Invasion de la Martinique (1759)
L'invasion de la Martinique en 1759 est menée par les Britanniques lors d’une opération militaire lancée pendant la guerre de Sept Ans, conflit d’ampleur mondial. Deux causes dominent dans cette expédition : la lutte contre les corsaires et la politique des gages en vue des négociations de paix futures[1].
| Date | 16–19 janvier 1759 |
|---|---|
| Lieu | La Martinique, Antilles françaises |
| Issue | Victoire française |
| Peregrine Hopson (en) John Barrington John Moore |
François de Beauharnais |
| 4 500-5 000 militaires 10 vaisseaux de ligne |
250 militaires une centaine de miliciens 1 vaisseau de ligne |
Batailles
- Minorque (navale) (1756)
- Pirna (1756)
- Lobositz (1756)
- Reichenberg (1757)
- Prague (1757)
- Kolin (1757)
- Hastenbeck (1757)
- Gross-Jägersdorf (1757)
- Moys (1757)
- Rochefort (1757)
- Rossbach (1757)
- Breslau (1757)
- Leuthen (1757)
- Carthagène (navale) (1758)
- Olomouc (1758)
- Saint-Malo (1758)
- Rheinberg (1758)
- Krefeld (1758)
- Domstadl (1758)
- Cherbourg (1758)
- Zorndorf (1758)
- Saint-Cast (1758)
- Tornow (1758)
- Lutzelberg (1758)
- Hochkirch (1758)
- Bergen (1759)
- Kay (1759)
- Minden (1759)
- Kunersdorf (1759)
- Neuwarp (navale) (1759)
- Hoyerswerda (1759)
- Baie de Quiberon (navale) (1759)
- Maxen (1759)
- Meissen (1759)
- Glatz (1760)
- Landshut (1760)
- Corbach (1760)
- Emsdorf (1760)
- Dresde (1760)
- Warburg (1760)
- Liegnitz (1760)
- Rhadern (1760)
- Berlin (1760)
- Kloster Kampen (1760)
- Torgau (1760)
- Belle-Île (1761)
- Langensalza (1761)
- Cassel (1761)
- Grünberg (1761)
- Villinghausen (1761)
- Ölper (1761)
- Kolberg (1761)
- Wilhelmsthal (1762)
- Burkersdorf (1762)
- Lutterberg (1762)
- Reichenbach (1762)
- Almeida (1762)
- Valencia de Alcántara (1762)
- Nauheim (1762)
- Vila Velha de Ródão (1762)
- Cassel (1762)
- Freiberg (1762)
- Jumonville Glen (1754)
- Fort Necessity (1754)
- Fort Beauséjour (1755)
- 8 juin 1755
- Monongahela (1755)
- Petitcoudiac (1755)
- Lac George (1755)
- Fort Bull (1756)
- Fort Oswego (1756)
- Kittanning (1756)
- En raquettes (1757)
- Pointe du Jour du Sabbat (1757)
- Fort William Henry (1757)
- German Flatts (1757)
- Lac Saint-Sacrement (1758)
- Louisbourg (1758)
- Le Cran (1758)
- Fort Carillon (1758)
- Fort Frontenac (1758)
- Fort Duquesne (1758)
- Fort Ligonier (1758)
- Québec (1759)
- Fort Niagara (1759)
- Beauport (1759)
- Plaines d'Abraham (1759)
- Sainte-Foy (1760)
- Neuville (1760)
- Ristigouche (navale) (1760)
- Mille-Îles (1760)
- Signal Hill (1762)
| Coordonnées | 14° 40′ nord, 61° 00′ ouest | |
|---|---|---|
L’île est sous un blocus anglais efficace depuis 1757[1], ne pouvant pas être secourue par la marine royale de Louis XV, inférieure en nombre et éparpillée sur trop de théâtres d’opération. Pour sa survie, l’île a donc développé une intense activité corsaire. Bien qu’on ne puisse chiffrer avec certitude la course antillaise de 1757 à 1760, elle est supérieure à celle du conflit précédent. On dénombre jusqu’à vingt corsaires français à la mer en même temps qui, en 1759, font plus de cent-quatre-vingt prises[1]. L’intendant de la Martinique, Lemercier de la Rivière, écrit que, sans le secours des corsaires, l’île aurait dû se rendre par manque de vivres. Cette activité oblige les Anglais à maintenir à la mer aux petites Antilles vingt-quatre frégates, coût sans comparaison avec celui de la conquête d’une île[1]. En outre, le gouvernement anglais ayant décidé de faire la conquête du Canada et des Indes et de les garder, il lui faut des gages à échanger lors des négociations de paix qui finiront par s’instaurer. La conquête des petites Antilles s’impose logiquement et devrait permettre à l’Angleterre de récupérer Minorque, perdue en 1756[1].
Le 14 janvier 1759, une importante force amphibie, sous le commandement du commodore John Moore et du général Peregrine Hopson (en), se présente devant la Martinique avec dix vaisseaux de ligne et 8 000 hommes de troupe[2]. L’île, cependant, résiste[3]. Maureville, sur le vaisseaux de 74 canon le Florissant a le temps de s’embosser devant le fort[2]. Par ailleurs, les tirs de canons de la flotte britannique sont inefficaces contre la forteresse de Fort-Royal, à cause de sa position en hauteur sur les falaises, et aucun site approprié aux alentours ne permet d'effectuer un débarquement. Le gouverneur français François de Beauharnais n'a pas reçu de ravitaillement depuis des mois et, sans le savoir, le commandement britannique passe à côté d'une occasion de forcer une capitulation rapide si un siège de la place forte était mis en place. Moore et Hopson étudient plutôt la possibilité d'attaquer le principal port commercial de l'île, Saint-Pierre. Après un bombardement naval sans issue favorable le et qui n'a que peu d'effet sur les défenses de la forteresse, les Britanniques se replient et vont attaquer la Guadeloupe, lieu de repaire d’autres nombreux corsaires français[4]. L'expédition là-bas aura plus de succès, et obtiendra une capitulation de l'île en [5].
En 1762, une nouvelle force britannique, beaucoup plus considérable, réussira à capturer la Martinique.
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Invasion of Martinique (1759) » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 4 5 Villiers 2021, p. 242-243.
- 1 2 Villiers 2021, p. 231.
- ↑ Anderson 2000, p. 312–313.
- ↑ Dull 2005, p. 138–139.
- ↑ Simms 2008, p. 451.
Voir aussi
modifierSources et bibliographie
modifier- (en) Fred Anderson, Crucible of war : the Seven Years' War and the fate of empire in British North America, 1754-1766, New York, Alfred A. Knopf, , 862 p. (ISBN 978-0-375-40642-3)
- (en) Jonathan Dull, The French Navy and the Seven Years' War, Lincoln Neb, University of Nebraska Press, , 445 p. (ISBN 978-0-803-21731-7)
- (en) Frank McLynn, 1759 : the year Britain became master of the world, New York Place of publication not identified, Grove Press,Distributed by Publishers Group West, , 448 p. (ISBN 978-0-099-52639-1)
- (en) Brendan Simms, Three victories and a defeat : the rise and fall of the first British Empire, 1714-1783, New York, Basic Books, (1re éd. 2007), 802 p. (ISBN 978-0-465-01332-6, 978-0-713-99426-1 et 978-0-140-28984-8, OCLC 230193500, lire en ligne)
- Patrick Villiers, Des vaisseaux et des hommes : La marine de Louis XV et de Louis XVI, Paris, Fayard, coll. « Histoire », , 416 p. (ISBN 978-2-213-68127-6)
- Georges Lacour-Gayet, La Marine militaire de la France sous le règne de Louis XVI, Paris, Honoré Champion, , 431–434 p. (lire en ligne)
- Onésime-Joachim Troude, Batailles navales de la France, vol. 2, Challamel ainé, (lire en ligne)
- Michel Vergé-Franceschi (dir.), Dictionnaire d'Histoire maritime, éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », .
- Laurent Veyssière (dir.) et Bertrand Fonck (dir.), La chute de la Nouvelle-France, Québec, Septentrion (Canada), , 587 p. (ISBN 978-2-89448-828-7)