Irina Rasquinet
Irina Volkonski, née le à Kizliar, est une artiste russe, établie depuis 1997 à Paris. Elle expose aujourd'hui sous le nom d'Irina Rasquinet[1].
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Biographie
modifierLa sculpture est sa voie d’expression privilégiée ; elle travaille aussi la peinture à l’huile et contribue à des installations éphémères. Elle veut exprimer son identité, mais aussi mettre à nu des codes sociaux.
Irina Volkonski a « traversé l’Europe pour l’amour de Gaudi et de Godard », selon Christian de Pange[2]. Elle se rêve, un temps, astronaute.
Oeuvres
modifierTerre à Terre
modifierDes œuvres l'ont rendue célèbre : Terre à Terre (2008) au Royal Monceau.
Irina Volkonski est choisie par le curateur Hervé Mikaeloff pour investir la chambre 126 du Royal Monceau, célèbre palace parisien, lors de The Demolition Party. Elle propose un Pompéi moderne, revisité. Dans une mise en scène sombre, elle questionne la beauté. Des plantes aux fières ombelles (agapanthes…) semblent les seules rescapées d’une activité humaine figée.
Lors de la soirée The Demolition Party, elle investit la chambre 126 de cet hôtel, aux côtés d’autres artistes contemporains – Xavier Veilhan ou Kolkoz. Sur fond de couvertures de survie – thème originel chez elle – elle met en espace la terre et la mêle avec des objets pétrifiés. Charrette entaillée par une hache, marteau, brouette, deviennent le terreau de plantes conquérantes ou déracinées.
Elle va évoluer de la chambre-ombre au chantier-charnier. À l’origine, elle se pose une question : « Pourquoi ne peut-on plus peindre les fleurs, en ville ? »[3].
Terre à Terre met en scène l’impossibilité de trouver un refuge, la crise de la mimésis. Cette préoccupation rejoint celle du langage amoureux menacé : « Quand aimer ne se dit plus, ou ne se dit que mal ».
Trilogie
modifierLors de l’exposition collective Off-Sight (2008), elle expose une trilogie, sous l’égide de la Galerie Deborah Zafman.
Cœur blindé, sculpture cordiforme monumentale en résine laquée bleu royal à la peinture époxy, est suspendue par des fils d’acier. Bardé de fils barbelés, ce cœur peut être une réflexion sur les barrières et les frontières, des êtres, des affects ou des concepts.
Avec Langue de bois, elle campe quatre matriochkas en résine ; leur stature d’enfant (78 et 122 centimètres) en fait des poupées coupées de mémoire, devenues marionnettes. L’artiste s’offusque des mines de crèche des poupées en bois traditionnelles russes et gomme leurs traits. Lustrales, ces matriochkas vernissées contestent l’embrigadement des idéologies (la perte identitaire), mais aussi l’individualisme (la caricature des traits).
L’installation Nature (sus)pendue retourne à l’origine du portrait ; des ombres de plantes aériennes sanglées se reflètent sur des murs. Au sol, un lac de pétrole. Le spectateur pénètre dans le royaume des ombres, découvre une nature pétrifiée. La nature, sanglée dans des cottes de mailles ou des corsets, hésite entre révolte et agonie. Irina Volkonski affronte les spectres suscités par l’imaginaire : « L'artiste avance par l'intuition. L'ombre est vivante, sa densité est variable »[4].
Bijoux
modifierSon travail sur les bijoux détourne des objets quotidiens ; parce qu’elle aime que « l'art descende dans la rue ». En 1999, elle débute comme créatrice pour Jean-Charles de Castelbajac, avec la boutique conceptuelle Assistants Magasin, rue Madame à Paris.
Ses bijoux seront exposés au Musée Galliera de Paris. En , avec Diamond Market, elle reconstitue l’atmosphère d’un marché et vend des bijoux à la criée au Centre national d’art et de culture Georges Pompidou.
Les bijoux d’Irina Volkonski naissent de l'inventivité de la langue française et de ses jeux de mots. Elle prend ces jeux de mots au pied de la lettre. Elle donne alors naissance à des cuillères strassées « pour ceux qui sont nés avec une cuillère en argent dans la bouche », à des pendentifs bobines « pour embobiner les hommes »[5], à des menottes strassées nées d’un homme qui veut lui saisir les mains, calquées sur le modèle de la police, ou à une chaise Starck en plexi, avec des miroirs aux pieds « pour voir sous les jupes des filles ».
Oeuvres diverses
modifierTable Manifeste (2005) est une installation à rebours des codes mondains, photographiée par Jean-François Jaussaud, qui provoque l’art de la table. À côté de chaque place réservée aux invités, elle brode des tissus portant l’inscription fléchée I’m not with him et dépose la nourriture sur des tapettes à souris dorées.
Nogoodxmas (2005), à Paris, à la galerie Nogoodwindow, est un magasin éphémère de Noël, où les objets s’arracheraient à l’emprise du temps.
Trip Trash (2006), avec le reporter Diego Buñuel, crée une poubelle « pour sauver la planète », en plexiglas ou en cuir, avec des pieds en acier.
Si seulement (2007) est un tableau entièrement en cristaux Swarovski, incrusté dans un miroir de Venise ; le regardant observe une scène d’accouplement à travers le miroir.
Roule-moi une pelle (2007) où Irina Volkonski met en scène, dans la galerie parisienne Bailly, la crise du langage amoureux dans notre société. Des miroirs aux arêtes dures, fragments d’un cristal géant, accueillent un arbre figé, des jouets d’enfants couverts de peinture pailletée, comme tirés de Bollywood. Les miroirs, griffés par le langage, rapportent des expressions du langage parlé : « Tu vas passer à la casserole, Roule-moi une pelle, Tirer un coup, Prendre son pied », dans une œuvre démesurée.
Notes et références
modifier- ↑ « Biographie », sur irinarasquinet.com (consulté le )
- ↑ Adjoint au directeur de la Musique chargé de la communication, du marketing et du développement à France Musique. Il fut secrétaire général à l’Opéra National de Paris depuis 1994.
- ↑ Citation tirée de la notice d’accompagnement de l’exposition Terre à Terre (2008).
- ↑ Citation tirée de la notice d’accompagnement de Nature (sus)pendue (2008).
- ↑ Denyse Beaulieu, Irina Volkonski, femme slave, http://www.la-couture.com/portrait/irina.htm
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Irina Volkonskii, Un bijou de créatrice, par Frédérique de Granvilliers, photos Jean-François Jaussaud, Paris Match, .
