Intérieur grec

tableau de Jean-Léon Gérôme

L'Intérieur grec, ou Le Gynécée, est une peinture à l'huile sur toile réalisée en 1850 par le peintre français Jean-Léon Gérôme. L'œuvre est conservée dans une collection particulière aux États-Unis[1].

Intérieur grec
Artiste
Date
Type
Matériau
Dimensions (H × L)
66,95 × 99,1 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
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Propriétaire

Version originale

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La version définitive mesure 67 × 99 cm. Elle appartient à Lady Micheline Connery et est présentée au Salon de 1850-1851. La signature et la date figurent en bas à droite, sur le canapé.

Esquisse et études

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Esquisse.

Une esquisse datée de 1848 est conservée au musée d'Orsay. Réalisée à l'huile sur panneau de bois, elle mesure 15,5 × 21 cm. Une dédicace, inscrite en rouge dans l'angle inférieur droit, porte la mention : « À son ami Douillard, J.-L. Gérôme, 1848 »[2]. Trois études préparatoires de personnages sont également connues. Deux sont conservées dans des collections privées et la troisième au Musée des Beaux-Arts de Nancy[3].

Description

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Dessin préparatoire.

Malgré son titre, L'Intérieur grec ou gynécée représente davantage un intérieur romain inspiré des découvertes archéologiques de Pompéi. Comme dans plusieurs de ses œuvres de jeunesse, Gérôme accorde une grande attention à l'exactitude des décors, du mobilier et des objets représentés, dans le prolongement de la tradition antiquaire du XIXe siècle. Toutefois, le sujet demeure une scène de genre anecdotique, éloignée des grands thèmes de la peinture d'histoire. L'œuvre témoigne également de l'intérêt précoce de l’artiste pour la représentation de la sensualité féminine[4]. Les figures alanguies qu'il met en scène annoncent les compositions orientalistes de harems, de hammams et de marchés aux esclaves qui contribuent à sa renommée internationale à partir des années 1870. La composition est centrée sur quatre femmes. Au premier plan, une femme nue, seulement parée de bijoux, est étendue sur une peau de lion recouverte d’un édredon blanc. Au centre, une seconde femme nue se tient debout et semble se couvrir d'un riche tissu vert. À droite, une troisième femme, la seule vêtue, est à demi allongée sur un canapé. Derrière elle apparaît une quatrième figure féminine, allongée de dos et se retournant vers le spectateur. À l'arrière-plan, deux hommes se tiennent dans la pénombre au centre de la composition. Une troisième silhouette apparaît à gauche, dans l'embrasure d'une porte partiellement dissimulée par une tenture.

L'espace représenté est richement décoré et meublé. L'architecture, inspirée des maisons antiques, semble s'ouvrir sur le ciel. Au fond, à gauche, un bassin accueille des oiseaux, tandis qu'une végétation grimpante se développe le long des murs et des colonnes, renforçant l'impression d'un atrium ouvert sur l'extérieur.

Analyse

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L'œuvre illustre la fascination de Gérôme pour l'Antiquité reconstituée à partir des découvertes archéologiques contemporaines. Bien que le titre évoque un gynécée grec, l'environnement représenté correspond davantage à une demeure romaine idéalisée. Cette ambiguïté entre exactitude archéologique et imaginaire artistique caractérise plusieurs tableaux de l'artiste réalisés au début de sa carrière. Par son traitement du nu féminin et son atmosphère de loisir oisif, L'Intérieur grec constitue également une étape importante dans l'évolution de Gérôme vers l'orientalisme, courant auquel il est durablement associé dans la seconde moitié du XIXe siècle.

Notes et références

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