Jarleku est un terme basque désignant principalement un siège, une place assignée ou un trône, mais qui possède également un sens religieux et funéraire ancien, celui d'un emplacement familial dans une église paroissiale, traditionnellement associé à la sépulture symbolique des défunts de la maison[1],[2].

Étymologie

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Le mot jarleku est composé de jar, élément associé au verbe basque jarri (« s'asseoir », « s'installer »), et de leku, qui signifie « lieu », « endroit » ou « place ». Il peut ainsi être interprété comme un « lieu où l'on s'assied » ou une « place destinée à une personne ». Le terme possède plusieurs variantes orthographiques et dialectales, notamment iarleku, yarleku, jarrileku et sarrileku, attestées dans différentes régions et sources lexicographiques basques[1],[2].

Description

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Dans un sens plus ancien et spécialisé, le jarleku désigne la place réservée à une famille dans une église paroissiale, notamment l'emplacement associé à sa sépulture et aux pratiques commémoratives de ses morts[3],[1],[2].

Fonction funéraire

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Dans certaines régions du Pays basque, chaque maison possédait traditionnellement un emplacement funéraire dans l'église paroissiale ou à proximité de celle-ci, matérialisé notamment par une tombe ou une dalle dans le pavement. Cet emplacement constituait un prolongement symbolique de la maison familiale et servait de lieu aux pratiques religieuses accomplies en mémoire des défunts. Les cérémonies pouvaient comprendre la récitation ou le chant de prières pour les morts, ainsi que des offrandes de cierges, de nourriture et d'argent destinées au repos des âmes des membres de la famille. Ces pratiques témoignent d'une adaptation réciproque entre d'anciennes traditions domestiques basques et la liturgie chrétienne[3].

Le jarleku et la maison basque

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Le jarleku était étroitement lié à l'etxe, terme basque signifiant « maison (basque) », laquelle représentait une unité familiale et ancestrale dépassant la seule habitation matérielle. Cette association se manifestait notamment par l'indication du nom de la maison sur les inscriptions funéraires ou sur celles des emplacements familiaux dans les églises[3]. Des inscriptions relevées à Sare, au Pays basque, comprennent notamment les expressions legabeaco thombac (« les tombes de Legabea »), datée de 1838, et Harzmendico yarleckhua (« le siège d'Harizmendi »), datée de 1824[3].

L'intégration d'un nouveau conjoint à la maison pouvait également s'accompagner de son entrée symbolique dans la communauté des ancêtres familiaux, par des offrandes de cierges et de pains sur le jarleku de sa nouvelle famille[3].

Origines

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L'étude ethnographique citée avance qu'avant la christianisation du Pays basque, la maison aurait pu servir de lieu de sépulture familiale et d'accomplissement des offrandes aux morts. Cette hypothèse est rapprochée de pratiques traditionnelles consistant notamment à enterrer certains enfants morts sans baptême sous l'avant-toit de la maison ou dans le baratz, le jardin contigu à celle-ci. Des croyances populaires associent les abords de la maison à la mort, aux défunts et à certains interdits rituels. Ces éléments sont présentés comme des indices ethnographiques de traditions anciennes, et non comme la preuve définitive d'un système funéraire préchrétien uniforme dans l'ensemble du Pays basque[3].

Éclairage des défunts

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Les argizaiolak sont des objets traditionnels associés à l'éclairage rituel dans les églises basques et peuvent être disposés sur le jarleku familial[4]. Des cierges, des chandeliers et d'autres dispositifs d'éclairage étaient également placés sur la tombe ou l'emplacement familial dans l'église, en représentation symbolique du défunt et de la lumière qui devait l'accompagner dans l'au-delà[4].

Notes et références

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  1. 1 2 3 (eu) « Orotariko Euskal Hiztegia : jarleku », Euskaltzaindia (consulté le )
  2. 1 2 3 (eu) « jarleku », Labayru Fundazioa (consulté le )
  3. 1 2 3 4 5 6 « Jarleku », Eusko Ikaskuntza (consulté le )
  4. 1 2 (es) Fermín Leizaola Calvo, « El ritual del «Su Berriya» y otros rituales con fuego en Euskal Herria », Zainak. Cuadernos de Antropología-Etnografía, vol. 26,‎ , p. 239-245 (lire en ligne, consulté le )

Bibliographie

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