Jean-Baptiste Descamps

peintre, écrivain et professeur de dessin français

Jean-Baptiste Descamps, né le à Dunkerque et mort le à Rouen, est un peintre, professeur d’arts plastiques et historien de l'art français.

Jean-Baptiste Descamps
Jean-Baptiste Descamps, Autoportrait (vers 1762),
musée des beaux-arts de Rouen.
Biographie
Naissance
Décès
(à 76 ans)
Rouen
Sépulture
Nationalité
française
Activité
Enfant
Autres informations
Membre de
Maîtres
Genre artistique
Œuvres principales
signature de Jean-Baptiste Descamps
Signature.

Auteur de La Vie des Peintres Flamands, Allemands et Hollandois, un dictionnaire biographique qui a fait référence, il a également fondé une école de dessin, qui a servi de modèle aux autres écoles de province[1].

Biographie

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Il est le fils de Pierre Frédéric Descamps et de Marie Catherine de Cuyper. La famille de Descamps s’opposa assez longtemps à ce qu’il s’occupât de peinture, bien qu’il eût pour oncle maternel le paysagiste Louis de Cuyper, qui lui donna même des conseils. Son père l’envoya faire deux ans d’humanités chez les jésuites à Ypres. Il en profita pour prendre des leçons de dessin auprès d’un peintre. Refusant d’entrer dans la profession de fabricant de fils teints qu’exerçait son père, il s’enfuit pour Anvers pour poursuivre ses études artistiques.

Ayant obtenu un prix de peinture à l’école d’Anvers, de retour à Dunkerque, il fréquenta l’école de cette ville, dirigée par le dessinateur et coloriste Bernard. Au bout de dix-huit mois, il produisit un tableau représentant la grande place de Dunkerque montrant un théâtre de charlatans entouré d’une foule de spectateurs ayant tous une action différente.

Montré en 1737 à Paris, il entre dans l’atelier de Nicolas de Largillierre, avec qui il travaille sur les tableaux exécutés pour le sacre de Louis XV. Il y peint une guinguette flamande avec, pour pendant, une fête de village qui le font distinguer de Pierre Dulin, peintre du roi et professeur de l’Académie, qui l’associe aux tableaux relatifs au sacre de Louis XV dont il était chargé. Cette tâche finie, après avoir vécu à Paris et voyagé en Flandre, il se disposait, en 1780, d’après les sollicitations de Carle Van Loo, à aller rejoindre en Angleterre son frère Jean-Baptiste qui, avec de grandes commandes de la cour, désirait un artiste capable de bien traiter les mains, les draperies et les autres accessoires de ses tableaux et à l’y aider, lorsque sa vie prend un tour inattendu.

Lors d’une halte à Rouen, où il avait des amis, l’érudit Le Cornier de Cideville, l’ami de Voltaire et amateur éclairé des arts, instruit de son arrivée, lui rendit visite et sut le convaincre de rester en Normandie[2]. Établi à Rouen, il y fonde, sur le modèle de la Royal Dublin Society et sur la base des idées des philosophes des Lumières[3] , une école particulière de dessin qui propose des cours gratuits, et que sa renommée fait bientôt appeler « l’école normande »[4]. Il obtient ensuite de rendre cette école publique et en est nommé directeur. Bientôt le nombre de ses élèves est si considérable que le vaste local qu’il s’était procuré ne pouvait les contenir.

L’Académie dont il était membre, secondé par quelques amis des arts, fondèrent par une délibération de l’hôtel de ville, des prix de 200 francs pour cette école. Beaucoup de bons artistes sont sortis de cette école, qui était très suivie, car Descamps écrivait en 1772 : « Trois cents et plus d’élèves qui me lutinent ne me permettent pas de m’absenter un moment. »

Descamps a également rédigé, au sujet de son école, qui jouera un rôle primordial dans le développement des arts picturaux en Normandie, un mémoire qui sera couronné par l’Académie française. Cette école a servi de modèle aux autres écoles provinciales qui ont ouvert à Lyon, à Dijon, à Marseille ou à Orléans. L'école de Descamps fonctionne sur le modèle parisien. L'enseignement y est à peu près le même : dessin d'après les maitres puis les modèles vivants.

Il se marie, le , à Rouen, avec Marie Anne de Mauny, dont il avait eu deux enfants, en 1741 et 1742[5].

Le style que Descamps, né en Flandre, affectionnait est celui des maitres flamands. Il aima et admira de bonne heure les œuvres de ses grands maitres, Rubens, Van Dyck, Teniers, Jordaëns, et, une fois fixé à Rouen, il résolut d’écrire leur histoire. Une part importante de son premier ouvrage sur la Vie des peintres flamands, allemands et hollandais, ornée de nombreux portraits d’artistes, paru entre 1753 et 1763 à Paris, chez Jombert, leur est consacrée. Il dessina un grand nombre de ces portraits et fut aidé dans cette tâche par Eisen, mais le principal attrait de ce livre réside dans les délicates gravures de ces portraits auxquelles Ficquet a prêté son burin. Rien de vivant, de personnel et de ressemblant comme ces fines têtes d’artistes. Le portrait de Van Dyck est considéré comme un petit chef-d’œuvre de gout.

Quant à la partie littéraire du livre, elle serait assez faible et les notices n’en seraient, à en croire Mariette, pas très exactes : « On s’attendait à trouver, dans les Vies des peintres des Pays-Bas, plus de recherches et plus de critique. Il s’est borné à traduire en français, tant bien que mal, ce que Van Mander, Houbraken et les autres auteurs flamands avaient écrit en leur langue, et, s’il y a fait quelques additions, elles ne regardent que les peintres avec lesquels il a vécu, et auxquels il prodigue des éloges peu mérités. Il faut d’ailleurs le lire avec précaution, car il a fait bien des fautes et même d’assez lourdes méprises[6]. »

Dans son Voyage pittoresque de la Flandre et du Brabant, qu’il a aussi enrichi de quelques planches, publié en 1769, il dresse une nomenclature minutieuse des peintures, des sculptures et des objets d’art qu’il a observés au cours de ses pérégrinations ; il marque d’une étoile ceux qu’il pense le plus susceptibles d’intéresser ses lecteurs et ajoute à leur intention une carte dépliante et un horaire des voitures publiques. « L’Italie seule, écrit-il dans sa préface, peut l’emporter sur les richesses que l’on trouve dans les églises de la Flandre. » Le préfacier de la deuxième édition du Voyage, parue en 1838, déplore toutefois la disparition de nombreuses œuvres décrites par Descamps, emportées dans la tourmente de la Révolution et de l’invasion napoléonienne.

Descamps est agréé et reçu à l'Académie le . Il y présente la Cauchoise dans une cuisine[7], œuvre de genre empreinte de naturalisme, marquée par l'influence de Chardin et de Greuze.

Plusieurs tableaux de Jean-Baptiste Descamps sont conservés dans les musées des beaux-arts de Rouen et de Dunkerque. Diderot ne les a pas fort appréciés, trouvant qu’il peignait lourd et gris ; il lui conseille de garder ses toiles dans son cabinet et de les montrer, après diner, à ses amis, qui, le cure-dent en main, trouveront que ce n’est pas trop mal. Ailleurs, il rapporte le mot de Chardin, qui disait de la peinture de Descamps qu’elle était « de l’ouvrage de littérateur ».

Descamps fut encore chargé, quand Louis XV fit le voyage du Havre en 1753, d’en retracer les principaux épisodes : Arrivée du roi, Illumination de la Grand-Rue, Manœuvres en rade, Lancement de navires, grandes compositions qui ont été gravées par Le Bas. Après avoir obtenu pour son fils, également peintre, Marc-Antoine, qui sera également le premier conservateur du musée de Rouen, la survivance de la place qu’il allait laisser vacante, Descamps est mort estimé de ses élèves.

Élèves

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Œuvres

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Absorbé par ses diverses occupations, Descamps a peu produit. L'essentiel de son œuvre est conservé aux musées de Dunkerque et de Rouen.

Publications

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  • Voyage pittoresque de la Flandre et du Brabant : avec des réflexions relativement aux arts et quelques gravures, Paris, Desaint ; Saillant ; Pissot ; Durand, , xxii-328 p., 6 pl ; 21 cm (lire en ligne).
  • Sur l’utilité des établissements des écoles gratuites de dessin en faveur des métiers, Paris, Regnard, 1767.

Notes et références

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  1. Gaëtane Maës, « Un modèle d’apprentissage pour artistes et artisans au xviiie siècle : l’École de dessin de Jean-Baptiste Descamps à Rouen », dans Delphine Bière et al. (éd.), Apprentissage, travail et création, Lille, Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, (lire en ligne).
  2. Aude Henry-Gobet, « Cideville conseiller artistique », Revue Fontenelle, Mont-Saint-Aignan, Publications des Universités de Rouen et du Havre, no 5, (ISSN 1762-5300, lire en ligne sur Gallica).
  3. Frédéric Morvan-Becker, « L’École gratuite de dessin de Rouen (1740-1795) », Art en Normandie, Paris, no 2, (OCLC 887286373, lire en ligne).
  4. Marie-Thérèse Courage, « Le « bon goût » à Rouen au XVIIIe siècle : les collections du peintre Jean-Baptiste Descamps », Études normandes, Rouen, vol. 37, no 4 « Images d'histoire normande », , p. 50-69 (ISSN 2645-1026, lire en ligne).
  5. Archives départementales de Seine-Maritime, 4E02142, registres paroissiaux de la paroisse Saint-Nicaise.
  6. Pierre-Jean Mariette, « Descamps (J.-B.) », dans Charles-Philippe de Chennevières-Pointel, Anatole de Montaiglon (éd.), Abecedario de P. J. Mariette : et autres notes inédites de cet amateur sur les arts et les artistes, t. 2, COL-ISAC, Paris, J.-B. Dumoulin, , 405 p., 6 vol. ; in-8º (OCLC 763507307, lire en ligne sur Gallica), p. 94-5.
  7. Cette toile est conservée à l'École des beaux-arts de Paris.

Bibliographie

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  • Marie-Thérèse Courage, « Le « bon goût » à Rouen au XVIIIe siècle : les collections du peintre Jean-Baptiste Descamps », Études normandes, Rouen, vol. 37, no 4 « Images d'histoire normande », , p. 50-69 (ISSN 2645-1026, lire en ligne).
  • Gaëtane Maës, « Un modèle d’apprentissage pour artistes et artisans au xviiie siècle : l’École de dessin de Jean-Baptiste Descamps à Rouen », dans Delphine Bière et al. (éd.), Apprentissage, travail et création, Lille, Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, (lire en ligne).
  • Christian Michel, « Lettres adressées par Charles-Nicolas Cochin fils à Jean-Baptiste Descamps, 1757-1790 », Correspondances d’artistes des XVIIIe et XIXe siècles, Archives de l’Art français publiés par la société de l’Histoire de l’Art français, nouvelle période, t. xxviii, Jacques Laget, Nogent-le-Roi, 1986.
  • Frédéric Morvan-Becker, « L’École gratuite de dessin de Rouen (1740-1795) », Art en Normandie, Paris, no 2, (OCLC 887286373, lire en ligne).
  • Guy Pessiot, « Jean-Baptiste Descamps, dit Descamps père », dans La Révolution en Haute-Normandie (1789-1802), Rouen, P'tit Normand, , 464 p., ill. ; 24 cm (OCLC 1143153460, lire en ligne sur Gallica), p. 241-2.

Sources

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  • (en) Michael Bryan, « Descamps, Jean Baptiste », dans Bryan's Dictionary of Painters and Engravers, vol. II D - G, New York/London, The Macmillan Company/George Belle and Sons, (lire en ligne), p. 62.
  • Roger Portalis, Les Dessinateurs d'illustrations au dix-huitième siècle, vol. 1 à 2, Paris, Damascène Morgand et Charles Fatout, 1877.

Liens externes

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