JAB Holding Company

entreprise financière gérant les actifs de la famille Reimann
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JAB Holding Company est un conglomérat allemand de droit luxembourgeois qui investit principalement dans les domaines des biens de consommation, du café, de la mode de luxe, de la santé animale et de la restauration rapide et gérant les actifs de la famille allemande Reimann. Cette holding est issue du patrimoine de la société industrielle allemande Joh. A. Benckiser GmbH (de), fondée par Johann Adam Benckiser (de) et Karl Ludwig Reimann (de), dont le siège social est situé à Pforzheim, Ludwigshafen et Ladenburg. Sa division de produits d'entretien a fusionné avec la société britannique Reckitt & Colman en 1999 pour former Reckitt Benckiser (devenue Reckitt en 2021), dont JAB Holding s'est ensuite progressivement retiré.

JAB Holding Company
logo de JAB Holding Company

Création Voir et modifier les données sur Wikidata
Fondateurs Karl Ludwig Reimann (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Forme juridique Société à responsabilité limitée au Luxembourg (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Siège social Luxembourg
Drapeau du Luxembourg Luxembourg
Actionnaires Drapeau de l'Allemagne Famille Reimann
Activité ConglomératVoir et modifier les données sur Wikidata
Filiales Coty, Reckitt Benckiser, Jacobs Douwe Egberts, Peet's Coffee & Tea, Panera Bread, Espresso House, Keurig Dr Pepper, Krispy Kreme, Caribou Coffee, Einstein Bros. Bagels, Bruegger's, Baresso, Balzac Coffee, Noah's, Stumptown, Mighty Leaf et Intelligentsia
Site web www.jabholco.com/

La famille Reimann (de) est ainsi présente dans les parfums (Coty), la restauration (Pret A Manger, Panera Bread, Krispy Kreme), les boissons (Keurig Dr Pepper) et le café (Jacobs Douwe Egberts)[1].

Histoire

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De Benckiser à Reckitt Benckiser

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Le fondateur Johann Adam Benckiser vers 1850

En 1823, Johann Adam Benckiser reprend une usine de sulfate d'ammonium à Pforzheim , en activité depuis 1804 et en proie à des difficultés financières . Le sulfate d'ammonium y était produit à partir d'ammoniac et d'acide chlorhydrique. Il s'associe avec le chimiste Karl Ludwig Reimann (de) pour fonder une usine de produits chimiques en 1851. Au milieu des années 1930, Albert Reimann père (de), petit-fils de Karl Ludwig Reimann, prend la direction de l'entreprise Johann A. Benckiser à Ludwigshafen. Lui et son fils, Albert Reimann fils (de), sont des national-socialistes convaincus. Dès 1933, lors de l'arrivée d'Adolf Hitler au pouvoir, l'entreprise, alors de taille moyenne, se présente comme une entreprise nazie modèle. À partir de 1956, la société Benckiser développe des produits d'entretien ménagers et industriels. Les marques Calgon (1956), Calgonit (1964), Clearasil, Sagrotan et Quanto (1966) sont développées.

Au début des années 1980, l'entreprise entreprend une restructuration radicale et se concentre dès lors sur les secteurs de la lessive, de la vaisselle, des produits de nettoyage et des cosmétiques. En 1992, Benckiser rachète le fabricant de cosmétiques Coty à Pfizer pour 440 millions de dollars[2]. L'entreprise est scindée en deux entités en 1996 : Benckiser pour les produits de nettoyage et Coty pour les cosmétiques. En 1997, Benckiser fait son entrée en bourse à Amsterdam. Mi-1999, Benckiser, cotée en bourse, fusionne avec la société britannique Reckitt & Colman pour devenir Reckitt Benckiser.

Holding financière Johann A. Benckiser

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La société holding financière luxembourgeoise JAB S.à rl a été fondée en 2012. Issue de Johann A. Benckiser GmbH, qui détenait des participations dans Coty et Reckitt Benckiser, elle appartient à quatre membres de la famille Reimann – Renate Reimann-Haas (née en 1951), Wolfgang Reimann (de) (né en 1952), Stefan Reimann-Andersen (de) (né en 1963) et Matthias Reimann-Andersen (né en 1965) – et à leurs dix enfants.

Aujourd’hui, JAB Holding tire ses fonds de trois sources : le fonds JAB Consumer d’investisseurs externes, le capital des quatre Reimann et l’investissement direct de familles fortunées telles Santo Domingo (en), Van Damme (en) et Peugeot.

La fortune des quatre frères et sœurs Reimann était estimée à environ 11 milliards d'euros à l'automne 2012 et, selon le magazine Manager (en), à 33 milliards d'euros en 2017. La famille Reimann détient environ 95 % de JAB, le reste des parts étant détenu par huit associés.

Activité dans le secteur des produits de luxe (JAB Luxury)

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Lors de sa fondation, JAB procède à l'intégration du groupe Labelux, une société holding dédiée aux acquisitions dans le secteur du luxe fondée à Vienne en 2007 par la famille Reimann. Par le biais d'acquisitions, le holding a notamment réuni la maison de joaillerie londonienne Solange Azagury-Partridge, la marque de mode suisse de luxe Bally[3], la marque de mode américaine Derek Lam (acquises en 2008), le fabricant italien de maroquinerie Zagliani (2009) et la marque de mode italo-britannique Belstaff (2011)[4].

En , la marque de chaussures Jimmy Choo rejoint le portefeuille de Labelux pour  575 millions d'euros[5].

En 2012, les marques Solange Azagury-Partridge et Derek Lam ont été revendues à leurs fondateurs respectifs par Labelux.

En , JAB réussit l'introduction en bourse de Coty à New York, la holding en détenant désormais 51 % des actions.

En , JAB a dissous le groupe Labelux, intégrant ainsi les marques Labelux, telles que Bally, Jimmy Choo et Belstaff, à JAB Holding sous le nom de JAB Luxury. En , la société a introduit sa marque Jimmy Choo à la Bourse de Londres et l'a vendue à Michael Kors pour 1,2 milliard de dollars en . Au printemps 2015, la marque Zagliani, fondée en 1947, est intégrée à Bally. Fin 2017, JAB cède la marque de mode Belstaff à Ineos. L’acquisition de Bally par le groupe textile chinois Shandong Ruyi, qui possède également les marques Cerruti et Aquascutum (en), annoncée en , est finalement annulée au printemps 2020. En raison de la pandémie de COVID-19, Shandong Ruyi n’a pas pu réunir le prix d’achat de 600 millions de dollars.

En , JAB Holding annonce l'augmentation de sa participation de 40 % à 60 % dans Coty[6].

En , JAB Luxury revend le chausseur Bally à la société de capital-investissement californienne Regent L.P.[7].

Acquisitions dans le secteur alimentaire

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JAB Holding acquiert en Caribou Coffee pour 340 millions de dollars, et en , Peet's Coffee & Tea pour approximativement un milliard de dollars[8].

En 2013, un consortium mené par JAB et Berkshire Hathaway acquiert le fabricant néerlandais de produits à base de café et de thé DE Master Blenders 1753 (qui comprend les marques Douwe Egberts et Pickwick ) pour 7,5 milliards d’euros[9]. En , Acorn Holdings, filiale de JAB Holdings, et Mondelēz International annoncent leur intention de fusionner leurs marques de café respectives au sein d'une nouvelle entreprise. Des marques telles que Senseo, Douwe Egberts, L'OR et Pilão proviennent de DE Master Blenders 1753, tandis que des marques comme Jacobs, Tassimo, Gevalia et Kenco proviennent de Mondelēz International. La nouvelle entité, dirigée par les cadres dirigeants de Douwe Egberts, prend pour nom Jacobs Douwe Egberts et son siège social reste aux Pays-Bas. JDE est détenue majoritairement par Acorn Holdings, avec une participation minoritaire (27 %) de Mondelēz[10].

En , Keurig Green Mountain fait l'objet d'une offre d'acquisition de 13,9 milliards de dollars par JAB Holding. Début 2018, JAB acquiert le géant américain des boissons Dr Pepper Snapple Group pour 10,2 milliards de dollars et le fusionne avec Keurig Green Mountain pour former Keurig Dr Pepper[11].

En , JAB Beech, filiale de JAB, conclut un accord pour acquérir Krispy Kreme, chaîne américaine de confection de beignets fourrés (doughnuts), pour 1,35 milliard de dollars[12]. L’entreprise est réintroduite en bourse le sur le Nasdaq sous le code DNUT.

En , JAB Holding annonce l'acquisition de Panera Bread, une entreprise américaine de restauration, pour 7,2 milliards de dollars[13].

En , JAB Holdings annonce l'acquisition de Pret A Manger, une chaîne de 12 000 employés et 530 points de vente, pour 2 milliards de dollars[14].

Autres investissements

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En , JAB Holding acquiert la chaîne d'hôpitaux vétérinaires NVA Compassion First pour 1,8 milliard de dollars.

Retrait progressif et abandon de l'activité historique dans l'industrie chimique

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Depuis 1999, date de la fusion de Reckitt & Colman et Joh. A. Benckiser, JAB Holding réduit progressivement sa participation dans le groupe Reckitt Benckiser ainsi créé, initialement de 16 %, utilisant le produit de la vente pour financer des acquisitions dans d'autres secteurs. En 2015, le groupe ferme son site de production de Ladenburg et vend le terrain. Une participation résiduelle de JAB Holding de 0,7 % dans Reckitt Benckiser est cédée en 2019.

Résurgence du passé nazi des dirigeants et volonté de rédemption des héritiers

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En , le journal Bild am Sonntag (en) a révélé qu'Albert Reimann père et son fils, Albert Reimann fils, avaient été des partisans enthousiastes d'Adolf Hitler et du parti nazi bien avant l'arrivée au pouvoir des nazis et qu'ils avaient tiré profit du travail forcé, tant dans leur entreprise chimique du sud de l'Allemagne qu'à leur domicile. Ces révélations ont soulevé des questions éthiques et morales quant au soutien des consommateurs à cette entreprise.

Deux mois plus tard, certains membres de la famille Reimann révèlent au New York Times que leur mère, Emilie Landecker, était la fille d'Alfred Landecker. Emilie Landecker, comme sa mère, fut baptisée catholique et fut la maîtresse d'Albert Jr. Alfred Landecker était un Juif déporté au ghetto d'Izbica en 1942. Son sort final demeure inconnu, bien que de nombreux Juifs déportés à Izbica y aient été détenus jusqu'à leur transfert vers les centres d'extermination nazis de Belzec et de Sobibór.

En 2019, les quatre héritiers Reimann créent en la dotant d'un fonds de 10 millions d'euros la Fondation Alfred Landecker (de), dont le siège se trouve à Ludwigshafen et qui possède un bureau à Berlin. Cette fondation a pour objectif d’étudier le passé et d’en tirer des enseignements afin de lutter contre l’antisémitisme, de protéger les minorités, de renforcer la cohésion sociale et de soutenir les survivants de l’Holocauste et les anciens travailleurs forcés de Benckiser[15],[16]. Peter Harf (de), président de JAB Holding Company, associé principal, ex-PDG de Coty et porte-parole de la famille Reimann déclare « Il n'y a jamais eu aucune compensation accordée à ces travailleurs forcés. Mais nous examinons ce que nous pouvons faire maintenant. Nous voulons faire plus et donner dix millions d'euros à une organisation appropriée. »[16]

Structure

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En 2026, JAB Holding Company est divisée dans les domaines d'investissement suivants :

  • Cliniques vétérinaires pour animaux de compagnie
    • NVA Compassion First
  • Beauté et luxe
    • Coty (cotée en bourse, 60 % des parts)

Références

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  1. « La Maison du café acheté par des Allemands », sur Le Figaro,
  2. « L'allemand Benckiser rachète Coty à Pfizer », sur lesechos.fr, (consulté le )
  3. « La marque Bally cédée à la famille autrichienne Benckiser », Les Échos (consulté le )
  4. « La bataille du luxe, une affaire de famille », sur bilan.ch (consulté le )
  5. « Labelux acquiert les chaussures Jimmy Choo pour 575 millions d'euros », La Tribune (consulté le )
  6. « JAB offers to boost stake in Coty to 60 percent », sur Reuters,
  7. « La marque emblématique suisse Bally rachetée par la société américaine Regent », sur Radio télévision suisse, (consulté le )
  8. OPA à 7,5 milliards d'euros de JAB sur D.E. Master Blenders, Reuters, 12 avril 2013
  9. « ♧La Maison du café achetée par des Allemands », sur lefigaro.fr, .
  10. Mondelez, D.E. Master Blenders to form coffee giant, Reuters, 7 mai 2014
  11. K-Cup maker Keurig to be taken private for $13.9 billion, Sruthi Ramakrishnan et Martinne Geller, Reuters, 7 décembre 2015
  12. « KrispyKreme doughnuts: racheté par JAB Beech », sur boursier.com (consulté le )
  13. « Krispy Kreme-owner JAB to buy bakery chain Panera Bread », Anya George Tharakan et Gayathree Ganesan, Reuters, 5 avril 2017
  14. Ben Martin, « Pret A Manger sold for $2 billion to Germany's deal-hungry Reimann family », sur Reuters,
  15. « La famille Reimann, une des plus riches d’Allemagne, reconnaît avoir soutenu les nazis », Le Monde (consulté le )
  16. 1 2 « L'une des plus riches familles allemandes reconnaît avoir soutenu le régime nazi », sur Franceinfo.fr (consulté le )