Jacques II Goyon de Matignon

personnalité politique française

Jacques II Goyon, seigneur de Matignon, né le à Lonrai, en Normandie, dans l'actuel département de l'Orne, et mort le au château de Lesparre, dans le Médoc, est un militaire et un homme politique français du XVIe siècle, issu de la famille de Goüyon. Il fut maréchal de France, gouverneur et lieutenant-général de Normandie, maire de Bordeaux, poste auquel il succéda à son ami Michel de Montaigne, et gouverneur de Guyenne.

Jacques Goyon de Matignon
Jacques II Goyon de Matignon

Surnom Maréchal de Matignon
Naissance
Lonrai
Décès (à 72 ans)
château de Lesparre
Origine France
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Années de service 1552 – 1587
Conflits Guerres de religion
Faits d'armes Bataille de Jarnac
Bataille de Moncontour
Distinctions Maréchal de France
Chevalier de l'ordre du Saint-Esprit
Autres fonctions Lieutenant général de Normandie
Maire de Bordeaux
Gouverneur de Guyenne
Famille Famille de Goüyon

Emblème

Biographie

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Jacques II Goyon de Matignon, comte de Torigni, prince de Mortagne-sur-Gironde, était le fils de Jacques Ier Goyon de Matignon (1497-1537), panetier du roi, et d'Anne de Silly, dame de Lonrai, fille de Jacques-François de Silly, chevalier de Silly.

Carrière militaire

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Entré fort jeune dans la carrière des armes, il a été de tous les combats sous le roi Henri II. Il fit ses premières armes à la conquête des Trois-Évêchés (Metz, Toul et Verdun) en 1552, et à la bataille de Saint-Quentin, où il fut fait prisonnier.

Gouverneur d’Alençon en 1561, il s’est interposé entre les catholiques et les protestants de la ville. Pendant les guerres de Religion, il sut toujours maintenir l'autorité royale contre les factieux, et se fit estimer des catholiques qu'il commandait, et des protestants qu'il combattait avec succès, mais sans cruauté.

Pendant cette époque troublée, il lutta efficacement contre les armées protestantes. Charles IX l'avait prié de rétablir la paix en Normandie, ce qu'il fit. Il battit les Anglais devant Falaise en 1563 et se distingua aux combats de Jarnac et de Moncontour en 1569.

Lors de la Saint-Barthélemy, il est l'un des rares gouverneurs à avoir exécuté avec fidélité les ordres de Charles IX en protégeant les protestants à Saint-Lô et à Alençon[1].

Par lettres patentes d'Henri III données à Paris le il est nommé « gouverneur et lieutenant général du roi en la Basse-Normandie », et créé maréchal de France toujours par lettres patentes données à Paris le [2], pour avoir capturé Gabriel de Montgomery à l'occasion du complot des Malcontents[note 1], puis, le [3] chevalier de l'ordre du Saint-Esprit, qu'il venait de créer l'année précédente, en 1578.

Lorsqu'il fut nommé gouverneur de Guyenne en 1584, Matignon eût à faire face à la Ligue. L'influence du Parlement de Bordeaux avait entraîné une partie du pays dans la Ligue. Le Maréchal de Matignon sut maintenir à Bordeaux l'autorité royale, mais les ligueurs, retranchés dans la citadelle de Blaye, désolèrent les rives de la Gironde pendant cinq ans après l'avènement de Henri IV au trône de France, et c'est seulement par composition que la place fut rendue au roi.

Lettre de Montaigne au maréchal de Matignon (26 janvier 1585).

Succédant à son ami Michel de Montaigne, il devient maire de Bordeaux de 1585 à 1599.

En 1586 et 1587, il défit les huguenots en plusieurs rencontres, finit par se ranger aux côtés de Henri IV, au sacre duquel il remplit les fonctions de connétable.

Matignon a servi fidèlement, pendant une des périodes les plus pénibles de l’histoire de France, celle des guerres de Religion, cinq rois et une reine : Henri II, Catherine de Médicis, François II, Charles IX, Henri III et enfin Henri IV, donnant un bel exemple de loyalisme.

Après sa mort en 1597, son épouse fait construire une chapelle funéraire dans l'église de Torigni avec, au centre, un mausolée de grande dimension, dont le musée du Louvre possède deux des bas reliefs ; la tête de l'épouse provenant de la statue priante du tombeau se trouve au musée de Saint-Lô[4].

Mariage et descendance

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Le , il épouse Françoise de Daillon du Lude, fille aînée de Jean II de Daillon, comte du Lude, gouverneur de Poitou et sénéchal de Rouergue et d'Anne de Batarnay.

Il a cinq enfants :

  • Odet, comte de Torigni (1559-) ;
  • Lancelot, seigneur de Lonray ;
  • Charles (1564-), seigneur de Matignon, comte de Torigni  ;
  • Gillonne ( ), mariée en 1578 avec Pierre d'Harcourt, baron, puis marquis de Beuvron, baron de Creully, seigneur de Fresney le Puceux (1550 - Caen, 1627) ; tous deux étaient inhumés dans l'église de Beuvron en Auge ; Parents François II d'Harcourt-Beuvron, père de François III, père du duc Henri, père du maréchal-duc François IV ;
  • Anne, épouse d'Hervé de Carbonnel (1558-1625), officier dans les troupes d'Henri IV, puis gouverneur d'Avranches.

Armoiries

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Figure Nom du prince et blasonnement

D'argent au lion de gueules couronné d'or.[5]

Notes et références

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  1. Il avait échappé au massacre de la Saint-Barthélemy, il est aussi celui qui avait tué Henri II par accident lors d’une joute.

Références

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  1. Nicolas Le Roux, 1559-1629. Les guerres de Religion, Paris, Gallimard, (1re éd. 2009), 774 p. (ISBN 2701191939, présentation en ligne), p. 147.
  2. Nicolas Homshaw (préf. Albert II de Monaco), Jacques III de Matignon : Histoire d'une ascension nobiliaire, Condé-sur-Noireau, LGM éditions, , 292 p. (ISBN 979-10-95165-29-3), p. 6.
  3. Homshaw et 2025 p31.
  4. Valérie Carpentier-Vanhaverbeke, Un second relief du tombeau du maréchal de Matignon, in Grande Galerie - Le Journal du Louvre, numéro 74.
  5. Michel Popoff et préface d'Hervé Pinoteau, Armorial de l'ordre du Saint-Esprit : d'après l'œuvre du père Anselme et ses continuateurs, Paris, Le Léopard d'or, , 204 p. (ISBN 2-86377-140-X).

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Jacques de Callières, Histoire du maréchal Jacques II de Matignon, gouverneur et lieutenant-général pour le roi en Guyenne. Avec tout ce qui s'est passé de plus mémorable depuis la mort du roi François Ier iusq'à la fin des guerres civiles, Paris, Augustin Courbé, 1661.

Articles connexes

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Liens externes

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