Isca Dumnoniorum

établissement humain au Royaume-Uni

Isca Dumnoniorum, également connue sous le nom d'Isca, est, à l'origine, une forteresse légionnaire romaine appartenant à la Legio II Augusta (établie vers 55 apr. J.-C.) dans la province romaine de Bretagne au site de l'actuelle ville d'Exeter dans le Devon.

Isca Dumnoniorum
Image illustrative de l’article Isca Dumnoniorum
Murs de la ville d'Exeter. Une partie de la maçonnerie est médiévale.
Localisation
Pays Drapeau de l'Angleterre Angleterre
Devon
Type Camp romain
Coordonnées 50° 43′ 19,2″ nord, 3° 32′ 02,4″ ouest
Histoire
Époque Empire romain
Haut Moyen Âge
Antiquité
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Isca Dumnoniorum
Isca Dumnoniorum
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Isca Dumnoniorum
Isca Dumnoniorum
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Isca Dumnoniorum
Isca Dumnoniorum

La ville se développa autour de cette forteresse et servit en tant que civitas des Dumnonii pendant et après les Romains. Les murs de la ville d'Exeter (dont environ 70 % subsistent) marquent l'ancien périmètre d'Isca.

Le nom Isca Dumnoniorum est une Latinisation du nom brittonique d'origine évoquant de l'eau qui coule, faisant référence à l'Exe. Plus exactement, le nom semble avoir signifié, à l'origine, « plein de poissons » (cf. gallois pysg, pl. « poissons »), bien qu'il soit devenu un simple synonyme de l'eau (cf. écossais whisky)[1],[2].

Cela se reflète également dans le nom moderne gallois pour Exeter : Caerwysg signifiant « colonie fortifiée sur l'Uisc ». Le même nom fut utilisé pour l'Usk (gallois moderne : Afon Wysg) au sud du Pays de Galles, amenant la localité qui s'y trouvait (l'actuelle Caerleon) à être distinguée sous le nom d'Isca Augusta, tandis que l'Isca du Devon fut appelée Isca Dumnoniorum : Usk des Dumnonii.

Un sol en mosaïque romain découvert sous les ruines de la chapelle Sainte-Catherine ainsi que des hospices de pauvres. Il est désormais exposé au Royal Albert Memorial Museum d'Exeter.

Histoire

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Préhistoire

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Exeter débuta sous la forme de colonies de peuplement sur une arête sèche se terminant par un éperon surplombant un fleuve navigable grouillant de poissons, de terres fertiles à proximité. Bien qu'il n'y eut aucune découverte préhistorique majeure, ces avantages suggèrent que le site fut auparavant occupé[3]. Des pièces de monnaie datant des royaumes hellénisiques ont été découvertes, suggérant l'existence d'une colonie commerçant avec la Méditerranée dès 250 av. J.-C[3]. Ceci est toutefois contesté par le professeur Timothy Peter Wiseman, qui soutient que le trésor n'était pas authentique.

Empire romain

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Forteresse

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Suite à leurs invasions initiales, les Romains établirent un fort de 17 ha en forme de carte à jouer (Latin : castrum) au site vers 55 apr. J.-C. Il s'agissait de la base de la Legio II Augusta pendant les vingt prochaines années avant qu'elle ne se déplace à Isca Augusta (l'actuelle Caerleon au Pays de Galles). Les deux Iscas furent également le foyer de leurs familles car des agglomérations se seraient développées à l'extérieur des portes de la forteresse, particulièrement au nord-est.

Les bâtisses au sein de la forteresse, tel que les barraques, les greniers, ainsi que l'atelier (fabrica), furent des structures en bois, dont les tranchées de poteaux ont été creusées dans les années 1970 en amont du projet d'aménagement du centre commercial Guildhall. La seule bâtisse n'étant pas en bois connue de la forteresse sont des thermes militaires construits en pierre. L'eau des thermes fut approvisionnée par une source naturelle via un aqueduc qui pénétrait dans la forteresse par la porte arrière (porta decumana). Les fouilles révélèrent le caldarium ainsi qu'une partie du tepidarium. Les thermes furent également approvisionnés d'une cour externe (palaestra), dont un coin était une arène de combats de coqs[4].

La légion fit partie de la conquête romaine de la Grande-Bretagne menée par Claude en 43 apr. J.-C., sous les ordres du futur empereur Vespasien. Vespasien mena des campagnes contre les Durotriges ainsi que les Dumnonii. La présence de la légion à Exeter est soutenue par la découverte d'une antéfixe dauphin (élément de toiture), provenant de niveaux situés à l'intérieur des thermes militaires datant environ de 60 apr. J.-C. L'antéfixe semble avoir été conçue à partir du même moule qu'un exemple de la forteresse légionnaire à Caerleon, là où l'on sait que la légion a été stationnée à partir d'environ 75 apr. J.-C. (La légion a auparavant subi une défaite face aux Silures du sud du Pays de Galles en l'an 52.) Les légions de Bretagne furent réarrangées après la victoire de Caius Suetonius Paulinus contre la révolte de Boudicca.

Il exista un petit fort subsidaire à Topsham. Un dépôt de ravitaillement le long de la ligne entre la forteresse d'Isca et Topsham a été mis au jour sur le site de l'ancien collège St Loyes, sur Topsham Road en 2010. Les premières datations suggèrent qu'il fut occupé à la même époque que la forteresse d'Isca, vers 55-75. Un autre fort romain fut découvert en 2019 sous la gare routière à proximité de Bampfylde Street.

Colonie

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La colonie (canabae) d'Isca Dumnoniorum semble s'être développée autour de la forteresse romaine. Il s'agit de l'une des quatre cités (poleis) attribuées aux Dumnonii par Claude Ptolémée dans sa Géographie du IIe siècle et servait de civitas aux Dumnonii[5]. Elle figure également sur l'Itinéraire d'Antonin de la fin du IIe siècle, où elle constituait le terminus sud de la voie 15 (Iter XV) sur la Fosse Way, ainsi que sur la Cosmographie de Ravenne du VIIe siècle, où elle apparaît comme l'entrée apparemment confuse de Scadu Namorum[6].

La forteresse fut abandonnée vers 75 apr. J.-C. et peu de temps après cela, ses terres furent converties à des fins civiles. Les thermes militaires furent trop vastes pour la population locale et démolis à grande échelle, bien que certaines parties furent incorporées au forum ainsi qu'à l'église à plan basilical construits sur le site. Des thermes plus petits furent construits par la suite au sud-est. À la fin du IIe siècle, le fossé ainsi que les défenses de remparts autour de la forteresse furent remplacés par une banque ainsi qu'un mur clôturant une région encore plus large, environ 37 ha. Des traces de travail du cuivre et du bronze ont été mises au jour. Un possible parc à bestiaux a également été identifié, et Isca était manifestement un marché clé pour le bétail, les récoltes et la poterie produite dans la campagne environnante. L'importance d'Isca en tant que centre de commerce est démontrée par la découverte de plus de mille pièces de monnaie romaines autour de la cité. Toujours est-il que les dates de ces pièces de monnaie suggèrent que la ville était à son apogée de prospérité dans la première moitié du IVe siècle ; pratiquement aucune pièce datée d'après 380 apr. J.-C. ne fut découverte, suggérant un déclin rapide[3].

Un plan d'Exeter en 1563, montrant les murs de la ville

Moyen Âge

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L'évêque Ussher identifia la Cair Pensa vel Coyt, qui figure parmi les 28 cités de Bretagne mentionnées dans l'Historia Brittonum en tant qu'Isca, bien que Ford y a vu une référence à Penselwood, tout en estimant plus probable qu'il s'agisse de Lindinis (l'actuelle Ilchester). Isca fut également connue des britanniques en tant que Caer Uisc, or, après le retrait romain de Bretagne vers 410, il existe très peu de preuves d'habitation à Exeter depuis près de 300 ans, à l'exception des vestiges d'un édifice (probablement une église) dans la région du forum démoli ainsi que quelques tombes à proximité datant du Ve siècle, VIe siècle, et VIIe siècle[7]. Après cela, les archives historiques reprennent vers 680 avec un rapport indiquant que Saint Boniface fut éduqué à l'abbaye d'Exeter[3].

Vestiges

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Certains des objets d'Isca Dumnoniorum au Royal Albert Memorial Museum

Une grande partie du mur romain subsiste sous la forme des assises inférieures ou du noyau intérieur des murs médiévaux de la ville, 70 % d'entre eux existent encore, construits en grande partie sous les ordres d'Alfred le Grand afin de protéger l'extrême ouest de son royaume suite à l'occupation viking de 876. Les thermes légionnaires furent mis au jour dans les années 1970, cependant, en raison de leur proximité à la cathédrale, il n'était pas possible de conserver la fouille pour qu'elle soit visible au public. Des artefacts de la fouille sont néanmoins exposés, accompagnés d'autres découvertes, au Royal Albert Memorial Museum de la ville.

Notes et références

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  1. ↑ (en) Hywel Wyn Owen et Richard Morgan, Dictionary of the Place-names of Wales [« Dictionnaire des noms de lieux du pays de Galles »], Gwasg Gomer, , 506 p. (ISBN 978-1843239017)
  2. ↑ (en) Eilert Ekwall, Concise Oxford Dictionary of English Place-Names [« Dictionnaire concis Oxford des noms de lieux anglais »], Oxford University Press, , 4e éd., 598 p. (ISBN 9780198691037)
  3. 1 2 3 4 (en) William George Hoskins, Two Thousand Years In Exeter [« Deux mille ans à Exeter »], , 320 p. (ISBN 9781860773037)
  4. ↑ (en) Paul Bidwell, The Legionary Bathhouse and Basilica and Forum at Exeter [« Les thermes, la basilique et le forum de la légion à Exeter »], , 316 p. (ISBN 9780859890946)
  5. ↑ (en) « Dumnonii Celtic Tribe » [« Tribu celtique des Dumnoniens »] Accès libre, sur Roman Britain
  6. ↑ (en) « Exeter (Isca Dumnoniorum) Roman Fort » [« Fort romain d'Exeter (Isca Dumnoniorum) »] Accès libre, sur Roman Britain
  7. ↑ (en) Hazel Harvey, The Story of Exeter [« L'Histoire d'Exeter »], , 240 p. (ISBN 978-1-86077-678-6)

Voir aussi

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