Jacques Heim
Jacques Heim est un couturier français, également costumier pour le théâtre et le cinéma, né le à Paris 4e et mort le à Suresnes[1]. Il dirige, de 1930 à sa mort, la maison de couture Jacques Heim et est président de la Chambre syndicale de la couture parisienne de 1958 à 1962, période de transition entre le déclin de la haute couture et l’avènement du prêt-à-porter.
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Enfance et vie familiale
La mère de Jacques Heim, Jeanne Blum est issue d’une famille juive lyonnaise de négociants en soierie. Elle épouse Isidore Heim en 1897, juif d’origine polonaise. Ensemble, ils ouvrent atelier de fourrures à Paris en 1898 et les premières années sont très modestes pour l’atelier. Ils s’établissent 52 rue Lafitte en 1900 puis déménagent au 48 rue Lafitte en 1904 pour gagner de la place. En effet, cela leur permet de constituer un stock afin de pouvoir vendre en gros. La russophilie, issue de l’alliance franco-russe, arrivant vers 1905 lance une mode des fourrures et des casquettes. Leurs clientes viennent alors faire leurs cols en fourrure sur des manteaux achetés ailleurs. Ce sont des bourgeoises, des aristocrates ou encore des demi-mondaines. En 1909, le couple de fourreur rencontre Gabrielle Chanel et commence à travailler pour le couturière créant conjointement les chauds habits de fourrure qui tiendront chaud aux Parisiens durant le rude hiver 1909-1910. Cette collaboration perdure durant la Première Guerre Mondiale, malgré la difficulté pour Jeanne de trouver des fourrures de qualité puisque les échanges sont coupés avec la capitale de la fourrure Leipzig. Jeanne et Chanel se mettent à garnir de peau de lapin les manteaux de jersey noir et l’après-guerre confirmera cette vogue du lapin. Ces informations sont issues des mémoires des Jeanne Heim[2].
Début de carrière de Jacques Heim
À partir de 1917, leur fils Jacques, âgé de 18 ans alors, travaille à leurs côtés, tout en continuant de suivre des cours de dessin et rapidement, il devient un peu le créateur de modèles dans la famille. En 1922, il convainc ses parents d’hériter une activité de soierie et de lainage à l’entreprise familiale. La maison s’agrandit, recrute, achète un autre appartement dans le même immeuble pour agrandir l’atelier. En 1924, il devient l’associé officiel de ses parents et la même année, la maison Heim ouvre une succursale à Biarritz imitant alors les autres grands créateurs de la période : Lelong, Chanel, Worth...
En 1926, Jacques épouse Simone Lion et à la même période se lie d’amitié avec Sonia Delaunay. Le couple Heim et le couple Delaunay se mettent à collaborer ensemble. Robert Delaunay peindra même un portrait de Simone Heim[3]. Jacques crée des robes et des manteaux, confectionnés avec des tissus originaux, collaborant avec Sonia Delaunay[4] : ces tissus sont appelés « tissus simultanés » et sont des étoffes de coton imprimés. Le succès est au rendez-vous, et, Jacques dirige la société Tissu Sonia Delaunay jusqu’en 1930. L'atelier des parents Heim devient la maison de couture Jacques Heim en 1930 également.
La maison Jacques Heim
Malgré la crise de 1929 qui vient ralentir les exportations de collection haute couture aux États-Unis puis en Europe et en France, Jacques Heim déménage sa maison au 50 avenue des Champs-Élysées et cherche le moyen de garder à flot son entreprise. Il déménagera une dernière fois son entreprise au 15 avenue Matignon[5].
En 1932, Jacques Heim lance « Atome », maillot de bain deux pièces, précurseur du bikini[6] de Louis Réard qui sera lancé en 1946. Les collections balnéaires de Jacques Heim lui permette de sortir sa maison de la crise et d’ouvrir un magasin à Cannes.
Durant la guerre, les Heim, famille juive, se réfugient à Biarritz en zone libre, mais les lois d’aryanisation ne leur permettent plus de diriger officiellement leur entreprise, ce sont des amis de Jacques qui prennent la direction pour donner l’illusion. Isidore Heim meurt en 1941 et la famille est expulsée de Biarritz, renvoyée en zone occupée. Jeanne, Simone et les enfants se cachent à Cannes tandis que Jacques dirige sa maison discrètement, évitant de se rendre avenue Matignon. Il terminera la guerre avec son fils en Espagne, à l’abri des poursuites nazies grâce à son amitié avec une couturière madrilène[7]
En 1947, Jacques s’associe à Marcel Boussac et produit sa collection d’été presque uniquement de robes et vêtements divers en coton. Les pièces de coton deviennent un autre symbole de la maison et en 1950, sa collection « Coton-ville, Coton-plage » mêlant ensemble de coton et maillots de bain est un succès[8].
En 1953, il est victime à son domicile, situé au 17, villa de Madrid à Neuilly-sur-Seine, d'un cambriolage important[9].
En 1957, il crée le groupement Prêt-à-porter et créations au sein de la chambre syndicale de la Haute Couture parisienne avec d’autres grands créateurs. Ce groupement a pour objectif de défendre le prêt-à-porter et d’organiser chaque saison des défilés. En 1958, il est élu président de la Chambre syndicale de la Haute Couture parisienne[5].
Sous la présidence du général de Gaulle, il devient le couturier attitré de son épouse, Yvonne de Gaulle. Ses clients les plus éminents sont Sophia Loren, la reine Fabiola de Belgique, Mamie Eisenhower et l'actrice Gloria Swanson.
Filmographie
modifier- 1933 : L'Agonie des aigles
- 1946 : Macadam
- 1948 : Impasse des Deux-Anges
- 1949 : Mission à Tanger
- 1950 : Cairo Road
- 1950 : Méfiez-vous des blondes
- 1951 : La Belle Image
- 1952 : Adorables Créatures
- 1953 : La nuit est à nous
- 1953 : Rue de l'Estrapade
- 1954 : Châteaux en Espagne
- 1954 : Escalier de service
- 1954 : La Soupe à la grimace
- 1955 : Le Crâneur
- 1956 : Mannequins de Paris
- 1957 : Casino de Paris
- 1957 : Typhon sur Nagasaki
- 1958 : Montparnasse 19
- 1958 : Les Tricheurs
- 1958 : Un drôle de dimanche
- 1958 : Toi, le venin
- 1960 : Meurtre en 45 tours d'Étienne Périer
- 1962 : Les Dimanches de Ville d'Avray
- 1963 : Les Bonnes Causes
- 1965 : Fantomas se déchaîne
- 1968 : Coplan sauve sa peau
- 1968 : La Prisonnière
Théâtre
modifier- 1952 : Mon ami Guillaume de Gabriel Arout, mise en scène Pierre Dux
- 1956 : Le mari ne compte pas de Roger-Ferdinand, mise en scène Jacques Morel
- 1959 : La Copie de Madame Aupic d'Albert Husson, mise en scène Daniel Ceccaldi
- 1961 : Niki-Nikou de Jacques Bernard, mise en scène Christian-Gérard
- 1962 : L'Amant complaisant d'après Graham Greene, mise en scène Daniel Leveugle
- 1963 : C'est ça qui m'flanqu'le cafard (Le Placard) d'Arthur L. Kopit, mise en scène Jean Le Poulain, théâtre des Bouffes-Parisiens
- 1963 : La Voyante d'André Roussin, mise en scène Jacques Mauclair
- 1965 : La Dame en blanc de Marcel Achard, mise en scène Jacques-Henri Duval
- 1966 : Les Monstres sacrés de Jean Cocteau, mise en scène Henri Rollan
Notes et références
modifier- ↑ Archives de l'état civil de Paris en ligne, acte de naissance no 4/783/1899 ; avec mention marginale du décès.
- ↑ Erreur de référence : La balise ouvrante
<ref>est mal formée ou a un mauvais nom. - ↑ Erreur de référence : La balise ouvrante
<ref>est mal formée ou a un mauvais nom. - ↑ Michel Hoog, « Les tissus de Sonia Delaunay: au musée des tissus », Bulletin des musées et monuments lyonnais, vol. 4, no 1, , p. 85–93 (ISSN 0521-7032, DOI 10.3406/bmml.1968.1494, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 Erwan de Fligué, « De la fourrure au balnéaire. L’alternance des saisons chez le couturier Jacques Heim », Modes pratiques. Revue d'histoire du vêtement et de la mode, DeVisu, no 3, , p. 188–203 (ISSN 2119-9655, DOI 10.54390/modespratiques.400, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Episode vidéo Un maillot de bain ayant eu l'effet d'une bombe : l'invention du bikini », sur Paris Musées Explore (consulté le )
- ↑ Erreur de référence : La balise ouvrante
<ref>est mal formée ou a un mauvais nom. - ↑ Erreur de référence : La balise ouvrante
<ref>est mal formée ou a un mauvais nom. - ↑ « Des cambrioleurs dérobent 1 500 000 francs et 6 millions de bijoux chez le couturier Jacques Heim », Le Monde, 23 mars 1953.
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- Jacques Heim sur Katheleys.com
- Jacques Heim sur Toutenparfum.com
- Photos sur GettyImages.com
- « Jacques Heim » (présentation), sur l'Internet Movie Database