Élève de Jean-Baptiste Marie Pierre, (1714-1789), Jean-Jacques Bachelier est un artiste peintre de fleurs, d'animaux et de natures mortes. Il est notamment renommé pour sa peinture de fleurs, genre peu pratiqué à l'Académie royale de peinture et de sculpture au milieu du XVIIIesiècle, ce qui lui a valu une pension royale en 1749.
Il est agréé à l'Académie en 1750, sur proposition de Jean-Baptiste Oudry[1]. Il est admis en 1752 à l'Académie royale de peinture et de sculpture, en qualité de peintres de fleurs et obtient en 1763 le titre de peintre d'histoire, avec La mort d'Abel[1].
En 1755, il est nommé décorateur des Bâtiments du roi. Cette même année, marquée par la mort de Jean-Baptiste Oudry, Bachelier est salué comme son successeur et, à ce titre, reçoit de nombreuses commandes royales. Ses natures mortes attestent des influences diverses, et plus particulièrement, celle d'Oudry.
Il participe avec Alexandre-François Desportes et Oudry[précisionnécessaire] à la décoration du château de Choisy en 1757. En 1762, il réalise six grandes toiles pour le ministère des Affaires étrangères à Versailles, dont deux seront déposées à la Révolution[2]. Elles disparaissent ensuite en 1872, et sont identifiées en 1984 au musée de Villefranche-sur-Saône.
En 1765, Jean-Jacques Bachelier fonde l'école gratuite de dessin, qui reçoit le titre d'école royale deux ans plus tard.
Jean-Jacques Bachelier expose régulièrement au Salon à partir de 1751.
1753: Le Canard sauvage accroché contre une planche de sapin (musée des beaux-arts d'Angers);
1753: L'Europe savante; Le Pacte de Famille; Les Alliances de la France;
1765: Femme, le coude appuyé sur une table, donnant une lettre à son esclave, pastel à l'huile; La Charité romaine, morceau de réception à l'Académie (Paris, École nationale supérieure des beaux-arts); Femme donnant une lettre à son esclave, pastel;
1767: La Mort de Milon de Crotone (Dublin, National Gallery of Ireland).
Après 1767, Bachelier se joint aux artistes qui, las d'être les victimes des critiques, refusent d'exposer au Salon.
Bachelier est doté d'une grande curiosité pour les problèmes techniques. Il a redécouvert le secret de la peinture à la cire en 1755[4]. Bachelier utilise sa technique de la peinture à la cire pour ses œuvres La Fable du cheval et du loup (disparue à Bailleul pendant la dernière guerre mondiale), et pour La Résurrection de Jésus Christ (destinée à l'église de Saint-Sulpice de Paris et disparue depuis la Révolution). La mode de la peinture à la cire s'éteint à la fin des années 1750.
En 1790, il invente un nouveau blanc de plomb, et en 1793, un instrument pour la gravure au miroir[réf.nécessaire].
Jean-Jacques Bachelier est chef des modeleurs de la Manufacture de Vincennes en 1750, puis il en est nommé comme directeur artistique par Jean-Baptiste de Machault d'Arnouville en 1751. De 1751 à 1756, il apporte des modifications à la décoration des pièces produites en demandant des modèles à François Boucher et à Jean-Baptiste Oudry pour des figurines en biscuit. Au déménagement d', il poursuit ses activités à la manufacture de porcelaine de Sèvres, jusqu'en 1793.
En 1753, il ouvre une académie privée en rapport avec cette activité à la manufacture de porcelaine. Puis il fonde à ses frais une école gratuite de dessin[5] pour les artisans dans l'ancien collège de Bourgogne, rue de l'École-de-Médecine à Paris, en investissant ses 60 000 livres d'économie en 1765. Elle devient école royale par lettres patentes de Louis XV en 1767: il en devient directeur jusqu'à son décès en 1806[6]. Après avoir changé plusieurs fois de nom, cette école de dessin devient l'École nationale des arts décoratifs en 1877. Cette école subsistait encore au XIXesiècle, et son nom est toujours inscrit sur le bâtiment qu'elle occupait alors et qui est aujourd'hui le siège de l'université Paris-Descartes.
Adélaïde Labille-Guiard a peint au pastel un Portrait en buste de Mr Jean-Jacques Bachelier. Daté de 1782, ce pastel est aujourd'hui conservée au musée du Louvre[7]. Le même musée conserve également un Autoportrait de l'artiste, dessiné à la pierre noire.
Il existe un portrait de Jean-Jacques Bachelier peint par Ulrich Wertmüller, conservé à l'institut Tessin à Paris. Cette toile a été présentée au Salon en 1784[8].
Aujourd'hui, on peut recenser 178 peintures et dessins, de nombreux vases de Vincennes et de Sèvres parmi ses œuvres. Une partie est conservée dans les collections publiques.
Lion d'Afrique combattu par des dogues, 1757, huile sur toile, commande du roi pour le château de Choisy;
Ours de Pologne arrêté par des chiens de fortes races, 1757, huile sur toile, commande du roi pour le château de Choisy;Ours de Pologne arrêté par des chiens de fortes races, Amiens, musée de Picardie
Les Amusements de l'enfance, Amiens, musée de PicardieLes Amusements de l'enfance, 1761, huile sur toile, commande du roi pour être tissé aux Gobelins;
Bois de cerf, attaqué dans les tailles d'Epernon et pris le , 1764, huile sur toile;
Bois de cerf pris en forêt de Compiègne, 1764, huile sur toile;
Bois de cerf attaqué à la Haute-Queue, le à Compiègne, 1764, huile sur toile, provient des collections de Louis XV à Versailles, a décoré l'escalier semi-circulaire menant aux petits appartements;
Bois de cerf pris par le roi le , 1767, huile sur toile;
Bois de cerf chassé par le Roi à Saint-Hubert le , 1767, huile sur toile;
Bois de cerf, chassé par le roi près de l'étang royal le , 1773, huile sur toile, l'original a été agrandi par deux panneaux latéraux pour l'adapter en dessus de porte;
Bois d'un cerf attaqué par l'équipage du roi au Bois Guérin le , 1778, huile sur toile, a décoré l'escalier semi circulaire menant aux petits appartements du roi à Versailles;
Orléans, musée des Beaux-Arts: Enfant endormi ou Bacchus enfant pris par l'ivresse', 1765, huile sur toile
Descente de croix, pierre noire et rehauts de craie blanche sur papier brun foncé. H. 0,295; L. 0,225 m[9]. C'est à l'occasion du Salon de 1761, où Bachelier présente son Milon de Crotone, mais aussi le Chat d'Angora, qu'il expose une Descente de Croix, peinte en grisaille, dont l'étude préparatoire fut acquise par Mathias Polakovits pour l'Ecole des Beaux-Arts de Paris. Très achevée cette feuille est un des rares témoignages de la production dessinée de l'artiste[10].
Paris, musée du Louvre: Autoportrait, dessin rond à la pierre noire, diam: 16 cm;
Versailles, château de Versailles: Surtout de table, 1769, frise de porcelaine tendre, modelé par Bachelier, bronze doré, colonnes de marbre, fond de glace, Manufacture de porcelaine de Sèvres, créé pour le mariage du dauphin le à l'Opéra royal du château de Versailles;
Versailles, bibliothèque municipale:
L'Europe Savante, 1762, huile sur toile;
Le Pacte de Famille, 1762, huile sur toile;
Versailles, musée Lambinet: Chat angora blanc guettant un papillon, huile sur toile[11];
Collection Privée USA Cte Alexandre de Bothuri: les deux chiens de madame de Pompadour, 1756, huile sur toile (ancienne collection baron Léonino 1937)
Discours sur l'utilité des écoles élémentaires en faveur des arts mécaniques, prononcé le à l'occasion de l'ouverture de l'école gratuite de dessin, Imprimerie nationale, 1789; réédité en 1792
Mémoire sur l'école gratuite de dessin, 1774
Mémoire historique sur la Manufacture nationale de France rédigé en 1781; réédition de 1878, Simon à Paris, petit in-8° de IX et 57 pages
Mémoire sur l'éducation des filles, Imprimerie nationale, 1789
Projet d'un cours public des arts et métiers, Imprimerie nationale, 1789
Mémoire sur les moyens d'établir avec économie le plus grand nombre d'écoles primaires et secondaires, Imprimerie nationale, 1792
Mémoire historique de l'origine et des progrès de la manufacture nationale de porcelaine de France, in-12°, 1799; réédition de Gustave Gouellain en 1878.
12Jean-Jacques Bachelier (1724 - 1806). Peintre du Roi et de Madame de Pompadour, Paris, Somogy / Musée Lambinet, (ISBN978-2-85056-371-3), p.204-209
↑Basile Baudez, Élisabeth Maisonnier, Emmanuel Pénicaut (dir.), Les Hôtels de la Guerre et des Affaires étrangères à Versailles, Nicolas Chaudun, 2010, 280p. (p.80-85).
↑Frédéric Chappey, «Les professeurs de l'École des beaux-arts (1794-1873)», in Romantisme, 1996, no93, p.95-101.
↑Danielle Rice, «Jean-Jacques Bachelier et la redécouverte de la peinture à l'encaustique», dans Jean-Jacques Bachelier (1724-1806). Peintre du Roi et de Madame de Pompadour, Paris, Somogy / Musée Lambinet, , 228p. (ISBN2850563714), p.68-74
↑Prosper Bailly, «Les écoles de dessin à Paris», La Gazette des beaux-arts,
↑Sous la direction d’Emmanuelle Brugerolles, De Poussin à Fragonard: hommage à Mathias Polakovits, Carnets d’études 26, Beaux-arts de Paris éditions, 2013, p. 133-136, Cat. 30.
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Collectif, Histoire de l'école nationale supérieure des arts décoratifs, Paris, ENSAD, ministère de la Culture, 4 vol., 1995-1996.
Collectif, Jean-Jacques Bachelier [monographie, catalogue de l'exposition au musée Lambinet 199-2000], Éditions Somogy, Musée Lambinet, Paris, 1999, (ISBN2-85056-371-4)
Ulrich Leben, L'École royale gratuite de dessin de Paris (1767-1815), éditions Monelle Hayot, 2004. Grand format, 175 pages, 148 illustrations. (ISBN9782903824464)