Jean-Bernard Condat, né le [1] à Béziers, est un ancien hacker, devenu consultant pour la direction de la Surveillance du territoire (DST)[2],[3]. Il a été le hacker le plus connu de France dans les années 1990, ne serait-ce que par ses apparitions à la télévision[4].

Jean-Bernard Condat
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Biographie
Naissance
Nationalité
Activité

En , il participe, à la demande de l'agent de la DST Jean-Luc Delacour[3],[5], à la création du Chaos Computer Club France. Le CCCF était un faux groupe de hackers créé dans l'unique but de documenter et de surveiller le milieu hacker français de l'époque[6]. Le groupe aurait, selon le journaliste Jean Guisnel, travaillé en collaboration avec la gendarmerie[7].

Biographie

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Jean-Bernard Condat obtient son baccalauréat à 16 ans avant de commencer des études de musicologie à l'université de Lyon[8] où il obtient un DEUG[9]. Vers , il intègre la DST[3] qui le place à différents postes stratégiques dans diverses entreprises (comme sysop à CompuServe France).

En , au prétexte de travailler sur sa thèse, Jean-Bernard Condat se fait prêter un exemplaire d'un Euterlab 100, l'invention d'une société de la région lyonnaise, et participe au prix scientifique Philips pour les jeunes en se présentant comme son inventeur, concours où il obtient le deuxième prix[10]. Son imposture est par la suite démasquée[11].

En et , il est l'éditeur scientifique de deux ouvrages de fac-similés de textes anciens en rapport avec la musique[12]. En , il dirige un ouvrage intitulé Nombre d'or et Musique[13]. En , il corédige un livre sur Internet avec le directeur de la formation de Netscape[14]. En -, il traduit, préface ou adapte plusieurs autres ouvrages sur Internet et l'informatique[15].

Création du CCCF

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En il fonde le Chaos Computer Club France (CCCF) et en fut le président[16]. Ce club se développe (jusqu'à 75 membres actifs plus les innombrables satellites) et permet à la DST de ficher la plupart des individus compétents en France et les principaux « étrangers » (environ 2 500 fichés). Le CCCF permet en plus de collecter des renseignements sur les failles de sécurité des systèmes de télécommunications français, sur toutes les dernières méthodes de fraude et surtout sur les failles de sécurité des systèmes d'information des entreprises françaises et étrangères.

Dans un de ses ouvrages publié en , le journaliste Jean Guisnel consacre plusieurs pages à Jean-Bernard Condat. Il le dépeint notamment comme un des personnages en vue sur la scène pirate, quoique n'ayant guère pratiqué d'intrusion sérieuse dans des systèmes informatiques, écrivant des articles et offrant ses services aux entreprises souhaitant améliorer la sécurité de leurs systèmes informatiques, mais travaillant en fait pour la DST qui repérait ainsi les « vrais » pirates[5]. Selon Guisnel, « dans les milieux de l'Internet, personne ne l'appelle autrement que “le Concombre” » (possible référence au Concombre masqué[17]).

Carrière ultérieure

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Première marque en braille en France, déposée à l'INPI par Jean-Bernard Condat en pour l'opérateur Orange (⠨⠗⠁⠝⠛⠑)[18].

En , Jean-Bernard Condat participe, avec Éric Blot-Lefevre[19], à la création de Posteasy, désormais TrustMission[20], une entreprise qui propose de transmettre, par voie postale ou électronique sécurisée, des documents (courrier, facture, fax, mail) en gardant les traces des communications (vocales, fax, mail, courrier ou télégramme) sous forme chiffrée et en garantissant l'opposabilité juridique des documents. Depuis , TrustMission fait partie du groupe Banques populaires-Caisses d'épargne, avec comme actionnaire de référence la Banque Palatine qui détient 34 % du capital. Depuis , la solution de TrustMission est proposée aux particuliers qui peuvent ouvrir un compte électronique documentaire[source insuffisante][21].

Depuis , Jean-Bernard Condat a déposé différents brevets en matière de sécurité de l'information dans divers domaines notamment dans le courrier, l'assurance des titres de propriété industrielle ou encore la numérisation du corps humain[22].

Publications

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Comme auteur :

  • Jean-Bernard Condat et Nicolas Pioch, Internet, Montréal, JCI, coll. « Collection informatique », , VI-224 p. (ISBN 2-921599-06-6).

Comme directeur d'ouvrage collectif :

  • (fr + de + en) Jean-Bernard Condat (dir.), Nombre d'or et Musique / Goldener Schnitt und Musik / Golden Section and Music, Francfort-sur-le-Main, Berne, New York, Paris, Peter Lang, coll. « Quellen und Studien zur Musikgeschichte von der Antike bis in die Gegenwart » (no 19), , 186 p. (ISBN 3-631-40347-X).

Comme éditeur scientifique de reproductions en fac-similé de textes anciens :

Comme traducteur, préfacier ou adaptateur :

  • Mark A. Ludwig (préf. et trad. de l'anglais américain par Jean-Bernard Condat), Naissance d'un virus : technologie et principes fondamentaux [« The Little Black Book of Computer Viruses »], Paris, Addison-Wesley France, diff. Bordas, , VI-233 p. (ISBN 2-87908-063-7 (édité erroné)).
  • Tracy Lynn LaQuey (trad. de l'anglais américain par Olivier Saint-Léger et Jean-Baptiste Su, préf. Al Gore, adapté par Jean-Bernard Condat), Sésame pour Internet : initiation au réseau planétaire [« The Internet Companion: A Beginner's Guide to Global Networking »], Paris, Addison-Wesley France, , XI-242 p. (ISBN 2-87908-083-5).
  • Robert A. Campbell (trad. de l'anglais par Daniel Rougé et Jean-Bernard Condat), CompuServe [« CompuServe CIM Running Start »], Paris, Sybex, coll. « Mémopoche », , XXIV-311 p. (ISBN 2-7361-1335-7).
  • Lauren Ruth Wiener (trad. de l'anglais américain par Gabriel Otman, préf. Jean-Bernard Condat), Les avatars du logiciel : leçons à tirer de quelques jolis fiascos informatiques Wiener [« Digital Woes: Why We Should Not Depend on Software »], Paris, Addison-Wesley France, coll. « Mutations technologiques », , XXII-276 p. (ISBN 2-87908-067-3).

Notes et références

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  1. ↑ « Condat, Jean-Bernard (-....) », notice de personne no FRBNF12276292, Catalogue général, sur catalogue.bnf.fr, Bibliothèque nationale de France (consulté le ).
  2. ↑ Bertrand Warusfel, Contre-espionnage et protection du secret : Histoire, droit et organisation de la sécurité nationale en France, Panazol, Lavauzelle (rééd. numérique FeniXX), , 496 p. (ISBN 2-7025-0451-5 et 978-2-402-16451-1), p. 86 (lire en ligne Accès limité).
  3. 1 2 3 Laurance N'kaoua et Benoît Faucon, « Jean-Bernard Condat, le traqueur de hackers », Les Échos, no 18601, , p. 109 (version du sur archive.org).
  4. ↑ (en) Maximum Security : A Hacker's Guide to Protecting Your Internet Site and Network, Indianapolis, Sams.net, , 1re éd., XXXI-885 p. (ISBN 1-57521-268-4), p. 733 (lire en ligne Inscription nécessaire).
  5. 1 2 Guisnel 1995.
  6. ↑ (en) Paul Taylor, Hackers: Crime in the Digital Sublime, Londres et New York, Routledge, , XVI-198 p. (ISBN 0-415-18071-6 et 0-415-18072-4), p. 37.
  7. ↑ Anne-Sophie Yoo, « Le FBI recrute les pirates du Net pour traquer Ben Laden », Marianne, no 236,‎ .
  8. ↑ Damien Bancal, « Interview : Chaos Computer Club France » (interview de Jean-Bernard Condat), sur Zataz, (version du sur archive.org).
  9. ↑ « Le hacker devenu espion » (interview de Jean-Bernard Condat), sur Lyon Capitale, Les Cahiers du multim:-)dia, no spécial 300, (version du sur archive.org).
  10. ↑ « Prix Philips : un ton au-dessus », Science et Vie micro, no 13,‎ , p. 21.
  11. ↑ « [réf. incomplète] », Science et Vie micro, no 19,‎ , p. 16.
  12. ↑ Bédos de Celles 1984 et Paganini 1990.
  13. ↑ Condat 1988.
  14. ↑ Condat et Pioch 1994.
  15. ↑ Ludwig 1993 ; LaQuey 1994 ; Campbell 1994 ; Wiener 1994.
  16. ↑ Christophe Agnus, « Communication : La folie Internet », L'Express, .
  17. ↑ Gabriel Thierry, « Celui qui était connu sous le surnom du “Concombre” », sur pwned.substack.com, .
  18. ↑ « Une première marque déposée sous forme tactile », Libre Service Actualités, .
  19. ↑ « Arrêt du : Condat c/La Poste & Maileva », sur condat.blogspot.com, (version du sur archive.org) sur la revendication du brevet sur la notion de tiers de confiance postal.
  20. ↑ Site officiel de TrustMission, sur trustmission.com (version du sur archive.org).
  21. ↑ Céline Astruc, « Posteasy: e-facteur et tiers de confiance », sur 01net, (version du sur archive.org).
  22. ↑ Brevets déposés par Jean-Bernard Condat, reproduits sur Espacenet :

Voir aussi

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Bibliographie

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Liens externes

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