs caractéristiques moléculaires.
Gustave Roussy est implanté au sein du biocluster Paris-Saclay Cancer Cluster.
Chiffres clés
modifierGustave-Roussy est, à l'échelle européenne, le premier centre de soins, de recherche et d'enseignement en cancérologie[1]. Il est classé à la 3e place mondiale des hôpitaux en cancérologie par le magazine Newsweek[12]. Depuis 2018, 23 médecins-chercheurs de Gustave Roussy figurent parmi les personnalités les plus influentes au monde dans leur spécialité, selon le classement international de la Highly Cited Researchers list publiée annuellement par Clarivate-Web of science[13].
Personnels :
- 4 000 professionnels
- dont 1 400 personnels à la recherche
- 650 médecins
- 1 400 personnels soignants (infirmiers, aide-soignants)
Recherche et enseignement :
- 41 équipes de recherche
- 1389 publications scientifiques dans des revues de premier plan dont 171 dans des revues à impact factor >30 en 2026
- 150 millions d’euros consacrés à la recherche
- 6 200 étudiants et professionnels formés par an
Activité :
- 600 lits d'hospitalisation et places d'hôpital de jour
- 24 000 nouveaux patients pris en charge chaque année patients en hospitalisation
- 354 000 consultations dispensées à 54 400 patients dont 2 800 patients en pédiatrie
- 51 M€ de fonds collectés par la philanthropie
Directeurs de Gustave Roussy
modifier- Gustave Roussy, 1926-1947
- René Huguenin, 1947-1955
- Pierre Denoix, 1956-1982
- Yves Cachin, 1974-1978 (directeur par intérim)
- Maurice Tubiana, 1982-1988
- Robert Flamant, 1988-1994
- Thomas Tursz, 1994-2010
- Alexander Eggermont, 2010-2019
- Jean-Charles Soria, 2020-2021
- Fabrice Barlesi, depuis
Personnalités liées à l'institut
modifier- Dominique Belpomme, cancérologue
- Georges Mathé[14], cancérologue et immunologue
- Émile Papiernik, gynécologue-obstétricien
- Claude Parmentier, cancérologue
- Daniel Schwartz[15], chef des services statistiques à l'Institut Gustave-Roussy
- Odile Schweisguth, fondatrice du service de cancérologie pédiatrique
- William Vainchenker, médecin spécialiste de l'hématopoïèse
- Jean-Paul Thiery, biologiste pionnier de la transition epithélio-mésenchymateuse
- Guido Kroemer, médecin cancérologue et immunologiste, découvreur de la mort cellulaire immunogène
- Laurence Zitvogel, oncologue et biologiste
- François-Guy Hourtoulle, chirurgien[16].
- Frédéric Triebel
Incidents et accidents
modifierLe , environ 14 000 litres d'effluents radioactifs, constitués par les urines de patients traités en médecine nucléaire, ont été rejetés accidentellement dans les égouts. L'autorité de sûreté nucléaire (ASN) a classé cet incident au niveau 1 de l'échelle INES[17].
En 2017, un ancien virologue de l'Institut est condamné à cinq ans de prison pour avoir empoisonné trois de ses collègues avec de l'azoture de sodium en [18].
En 2019, un enfant meurt d'un surdosage médicamenteux à la suite d'une erreur humaine à la pharmacie de l'IGR[19],[20],[21],[22],[23],[24]. Cet accident, très médiatisé dans la mesure où la situation dangereuse à l'origine de l'accident avait été signalée auparavant par des médecins à la Ministre de la Santé, amène à la redéfinition des procédures pharmaceutiques[25].[pertinence contestée]
École des sciences du cancer Gustave-Roussy
modifierConjointement avec la Faculté de médecine de l'Université Paris-Saclay, l'Institut Gustave-Roussy dirige l'École des sciences du cancer, un établissement universitaire spécialisé dans la cancérologie[26]. Les enseignements se déroulent au Cancer Campus à Villejuif dans le Val-de-Marne.
Aux différentes formations proposées par la faculté de médecine (oncologie de l'adulte, de l'adolescent et de l'enfant ; chirurgie ; bonnes pratiques ; imagerie médicale ; radiothérapie ; autres formations), l'établissement intègre l'École doctorale de Cancérologie, Biologie, Médecine, Santé (et son Master 2 Biologie et santé, spécialité Cancérologie) créée avec l'École normale supérieure Paris-Saclay[26].
Dirigée en 2015 par Pierre Blanchard, l'école avait formé près de 2 800 étudiants et décernait vingt-six diplômes universitaires[26].
Desserte
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L'institut Gustave Roussy est desservi par les lignes de bus 131, 380 et V7 (RATP) à l'arrêt Institut Gustave-Roussy, par la ligne de bus 162 (RATP) Institut Gustave-Roussy - Hautes-Bruyères et également à l'arrêt Institut Gustave-Roussy entrée principale par le bus 380 (RATP).
Depuis le , le site est desservi par la station de métro Villejuif - Gustave Roussy, située dans le parc départemental des Hautes-Bruyères, devant l’entrée de l'institut. Construite dans le cadre du Grand Paris Express, elle est desservie par la ligne 14 et sera desservie par la ligne 15 (au printemps 2027). Les quais de la ligne 15 se trouveront à une profondeur de 48 mètres[27].
Notes et références
modifier- Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « École des sciences du cancer Gustave Roussy » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 Repères 2019
- ↑ Communiqué de presse du 18 juin 2013 relatif à la nouvelle dénomination, la nouvelle identité visuelle et la nouvelle signature de l'Institut
- ↑ « Worlds best specialized hospitals 2027 », sur rankings.newsweek.com
- ↑ (en) P. F. Denoix, « Importance D'une Classification Commune aux Differentes Formes de Cancer », Acta Radiologica, vol. 41, no sup116, , p. 122–129 (ISSN 0001-6926, DOI 10.3109/00016925409177178, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Odile Schweisguth », sur Les Aguerris, (consulté le )
- ↑ « Les dates-clés de Gustave Roussy », sur Gustave Roussy (consulté le )
- ↑ « De la découverte au médicament : comment la découverte de LAG‑3 a ouvert une nouvelle voie en immunothérapie », sur Gustave Roussy, (consulté le )
- ↑ « William Vainchenker | Académie des sciences », sur academie-sciences.fr (consulté le )
- ↑ Fabrice Andre, Suzette Delaloge et Jean-Charles Soria, « Biology-Driven Phase II Trials: What Is the Optimal Model for Molecular Selection? », Journal of Clinical Oncology, Wolters Kluwer, vol. 29, no 10, , p. 1236–1238 (ISSN 0732-183X, DOI 10.1200/JCO.2010.31.6877, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « PRISM : nouvel Institut Hospitalo-Universitaire pour Gustave Roussy », sur Gustave Roussy, (consulté le )
- ↑ Cancer : l'institut Gustave Roussy investit dans les technologies d'avenir, les Échos, avril 2019
- ↑ (en) « World’s Best Specialized Hospitals 2027 », sur Newsweek, (consulté le )
- ↑ (en-US) « Clarivate - Leading Global Transformative Intelligence » [archive du ], sur Clarivate (consulté le )
- ↑ (en) Douglas Martin, « Dr. Georges Mathé, Transplant Pioneer, Dies at 88 », The New York Times, (lire en ligne)
- ↑ Nécrologie du journal Le Monde
- ↑ « François-Guy Hourtoulle (1925-2009) », sur data.bnf.fr (consulté le ).
- ↑ « Rejet non autorisé d’effluents contaminés à l’Iode 131 par l’Institut de Cancérologie Gustave Roussy à Villejuif (94). », communiqué de autorité de sûreté nucléaire (ASN), 31 décembre 2013.
- ↑ « A l’Institut Gustave-Roussy, un scientifique empoisonne ses collègues », sur francetvinfo.fr, France Info, (consulté le ).
- ↑ Soline Roy, « Chimiothérapie : une erreur aboutit au décès d’un enfant à Gustave-Roussy », sur lefigaro.fr, .
- ↑ L'Obs avec AFP, « Une « erreur humaine » à l’Institut Gustave-Roussy responsable de la mort d’un enfant », sur nouvelobs.com, (consulté le ).
- ↑ L'Oeil du 20 heures, « ENQUÊTE FRANCE 2. Une erreur humaine à l'origine de la mort d'un enfant à l'institut Gustave-Roussy, le plus g », sur francetvinfo.fr, (consulté le ).
- ↑ https://www.leparisien.fr/societe/institut-gustave-roussy-une-erreur-humaine-a-l-origine-de-la-mort-d-un-enfant-26-07-2019-8124141.php
- ↑ Le Point.fr, « Gustave-Roussy reconnaît une erreur après la mort d'un enfant sous chimio », sur lepoint.fr, (consulté le ).
- ↑ Mélodie Pépin, « L'institut Gustave-Roussy reconnait une "erreur humaine" à l'origine de la mort d'un enfant en mai dernier », sur francebleu.fr, ici.fr, (consulté le ).
- ↑ Europe1 .fr avec AFP, « Gustave-Roussy : un enfant sous chimio meurt après une "erreur" de traitement », sur europe1.fr, (consulté le ).
- 1 2 3 Faculté de Médecine Paris-Sud, « L'École des Sciences du Cancer », sur gustaveroussy.fr,
- ↑ [PDF] Présentation lors de la réunion publique d’information à Villejuif, Société du Grand Paris, 18 octobre 2012
Annexes
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- Site officiel
- Ressources relatives à la santé :
- Ressources relatives aux organisations :
- Ressources relatives à la recherche :
- Ressource relative à la vie publique :