James Everett Stuart

James Everett Stuart, né le dans le comté de Piscataquis (Maine) et mort le à San Francisco, est un peintre paysagiste américain réputé pour ses vues de l'Ouest américain, notamment de la Californie, du Nevada et du Wyoming, ainsi que pour ses représentations du littoral et des sites indigènes d'Alaska.

James Everett Stuart
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 88 ans)
Nationalité
Activité

Basé à San Francisco, il a également occupé des ateliers à Portland, New York et Chicago pendant de nombreuses années, se constituant ainsi une clientèle à travers tout le pays. Plusieurs historiens de l'art estiment qu'en six décennies, Stuart a produit plus de 5 000 peintures et dessins, qu'il a méticuleusement numérotés et datés,.

Biographie

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Premières années et Oregon

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Détail d'une photographie de Peter Britt montrant Stuart (assis) et deux hommes en train de dessiner au Crater Lake en 1874

Stuart naît le à Orneville, dans le Maine, une localité du comté de Piscataquis, au nord-ouest de Bangor. Il est le troisième enfant du révérend Daniel Shaw Stuart (1825-1916), pasteur méthodiste, et de Lydia H. Philpot (1831-1917)[1]. Plusieurs sources historiques l'ont décrit à tort comme le petit-fils du peintre Gilbert Stuart, bien que les deux artistes n'aient aucun lien de parenté[2],[3],[4],[5]. En 1860, la famille Stuart s'installe dans une ferme sur des terres récemment expropriées par l'État de Californie sur le fleuve Sacramento, mais la grande inondation de 1862 les contraint à déménager à Silveyville[1].

Matin, vue vers le nord-ouest depuis la rive sud de Crater Lake, 1882, collection privée

Au début des années 1870, Stuart suit régulièrement des cours avec le peintre David Holmes Woods dans son atelier de Sacramento[6]. En 1874, un voyage décisif en Oregon lui permet de rencontrer un photographe de Jacksonville, Peter Britt, et de voyager avec lui pour réaliser des esquisses[7]. De retour en Californie, Stuart s'inscrit à la San Francisco School of Design, fondée trois ans auparavant sur Pine Street par des membres de la San Francisco Art Association[8]. Il y étudie auprès des paysagistes Virgil Macey Williams, Raymond Yelland, Thomas Hill et William Keith, tout en suivant des cours avec le peintre Benoni Irwin[7],[9]. Il devient également membre du Bohemian Club, l'une des principales associations culturelles de la ville.

Stuart peignant à Jacksonville, Oregon, en 1883.

Après avoir obtenu son diplôme en 1879, Stuart ouvre un atelier à Portland et passe les années suivantes à peindre l'Oregon et la Californie du Nord. En 1882, il se rend à Crater Lake avec Peter Britt et l'avocat Robert Aubrey Miller, avant de poursuivre son voyage jusqu'au Mont Shasta, qui inspire la première importante série de tableaux de sa carrière[10]. Stuart demeure à Portland jusqu'en 1886, date à laquelle il part pour New York, tout en continuant à se rendre régulièrement dans la région pour peindre des paysages du Nord-Ouest Pacifique pour ses clients de la côte Est[11].

Voyages à Yellowstone et en Alaska

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Stuart passe cinq ans à New York, où il rencontre d'importants paysagistes installés dans la ville, notamment Thomas Moran et Albert Bierstadt, qui avaient tous deux contribué à populariser les images des Montagnes Rocheuses et de l'Ouest américain en général[12]. Il se lie également d'amitié avec le peintre paysagiste George Inness, avec lequel il loue un atelier dans les studios Holbein, situés sur la 55e Rue dans d'anciennes écuries dont les étages supérieurs ont été transformés en logements d'artistes par le banquier Charles Tracy Barney[13],[14],[15].

Orage imminent, Le Bassin du Diable, Parc national de Yellowstone, 1885, Joslyn Art Museum

Coïncidant en grande partie avec ses années new-yorkaises, Stuart effectue cinq voyages distincts au parc national de Yellowstone en 1885, 1886, 1887, 1888 et 1890[9]. Lors de son premier voyage dans la région, passant par les chutes de Shoshone et la ville de Cinnabar, dans le Montana, Stuart réalise des dizaines de croquis de sites connus, notamment le geyser Old Faithful, la source de Punch Bowl (également connue sous le nom de Devil's Punch Bowl) et le geyser Lone Star[4],[9]. Son deuxième voyage, d'août à , est financé par Thomas Fletcher Oakes, vice-président de la Northern Pacific Railway, et Stuart peut vendre certaines de ses toiles à l'hôtel de Mammoth Hot Springs[14]. L'année suivante, la Northern Pacific finance de nouveau son voyage en échange de peintures et il présente trois tableaux à l'Exposition industrielle du Minnesota, dont une vue de Yellowstone[16]. Selon l'historienne de l'art Jennifer Olson, les tableaux de Stuart illustreraient ses croyances en une spiritualité inhérente à la nature, une approche qui était devenue l'un des principes de la Destinée manifeste après avoir influencé les œuvres des peintres de l'Hudson River School[13].

Extrémité d'Indian Town, Sitka, 1891, Musée d'Anchorage

Quittant New York pour Tacoma en 1890, Stuart part peu après pour l'Alaska, premier de ses quatre voyages dans la région entre 1891 et 1903[17],[18]. Arrivé à Sitka en , il peint le glacier Muir et se rend à le baie Yakutat pour immortaliser les paysages du Mont Saint-Élie et du Mont Fairweather[19]. Ce premier séjour en Alaska est également marqué par un regain d'intérêt de Stuart pour la représentation des communautés autochtones, bien qu'il s'inscrive dans la longue tradition de la représentation idéalisée et stéréotypée des Amérindiens dans les arts visuels américains. Faisant écho à ses précédentes scènes de villages aux chutes de Celilo, en Oregon, en 1884, Stuart représente la culture tlingit en Alaska, notamment les villages de la tribu Sheet'ká Ḵwáan près de Sitka et de l'Indian River[20],[21],[22].

Après son premier voyage en Alaska, Stuart s'installe à Chicago, où il aménage un atelier sur Michigan Avenue, puis sur East Monroe Street, et y vit pendant les vingt années suivantes[23],[24]. Au cours de la première décennie du xxe siècle, il réalise plusieurs vues de Washington Park, ainsi que de sites naturels du Wisconsin voisin, notamment Geneva Lake. Un voyage dans le Maine durant l'été 1906 lui permet également de peindre des sites tels que Bar Harbor, l'île des Monts Déserts et Dover.

Au début des années 1900, Stuart met au point une technique de peinture sur aluminium qu'il considérait comme indestructible, bien que des altérations soient apparues au fil du temps sur les œuvres réalisées à l'aide de ce support[6],[7],[25],[26]. Sa première œuvre achevée sur aluminium, une petite nature morte représentant une pêche, fut présentée à l'exposition de l'American Art Association en 1902 à Philadelphie[27].

Retour en Californie et dernières années

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Le chêne foudroyé, au sud de Camp Curry, Yosemite, 1918, collection privée

En 1912, Stuart retourne à San Francisco, où il travaille et vit jusqu'à la fin de sa carrière. Ses dernières toiles représentent principalement des vues du parc national de Yosemite et de la vallée de Sacramento, traitées de manière de plus en plus abstraite, avec des coups de pinceau plus libres et des couleurs plus vives et moins naturalistes. Après son installation dans un atelier-galerie au 684 Commercial Street en 1923, son succès professionnel décline progressivement, au point qu'il est contraint de vendre des lots de ses tableaux à prix réduits[28],[29]. En 1925, il possédait encore 2 600 œuvres et cherchait un acheteur pour en acquérir la moitié en une seule transaction[30]. Stuart meurt dans son atelier de San Francisco le , à l'âge de 88 ans.

Collections

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Références

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  1. 1 2 Stuart, « Building a Farm and Future in California's Delta », Soundings Journal, Stockton, CA, Rich Turner, (consulté le )
  2. « Obituaries – James Stuart, 88; Landscape Artist », The New York Times, New York, , p. 13 (lire en ligne, consulté le )
  3. « California Libraries–News Items », 22, Sacramento, California State Printing Office, vol. 22, no 2, , p. 134 (lire en ligne, consulté le )
  4. 1 2 Sandy Harthorn et Kathleen Bettis, One Hundred Years of Idaho Art, 1850-1950, Boise, ID, Boise Art Museum, (ISBN 978-9990509809), p. 46
  5. Kesler Woodward, Painting Alaska, Anchorage, AK, Alaska Geographic Society, (ISBN 978-1566610513), p. 37
  6. 1 2 Hughes, « Genius of the Peaks: Re-examining the Works of James Everett Stuart », Antiques & Fine Art, vol. 7, no 6, , p. 85–86
  7. 1 2 3 Edan Milton Hughes, Artists in California, 1786-1940, Volume II, San Francisco, Hughes Publishing Co., (ISBN 978-0961611217), p. 542
  8. Hoag, « The San Francisco Art Association », Traditional Fine Arts Organization, San Clemente, CA, (consulté le )
  9. 1 2 3 Olson, « James Everett Stuart: Painter of 'Deftly Rendered Views of the West', Part One », Yellowstone History Journal, West Yellowstone, MT, Yellowstone Historic Center, vol. 5, no 1, (lire en ligne Accès payant, consulté le )
  10. « For Lake County », Oregon Sentinel, Jacksonville, OR, , p. 3 (lire en ligne, consulté le )
  11. « City News in Brief », The Oregonian, Portland, OR, , p. 5 (lire en ligne, consulté le )
  12. « An Artist's Views in Brief », The Oregonian, Portland, OR, (lire en ligne, consulté le )
  13. 1 2 Olson, « James Everett Stuart: Painter of 'Deftly Rendered Views of the West', Part Two », Yellowstone History Journal, West Yellowstone, MT, Yellowstone Historic Center, vol. 5, no 1, (lire en ligne Accès payant, consulté le )
  14. 1 2 Peter H. Hassrick, Drawn to Yellowstone: Artists in America's First National Park, Los Angeles, Autry Museum of Western Heritage, , 110–111 p. (ISBN 978-0295981734)
  15. Christopher Gray, « Streetscapes: Holbein Studio: Art Came Alive Over a Stable », The New York Times, New York, , p. 5 (lire en ligne, consulté le )
  16. H. Jay Smith, Catalogue of Paintings of the Art Department, Third Minneapolis Industrial Exposition, Minneapolis, Swinburne Printing Co., , 3–4 p. (hdl 2027/njp.32101060562806?urlappend=%3Bseq=9, lire en ligne)
  17. « Some Beautiful Paintings », Every Sunday, Tacoma, WA, , p. 4
  18. Oberg, « New Addition to VMHA Art Collection », Valdez Museum & Historical Archive, Valdez, AK, (consulté le )
  19. William H. Gerdts, Art Across America, Volume Three: The Far Midwest, the Rocky Mountain West, the Southwest, the Pacific, New York, Abbeville Press, , p. 217
  20. William D. Layman et Randy Lewis, Sunset and Moonrise on the Great Chief, Wenatchee, WA, Wenatchee Valley Museum & Cultural Center, (ISBN 978-0578989426), p. 21
  21. Looking North: Art from the University of Alaska Museum, University of Alaska Museum, (ISBN 978-0295976938), p. 101
  22. Kristen Griffin, Early Views: Historical Vignettes of Sitka National Historical Park, Sitka, AK, National Park Service, (hdl 2027/umn.31951d01984572f?urlappend=%3Bseq=52, lire en ligne), p. 50
  23. « J. E. Stuart, A Western Artist », Daily Inter Ocean, Chicago, , p. 35
  24. « Masterpiece on Exhibition: James Everett Stuart's Great Work Hung in Oliver Hotel », South Bend Tribune, South Bend, IN, , p. 8
  25. An Art Perspective of the Historic Pacific Northwest, From the Collection of Dr. And Mrs. Franz R. Stenzel, Helena, MT, Montana Historical Society, (lire en ligne), p. 26
  26. Doris O. Dawdy, Artists of the American West, A Biographical Dictionary, Volume 1, Chicago, Sage Books, (ISBN 978-0804006071), p. 225
  27. « Stuart's Picture of Mt. Hood », Tacoma Daily Ledger, Tacoma, WA, , p. 9
  28. « Artists Born in Maine », Maine Library Bulletin, Maine State Library, vol. 13, nos 1–2, july–october 1927, p. 16 (lire en ligne, consulté le )
  29. « High Class Paintings 95% Discount », San Francisco Chronicle, San Francisco, , p. 18
  30. « Art Dealers », The Art News, vol. 24, no 10, , p. 14 (lire en ligne, consulté le )

Liens externes

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