Isésiânkh, ou Isési-Ânkh, est haut fonctionnaire et peut-être un prince égyptien, potentiel fils d'un roi de la seconde moitié de la Ve dynastie.

Isésiânkh
Image illustrative de l’article Isésiânkh
Stèle fausse-porte d'Isésiânkh provenant de son tombeau à Saqqarah
Nom en hiéroglyphe
<
M17O34
O34
M17
>anxn
x
Transcription ỉssỉ ˁnḫ
Famille
Père Menkaouhor (?)
Djedkarê Isési (?)
Mère Mérésânkh IV (?)
Fratrie ♂ Ounas (?)
♂ Néserkaouhor
♂ Rêmkoui
♂ Kaemtjenent (?)
♀ Khekeretnebty
♀ Hedjetnebou
♀ Meret-Isési (?)
♀ Nebtyemnéferes (?)
♀ Kentkhaous (?)
Sépulture
Nom Mastaba D8
Type mastaba
Emplacement Saqqarah
Découvreur Auguste Mariette
Fouilles XIXe siècle (Mariette)
1907-1908 (James Edward Quibell)
1983 (Said Amer El-Fikey)
1994 (Yvonne Harpur)

Attestation

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Isésiânkh n'est attesté que par sa tombe D7 située dans le secteur au nord du complexe funéraire de Djéser à Saqqarah[1].

Le mastaba d'Isésiânkh mentionne plusieurs titres importants qu'il a détenus[1] :

  • « Directeur/Surveillant des jugements du roi » (jmj-r wḏt-mdw nbt nt nsw.t),
  • « Directeur/Surveillant de troupe » (jmj-r ms̆ˁ),
  • « Directeur/Surveillant de tous les travaux royaux du roi » (jmj-r kȝt nbt nt nsw.t),
  • « Bâton des recrues » (mdw nfr.w),
  • « Directeur des secrets du roi » (ḥrj-ss̆tȝ nsw.t),
  • « Directeur de la barque d'Horus » (ḫrp jmw Ḥr m ḥȝt=f),
  • « Porteur du sceau du dieu » (ḫtmw nṯr),
  • « Porteur du sceau du dieu dans les Deux Grandes Barques » (ḫtmw nṯr m jmwwy (ˁȝwy)),
  • « Ami unique » (smr wˁtj),
  • « Fils du Roi » (sȝ nsw.t).

L'un de ces titres, « Directeur/Surveillant de tous les travaux royaux du roi », indique qu'il était très probablement impliqué dans d'importants travaux de construction royaux, peut-être même dans le complexe de la pyramide royale[1].

Généalogie

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Le titre de « fils du roi » attribué à Isésiânkh a fait l'objet de débats parmi les chercheurs. Il pourrait indiquer qu'il était le fils d'un roi, une hypothèse défendue par des égyptologues tels que William Stevenson Smith[2], qui avancent qu'il pourrait être le fils de Djedkarê Isési et de la reine Mérésânkh IV. Cette hypothèse est étayée par la présence de la tombe de cette dernière à proximité de celle d'Isésiânkh. Aidan Mark Dodson et Dyan Hilton proposent, sans certitude toutefois, quant à eux que le prince était un fils du roi Djedkarê Isési, sans mère identifiée[3].

Cette filiation a toutefois été évaluée différemment par d'autres égyptologues, car on sait désormais que le titre de « fils du roi » était, dans certains cas, purement honorifique. Nigel Strudwick a proposé que ce soit le cas pour Isésiânkh[4]. En particulier, les marques de construction de la tombe désignent le propriétaire de la tombe comme le « porteur du sceau du dieu Isésiânkh », et non le « fils du roi », comme c'est pourtant l'usage pour les membres de la famille royale[5]. Cette position est suivie par Vivienne Gae Callender[6] et Miroslav Verner[7].

Isésiânkh pourrait avoir été le fils de Kaemtjenent[8], un autre haut fonctionnaire de la seconde moitié de la Ve dynastie[1].

Sépulture

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Le mastaba[note 1] d'Isésiânkh est situé à l'angle nord-est de l'enceinte du complexe funéraire de Djéser à Saqqarah, non loin des mastabas de Rêmkoui et de Mérésânkh IV[10]. Le mastaba a été mis au jour par Auguste Mariette[10] lors de la grande campagne d'exploration du site qu'il entreprit à la suite de sa nomination à la tête du tout jeune service des antiquités égyptiennes qu'il venait de fonder. Brièvement exploré au début du XXe siècle par James Edward Quibell, qui en fit le relevé et publia les scènes qui décoraient ses parois[10], le mastaba a été négligé par la suite, ne faisant l'objet d'aucun travaux de consolidation ou de restauration tant et si bien que près d'un siècle après sa découverte, exposé aux intempéries et aux aléas touristiques d'un site devenu célèbre, il ne présentait que de maigres vestiges. Des travaux plus importants ont été menés sous la direction de Said Amer El-Fikey en 1983, alors directeur de la zone archéologique de Saqqarah[10] ; il découvrit deux papyrus démotiques[11]. Yvonne Harpur, directrice de terrain de l'Oxford Expedition to Egypt, l'étudia à nouveau à partir de 1994 pour le compte de l'université d'Oxford.

Le mastaba comprenait une façade en retrait soutenue par deux colonnes. L'architrave au-dessus de l'entrée et les deux colonnes portaient les titres d'Isésiânkh, aujourd'hui endommagés. À l'arrière de la façade, un couloir menait à deux pièces, dont l'une donnait accès à une chapelle de culte située au fond, où se trouvait la stèle de la fausse porte d'Isésiânkh. Cette fausse porte, en marne de qualité médiocre, porte des inscriptions mieux conservées que celles de la façade. Ces inscriptions, ainsi que les autres reliefs de la fausse porte, étaient à l'origine peintes d'un émail vert, et les murs du tombeau étaient ornés de peintures sur plâtre, dont une grande partie a disparu, bien que la couleur verte ait subsisté[9].

Notes et références

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  1. ↑ Mastaba référencé no 85 ou D8 sur les cartes du site ; cette dernière référence est due à Auguste Mariette qui a fouillé le site à la fin du XIXe siècle[9].

Références

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  1. 1 2 3 4 Baud 2005, p. 421.
  2. ↑ Smith 1971, p. 187-188.
  3. ↑ Dodson et Hilton 2004, p. 64-65.
  4. ↑ Strudwick 1985, p. 225.
  5. ↑ Baud 2005, p. 422.
  6. ↑ Callender 2011, p. 193.
  7. ↑ Verner 2014, p. 81.
  8. ↑ Baud 2005, p. 521 et 591.
  9. 1 2 Mariette et Maspero 1889, p. 189-191.
  10. 1 2 3 4 Baud 2005, p. 521.
  11. ↑ Leclant 1984, p. 362.

Bibliographie

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  • Auguste Mariette et Gaston Maspero, Les mastabas de l'Ancien Empire - Fragment du dernier ouvrage de A. Mariette, publié d'après le manuscrit de l'auteur, Paris, F. Vieweg, librairie-éditeur, (lire en ligne) ;
  • (en) William Stevenson Smith, « The Old Kingdom in Egypt », dans I. E. S. Edwards, C. J. Gadd, N. G. L. Hammond, The Cambridge Ancient History, Vol. 2, Part 2: Early History of the Middle East, Cambridge, Cambridge University Press, , 145–207 p. (ISBN 978-0-521-07791-0, lire en ligne) ;
  • Jean Leclant, « Fouilles et travaux en Égypte et au Soudan, 1982-1983 », Orientalia, no 53,‎ , p. 350-416 (lire en ligne) ;
  • (en) Nigel Strudwick, The Administration of Egypt in the Old Kingdom: The Highest Titles and Their Holders, Londres, Boston, Paul Kegan International, coll. « Studies in Egyptology », (ISBN 978-0-7103-0107-9, lire en ligne) ;
  • Michel Baud, Famille royale et pouvoir sous l'Ancien Empire égyptien, Le Caire, Institut français d'archéologie orientale, , 2e éd. (1re éd. 1999), 678 p. (ISBN 2-7247-0250-6) ;
  • (en) Aidan Mark Dodson et Dyan Hilton, The Complete Royal Families of Ancient Egypt, [détail des éditions] ;
  • (en) Vivienne Gae Callender, In Hathor's Image : The Wives and Mothers from Egyptian Kings from Dynasties I-VI, vol. I, Prague, Czech Institute of Egyptology Charles University, , 406 p. (ISBN 978-80-7308-381-6) ;
  • (en) Miroslav Verner, Sons of the Sun : Rise and Decline of the Fifth Dynasty, Prague, Czech Institute of Egyptology Charles University, , 308 p. (ISBN 978-80-7308-541-4).