Institut de formation politique
L'Institut de formation politique (IFP) est un organisme de formation libéral-conservateur créé en 2004 par Alexandre Pesey, Jean Martinez et Thomas Millon. Il dispense des formations courtes dans les domaines du politique, de l'économie et des médias, et revendique avoir formé plus de 3 200 auditeurs depuis sa création. Décrit en 2018 par Le Monde comme « un laboratoire du libéral-conservatisme »[2], la plupart des médias notent une proximité avec La Manif pour tous et le catholicisme traditionaliste et une idéologie « d'union des droites » allant des Républicains au Rassemblement national avec une sensibilité identitaire.
| Fondation |
|---|
| Sigle |
IFP |
|---|---|
| Type | |
| Financement | |
| Siège |
Paris (49, rue du Ranelagh, 75016) |
| Pays |
| Fondateurs |
Alexandre Pesey, Thomas Millon (d), Jean Martinez (d) |
|---|---|
| Directeur | |
| Idéologie | |
| Publication | |
| Site web |
Histoire
modifierL'Institut de formation politique naît en [3],[4] de la rencontre d'Alexandre Pesey, journaliste, Jean Martinez, avocat, et de Thomas Millon, chef d'entreprise. Ils veulent créer une structure qui « offre aux jeunes des différentes sensibilités de la droite française un approfondissement des fondements intellectuels de leur famille de pensée et qui leur apprenne à mieux les promouvoir »[5]. L'association est constituée avec le concours de Bernard Zimmern, cofondateur de Contribuables associés, qui leur ouvre ses réseaux[1].
L'Institut revendique une progression régulière de ses effectifs : 400 en 2011[3], 600 en 2013[1], 850 en 2015[6],1200 en 2017, 1800 en 2021 et 3 200 en 2024[7].
Financement
modifierL'IFP se décrit comme indépendant de tout parti politique[5]. Son financement repose sur les dons privés[8]: En 2013, les frais d'inscription ne couvraient que 20 % de son budget, les 80 % restants étant assurés par des donateurs[1]. Alexandre Pesey indique que l'Institut de formation politique « n’accepte aucun financement public par souci d’indépendance »[8].
En 2024, selon La Lettre, l'Institut de formation politique a bénéficié du soutien financier de Pierre-Édouard Stérin dans le cadre du projet Périclès et d'une stratégie visant à faire élire des candidats du Rassemblement national aux élections municipales françaises de 2026[9]. Le financement est confirmé dans une audition au Sénat par Arnaud Rérolle, directeur général de Périclès, en mai 2026[10].
Fondateurs
modifier
Diplômé en droit et en gestion[8], Alexandre Pesey exerce d'abord le journalisme avant de fonder l'Institut de formation politique en 2004[11], puis l'Institut libre de journalisme en 2018[12]. En 2024, il entre au capital de l'école de journalisme ESJ Paris[13],[14], dont il prend en charge le développement[15]. En 2026, le média européen Politico inclut Alexandre Pesey et son épouse Kate Pesey, directrice de la Bourse Tocqueville, dans son classement des couples les plus influents de la politique, signe de la reconnaissance acquise par les structures qu'ils animent[16].
En , Alexandre Pesey fait partie des intervenants de la Convention de la droite aux côtés de Laurent Alexandre, Raphaël Enthoven et Éric Zemmour[17].
Avocat, Jean Martinez est diplômé de la Faculté de droit d’Aix-en-Provence, de la Sorbonne[Laquelle ?] et de l’Institut d’études politiques de Paris. Il est l'initiateur du collectif « Liberté j'écris ton nom » qui, avec quatre autres associations, co-organis le une manifestation rassemblant 40 000 personnes à Paris contre les blocages dans les transports publics et en soutien aux réformes du gouvernement Raffarin[18],[1].
Thomas Millon, fils de l'homme politique Charles Millon[19] et de la philosophe Chantal Delsol, est chef d’entreprise[réf. nécessaire]. Formé en droit et en commerce à l'ESSEC[réf. nécessaire], il commence sa carrière comme gestionnaire de portefeuilles[20].
Formations dispensées
modifierL'Institut de formation politique dispense des formations sous forme de stages courts, organisés le plus souvent en week-end, dans les domaines du politique, de l'économique, du social et des médias[1]. Chaque stage s'articule autour d'une question théorique, d'exercices pratiques et d'ateliers d'application[21].
Les candidats, âgés de 16 et 30 ans, sont sélectionnés selon leurs engagements et leurs motivations. La formation est organisée en trois niveaux : initiation (niveau 1), approfondissement (niveau 2) et perfectionnement (niveau 3).
Une formation à distance est également proposée, comprenant notamment un module d'« anthropologie politique », anime par le philosophe Thibaud Collin[22].
Des personnalités publiques interviennent régulièrement, à raison d'une par mois. Ont notamment participé[1] : Agnès Verdier-Molinié, Mathieu Bock-Côté, Alexandre del Valle, Geoffroy Lejeune, Jean-Yves Le Gallou, Charles Prats, Eugénie Bastié, Laurent Obertone, Charles Gave, Charles Millon, Robert Ménard, Nicolas de Villiers, Charles Beigbeder, Laurent Dandrieu, Élisabeth Lévy, François-Xavier Bellamy, Anne Coffinier, Béatrice Bourges, Ludovine de La Rochère et Jean-Marie Le Méné[23].
Les soirées « Grands témoins » réunissent les auditeurs autour d’une personnalité invitée pour un débat informel. Éric Zemmour, Philippe de Villiers et Patrick Buisson y ont notamment pris la parole[22],[24].
Orientation politique
modifierL'orientation attribuée à l'IFP a évolué au fil de son histoire. À sa fondation, l'institut est principalement identifié à la droite libérale. Cette orientation bascule ensuite vers l'extrême droite.
Débuts dans la droite libérale
modifierEn 2005, selon Le Point, le public de l'IFP est majoritairement issu de la droite libérale, notamment parmi les déçus de la politique de Jacques Chirac acquis à Nicolas Sarkozy[25]. En 2006, Le Figaro situe l'IFP dans la sphère libérale, à une période où plusieurs structures cherchaient à incarner un libéralisme politique distinct de l'UMP[26]. Parmi les intervenants de cette tendance figure Yorick de Mombynes, conseiller référendaire à la Cour des comptes, qui animait alors un séminaire d'introduction à la pensée libérale à Sciences Po[27]. En 2011, selon Valeurs actuelles, l'Institut de formation politique « prépare la relève à droite »[28].
Diversification vers l'ensemble des sensibilités de la droite
modifierEn 2013, le journal Le Monde qualifie l'IFP de structure libérale-conservatrice, fédérant les différentes droites : libérale sur le plan économique, conservatrice sur les questions sociétales, avec une proximité affichée avec La Manif pour tous et le catholicisme traditionaliste. Le journal note la présence d'intervenants issus de l'extrême droite, parmi lesquels Maxime Tandonnet, ancien conseiller à l'immigration à l'Élysée, Jean-Yves Le Gallou et Yvan Blot, cofondateurs du Club de l'horloge et anciens députés européens du Front national. Le Monde signale également des intervenants issus des milieux catholiques traditionalistes, notamment d'ICHTUS, ainsi que du courant libéral-conservateur, comme Charles Gave ou Renaud Dozoul, alors assistant parlementaire du sénateur Pierre Charon et directeur de l'Observatoire de la christianophobie[1].
En 2014, l'Institut de formation politique voit augmenter ses effectifs lors de la mobilisation contre le mariage homosexuel en France[29]. Chez ses auditeurs, on retrouve certains cadres de La Manif pour tous ou du Printemps français, eux-mêmes parfois liés au syndicat étudiant l'Union nationale inter-universitaire (UNI)[1],[21].
En 2017, d'après La Vie, l'IFP constitue « une pépinière pour libéraux conservateurs et catholiques identitaires » qui « accueille toutes les chapelles de droite »[30].
En 2018, dans son enquête sur les nouveaux conservateurs, la journaliste Pascale Tournier présente l'IFP comme l'un des lieux de sociabilité d'une mouvance de droite plurielle, traversée de profils hétérogènes (libéraux, souverainistes, catholiques, écologistes ou monarchistes) et de désaccords internes[31].
Réorientation vers l'extrême droite
modifierSelon L'Express en 2013, « à l'image des manifestants de l'ultra-droite, les membres de l'Institut de formation politique s'éparpillent d'eux-mêmes dans le monde politique et la société civile »[32].
En 2018, d’après l’Express[22] et Le Monde, l'Institut de formation politique inspire Marion Maréchal pour la création de l'Institut des sciences sociales, économiques et politiques (ISSEP), « les deux projets ont en commun de vouloir former la jeunesse militante de droite et d’extrême droite, de lui offrir un cadre, un corpus idéologique, des références, des techniques de propagande, mais aussi de jeter des ponts entre les différentes sensibilités qui la composent, entre soldats d’une même bataille culturelle »[2]. En 2019, selon Le Parisien, l'Institut de formation politique fait partie d'un courant idéologique pour « une droite plus dure née de l'union des droites, balayant de LR à RN »[33].
En 2021, L'Express décrit l'IFP comme l'un des principaux viviers militants de la droite dure, réunissant des jeunes issus des Républicains, du Rassemblement national et de mouvements plus confidentiels. Le magazine note une forte convergence des auditeurs vers Éric Zemmour et note que « dans les équipes du presque-candidat, tous ou presque sont passés par les bancs de l'école ». L'hebdomadaire observe que l'IFP et l'ISSEP de Marion Maréchal constituent les deux principales structures de formation de la droite identitaire et que « les pépinières de la droite identitaire ont trouvé en Éric Zemmour un élément fédérateur pour mener "la bataille des idées" »[34]. En 2021, Libération juge que l'IFP a évolué depuis sa création 2004 « pour défendre le libéral-conservatisme » en un organisme de formation d'une nouvelle génération de militants identitaires et d'extrême droite. Le journal observe que beaucoup de membres du mouvement de soutien à Éric Zemmour parmi la génération Z sont issus de l'IFP[35].
En 2024, Le Monde qualifie l'IFP de « pépinière parisienne de la droite catholique et identitaire »[36]. La même année, l'Observatoire des multinationales publie un rapport, daté du 22 mai, dans lequel il signale une proximité entre l'IFP et le réseau Atlas, qu'il décrit comme libertarien et ultraconservateur d'origine américaine[37]. Les Échos note que des dizaines d'anciens étudiants sont devenus cadres ou responsables d'associations comme l'ONG d'extrême droite SOS Chrétiens d'Orient, du Collectif Némésis (féministes identitaires) ou encore l'Observatoire de l'immigration et de la démographie. l'IFP a formé des personnalités comme Marion Maréchal, députée européenne élue Reconquête , Aleksandar Nikolic, député RN, Arthur Perrier, chef de cabinet de Jordan Bardella, Vivien Hoche, cofondateur du comité « La France pour Trump » ou Charlotte d'Ornellas, journaliste du Journal du Dimanche « version Vincent Bolloré »[19].
Institut libre de journalisme
modifierL'Institut de formation politique héberge dans ses locaux l'Institut libre de journalisme, cofondé en 2018 par Alexandre Pesey et le journaliste Jean-Baptiste Giraud. Si l'école se définit comme une alternative aux formations journalistiques dominantes, plusieurs organes de presse la rattachent à la mouvance identitaire[38],[39].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Samuel Laurent, « A l'école française des "libéraux-conservateurs" », sur Le Monde.fr, (consulté le ).
- 1 2 L’IFP, cette école laboratoire de l’union des droites, Le Monde, 12 mai 2018
- 1 2 Fabrice Madouas, « Politique : ils préparent la relève à droite », sur Valeurs actuelles.com, (consulté le ).
- ↑ « L'Institut de formation politique, l'école des droites », L'express, (lire en ligne)
- 1 2 Jean Baptiste d'Albaret, « À droite, la relève est en marche », Politique Magazine, no 104, , p. 18
- ↑ « Alexandre Pesey : « il faut libérer l’esprit d’initiative de la nouvelle génération » », sur contrepoints.org, (consulté le ).
- ↑ « QUI SOMMES-NOUS? », sur ifpfrance.org, (consulté le ).
- 1 2 3 « 5 questions à Alexandre Pesey, Directeur de l’IFP », sur Le Blog Éloquence, (consulté le )
- ↑ Alexandre Berteau, « Pierre-Édouard Stérin sort le carnet de chèques pour faire gagner la droite de la droite dans les têtes et dans les urnes », sur La Lettre, (consulté le ).
- ↑ « Nous n’avons pas le moindre objectif en ce qui concerne les élections », assure le directeur de Périclès, l’organe d’influence de Pierre-Édouard Stérin, Public Sénat, 28/5/2026
- ↑ « Charles-Henri d'Andigné, « Combattant culturel », Famille chrétienne ».
- ↑ « Vidéo. Enquête sur l’Institut libre de journalisme, l’école créée par la droite identitaire pour conquérir les médias », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Banijay fera partie du nouveau tour de table de l’ESJ qui organise son management », sur CB News, (consulté le ).
- ↑ Emilie Lanez, « "Je déteste l’idéologie" : Vianney d’Alançon, le président très politique de l'ESJ Paris », sur L'Express, (consulté le ).
- ↑ « ESJ Paris : l'école de journalisme dévoile son équipe dirigeante un mois après son rachat », sur europe1.fr, (consulté le ).
- ↑ « Les 21 couples de pouvoir à suivre en 2026 », sur POLITICO, (consulté le )
- ↑ « Ce qu'il faut savoir sur la "Convention de la droite" avec Marion Maréchal organisée ce samedi à Paris », sur lci.fr, (consulté le ).
- ↑ « Manifestation du 15 juin 2003 », sur leparisien.fr, (consulté le ).
- 1 2 Marie Roy, « C'est quoi l'IFP, l'école qui forme les jeunes cadres de l'extrême droite et de la droite ? », Les échos, (lire en ligne).
- ↑ « présentation institut de formation politique », sur Institut de Formation Politique (consulté le ).
- 1 2 Charles des Portes, « L'école des fans… de l'UMP ? », sur Marianne.net, (consulté le ).
- 1 2 3 Alexandre Sulzer, « L'école modèle de Marion Maréchal-Le Pen », L'Express, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Pascale Tournier, Le vieux monde est de retour : en quête sur les nouveaux conservateurs, Stock, (lire en ligne).
- ↑ « L’IFP, cette école laboratoire de l’union des droites », sur lemonde.fr, (consulté le ).
- ↑ Julien Charnay, « Les jeunes libéraux défient Sarko », Le Point, n°1718, 18 août 2005
- ↑ « Alternative libérale veut exister sans l'UMP », sur lefigaro.fr, (consulté le )
- ↑ Yorick Mombynes; Conseiller référendaire à la Cour des comptes, Profession Politique, acteurspublics.fr, 12 février 2008
- ↑ Fabrice Madouas, « Politique : ils préparent la relève à droite », Valeurs Actuelles,
- ↑ Tugdual Denis, Claire Chartier, Manon Gauthier-Faure, Agnès Laurent, « Le plan secret de l'ultra-droite », sur L'Express.fr, (consulté le ).
- ↑ « L'IFP, pépinière pour libéraux-conservateurs et cathos identitaires », sur www.lavie.fr, (consulté le )
- ↑ Pascale Tournier, Le vieux monde est de retour, Stock,
- ↑ Tugdual Denis, « Le plan secret de l'ultra-droite », L'Express, (lire en ligne)
- ↑ Par Le Parisien Le 25 juin 2019 à 06h10, « Mariani, Maréchal, Buisson, Tegnér, Pesey… ils veulent bâtir une droite dure », sur leparisien.fr, (consulté le )
- ↑ IFP, Issep de Marion Maréchal : comment Zemmour fédère les jeunes pousses de la droite dure , L'Express, 25/11/2021
- ↑ A l’IFP, la jeunesse de droite fait l’école identitaire, Libération, 8 octobre 2021
- ↑ « Qui est Pierre-Edouard Stérin, ce milliardaire catholique candidat au rachat de « Marianne » ? », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Le réseau libertarien et ultraconservateur américain qui veut imposer ses idées en France », Observatoire des multinationales, (consulté le )
- ↑ Liselotte Mas, Asia Balluffier, Elsa Longueville et Mahé Richard-Schmidt, « Vidéo. Enquête sur l’Institut libre de journalisme, l’école créée par la droite identitaire pour conquérir les médias », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Thibaut Schepman, « Une école de journalisme pour la droite identitaire « De Fillon à Zemmour » », Arrêt sur images, (lire en ligne, consulté le ).