I remember (Je me souviens)

autobiographie de Joe Brainard
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I remember (Je me souviens) est un ouvrage autobiographique de Joe Brainard rédigé de 1970 à 1975. il est composé de 1497 courts paragraphes commençant par I remember (Je me souviens).

I remember
Auteur
Genre

Contenu

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I remember est publié pour la première fois en 1970 sous la forme d'un livret de 32 pages tiré à 700 exemplaires. Le livre est bien accueilli, ce qui incite son éditeur à publier les volumes suivants, I remember more en 1972, More I remember more, et I remember Christmas en 1973. Tous ces volumes sont regroupés en 1975 dans une édition revue et augmentée[1],[2] comportant 1497 souvenirs[3].

Le livre n'organise pas son contenu selon un ordre discernable — qu'il soit chronologique ou thématique. Le lecteur se trouve confronté à une vie en fragments[1]. Les riens s'accumulent, sans raison apparente de manière aléatoire. Comme si l'auteur, incapable de choisir, collectionnait les débuts au récit de sa vie[3]. « Au bout du compte, on se retrouve devant un vide construit pièce par pièce, par une sorte d'accumulation négative. On bute contre un néant palpable, respirable[4]. » L'enjeu est d'abord pour Brainard de raconter son adolescence et la manière dont il avait découvert son homosexualité[5]. Mais, bien que nombre des souvenirs puissent s’inscrire dans des schémas autobiographiques conventionnels, il veille à ne laisser aucun d’entre eux se cristalliser au point de réduire son expérience à une formule ou à un cliché[6].

Le livre affiche ouvertement son caractère personnel : les couvertures des éditions originales arborent chacune un portrait pleine page et sur papier glacé de Brainard aux différents âges de sa vie : tout-petit, adolescent, puis adulte[2].

Réception critique

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En résulte une pure incantation aux vertus musicales, subliminales[3]. Joe Brainard crée « comme malgré lui, une autobiographie délicate, intime, nostalgique un peu mais pas trop, imagée, colorée et d'une franchise qui pourrait paraître naïve si elle n'était pas totalement maitrisée, autobiographie éclatée et minutieuse, comme le sont ses collages qui lui ressemblent[7]. »

L'ouvrage a été comparé par la critique à un assemblage, une mosaïque, une litanie, et par Paul Auster à un concerto pour plusieurs instruments, dans lequel un thème est repris un certain temps, puis abandonné, avant d'être repris à nouveau, une structure polyphonique subtile plutôt qu'un mélange de souvenirs hétéroclites [8]. Pour lui « C'est un chef-d'œuvre qui perdurera, à la fois follement drôle et profondément émouvant, un des rares livres totalement originaux que j'aie jamais lus[9]. »

Postérité

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I remember inspire la structure de l'ouvrage de Georges Perec, Je me souviens. Si Perec indique que « le titre, la forme et, dans une certaine mesure, l'esprit de ces textes s'inspirent des I remember de Joe Bainard[5] », il recherche des souvenirs communs plutôt que des souvenirs personnels.

Publication

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  • (en) I remember, New York, Full Court Press, (ISBN 9780916190026)
    Édition revue et augmentée regroupant : I remember (1970) ; I remember more (1972) ; More I remember more (1973) ; I remember Christmas (1973

Bibliographie

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  • (en) Wojciech Drąg, « Joe Brainard’s I Remember, Fragmentary Life Writing and the Resistance to Narrative and Identity », Text Matters : A Journal of Literature, Theory and Culture, Wydawnictwo Uniwersytetu Łódzkiego, no 9,‎ (lire en ligne)
  • (en) Brian Glavey, « Friending Joe Brainard », Criticism, Wayne State University Press, vol. 60, no 3,‎ (lire en ligne)
  • André Goulet, « Les restes de Joe Brainard », Liberté, vol. 41, no 3 (243),‎ (lire en ligne)

Notes et références

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  1. 1 2 Drąg 2019.
  2. 1 2 Glavey 2018.
  3. 1 2 3 Goulet 1999, p. 126.
  4. ↑ Goulet 1999, p. 127
  5. 1 2 « Livres de poche - Le proto-Je me souviens d'un Américain », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  6. ↑ Drąg 2019, p. 231.
  7. ↑ Marie Chaix, préface à sa traduction d'I remember (Je me souviens), Actes Sud, 1997
  8. ↑ Drąg 2019, p. 230.
  9. ↑ Préface à la réédition de 1995, citée dans « Livres de poche - Le proto-Je me souviens d'un Américain », Le Monde,‎ (lire en ligne)