Jacques Rudeau
Jacques Rudeau né le à La Coquille, en Dordogne et mort le à Dax, dans les Landes est un producteur de spectacle et imprésario français.
| Nom de naissance | Jacques Louis Rudeau |
|---|---|
| Naissance |
La Coquille (France) |
| Décès |
(à 42 ans) Dax (France) |
| Activité principale | Imprésario |
| Années actives | 1944-1962 |
Biographie
modifierJeunesse et formation
modifierJacques Rudeau nait à La Coquille (Dordogne) le 1ᵉʳ septembre 1919. Rien ne prédestine cet autodidacte, d'abord préparateur en pharmacie, au monde du spectacle. C’est au hasard d’une rencontre avec Sacha Guitry, auquel il vient livrer des médicaments, qu’il lui présente ses intentions artistiques. Des projets qui intéressent le dramaturge, lui faisant ainsi rencontrer des relais décisifs pour lui permettre de les réaliser. Il travaille ainsi, entre 1945 et 1947, à la création de nombreuses émissions radiophoniques qu’il soumet à la direction des programmes de la Radiodiffusion française (RDF), qui les valide.
Désormais titulaire d’une licence d’entrepreneur de spectacles, il met sur pied ses premiers galas en 1947 et s’impose, grâce à son entregent, comme un acteur majeur du redémarrage de la vie artistique dans la France d’après la Seconde Guerre mondiale. Il installe ses bureaux au 58, boulevard de Strasbourg à Paris.
Carrière professionnelle
modifier
Jacques Rudeau organise la Nuit du cinéma, créée en 1945, au profit des œuvres sociales de l’Entraide du cinéma et du comité d’entreprise Gaumont. À partir de 1948, c’est la Nuit de France qui se tient à Paris puis à Cannes, suivent les Grandes Fêtes d'Anet dans le cadre du parc de Diane de Poitiers, ou encore en 1954 la Grande nuit des Champs-Élysées. Des événements caritatifs, comme les Grandes Nuits de la Chancellerie[1],[2],[3], ont la particularité de réunir, chaque année, autour du président de la République, Vincent Auriol[4], de très nombreux artistes, vedettes du cinéma et du music-hall au cours d'un gala prestigieux. Ils étaient présentés par un duo d’animateurs : les acteurs Pierre-Louis (1917-1987), Arlette Peters, la speakerine Jacqueline Joubert, Georges de Caunes, Claude Dauphin. Ses liens avec les artistes et la radio-télévision sont très nombreux.
En 1954, il crée le prix Triomphe[5], précurseur des Césars. Après une consultation d’auditeurs, de téléspectateurs et de disquaires, il vient récompenser les révélations de l’année dans différents domaines. Variétés, cinéma, plus grande vente de disques, animateurs et producteurs de télévision constituent la moisson de ce prix. Décernée au cours de la Nuit des triomphes au Grand Rex, la récompense qui lui survit encore quelques années est présentée par les acteurs Claude Dauphin (1903-1978) et Pierre-Louis.
La rencontre avec Luis Mariano
modifier
La carrière de Jacques Rudeau prend une nouvelle dimension à partir de 1955, année où il signe un contrat d’exclusivité avec Luis Mariano (1914-1970), dont il devient l’impresario[6],[7]. En 1955, il supervise la création au théâtre de la Gaîté-Lyrique de Les Chevaliers du Ciel. Le ténor triomphe au cinéma l’année suivante avec l’adaptation du Chanteur de Mexico. Jacques Rudeau dirige sa tournée à succès sur les routes de France en 1957 et 1958, en association avec le cirque Pinder. Luis Mariano y apparait en deuxième partie de spectacle et touche ainsi un large public. En 1959, il règle les détails de l’opérette Le secret de Marco Polo avec Maurice Lehmann, directeur du théâtre du Châtelet. Le spectacle doit marquer le retour sur les planches du chanteur.
Jacques Rudeau accompagne également la carrière des chanteurs André Claveau et Gloria Lasso, de l’humoriste Roger Nicolas ou encore du trompettiste Georges Jouvin. Jean Poiret, Michel Serrault, Danny Boy. André Malraux aurait, en 1962, pensé en faire l’administrateur de la réunion des théâtres lyriques nationaux (RTLN), regroupant : l'Opéra de Paris et l'Opéra-Comique. Il meurt prématurément à Dax (Landes) le 22 août 1962, il repose à Thiviers en Dordogne.
Vie personnelle
modifierJacques Rudeau eut deux enfants de deux unions : Jean-Michel et Marie-Françoise.
Récompenses et distinctions
modifierDécorations
modifier
- Chevalier du Mérite Social (22 juin 1951)[8],
- Officier des Palmes académiques (16 juillet 1955)[9], (Il est alors le plus jeune récipiendaire de France, décoré à ce titre).
- Chevalier des Arts et des Lettres (24 juin 1959)[10],
- Officier du Mérite national français (24/09/1959).
Notes et références
modifier- ↑ « La grande nuit de la Chancellerie », Le Monde, (lire en ligne
, consulté le ). - ↑ « La nuit de la Chancellerie », l'Aurore,
- ↑ « Considérée comme la plus belle manifestation.. », France-Soir,
- ↑ « Un évènement de la saison parisienne. La grande nuit de la chancellerie. », Paris-Presse,
- ↑ « La cérémonie des triomphes du cinéma français au cinéma Le Rex », Journal Les Actualités Françaises INA, (lire en ligne
, consulté le ). - ↑ « Adieu Jacques RUDEAU », SUD-OUEST,
- ↑ Daniel RINGOLD, « LE PRINCE DE LA LUMIÈRE », sur https://www.amazon.com.be/Luis-Mariano-lumi%C3%A8re-Daniel-Ringold/dp/2877610780?language=fr_BE, (consulté le )
- ↑ « Ministère du travail et de la Sécurité sociale Décret du 7 juillet 1951 portant promotion dans l'ordre du Mérite social. », Bulletin officiel Décorations, Médailles et Récompenses (BODMR), no 8, , p. 56
- ↑ « Sont nommés : Officiers d'académie », Bulletin officiel décorations, médailles et récompenses (BODMR), no 15, , page 64
- ↑ « Ont été nommés Chevaliers de l'ordre des Arts et Lettres », Bulletin officiel, décorations, médailles et récompenses (BODMR), no Numéro 10, , p. 1 et 2
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Jean-Michel Rudeau, La voiture américaine, Librinova, , 274 p. (ISBN 979-10-262-2014-5, lire en ligne).