Intoxication
Une intoxication est un ensemble de troubles du fonctionnement de l'organisme dus à l'absorption d'une substance étrangère, dite toxique, d'origine biologique, physique ou chimique.

Typologies d'intoxications
modifierElle peut être aigüe ou chronique.
L'absorption du toxique peut se faire :
- par inhalation (aspiration, respiration d'un aérosol (gaz ou vapeur, brouillard, fumée) ou de poussières) ;
- par ingestion (boire, manger) ;
- par contact cutané (soit effraction cutanée par plaie ou brûlure, soit par diffusion à travers le derme et l'épiderme) ;
- par injection directe dans le sang (voie parentérale, autrement dit tout ce qui est piqûre ou cathéter).
On distingue :
- les intoxications alimentaires, principalement dues au développement de germes (comme le botulisme) ou à l'absorption d'un produit non comestible (comme certains champignons) ;
- les intoxications médicamenteuses, par utilisation d'un médicament inadapté, ou une absorption excessive (overdose) ;
- la toxicomanie, intoxication volontaire avec un phénomène d'accoutumance et de dépendance (dont l'alcoolisme, le tabagisme, la cocaïnomanie, l'héroïnomanie, la morphinomanie, l'éthéromanie) ;
- l'empoisonnement, l'administration d'un poison à des fins criminelles, ou mécanisme de défense de la part d'une plante ou d'un animal (venin) ;
- l'asphyxie, qui peut être une conséquence d'une intoxication, mais n'est pas en soi considérée une intoxication (bien qu'elle induise une intoxication de l'organisme par son propre gaz carbonique). L'absence de dioxygène, par exemple une atmosphère de diazote ou de dioxyde de carbone est asphyxiante mais pas toxique, par contre, une faible teneur de monoxyde de carbone dans l'air est toxique, mais non-asphyxiante.
Niveaux d’exposition
modifierLors d’une intoxication, le niveau d’exposition influence grandement les symptômes et les conséquences de la substance toxique. La variation de réponse en fonction de l’exposition est exprimée par la relation dose-effet.
Intoxication aiguë
modifierL’intoxication aiguë est une intoxication développée en un bref délai. Elle est induite soit par une seule dose de poison (parfois conséquente), soit par plusieurs doses, toujours prises dans un court laps de temps[1].
Intoxication chronique
modifierL’intoxication chronique est définie comme une apparition progressive de symptômes après une exposition prolongée au poison. En cela, elle se différencie de l’intoxication aiguë[2].
Épidémiologie
modifierEn 2020, une revue scientifique se basant sur les données de mortalité et les taux d’hospitalisation a mis en évidence une prédominance des cas concernant les enfants dans les intoxications involontaires[3].
Selon une analyse du Global Burden of Disease Study 2023 publiée en 2026, les intoxications accidentelles au monoxyde de carbone et celles classées « par d'autres moyens » représentent, en 2023, environ 2,54 millions de nouveaux cas et 69 805 décès dans le monde. Ces estimations issues de modèles excluent les intoxications médicamenteuses et celles dues aux drogues illicites. La catégorie « autres moyens » repose principalement sur les codes d'intoxication par pesticides, sans s'y limiter[4].
Prévention
modifierCentres antipoison
modifierDepuis 1949, date d’ouverture du premier centre antipoison aux Pays-Bas, les pays du monde entier ont développé des centres antipoison pour protéger leur population de l’intoxication. En 2015, l’OMS estime que près de 47% des états membres de l’ONU sont pourvus de telles mesures préventives[5].
La France est dotée de 8 Centres AntiPoison et de ToxicoVigilance (CAPTV) disponibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Les CAPTV sont repartis sur l’ensemble du territoire métropolitain. Ils s’appuient sur le Système d’Information des Centres AntiPoison (SICAP) qui garantit la réponse la plus rapide et adaptée possible pour chaque cas spécifique. D’après le ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées, le dispositif reçoit environ 400 000 appels par an[6].
L’intoxication dans le droit pénal
modifierAu Canada
modifierEn droit pénal canadien, la défense d'intoxication est un moyen de défense qui permet de réduire la portée d'une infraction, selon le degré d'intoxication de l'accusé.
En France
modifierSuite aux controverses générées par le jugement du tribunal pour l’affaire Sarah Halimi, la législation française a adopté une loi créant des exceptions pour certains troubles du discernement. La loi, promulguée le 24 janvier 2022, vise à apporter une « clarification » de l’irresponsabilité pénale en cas d’abolition du discernement. En effet, elle a pour principales mesures l’ajout de l’infraction d’intoxication volontaire ainsi que sa circonstance aggravante[7].
Notes et références
modifier- ↑ voir glossaire dans : Guide sur l'étiquetage et l'emballage conformément au règlement (CE) no 1272/2008 (3 237,8k) (ECHA, 2017).
- ↑ (en) M. C. Newman, Fundamentals of Ecotoxicology, CRC Press, , 541 p. (ISBN 978-1-4200-6704-0).
- ↑ (en) Ruben Thanacoody et Mark Anderson, « Epidemiology of Poisoning », Medicine, vol. 48, no 3, , p. 153-155
- ↑ (en) « Global, regional, and national burden of unintentional poisoning, 1990-2023: results from the Global Burden of Disease Study 2023. », sur Broad Institute, (consulté le )
- ↑ (en) World Health Organization, « World directory of poisons centers », sur World Health Organization via Internet Archive, (consulté le )
- ↑ ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées, « Système d'Information des Centres AntiPoison (SICAP) », sur esante.gouv.fr (consulté le )
- ↑ Julia Delannoy, « Des carrés dans des ronds : étude de l'intoxication volontaire à l'aune des classifications du droit pénal général », Revue de science criminelle et de droit pénal comparé, vol. 3, no 3, , p. 547-564
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierBibliographie
modifier- Henretig F.M, Kirk M.A & McKay Jr, C.A (2019). Hazardous chemical emergencies and poisonings. New England journal of medicine, 380(17), 1638-1655.