Jangarh Singh Shyam

artiste peintre indien de l'ethnie Gond

Jangarh Singh Shyam est un artiste peintre indien, né en 1962 à Patangarh dans l'État du Madhya Pradesh en Inde et mort le [1] sur l'île de Honshu au Japon[2].

Jangarh Singh Shyam
Jangarh Singh Shyam au travail à Bharat Bhavan (en).
Naissance
Décès
Nationalité
Activité
Maître

Biographie

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Extrait de l'article : « Jangarh Kalam - l’art des Gond »[3].

En 1982, le musée Bharat Bhavan (en), demande à Jagdish Swaminathan d’organiser des recherches sur l’art tribal dans l’état du Madhya Pradesh. L’art florissant de ces tribus anciennes, musique, danse, célèbre et vivant dans le passé, a presque disparu. Pourtant, un jour on découvre une maison dont les murs sont couverts de dessins aux couleurs merveilleuses dans le village de Patangarh. C’est l’œuvre du jeune Jangarh. Swaminathan l’appelle auprès de lui pour travailler au musée et développer ses dons artistiques. Marié à quinze ans, Jangarh s’installe à Bhopal avec sa jeune épouse Nankusia. Sa créativité et l’originalité formelle de ses dessins le rendent vite célèbre. Il est sollicité en Inde et à l’étranger. Il expose au musée tribal Bharat Mahotsav au Japon en 1988, puis à Londres, à Paris au Centre Pompidou pour Magiciens de la Terre en 1989[4], aux Pays-Bas en 1992 et en Australie en 1993.

Jangarh se suicide au Japon en 2001. Selon une rumeur, son passeport lui aurait été retiré. À l’âge de trente-huit ans Jangarh Shyam aura fait renaître la tradition des pardhan, l’art tribal des Gond.

Jangarh Kalam

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Jangarh Kalam veut dire à la fois "le style" et "le pinceau de Jangarh". C’est le peintre Akhilesh Verma qui a donné ce nom à l'école de peinture qui se constitue autour de la figure emblématique de Jangarh Singh Shyam. De son vivant, mais plus encore après sa mort prématurée en 2001, celui-ci est considéré un grand artiste Pardhan de la communauté Gond du Madhya Pradesh. Son travail artistique nouveau et bien distinct a permis une préservation de l'héritage Gond.

Le Jangarh Kalam est aujourd'hui un mouvement artistique majeur de la communauté Gond. Il s'inspire notamment de l’art de Jangarh Singh Shyam, mais aussi de la musique Pardhan et du Bana, reprises et transformées en couleurs et en dessins. Les artistes du mouvement Jangarh Kalam s'inspirent de la mythologie de la tribu et développent également des styles propres, symbolisés formellement par une signature pictographique[5] individuelle : un logotype formé de points et de traits, qui s’inspire souvent des tatouages et des masques rituels. Aujourd’hui grâce à ce mouvement artistique, la mémoire collective et les traditions Gond connaissent une renaissance. Cet élan s'inscrit dans un mouvement plus global de reconnaissance des formes artistiques tribales en Inde et des populations souvent opprimées ou spoliées.

Retour au Royaume des Gond

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Au XIIIe siècle, le royaume des Gond, alors prospère, s’étend sur le centre de l’Inde : le Madhya Pradesh, l’Andhra Pradesh, le Chhattisgarh et le Maharashtra. Cette période prospère dure environ 1 400 ans. Le royaume est alors suffisamment riche pour entretenir ses artistes. Les pardhan, bardes de la communauté musiciens et chanteurs, sont aussi des prêtres qui ont pour but d'unifier la communauté. Ils représentent la mémoire collective Gond en racontant l’histoire du peuple et de ses dieux. Après une très longue période de prospérité le peuple Gond s’appauvrit ; il n’y a plus assez de familles riches pour rémunérer les pardhan. La tradition se perd avec ses artistes. Dès le règne des Moghols et des Marathes, leur environnement se dégrade. Sous l’empire Britannique et après l’indépendance de l’Inde, la spoliation de leurs terres et la déforestation sont telles que les Gond ne trouvent plus leur arbre bien-aimé, le Mahua : « On nous a pris la forêt, nous ne savons plus d’où nous venons », disent les Gond. L’arbre très souvent représenté, est le symbole de cet attachement à leur mémoire et de cette perte.

Côte de l’artiste

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En maisons de vente aux enchères spécialisées dans l'art indien, l’artiste a obtenu des prix de ventes substantielles. Son dernier record était le par la maison de vente Pundole’s à Mumbai (Bombay). Une sérigraphie d’une scène traditionnelle tribale Gond, peinte quelques mois avant sa mort, a été adjugée au prix record de 91 000 $ (6 500 000 lakh)[6]. Son précédent record était de 31 250 $ en 2010 chez Sothebys.

Expositions

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  • Bhopal Inde - Bharat Bhavan
  • 1988 - Japon, Bharat Mahotsav
  • 1988 - Londres, Bharat Mahotsav
  • 1989 - Paris, Musée Pompidou et Halle de la Vilette - « Les magiciens de la Terre »[7] avec Jangarh Singh Shyam
  • 1990 - New Delhi - National Gallery of Modern Art - Jangarh Singh Shyam
  • 1992 - Hollande - « Nine contemporary Indian artists »
  • 1992 - Mumbai - Chemould Art Gallery - solo
  • 1993 - Australie - « Multiple streams of Contemporary Indian Art »
  • 1997 - New Delhi - Sahajan Art Gallery - solo
  • 1998 - New Dehli - Crafts Museum - « Other Masters »
  • 1998 - Paris, Musée des Arts Décoratifs - Expéditions Indiennes
  • 2010 - Paris, Musée du Quai Branly - « Autres Maîtres de l'Inde » par Jyotindra Jain[8]
  • 2010 - Paris, Hervé Perdriolle galerie - solo
  • 2012 - Paris, Fondation Cartier - « Histoires de voir »

Collections publiques

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  • Bhopal, Inde - Bharat Bhavan
  • Paris - Fondation Cartier
  • Chicago - Chicago Cultural Institute

Liens internes

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Bibliographie

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Notes et références

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Références

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  1. (en) Gayatri Sinha, « Indian artist commits suicide in Japan », sur thehindu.com, (consulté le ).
  2. Julien Bouissou, « L'art tribal indien émerge sur la scène internationale », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  3. « « Jangarh Kalam - l’art des Gond » par galerie Anders hus. »
  4. Magiciens de la terre - 1989-2014 - Retour sur une exposition légendaire. - Éditions Xavier Barrel - Centre Pompidou - 2014 - (ISBN 978-2-84426-693-4)
  5. Signature - patterns of Gond Art - Gita Wolf, Bhajju Shyam et Jonathan yamakami - taraBOOKS - 2010 - (ISBN 978-93-80340-02-9)
  6. (en) Jangarh Singh Shyam, « A traditional scene of Lord Krishna dancing with his gopi (follower) », sur pundoles.com, .
  7. « Dans une harmonie de bleu et de vert pointilliste », sur lemonde.fr (consulté le ).
  8. Eric Bietry-Rivierre, « L'enfance de l'Inde », sur lefigaro.fr, 8 juin 2010, mis à jour le 10 juin 2010 (consulté le ).