Jacques Autreau

peintre, dramaturge et poète français

Jacques Autreau, né en 1657 à Paris où il est mort le , est un peintre, dramaturge et poète français.

Jacques Autreau
Naissance
Décès
Activités
Les Buveurs de vin de Jacques Autreau (Musée du Louvre).
Bodin, Dufresny et Crébillon à la Maison d’Auteuil de Jacques Autreau (Versailles).

Biographie

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Le plus connu des tableaux d’Autreau, « peintre par besoin et poète par gout », selon l’expression de Lepeintre-Desroches, représentait Diogène, la lanterne à la main, cherchant un homme, et le trouvant dans le cardinal de Fleury : il ne parait pas que ce ministre lui ait fait aucun bien pour l’avoir si bien et si servilement loué. Il fit un autre tableau qui digne d’être conservé, représentant Lamotte, Saurin et Fontenelle conversant ensemble.

En 1718, âgé de près de soixante ans, il commence une carrière théâtrale, débutant par par une pièce intitulée le Naufrage au Port-à-l'Anglois, la première à être jouée en français par les comédiens italiens. Peu après ses débuts, il a contribué à réintroduire sur la scène française le style de la comédie traditionnelle, alors en déclin depuis la disparition de Jean-François Regnard et de Florent Carton Dancourt.

Son œuvre a marqué un tournant significatif, s'imposant simultanément à la Comédie-Française et au Théâtre-Italien, les deux principales institutions théâtrales de l'époque, et il est, en tout, l’auteur d’une quinzaine de pièces de théâtre représentées sur ces deux scènes, et rassemblées en 1749 en 4 volumes in-12, avec une préface de Pesselier. Il est également connu pour avoir vendu à Jean-Philippe Rameau les droits sur le livret de Platée que celui-ci a fait remanier avant de le mettre en musique.

Derrière une apparence simple et modeste, Jacques Autreau dissimulait un esprit fin et délicat. Le ton gai et comique de son théâtre contraste avec son caractère naturellement mélancolique, forgé par les revers de fortune et le manque de reconnaissance des puissants. Peu couronné de succès, il développa une attitude proche de celle d’Alceste : indifférent aux valeurs conventionnelles de la société et en proie à une forme d’autodépréciation. Paradoxalement, ce misanthrope affirmé conservait néanmoins un vif intérêt pour les femmes.

Bien que ses intrigues soient souvent jugées trop simples et leurs dénouements prévisibles, son style se distingue par un dialogue naturel et fluide, malgré une certaine négligence formelle. Son œuvre témoigne d’une réelle habileté à dépeindre les ridicules de son époque. Cependant, sa situation de précarité matérielle et son tempérament l’éloignent de la haute société, limitant ainsi son succès dans le genre de la haute comédie. Une entrée plus précoce dans la carrière dramatique lui aurait peut-être permis de se hisser parmi les auteurs de premier rang.

Joignant au talent de la peinture celui de la composition, il avait un style coulant et naturel. Bien que de nombreux contemporains aux talents moindres aient connu l’aisance matérielle, il est demeuré dans la précarité, son refus des codes de la courtisanerie et de l’intrigue l’ayant écarté des faveurs nécessaires à la réussite sociale de l’époque. Malgré tant de talents pour les lettres et les beaux-arts, il est mort dans la pauvreté, dans le même hôpital des Incurables, où il avait vu le jour[1].

Théâtre

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  • Le Naufrage au Port-à-l'Anglois, Théâtre-Italien.
  • L’Amante romanesque, ou la Capricieuse, Théâtre-Italien.
  • Les Amants ignorans, Théâtre-Italien.
  • Panurge à marier, Théâtre-Italien.
  • La Fille inquiète, ou Le Besoin d’aimer, Théâtre-Italien.
  • Démocrite prétendu fou, Théâtre-Italien.
  • Le Chevalier Bayard, 1731, Théâtre-Français.
  • La Magie de l’Amour, 1734 Théâtre-Français.
  • L’Opéra de Rhodope (non représenté).
  • L’Opéra de Platée, musique de Rameau.
  • Les Faux Amis, Théâtre-Italien.
  • Panurge marié dans les espaces imaginaires, Théâtre-Italien.
  • Les Fêtes de Corinthe, Théâtre-Italien.
  • Le Galant Corsaire, Théâtre-Italien.
  • Mercure & Dryope, Théâtre-Italien.
  1. D’après la notice d'autorité de la BNF. D’autres dates sont avancées par divers auteurs : né en 1656 d’après Cioranescu, en 1659 d’après Antoine de Léris, mort le 16 novembre 1745 d’après Georges Grente.

Sources

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  • Pierre-Marie-Michel Lepeintre-Desroches, Fin du Répertoire du théâtre français, vol. 6, Paris, Dabo, 1824, p. 97-9.
  • Antoine Montfleury, Pierre Cérou, Jacques Autreau, Chefs-d’œuvre de Montfleury, Cerou et d’Autreau, vol. 1, Paris, Billois, (lire en ligne), « Vie d’Autreau », p. 1-5.

Liens externes

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