Ivanoe Bonomi

journaliste et homme d'État italien

Ivanoe Bonomi, né le à Mantoue et mort le à Rome, est un journaliste, homme politique socialiste et homme d'État italien.

Ivanoe Bonomi
Illustration.
Ivanoe Bonomi en 1921
Fonctions
Président du Sénat de la République italienne
–
(2 ans, 11 mois et 12 jours)
Législature Ie
Prédécesseur Pietro Tomasi della Torretta
(président du Sénat du royaume d'Italie)
Successeur Enrico De Nicola
Président du Conseil des ministres du royaume d'Italie
–
(1 an)
Monarque Victor-Emmanuel III
Gouvernement Bonomi II et III
Législature Consulta Nazionale
Prédécesseur Pietro Badoglio
Successeur Ferruccio Parri
–
(7 mois et 22 jours)
Monarque Victor-Emmanuel III
Gouvernement Bonomi I
Législature XXVIe
Prédécesseur Giovanni Giolitti
Successeur Luigi Facta
Ministre de l'Intérieur du royaume d'Italie
–
(7 mois et 22 jours)
Monarque Victor-Emmanuel III
Gouvernement Bonomi I
Prédécesseur Giovanni Giolitti
Successeur Luigi Facta
–
(1 an et 1 jour)
Monarque Victor-Emmanuel III
Gouvernement Bonomi II
Prédécesseur Salvatore Aldisio
Successeur Ferruccio Parri
Ministre de la Guerre du royaume d'Italie
–
(2 mois et 7 jours)
Monarque Victor-Emmanuel III
Gouvernement Nitti I
Prédécesseur Alberico Albricci
Successeur Giulio Rodinò
–
(9 mois et 18 jours)
Monarque Victor-Emmanuel III
Gouvernement Giolitti V
Prédécesseur Giulio Rodinò
Successeur Giulio Rodinò
Sénateur de la République italienne
–
(2 ans, 11 mois et 12 jours)
Gouvernement De Gasperi V et VI
Législature Ire
Groupe politique Mixte
Député du royaume d'Italie
–
(5 ans, 10 mois et 1 jour)
Législature XXIIIe, XXIVe, XXVe et XXVIe
Député de l'Assemblée constituante
–
(1 an, 7 mois et 6 jours)
Biographie
Nom de naissance Ivanoe Bonomi
Date de naissance
Lieu de naissance Mantoue (Italie)
Date de décès (à 77 ans)
Lieu de décès Rome (Italie)
Nationalité Italienne
Parti politique Parti socialiste italien (1893-1912)
Parti socialiste réformiste italien (1912-1922)
Parti démocrate du travail (1943-1948)
Parti social-démocrate italien (1948-1951)

Image illustrative de l’article Ivanoe Bonomi
Présidents du Conseil d'Italie

Biographie

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Jeunesse et fondation du Parti socialiste italien

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Né en 1873, après l'achèvement substantiel de l'unification de l'Italie, Ivanoe Bonomi appartient à ce qu'on appelle la deuxième génération d'hommes politiques de la jeune nation italienne, ceux qui n'ont pas participé aux luttes armées du Risorgimento. Dès 1893, il adhère au Parti socialiste des travailleurs, dont il devient l'un des principaux membres.

Journalisme, question libyenne et socialisme réformiste

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Il obtient un diplôme en sciences naturelles en 1896, puis un diplôme en droit en 1900. Entre-temps, il se consacre à l'enseignement, qu'il abandonne en 1898 pour devenir journaliste socialiste, travaillant pour les journaux socialistes Avanti!, Critica Sociale, Tempo et Azione Socialista. Son activité institutionnelle commence avec son élection au conseil municipal de Mantoue en 1899, puis se poursuit au conseil provincial de Mantoue en 1904-1905, 1907-1910 et 1914-1920.

Bonomi est élu en 1909 comme député dans les rangs socialistes, mais il est exclu du parti lors du congrès de Reggio Emilia en , qui voit le succès du courant révolutionnaire maximaliste, pour son soutien partiel à la guerre en Libye, entreprise par le quatrième gouvernement Giolitti. Bonomi avait déclaré qu'une des solutions possibles à l'émigration des Italiens de ces années-là vers l'Amérique et l'Europe du Nord pouvait être l'occupation de nouveaux territoires pour y diriger les émigrants. En réalité, le point de départ de l'expulsion du parti a été les félicitations de Bonomi, Leonida Bissolati et Angiolo Cabrini à Vittorio Emanuele III pour la tentative d'évasion de justesse du . Ainsi, avec Bissolati, Cabrini et d'autres dissidents du Parti socialiste italien, Bonomi décide de fonder le Parti socialiste réformiste italien (PSRI), avec lequel il soutient les gouvernements giolittiens.

De l'interventionnisme démocratique au gouvernement

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Pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918), il soutient l'interventionnisme démocratique et se porte même volontaire au front. Après que le PSRI de Leonida Bissolati a voté pour le gouvernement Salandra le , Bonomi devient ministre des travaux publics dans les gouvernements Boselli et Orlando de 1916 à 1919, ministre de la guerre du au (gouvernement Nitti I) et à nouveau du au (gouvernement Giolitti V), ministre du Trésor du au (gouvernement Giolitti V), président du Conseil des ministres du au , ministre de l'Intérieur et ministre des Affaires étrangères par intérim.

En tant que président, il se montré très complaisant envers les formations paramilitaires fascistes, ou du moins ne fait pas preuve de fermeté dans leur dispersion, et observe une attitude répressive envers les formations de défense antifascistes, y compris les Arditi del Popolo. En outre, pendant son gouvernement, il ordonne, le , la suppression du corps des bersagliers, qui avait subi de lourdes pertes pendant la Première Guerre mondiale. Il soutient ensuite le gouvernement dirigé par Luigi Facta et vote pour le gouvernement Mussolini[1].

En 1924, il se présente à nouveau comme député, mais est battu par le candidat de la Liste nationale de Mussolini. En , il rejoint l'Union nationale de Giovanni Amendola. Toutefois, avec l'instauration de la dictature fasciste en 1925, il se retire dans la vie privée et se consacre à des études historiques.

Sous le régime : rapprochement avec le fascisme ?

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Durant les années 1930, Bonomi se serait référé « avec beaucoup de sympathie aux nouvelles normes législatives de caractère socialiste », mais aurait estimé « défaillante la politique économique et financière suivie jusqu'à présent »[2]. Les autorités observaient qu'il n'avait « aucune animosité ni envers le Régime, ni envers le Duce »[2].

Bien qu'opposé à la guerre contre l'Éthiopie et à certaines mesures du régime, il exprima en privé l'intention « de demander au Duce la possibilité de fonder une association de fait » qui, sous le nom d'« Association socialiste nationale », aurait dû mettre en œuvre une « collaboration indirecte avec le Régime Fasciste sur la base corporative et syndicale »[2].

Les cadres du nouveau regroupement politique auraient été « tous les anciens députés socialistes réformistes » et démocrates ne s'étant pas compromis dans l'opposition au fascisme[2]. Ces informations sont rapportées dans un rapport d'un informateur de l'OVRA daté du 24 janvier 1936 qui écrivait « concernant un projet d'Ivanoe Bonomi visant à donner vie à une association d'anciens députés antifascistes (« Association Socialiste Nationale ») disposés à collaborer indirectement avec le Régime sur une base corporative et nationale (on citait les noms des anciens députés Bisogni, D'Aragona, Caldara et d'anciens dirigeants démo-libéraux). »[3]

Il fut également signalé que Bonomi avait déjà pris des initiatives pour des rencontres avec les anciens syndicalistes réformistes de l'Associazione Nazionale Studi - Problemi del Lavoro[2].

Cependant, deux jours plus tard, Bonomi déclarait que l'essence du régime était telle qu'elle ne permettait aucune collaboration ; l'informateur de l'OVRA ajoutait, en le mettant entre parenthèses, son propre jugement : « antifascisme à cent un pour cent, quoique larvé »[4]. Les historiens Daniela Ferrari et Mario Vaini écrivent :

« À ce stade, des perplexités et des interrogations surgissent : Bonomi se rendait-il compte qu'il était entouré de personnes prêtes à révéler ses propos à l'OVRA ? Une réponse négative semble improbable, compte tenu de sa longue expérience politique, et l'on peut peut-être émettre l'hypothèse qu'il s'en servait pour faire fuiter des messages à l'intention de Mussolini. D'autre part, comment pouvait-il, le 24 janvier 1936, illustrer son projet de soutien direct et, deux jours plus tard, exclure toute possibilité de le réaliser ? La proposition avait-elle été portée à la connaissance du chef de l'État et rejetée par lui ? Il s'agit d'informations provenant de l'OVRA, ce qui impose une grande prudence dans leur utilisation, mais nous les estimons substantiellement véridiques, car elles viennent confirmer des initiatives précédentes, toutes basées sur l'acceptation du corporatisme. »[4]

Guerre civile et adhésion au Parti libéral italien

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En 1942, il sert de lien entre la maison de Savoie et le maréchal Pietro Badoglio. En , il fonde, avec d'autres libéraux, le journal clandestin Ricostruzione, et en , il adhère au Parti libéral italien (PLI) renouvelé. Après la chute du fascisme et l'invasion des Alliés, il devient président du Comité de libération nationale (CLN) ; il fonde ensuite le Parti démocratique du travail (PDL), d'inspiration démocratique et réformiste ; après la chute du deuxième gouvernement Badoglio, le , il est chargé de former un nouveau gouvernement, qui entre en fonction le à Salerne. Bonomi obtient le soutien de la DC, du PCI, du PSI, du PLI, du PDL et du PdA. Le gouvernement reste en place jusqu'au suivant, jour où Bonomi démissionne en raison de divergences internes entre les partis de la coalition.

De gauche à droite : Vittorio Emanuele Orlando, Ivanoe Bonomi et Francesco Saverio Nitti pendant les sessions de l'Assemblée constituante en 1946.

En raison du veto des Alliés à la création d'un autre gouvernement, Bonomi est reconduit et forme le son troisième gouvernement, qui dispose du soutien de la DC, du PCI, du PLI et du PDL et qui dure jusqu'au , jour où Bonomi démissionne à nouveau, après la libération de l'Italie du Nord, pour ouvrir la voie à la création d'un gouvernement démocratique.

Pendant ses gouvernements, il résout avec énergie le problème de l'enrôlement des cinq divisions italiennes pour soutenir les Alliés dans la conquête du Nord. À partir de 1947, il participe aux conférences de paix en tant que délégué italien. Entre-temps, il assume la présidence du PSDI, qu'il conserve jusqu'à sa mort.

Le , il est élu premier président du Sénat de la République, fonction qu'il occupe jusqu'à sa mort dans l'appartement présidentiel du palais Giustiniani à Rome, le , à l'âge de soixante-dix-sept ans. Les funérailles ont eu lieu dans le rite catholique à la basilique romaine Sainte-Marie-des-Anges, bien que Bonomi n'ait pas été chrétien pratiquant[5]. Il est enterré au cimetière de Volta Mantovana.

Distinctions

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Œuvres

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  • (it) Sulla azione del partito nelle amministrazioni locali, Modène, Tipografia degli operai, 1900.
  • (it) L'azione politica del Partito Socialista e i suoi rapporti con l'azione parlamentare, Imola, Cooperativa Tipografica Editrice, 1902.
  • (it) Ordine del giorno sull'azione politica parlamentare, Imola, Cooperativa Tipografica Editrice, 1902.
  • (it) La finanza locale e i suoi problemi, Milan, Sandron, 1903.
  • (it) Questioni urgenti. Il movimento di resistenza dei contadini, gli scioperi agrarii e il loro avvenire, i lavoratori dei servizi pubblici, Gênes, Libreria Moderna, 1903.
  • (it) La riforma tributaria, Imola, Coop. Tipografica Editrice P. Galeati, 1904.
  • (it) Le vie nuove del socialismo, Milan, Sandron, 1907.
  • (it) Agli operai organizzati. Considerazioni sulla cassa mutua cooperativa italiana per le pensioni di Torino, Modène, Cooperativa Tipografica, 1908.
  • (it) Azione dei socialisti nei comuni. Conclusioni del relatore Ivanoe Bonomi, Rome, Tip. Popolare, 1908.
  • (it) La riforma tributaria, Roma, Coop. Tipografica Avanti, 1910.
  • (it) Le entrate e le spese dei comuni e delle provincie, Milan, Federazione Italiana delle Biblioteche Popolari, 1914.
  • (it) La politica italiana da Porta Pia a Vittorio Veneto (1870-1918), Einaudi, 1944, XII-438 p.
  • (it) Diario di un anno (2 giugno 1943 - 10 giugno 1944), Milan, Garzanti, 1947.
  • (it) La politica italiana dopo Vittorio Veneto, 1953, Turin, Saggi n.166, Editions Einaudi

Notes et références

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  1. ↑ Giordano Bruno Guerri in Alfredo Chiappori, Storie d'Italia. Dallo stato liberale all'Italia fascista, Milano Feltrinelli, 1981, page 135
  2. 1 2 3 4 5 Luigi Cortesi, Ivanoe Bonomi e la socialdemocrazia italiana. Profilo biografico, Libreria iternazionale,
  3. ↑ Alessandro De Felice, La socialdemocrazia e la scelta occidentale dell'Italia (1947-1949), Boemi,
  4. 1 2 Daniela Ferrari, Mario Vaini, Carte Ivanoe Bonomi : inventario, G. Arcari,
  5. ↑ (it) Visti da vicino, Giulio Andreotti

Bibliographie

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  • (it) AA.VV., Storia d'Italia, DeAgostini, 1991.
  • (it) Luigi Cortesi, Ivanoe Bonomi e la socialdemocrazia italiana: profilo biografico, Salerno, Libreria Internazionale, 1971.
  • (it) Silvio Lanaro, Bonomi Ivanoe, dans Franco Andreucci - Tommaso Detti, Il movimento operaio italiano. Dizionario biografico, Rome, Editori Riuniti, 1975-1979.
  • (it) Alessandro Prefaut, Il Riformismo di Ivanoe Bonomi, dans le Tempo Presente (Rome), n. 133-134 de janvier-.
  • (it) Luigi Cavazzoli, Ivanoe Bonomi riformatore, Manduria, Piero Lacaita Editore, 2005 (Actes de la conférence tenue à Mantoue en 2004).
  • (it) Luigi Cavazzoli - Luigi Gualtieri, Strumenti per lo studio di Ivanoe Bonomi, Manduria-Bari-Rome, Piero Lacaita Editore, 2005.
  • (it) Gabriella Fanello Marcucci, Ivanoe Bonomi dal fascismo alla Repubblica. Documents du Comitato Centrale di Liberazione Nazionale (décembre 1942-juin 1944), Manduria-Bari-Rome, Piero Lacaita Editore, 2005.
  • (it) Guido Quazza, Bonomi Ivanoe, in AA.VV., Grande Dizionario Enciclopedico UTET, vol. II, Turin, UTET, 1955.
  • (it) Luigi Cavazzoli - Luigi Gualtieri, Ivanoe Bonomi. Scritti giornalistici (1894 – 1907), Manduria-Bari-Rome, Piero Lacaita Editore, 2007.
  • (it) Luigi Cavazzoli - Luigi Gualtieri, Ivanoe Bonomi. Scritti giornalistici (1908 – 1951), Manduria-Bari-Rome, Piero Lacaita Editore, 2008.
  • (it) Luigi Cavazzoli - Stefano B. Galli, Ivanoe Bonomi. Scritti storici (1924 – 1953), Manduria-Bari-Rome, Piero Lacaita Editore, 2010.
  • (it) Carlo G. Lacaita, Bonomi e Omodeo. Il governo delle acque tra scienza e politica, Manduria-Bari-Rome, Piero Lacaita Editore, 2010.
  • (it) Alessandro Prefaut, Ivanoe Bonomi e la ‘tradizione’ riformista nella sinistra italiana, in "L'Almanacco. Rassegna di studi storici e di ricerche sulla società contemporanea", (Reggio Emilia) n. 55 - 56 de .

Liens externes

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